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 <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
 <subtitle><![CDATA[Carrefour Kairos est la page web personnelle d`Hermann Giguère. Questions de société, de spiritualité, d`évangélisation,  de pastorale, de la vie de l`Église catholique. Début avril 1997.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-09T19:02:57+02:00</updated>
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   <title>Homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire Année C : « La porte étroite... »</title>
   <updated>2025-08-18T13:29:00+02:00</updated>
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   <category term="Homélies" />
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   <published>2025-08-19T18:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques. Homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire Année C le 24 août 2025 à la Chapelle du Lac Poulin par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec recteur de cette desserte. Textes : Isaïe 66, 18-21, Hébreux 12, 5-7 et 11-13 et Luc 13, 22-30.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/89379317-63200160.jpg?v=1655141183" alt="Homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire Année C : « La porte étroite... »" title="Homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire Année C : « La porte étroite... »" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Introduction : une question</span>       <br />
              <br />
       Un quidam demande à Jésus s’il y aura peu de gens être sauvés C’est une question qui a hanté bien des croyants au cours des siècles. À certaines périodes, cette question était tellement présente qu’elle a provoqué de terribles angoisses chez certains.        <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">La réponse de Jésus</span>       <br />
              <br />
       Revenons à la question et à la réponse de Jésus. La question posée à Jésus semble bien claire, mais, en fait, posée comme elle l’est, elle est piégée. En effet, le type de l’évangile voudrait se faire dire oui ou non, mais, Jésus dans sa réponse déplace le centre de l’attention du « combien » au « comment ».        <br />
              <br />
       Combien il va y en avoir ce n’est pas la bonne question pour Jésus. La bonne question, c’est « moi, qu’est-ce que je fais pour être sauvé ». Comment? Et Jésus continue en disant que la porte est ouverte actuellement, mais un jour elle sera fermée, Ce qui est important donc c’est d’entrer maintenant dans le salut proposé par Jésus. « Efforcez-vous d’entrer maintenant par la porte étroite…beaucoup chercheront, plus tard à entrer et ne pourront pas, car le maître aura fermé la porte. »       <br />
              <br />
       Voilà le message de Jésus aujourd’hui : il est urgent d’accueillir Dieu dans sa vie. Il faut le faire maintenant et ne pas remettre à plus tard parce que ce sera alors trop tard.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Une vie éternelle déjà commencée ici-bas</span>       <br />
              <br />
       Pourquoi Jésus nous presse-t-il tellement à ne pas remettre à plus tard de s’occuper de son salut?       <br />
              <br />
       Pour une raison bien simple, mais qui est au cœur de notre foi. C’est la suivante. Notre bonheur éternel, il se commence ici-bas dans l’amour, l’aide aux autres, le dévouement la générosité etc.… toutes les vertus qu'on essaie de pratiquer; patience, humilité, charité etc... enfin dans tout ce qui se vit quotidiennement.       <br />
              <br />
       Il y a une belle comparaison qui le dit très bien. L’enfant dans le sein de sa mère avant sa naissance ne se dit pas : « Je vais attendre plus tard pour me former des yeux parce qu'ici il n’y a pas de lumière ou encore à quoi sert d'avoir des jambes, il n’y a pas de place pour courir ici. » Il ne se dit pas cela parce que dans le sein de sa mère il développe les organes qui lui permettront de jouir pleinement de sa vie près sa naissance.       <br />
              <br />
       Il en est un ainsi pour des chrétiens. Nous devons développer ici-bas les organes spirituels, je dirais, l’amour de Dieu et du prochain, toues ces vertus dont j'ai parlé il y un instant, qui nous permettront de jouir pleinement de la vie avec Dieu pour toujours après notre mort.       <br />
              <br />
       Il faut donc prendre au sérieux le temps présent, ne pas fuir nos responsabilités, car c’est maintenant que se joue notre éternité.        <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Une relation personnelle avec Jésus à développer</span>       <br />
              <br />
       Si on continue à lire la suite de cet évangile, on remarque qu’une condition est mise pour être sauvés : tu seras sauvé parce que, toi,  tu te seras impliqué personnellement. Il ne te suffira pas, dit Jésus de dire : « J’ai mangé et bu avec toi.. » en d’autres mots, j’ai été à la messe, j’ai fais mes prières, j’ai fait partie d’associations chrétiennes etc. etc. on se connaissait bien…       <br />
              <br />
       Vous savez, on peut bien vivre à côté de quelqu’un pendant plusieurs années sans s’intéresser vraiment à cette personne, à ses besoins, sans l’aimer, sans s’impliquer personnellement. Jésus nous dit que  ce peut être la même chose avec Dieu aussi.        <br />
              <br />
       Et pourtant, s’impliquer personnellement n’est pas si difficile. C’est à la portée de tous et toutes, dit Jésus, même des ceux et celles qui se sentent bien peu de choses : « Des derniers seront premiers et des premiers seront derniers ». C’est le cœur qui compte. Voilà!       <br />
              <br />
       Je pense ici à une dame qui me demandait souvent si tout ce qu’elle avait fait dans le silence pour sa famille, son mari et ses enfants, ça valait la peine. «  Ai-je bien fait, disait-elle? ». Je lui répondais que tout l’amour, toute la générosité qu’on déploie autour de soi, le bon Dieu le voit. C’est pourquoi, des « derniers » aux yeux du monde, sont des « premiers » aux yeux de Dieu.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Seigneur Jésus, donne-moi le désir de t’ouvrir toute grande ma porte, car t’accueillir c’est accueillir le salut, te laisser entrer, c’est aussi le moyen d’entrer chez toi, dans ton royaume, dans ton amour. Fais-moi comprendre, dans cette Eucharistie où ta présence vient nous soutenir et nous nourrir spirituellement, que dès maintenant, je dois aussi ouvrir ma porte aux autres, car c’est par cette porte de l’amour que j'ouvre toute grande que tu entreras chez moi aujourd’hui et dans l’éternité.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
              <br />
       19 août 2025       <br />
              <br />
       <!--Reprise de l'homélie du 23 août 2013 et du 16 août 2022-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « De toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères » (Is 66, 18-21)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Ainsi parle le Seigneur :       <br />
           connaissant leurs actions et leurs pensées,       <br />
       moi, je viens rassembler toutes les nations,       <br />
       de toute langue.       <br />
       Elles viendront et verront ma gloire :       <br />
           je mettrai chez elles un signe !       <br />
       Et, du milieu d’elles, j’enverrai des rescapés       <br />
       vers les nations les plus éloignées,       <br />
       vers les îles lointaines       <br />
       qui n’ont rien entendu de ma renommée,       <br />
       qui n’ont pas vu ma gloire ;       <br />
       ma gloire, ces rescapés l’annonceront       <br />
       parmi les nations.       <br />
           Et, de toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères,       <br />
       en offrande au Seigneur,       <br />
       sur des chevaux et des chariots, en litière,       <br />
       à dos de mulets et de dromadaires,       <br />
       jusqu’à ma montagne sainte, à Jérusalem,       <br />
       – dit le Seigneur.       <br />
       On les portera comme l’offrande qu’apportent les fils d’Israël,       <br />
       dans des vases purs, à la maison du Seigneur.       <br />
           Je prendrai même des prêtres et des lévites parmi eux,       <br />
       – dit le Seigneur.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 116 (117), 1, 2)       <br />
       R/ Allez dans le monde entier.       <br />
       Proclamez l’Évangile.       <br />
       ou : Alléluia ! (Mc 16, 15)       <br />
              <br />
       Louez le Seigneur, tous les peuples ;       <br />
       fêtez-le, tous les pays !       <br />
              <br />
       Son amour envers nous s’est montré le plus fort ;       <br />
       éternelle est la fidélité du Seigneur !       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Quand Dieu aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons » (He 12, 5-7.11-13)       <br />
       Lecture de la lettre aux Hébreux       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           vous avez oublié cette parole de réconfort,       <br />
       qui vous est adressée comme à des fils :       <br />
       Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur,       <br />
       ne te décourage pas quand il te fait des reproches.       <br />
           Quand le Seigneur aime quelqu’un,       <br />
       il lui donne de bonnes leçons ;       <br />
       il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils.       <br />
           Ce que vous endurez est une leçon.       <br />
       Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ;       <br />
       et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ?       <br />
           Quand on vient de recevoir une leçon,       <br />
       on n’éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse.       <br />
       Mais plus tard, quand on s’est repris grâce à la leçon,       <br />
       celle-ci produit un fruit de paix et de justice.       <br />
           C’est pourquoi,       <br />
       redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent,       <br />
           et rendez droits pour vos pieds les sentiers tortueux.       <br />
       Ainsi, celui qui boite ne se fera pas d’entorse ;       <br />
       bien plus, il sera guéri.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « On viendra de l’orient et de l’occident prendre place au festin dans le royaume de Dieu » (Lc 13, 22-30)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur ;       <br />
       personne ne va vers le Père sans passer par moi.       <br />
       Alléluia. (Jn 14, 6)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           tandis qu’il faisait route vers Jérusalem,       <br />
       Jésus traversait villes et villages en enseignant.       <br />
           Quelqu’un lui demanda :       <br />
       « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »       <br />
       Jésus leur dit :       <br />
           « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite,       <br />
       car, je vous le déclare,       <br />
       beaucoup chercheront à entrer       <br />
       et n’y parviendront pas.       <br />
           Lorsque le maître de maison se sera levé       <br />
       pour fermer la porte,       <br />
       si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte,       <br />
       en disant :       <br />
       ‘Seigneur, ouvre-nous’,       <br />
       il vous répondra :       <br />
       ‘Je ne sais pas d’où vous êtes.’       <br />
           Alors vous vous mettrez à dire :       <br />
       ‘Nous avons mangé et bu en ta présence,       <br />
       et tu as enseigné sur nos places.’       <br />
           Il vous répondra :       <br />
       ‘Je ne sais pas d’où vous êtes.       <br />
       Éloignez-vous de moi,       <br />
       vous tous qui commettez l’injustice.’       <br />
           Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents,       <br />
       quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob,       <br />
       et tous les prophètes       <br />
       dans le royaume de Dieu,       <br />
       et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.       <br />
           Alors on viendra de l’orient et de l’occident,       <br />
       du nord et du midi,       <br />
       prendre place au festin dans le royaume de Dieu.       <br />
           Oui, il y a des derniers qui seront premiers,       <br />
       et des premiers qui seront derniers. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année A  « Qui perd sa vie à cause de moi la trouvera »</title>
   <updated>2023-08-29T13:46:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-22e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-A-Qui-perd-sa-vie-a-cause-de-moi-la-trouvera_a1135.html</id>
   <category term="Homélies" />
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   <published>2023-08-29T18:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année A le 3 septembre 2023. Textes : Jérémie 20, 7-9,Romains 12, 1-2 et Mathieu 16, 21-27.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/73493823-51147572.jpg?v=1692241937" alt="Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année A  « Qui perd sa vie à cause de moi la trouvera »" title="Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année A  « Qui perd sa vie à cause de moi la trouvera »" />
     </div>
     <div>
      Savez-vous d’où vient le nom que nous nous donnons lorsque nous disons que nous sommes « chrétiens » ? C’est facile de répondre… Vous l’avez deviné, bien entendu. Hé oui! Le mot chrétien vient de « Christ ». Il y ressemble d’ailleurs. Un chrétien c’est celui qui prend Jésus Christ comme modèle, c’est celui qui désire suivre Jésus Christ.       <br />
              <br />
       I –<span style="font-style:italic"> Jésus Christ, un modèle à suivre</span>       <br />
              <br />
       Le chrétien, comme saint Pierre dans l’évangile de dimanche dernier, proclame et croit que Jésus n’est pas seulement un magicien, mais qu’il est le Fils de Dieu. Mais lorsqu’on reconnaît Jésus comme Fils de Dieu, c’est engageant. On ne sait pas jusqu’où cela va mener. Saint Pierre le vit aujourd’hui lorsque Jésus lui indique le chemin qui va le mener à la croix.        <br />
              <br />
       Saint Pierre ne peut imaginer un tel destin pour son Maître. « Dieu t’en garde, cela ne t’arrivera pas ». Pour Pierre, c’est impossible que le Fils du Dieu vivant soit mis à mort. C’est impensable, inconcevable. Il n’en est pas question. Et pourtant, Jésus lui explique qu’il doit passer par là pour accomplir la volonté de son Père pour le salut de ses frères et sœurs.        <br />
              <br />
       On comprend saint Pierre. C’est le scandale, la folie de la croix comme dira saint Paul dans sa première Lettre aux Corinthiens (I <span style="font-style:italic">Corinthiens</span> 1, 23).       <br />
              <br />
       II –<span style="font-style:italic"> Le sens de la croix</span>       <br />
              <br />
       Cette folie de la croix, c’est le mystère de la vie de Jésus. Par sa mort sur la croix, le Fils de Dieu donne un sens à notre vie. La souffrance, la mort, les divisions, le mal dans le monde tout cela est incompréhensible et absurde. Mais cela prend un sens pour un chrétien parce que Jésus a porté nos souffrances, nos misères, parce que par sa mort, il a vaincu la mort. Tout est changé au point que celui qui avec ses moyens humains veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de Jésus la gardera parce qu’il entrera dans les pensées de Dieu qui ne sont pas celles des humains.         <br />
              <br />
       <!--Être chrétien, c’est entrer dans les pensées de Dieu, les façons de faire de Dieu comme Jésus l'a fait le premier. -->On n’y arrive pas sans effort. C’est cela que veut dire «  prendre sa croix » . Si nous marchons à la suite de Jésus, la croix nous rencontrera c’est sûr. Nos croix personnelles peuvent devenir des portes pour aller plus loin dans notre rencontre de Dieu.        <br />
              <br />
       Être chrétien n’est pas facile aujourd’hui. On est souvent à contre-courant comme l’a été dans son temps le prophète Jérémie dont parle la première lecture. Il a été séduit par Dieu. « Tu as voulu me séduire, écrit-il, et je me suis laissé séduire ». En lui il y a comme feu dévorant que les moqueries et les railleries ne peuvent éteindre. Sa fidélité à Dieu peut nous servir de modèle dans des circonstances différentes, mais aussi difficiles parfois.       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Nous pouvons être sûrs que nous avons choisi le chemin vers le vrai bonheur. « Ne prenez pas pour modèle le monde présent » dit saint Paul dans la deuxième lecture. Le pape François y revient souvent en invitant à fuir ce qu’il appelle la « mondanité » pour suivre Jésus et marcher à sa suite. La mondanité spirituelle, qui se cache derrière des apparences de religiosité et même d’amour de l’Église, consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine et le bien-être personnel...Il s’agit d’une manière subtile de rechercher « ses propres intérêts, non ceux de Jésus-Christ » (<span style="font-style:italic">Philippiens</span> 2, 21) ». (cf. <span style="font-style:italic">Evangelii Gaudium</span> n. 23)        <br />
              <br />
       On n’a pas à chercher à faire des sacrifices, à s’imposer toutes sortes de pénitences, la vie nous en donne en quantité. Il s'agit de cultiver notre union à Jésus dans la prière, dans la fréquentation des sacrements et dans notre vie de chaque jour. Il revient à chacun et à chacune selon sa vocation, son état de vie, ses obligations et ses choix personnels de trouver les moyens concrets pour vivre la « suite de Jésus » qui est au cœur de la vie chrétienne.       <br />
              <br />
       La personne employée dans un hôpital, le directeur ou la directrice d'une compagnie, la mère de famille, la personne retraitée, la personne en perte d'autonomie etc. auront chacun leur croix personnelle. S'ils la reçoivent comme une porte qui les mène à Dieu alors cette croix deviendra un instrument de résurrection et de vie pour eux ou pour elles. Ils la vivront même avec joie car la joie n'est pas la satisfaction béate de ses instincts ou de ses besoins, elle réside avant tout dans la suite du Christ. Cette joie le pape François l'appelle "la joie de l'Évangile". Voici comment il la décrit :  «  La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours... » <span style="font-style:italic">(Evangelii Gaudium </span> n. 1).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Dans cette messe aujourd’hui, demandons à Jésus qui nous invite à l'imiter et dont nous partagerons le Corps à la communion de nous faire toujours choisir par toute notre vie le vrai chemin, la voie étroite qui conduit à la vie éternelle. C’est ce que je nous souhaite à tous et à toutes.       <br />
               <br />
        Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       29 août 2023       <br />
              <br />
       <!---       <br />
       inspiré de l'homélie du 30 août 1981 reprise 28 août 1999,  29 août 2005 et       <br />
       29 août 2017  et 25 août 2030-->       <br />
              <br />
       <!--       <br />
       texte d'une autre  version en 1993       <br />
              <br />
       « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Prendre sa croix, porter sa croix : qu’est-ce que cela veut dire?       <br />
              <br />
       Commençons par parcourir les significations que prend le mot croix dans le langage courant, puis, par la suite, essayons de comprendre le sens de l’invitation de Jésus à prendre sa croix.        <br />
              <br />
       I –<span style="font-style:italic"> Les sens du mot croix dans le langage courant</span>       <br />
              <br />
       Une croix, c’est un signe qu’on voit aujourd’hui partout ; des croix de chemin, des croix dans le cou, des croix sur les clochers des églises, dans les maisons...même à l’Assemblée nationale du Québec.        <br />
              <br />
       La croix est un signe d’appartenance. Tout de suite après la mort de Jésus sur la croix, ses disciples ont choisi ce symbole pour se reconnaître entre eux comme chrétiens, puis ensuite, plus tard au IVe siècle, la croix est devenue un symbole pour se faire reconnaître par leurs concitoyens comme disciples du Christ.        <br />
              <br />
       Mais c’est un symbole surprenant car la croix est quelque chose de pénible, de dur, même quelque chose qui fait mal parfois, qui fait souffrir. C’est aussi quelque chose qu’on voudrait bien éviter.        <br />
              <br />
       La croix c’est encore quelque chose qu’on ne choisit pas directement bien souvent. C’est une épreuve, une maladie, un décès, des difficultés financières ou avec les enfants par exemple qui nous arrivent. C’est là. Cela arrive sans crier gare parfois. C’est notre vie avec ses problèmes, ses limites, ses souffrances. Dans ce sens-là, chacun a sa croix personnelle reliée à on histoire de vie, à ses limites.        <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Les raisons de prendre sa croix</span>       <br />
              <br />
       C'est ici que prend sens l'invitation de Jésus à prendre sa croix. Pourquoi ? Parce qu'il est conscient que ce n'est pas toujours facile de suivre son chemin dans les circonstances de la vie. Lui-même l'a expérimenté.  Au jardin des Oliviers à Gethsémani avant sa passion dans son agonie il a eu peur. Il disait : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe; » c’est-à-dire cette croix de la passion « cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne ». (Luc 22, 42)       <br />
              <br />
       Comment porter notre croix personnelle qui peut être ou moins légère ou plus ou moins pesante ? La réponse que nous donne l'évangile d'aujourd'hui est bien simple. Regardez Jésus et faites tout ce que vous pouvez pour le suivre, l'imiter. Il sera votre modèle et votre inspiration.       <br />
              <br />
       Le nom de  «  chrétien  » veut dire que tu es disciple du Christ, de Jésus. Cela veut dire que tu crois , comme saint Pierre dans l’évangile de dimanche dernier que Jésus n’est pas seulement un magicien, mais qu’il est le Fils de Dieu et que tu veux marcher à sa  suite, essayer de vivre comme lui.       <br />
              <br />
       C’est engageant. Ce n’est pas toujours facile. Saint Pierre qui est un peu à notre place aujourd’hui dit ce que nous aurions dit peut-être si nous avions été avec Jésus lorsqu’il était sur la terre : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas» s’écrit-t-il après que Jésus eut indiqué à ses disciples que sa vie passerait par les souffrances de la passion et qu’il mourrait avant de ressusciter le troisième jour. Imaginez le Fils du Dieu vivant mis à mort. C’est inconcevable pour saint Pierre. Il n’en est pas question. Soyons honnêtes. Ne serait-ce pas la réaction que nous aurions eu nous aussi ?        <br />
              <br />
       Et pourtant c’est le mystère de la vie de Jésus. Par sa mort sur la croix, il donne un sens à notre vie. Il porte nos misères nos souffrances et tout est changé. Par sa mort, il a vaincu la mort. Celui ou celle qui paraît perdre sa vie à cause de Jésus, la gagne. La croix de Jésus n'est plus un instrument de supplice, elle devient un porte qui fait entrer dans l'amour total de Dieu le Père.        <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Nos croix personnelles peuvent jouer le même rôle et devenir des portes pour aller plus loin dans notre rencontre de Dieu. Être chrétien n’est pas facile aujourd’hui. On est souvent à contre-courant comme l’a été dans son temps le prophète Jérémie dont parle la première lecture. Il a été séduit par Dieu. « Tu as voulu me séduire, écrit-il, et je me suis laissé séduire ». En lui il y a comme feu dévorant que les moqueries et les railleries ne peuvent éteindre. Sa fidélité à Dieu peut nous servir de modèle dans des circonstances différentes, mais aussi difficiles parfois.       <br />
              <br />
       Nous pouvons être sûrs que nous avons choisi le chemin vers le vrai bonheur. « Ne prenez pas pour modèle le monde présent » dit saint Paul dans la deuxième lecture. Le pape François y revient souvent en invitant à fuir ce qu’il appelle la « mondanité » pour suivre Jésus et marcher à sa suite. On n’a pas à chercher à faire des sacrifices, à s’imposer toutes sortes de pénitences, la vie nous en donne en quantité. Il s'agit de cultiver notre union à Jésus dans la prière, par la fréquentation des sacrements et dans notre vie de chaque jour. Il revient à chacun et à chacune selon sa vocation, son état de vie, ses obligations et ses choix personnels de trouver les moyens concrets pour vivre la « suite de Jésus » qui est au cœur de la vie chrétienne.       <br />
              <br />
       L'employé dans un hôpital, le directeur de compagnie, l'ouvrier, la mère de famille, le retraité, la personne handicapée etc. découvrira dans telle ou telle occasion la croix que Dieu lui présente. Ils ou elles la recevront en imitant Jésus. Elle deviendra pour eux ou pour elles un chemin de résurrection et de vie. Elle ne les écrasera pas, elle leur procurera même de la joie. Cette joie       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Dans cette messe aujourd’hui, demandons à Jésus qui nous invite à l'imiter et dont nous partagerons le Corps à la communion de nous faire toujours choisir  par toute notre vie le vrai chemin, la voie étroite qui conduit à la vie éternelle. C’est ce que  je nous souhaite à tous et à toutes.       <br />
              <br />
              <br />
       29 août 1993       <br />
       -->       <br />
              <br />
              <br />
       <!--       <br />
              <br />
       reprised de l'homélie du 27!-       <br />
              <br />
       aoûtv2017       <br />
              <br />
       Jésus lui-même au jardin des Oliviers à Gethsémani avant sa passion dans son agonie eut peur. Il disait : «  Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe; » c’est-à-dire cette croix de la passion « cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » (Luc 22, 42)       <br />
       On n’a pas à chercher à faire des sacrifices, à s’imposer toutes sortes de pénitences, la vie nous en donne en quantité. Un chrétien accepte de porter sa croix avec courage..       <br />
              <br />
              <br />
       -->       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « La parole du Seigneur attire sur moi l’insulte » (Jr 20, 7-9)       <br />
       Lecture du livre du prophète Jérémie       <br />
              <br />
       Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ;       <br />
       tu m’as saisi, et tu as réussi.       <br />
       À longueur de journée je suis exposé à la raillerie,       <br />
       tout le monde se moque de moi.       <br />
           Chaque fois que j’ai à dire la parole,       <br />
       je dois crier, je dois proclamer :       <br />
       « Violence et dévastation ! »       <br />
       À longueur de journée, la parole du Seigneur       <br />
       attire sur moi l’insulte et la moquerie.       <br />
           Je me disais : « Je ne penserai plus à lui,       <br />
       je ne parlerai plus en son nom. »       <br />
       Mais elle était comme un feu brûlant dans mon cœur,       <br />
       elle était enfermée dans mes os.       <br />
       Je m’épuisais à la maîtriser,       <br />
       sans y réussir.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 62 (63), 2, 3-4, 5-6, 8-9)       <br />
       R/ Mon âme a soif de toi,       <br />
       Seigneur, mon Dieu ! (cf. Ps 62, 2b)       <br />
              <br />
       Dieu, tu es mon Dieu,       <br />
            je te cherche dès l’aube :       <br />
       mon âme a soif de toi ;       <br />
       après toi languit ma chair,       <br />
       terre aride, altérée, sans eau.       <br />
              <br />
       Je t’ai contemplé au sanctuaire,       <br />
       j’ai vu ta force et ta gloire.       <br />
       Ton amour vaut mieux que la vie :       <br />
       tu seras la louange de mes lèvres !       <br />
              <br />
       Toute ma vie je vais te bénir,       <br />
       lever les mains en invoquant ton nom.       <br />
       Comme par un festin je serai rassasié ;       <br />
       la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.       <br />
              <br />
       Oui, tu es venu à mon secours :       <br />
       je crie de joie à l’ombre de tes ailes.       <br />
       Mon âme s’attache à toi,       <br />
       ta main droite me soutient.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Présentez votre corps en sacrifice vivant » (Rm 12, 1-2)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains       <br />
              <br />
           Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu,       <br />
       à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –,       <br />
       en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu :       <br />
       c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte.       <br />
           Ne prenez pas pour modèle le monde présent,       <br />
       mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser       <br />
       pour discerner quelle est la volonté de Dieu :       <br />
       ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire,       <br />
       ce qui est parfait.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même »  (Jr 20, 7-9)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ       <br />
       ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,       <br />
       pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.       <br />
       Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
           Jésus commença à montrer à ses disciples       <br />
       qu’il lui fallait partir pour Jérusalem,       <br />
       souffrir beaucoup de la part des anciens,       <br />
       des grands prêtres et des scribes,       <br />
       être tué, et le troisième jour ressusciter.       <br />
           Pierre, le prenant à part,       <br />
       se mit à lui faire de vifs reproches :       <br />
       « Dieu t’en garde, Seigneur !       <br />
       cela ne t’arrivera pas. »       <br />
           Mais lui, se retournant, dit à Pierre :       <br />
       « Passe derrière moi, Satan !       <br />
       Tu es pour moi une occasion de chute :       <br />
       tes pensées ne sont pas celles de Dieu,       <br />
       mais celles des hommes. »       <br />
              <br />
           Alors Jésus dit à ses disciples :       <br />
       « Si quelqu’un veut marcher à ma suite,       <br />
       qu’il renonce à lui-même,       <br />
       qu’il prenne sa croix       <br />
       et qu’il me suive.       <br />
           Car celui qui veut sauver sa vie       <br />
       la perdra,       <br />
       mais qui perd sa vie à cause de moi       <br />
       la trouvera.       <br />
           Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il       <br />
       à gagner le monde entier,       <br />
       si c’est au prix de sa vie ?       <br />
       Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?       <br />
           Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges       <br />
       dans la gloire de son Père ;       <br />
       alors il rendra à chacun selon sa conduite. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-22e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-A-Qui-perd-sa-vie-a-cause-de-moi-la-trouvera_a1135.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour le 7e dimanche de Pâques Année A : « Père, glorifie-moi, je trouve ma gloire en eux »</title>
   <updated>2023-06-03T02:43:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-7e-dimanche-de-Paques-Annee-A-Pere-glorifie-moi-je-trouve-ma-gloire-en-eux_a1119.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/71071602-49521944.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-05-17T18:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie pour le 7e dimanche de Pâques (Année A) 21 mai 2023 (sauf au Canada où ce dimanche-là on célèbre la Solennité de l'Ascension qui n'a pas été célébrée le jeudi 18 mai 2023). Textes: Actes des Apôtres 1, 12-14, 1 Pierre 4, 13-16 et Jean 17, 1-11a.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/71071602-49521944.jpg?v=1586291303" alt="Homélie pour le 7e dimanche de Pâques Année A : « Père, glorifie-moi, je trouve ma gloire en eux »" title="Homélie pour le 7e dimanche de Pâques Année A : « Père, glorifie-moi, je trouve ma gloire en eux »" />
     </div>
     <div>
      Entre l'Ascension et la Pentecôte, ce dimanche est un dimanche de méditation et de recueillement en union avec le groupe des disciples de Jésus revenus au Cénacle. Ils se laissent habiter par une absence qu'ils sentent remplie de fruits qu'ils n'ont pas encore découverts.        <br />
              <br />
       C'est pourquoi, ils se recueillent en communauté de foi en Celui qu'ils ont fréquenté, avec qui ils ont mangé et bu et qui les as laissés lors de l'Ascension dont nous avons célébré la solennité jeudi dernier.       <br />
              <br />
       Les textes de la messe d’aujourd’hui veulent nous aider à entrer dans ce temps de recueillement avant la fête de la Pentecôte.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Les fruits de l’absence</span>       <br />
              <br />
       La deuxième lecture tirée de la première lettre attribuée à saint Pierre nous invite à entrer dans la participation vécue et intime au mystère de la Passion du Christ. « Communiez aux souffrances du Christ ».        <br />
              <br />
       Cette invitation n’est pas de trop car les premiers chrétiens auxquels s’adresse la lettre de saint Pierre connaissent le rejet de leurs frères et sœurs juifs comme Jésus l’a connu. Ils apportent un message renversant qui contredit toutes les aspirations du peuple élu et qui est un scandale pour les païens.  Ils sont insultés à cause du nom du Christ. Ils souffrent, non pour des crimes réels : vols, meurtres etc., mais parce qu’ils sont identifiés comme « chrétiens », nouveau nom qu’on leur applique qui vient du mot « Christ ».       <br />
              <br />
       Que faire alors, si ce n’est de regarder vers leur Maître qui est  venu comme un agneau souffrant pour le péché du monde et mourant sur une croix dans de terribles souffrances. La croix devient ainsi le symbole de ce nouveau peuple de Dieu que sont les disciples de Jésus, les « chrétiens ».       <br />
              <br />
       Ce contexte réel et concret de l’action de Dieu pour son peuple ne conduit pas à la mort pour autant. Il est, au contraire, signe de vie. Jésus est ressuscité et son Père le glorifie pour son obéissance et pour le don de sa vie. Ses disciples, les « chrétiens », témoignent d’une gloire à venir, d’une glorification dont ils ont reçu les prémices dans la résurrection de Jésus et dans leur baptême qui les unit à lui dans le passage de la mort à la vie.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi, ils peuvent se réjouir et être dans l’allégresse. Ils ne sont pas écrasés par le péché. Jésus l’a vaincu. Il a triomphé du mal et le Père l’a accueilli près de lui dans la gloire pour l’éternité.       <br />
              <br />
       Il -  <span style="font-style:italic">Le sens de la glorification de Jésus</span>       <br />
              <br />
       Cette glorification de Jésus est décrite avec emphase et avec amour par l’extrait de l’évangile de saint Jean qui situe ces réflexions avant la mort de Jésus. Elles gardent pour nous toute leur actualité car elles décrivent une absence qui est loin d’être le vide et la noirceur.        <br />
              <br />
       L’absence physique du Maître ouvrira la porte à ce que Jésus décrit comme sa « gloire ». Ce mot nous est assez étranger. Il est encore utilisé pour les sportifs des Jeux Olympiques, les stars des prix de cinéma et que sais-je ? Au Québec, une équipe de hockey très célèbre, les Canadiens de Montréal, porte le surnom « les Glorieux ».       <br />
              <br />
       Saint Jean décrit la « gloire du Fils » non comme un cadeau personnel ou une récompense pour une performance, mais comme une mission qui le tourne vers les autres.       <br />
              <br />
       Le Fils a tout reçu du Père. Il donnera la vie éternelle à tous ceux et celles qui l’accueilleront les faisant entrer dans la connaissance personnelle du seul et vrai Dieu et de son envoyé, Jésus-Christ.       <br />
              <br />
       La mission du Fils s’inscrit dans la vie des disciples de Jésus. Ils sont remplis de Lui et ils en témoignent dans leur vie. Sans être retirés du monde, ils témoignent d’une vie autre, d’un monde autre, que Jésus  ailleurs appelle le Royaume de Dieu. Nous le demandons à chaque fois que nos récitons le <span style="font-style:italic">Notre Père</span>  lorsque nous disons « Que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite ».        <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Dans l’attente de méditer sur le mystère de la Pentecôte que nous célèbrerons dimanche prochain, restons, nous aussi, au Cénacle pour approfondir tout ce qui nous a été présenté dans les dimanches du carême et les dimanches de Pâques.       <br />
              <br />
       Laissons retomber nos émotions et nos pensées. Mettons-nous  à l’écoute de l’Esprit qui est en nous. Ouvrons la Parole de Dieu à l’occasion pour nous en nourrir. Regardons autour de nous pour voir comment mettre en pratique les suites de nos méditations. Car nous savons que désormais nous sommes envoyés pour partager ce qui nous fait vivre dans la foi au Christ mort et ressuscité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Ces invitations que je viens de vous faire prendrons corps si nous savons nous approcher avec confiance de celui qui s’est fait notre nourriture dans son Corps et son Sang auxquels nous communions à chaque messe.       <br />
              <br />
       Reprenant le début de la deuxième lecture,  je vous dis en le transposant un peu : « Puisque nous avons communié aux souffrances du Christ, réjouissons-nous, afin d’être dans la joie et l’allégresse que sa gloire se révélera parfaitement un jour. »       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       17 mai 2023       <br />
              <br />
              <br />
       <!-- Reprise avec corrections de l'homélie du 21 mai 2020-->       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">       <br />
       Lectures de la messe pour le 7e dimanche de Pâques  Année A </span>       <br />
       Première lecture       <br />
              <br />
       « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » (Ac 1, 12-14)       <br />
              <br />
       Lecture du livre des Actes des Apôtres       <br />
              <br />
       Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel,       <br />
           retournèrent à Jérusalem       <br />
       depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche,       <br />
       – la distance de marche ne dépasse pas       <br />
       ce qui est permis le jour du sabbat.       <br />
           À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute       <br />
       où ils se tenaient habituellement ;       <br />
       c’était Pierre, Jean, Jacques et André,       <br />
       Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu,       <br />
       Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.       <br />
           Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière,       <br />
       avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus,       <br />
       et avec ses frères.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Psaume       <br />
       (Ps 26 (27), 1, 4, 7-8)       <br />
              <br />
       R/ J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur       <br />
       sur la terre des vivants.       <br />
       ou Alléluia ! (Ps 26, 13)       <br />
              <br />
       Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;       <br />
       de qui aurais-je crainte ?       <br />
       Le Seigneur est le rempart de ma vie ;       <br />
       devant qui tremblerais-je ?       <br />
              <br />
       J’ai demandé une chose au Seigneur,       <br />
       la seule que je cherche :       <br />
       habiter la maison du Seigneur       <br />
       tous les jours de ma vie,       <br />
       pour admirer le Seigneur dans sa beauté       <br />
       et m’attacher à son temple.       <br />
              <br />
       Écoute, Seigneur, je t’appelle !       <br />
       Pitié ! Réponds-moi !       <br />
       Mon cœur m’a redit ta parole :       <br />
       « Cherchez ma face. »       <br />
       Deuxième lecture       <br />
       « Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous » (1 P 4, 13-16)       <br />
              <br />
       Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre       <br />
              <br />
       Bien-aimés,       <br />
           dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ,       <br />
       réjouissez-vous,       <br />
       afin d’être dans la joie et l’allégresse       <br />
       quand sa gloire se révélera.       <br />
           Si l’on vous insulte pour le nom du Christ,       <br />
       heureux êtes-vous,       <br />
       parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu,       <br />
       repose sur vous.       <br />
           Que personne d’entre vous, en effet,       <br />
       n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur,       <br />
       ou comme agitateur.       <br />
           Mais si c’est comme chrétien,       <br />
       qu’il n’ait pas de honte,       <br />
       et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Évangile       <br />
       « Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1b-11a)       <br />
              <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ;       <br />
       je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.       <br />
       Alléluia. (cf. Jn 14, 18 ; 16, 22)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
               Jésus leva les yeux au ciel et dit :       <br />
       « Père, l’heure est venue.       <br />
       Glorifie ton Fils       <br />
       afin que le Fils te glorifie.       <br />
           Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,       <br />
       il donnera la vie éternelle       <br />
       à tous ceux que tu lui as donnés.       <br />
           Or, la vie éternelle,       <br />
       c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,       <br />
       et celui que tu as envoyé,       <br />
       Jésus Christ.       <br />
           Moi, je t’ai glorifié sur la terre       <br />
       en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.       <br />
           Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,       <br />
       de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.       <br />
           J’ai manifesté ton nom       <br />
       aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.       <br />
       Ils étaient à toi, tu me les as donnés,       <br />
       et ils ont gardé ta parole.       <br />
           Maintenant, ils ont reconnu       <br />
       que tout ce que tu m’as donné vient de toi,       <br />
           car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :       <br />
       ils les ont reçues,       <br />
       ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,       <br />
       et ils ont cru que tu m’as envoyé.       <br />
              <br />
           Moi, je prie pour eux ;       <br />
       ce n’est pas pour le monde que je prie,       <br />
       mais pour ceux que tu m’as donnés,       <br />
       car ils sont à toi.       <br />
           Tout ce qui est à moi est à toi,       <br />
       et ce qui est à toi est à moi ;       <br />
       et je suis glorifié en eux.       <br />
           Désormais, je ne suis plus dans le monde ;       <br />
       eux, ils sont dans le monde,       <br />
       et moi, je viens vers toi. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-7e-dimanche-de-Paques-Annee-A-Pere-glorifie-moi-je-trouve-ma-gloire-en-eux_a1119.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire Année C : « La porte étroite... »</title>
   <updated>2022-07-30T02:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-21e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-La-porte-etroite_a1078.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/64229005-46109483.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-08-16T18:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques. Homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire Année C le 21 août 2022 à la Chapelle du Lac Poulin par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec recteur de cette desserte. Textes : Isaïe 66, 18-21, Hébreux 12, 5-7 et 11-13 et Luc 13, 22-30.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/64229005-46109483.jpg?v=1655141183" alt="Homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire Année C : « La porte étroite... »" title="Homélie pour le 21e dimanche du temps ordinaire Année C : « La porte étroite... »" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Introduction : une question</span>       <br />
              <br />
       Un quidam demande à Jésus s’il y aura peu de gens être sauvés C’est une question qui a hanté bien des croyants au cours des siècles. À certaines périodes, cette question était tellement présente qu’elle a provoqué de terribles angoisses chez certains.        <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">La réponse de Jésus</span>       <br />
              <br />
       Revenons à la question et à la réponse de Jésus. La question posée à Jésus semble bien claire, mais, en fait, posée comme elle l’est, elle est piégée. En effet, le type de l’évangile voudrait se faire dire oui ou non, mais, Jésus dans sa réponse déplace le centre de l’attention du « combien » au « comment ».        <br />
              <br />
       Combien il va y en avoir ce n’est pas la bonne question pour Jésus. La bonne question, c’est « moi, qu’est-ce que je fais pour être sauvé ». Comment? Et Jésus continue en disant que la porte est ouverte actuellement, mais un jour elle sera fermée, Ce qui est important donc c’est d’entrer maintenant dans le salut proposé par Jésus. « Efforcez-vous d’entrer maintenant par la porte étroite…beaucoup chercheront, plus tard à entrer et ne pourront pas, car le maître aura fermé la porte. »       <br />
              <br />
       Voilà le message de Jésus aujourd’hui : il est urgent d’accueillir Dieu dans sa vie. Il faut le faire maintenant et ne pas remettre à plus tard parce que ce sera alors trop tard.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Une vie éternelle déjà commencée ici-bas</span>       <br />
              <br />
       Pourquoi Jésus nous presse-t-il tellement à ne pas remettre à plus tard de s’occuper de son salut?       <br />
              <br />
       Pour une raison bien simple, mais qui est au cœur de notre foi. C’est la suivante. Notre bonheur éternel, il se commence ici-bas dans l’amour, l’aide aux autres, le dévouement la générosité etc.… toutes les vertus qu'on essaie de pratiquer; patience, humilité, charité etc... enfin dans tout ce qui se vit quotidiennement.       <br />
              <br />
       Il y a une belle comparaison qui le dit très bien. L’enfant dans le sein de sa mère avant sa naissance ne se dit pas : « Je vais attendre plus tard pour me former des yeux parce qu'ici il n’y a pas de lumière ou encore à quoi sert d'avoir des jambes, il n’y a pas de place pour courir ici. » Il ne se dit pas cela parce que dans le sein de sa mère il développe les organes qui lui permettront de jouir pleinement de sa vie près sa naissance.       <br />
              <br />
       Il en est un ainsi pour des chrétiens. Nous devons développer ici-bas les organes spirituels, je dirais, l’amour de Dieu et du prochain, toues ces vertus dont j'ai parlé il y un instant, qui nous permettront de jouir pleinement de la vie avec Dieu pour toujours après notre mort.       <br />
              <br />
       Il faut donc prendre au sérieux le temps présent, ne pas fuir nos responsabilités, car c’est maintenant que se joue notre éternité.        <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Une relation personnelle avec Jésus à développer</span>       <br />
              <br />
       Si on continue à lire la suite de cet évangile, on remarque qu’une condition est mise pour être sauvés : tu seras sauvé parce que, toi,  tu te seras impliqué personnellement. Il ne te suffira pas, dit Jésus de dire : « J’ai mangé et bu avec toi.. » en d’autres mots, j’ai été à la messe, j’ai fais mes prières, j’ai fait partie d’associations chrétiennes etc. etc. on se connaissait bien…       <br />
              <br />
       Vous savez, on peut bien vivre à côté de quelqu’un pendant plusieurs années sans s’intéresser vraiment à cette personne, à ses besoins, sans l’aimer, sans s’impliquer personnellement. Jésus nous dit que  ce peut être la même chose avec Dieu aussi.        <br />
              <br />
       Et pourtant, s’impliquer personnellement n’est pas si difficile. C’est à la portée de tous et toutes, dit Jésus, même des ceux et celles qui se sentent bien peu de choses : « Des derniers seront premiers et des premiers seront derniers ». C’est le cœur qui compte. Voilà!       <br />
              <br />
       Je pense ici à une dame qui me demandait souvent si tout ce qu’elle avait fait dans le silence pour sa famille, son mari et ses enfants, ça valait la peine. «  Ai-je bien fait, disait-elle? ». Je lui répondais que tout l’amour, toute la générosité qu’on déploie autour de soi, le bon Dieu le voit. C’est pourquoi, des « derniers » aux yeux du monde, sont des « premiers » aux yeux de Dieu.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Seigneur Jésus, donne-moi le désir de t’ouvrir toute grande ma porte, car t’accueillir c’est accueillir le salut, te laisser entrer, c’est aussi le moyen d’entrer chez toi, dans ton royaume, dans ton amour. Fais-moi comprendre, dans cette Eucharistie où ta présence vient nous soutenir et nous nourrir spirituellement, que dès maintenant, je dois aussi ouvrir ma porte aux autres, car c’est par cette porte de l’amour que j'ouvre toute grande que tu entreras chez moi aujourd’hui et dans l’éternité.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
              <br />
       16 août 2022       <br />
              <br />
       <!--Reprise de l'homélie du 23 août 2013-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « De toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères » (Is 66, 18-21)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Ainsi parle le Seigneur :       <br />
           connaissant leurs actions et leurs pensées,       <br />
       moi, je viens rassembler toutes les nations,       <br />
       de toute langue.       <br />
       Elles viendront et verront ma gloire :       <br />
           je mettrai chez elles un signe !       <br />
       Et, du milieu d’elles, j’enverrai des rescapés       <br />
       vers les nations les plus éloignées,       <br />
       vers les îles lointaines       <br />
       qui n’ont rien entendu de ma renommée,       <br />
       qui n’ont pas vu ma gloire ;       <br />
       ma gloire, ces rescapés l’annonceront       <br />
       parmi les nations.       <br />
           Et, de toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères,       <br />
       en offrande au Seigneur,       <br />
       sur des chevaux et des chariots, en litière,       <br />
       à dos de mulets et de dromadaires,       <br />
       jusqu’à ma montagne sainte, à Jérusalem,       <br />
       – dit le Seigneur.       <br />
       On les portera comme l’offrande qu’apportent les fils d’Israël,       <br />
       dans des vases purs, à la maison du Seigneur.       <br />
           Je prendrai même des prêtres et des lévites parmi eux,       <br />
       – dit le Seigneur.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 116 (117), 1, 2)       <br />
       R/ Allez dans le monde entier.       <br />
       Proclamez l’Évangile.       <br />
       ou : Alléluia ! (Mc 16, 15)       <br />
              <br />
       Louez le Seigneur, tous les peuples ;       <br />
       fêtez-le, tous les pays !       <br />
              <br />
       Son amour envers nous s’est montré le plus fort ;       <br />
       éternelle est la fidélité du Seigneur !       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Quand Dieu aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons » (He 12, 5-7.11-13)       <br />
       Lecture de la lettre aux Hébreux       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           vous avez oublié cette parole de réconfort,       <br />
       qui vous est adressée comme à des fils :       <br />
       Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur,       <br />
       ne te décourage pas quand il te fait des reproches.       <br />
           Quand le Seigneur aime quelqu’un,       <br />
       il lui donne de bonnes leçons ;       <br />
       il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils.       <br />
           Ce que vous endurez est une leçon.       <br />
       Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ;       <br />
       et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ?       <br />
           Quand on vient de recevoir une leçon,       <br />
       on n’éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse.       <br />
       Mais plus tard, quand on s’est repris grâce à la leçon,       <br />
       celle-ci produit un fruit de paix et de justice.       <br />
           C’est pourquoi,       <br />
       redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent,       <br />
           et rendez droits pour vos pieds les sentiers tortueux.       <br />
       Ainsi, celui qui boite ne se fera pas d’entorse ;       <br />
       bien plus, il sera guéri.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « On viendra de l’orient et de l’occident prendre place au festin dans le royaume de Dieu » (Lc 13, 22-30)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur ;       <br />
       personne ne va vers le Père sans passer par moi.       <br />
       Alléluia. (Jn 14, 6)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           tandis qu’il faisait route vers Jérusalem,       <br />
       Jésus traversait villes et villages en enseignant.       <br />
           Quelqu’un lui demanda :       <br />
       « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? »       <br />
       Jésus leur dit :       <br />
           « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite,       <br />
       car, je vous le déclare,       <br />
       beaucoup chercheront à entrer       <br />
       et n’y parviendront pas.       <br />
           Lorsque le maître de maison se sera levé       <br />
       pour fermer la porte,       <br />
       si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte,       <br />
       en disant :       <br />
       ‘Seigneur, ouvre-nous’,       <br />
       il vous répondra :       <br />
       ‘Je ne sais pas d’où vous êtes.’       <br />
           Alors vous vous mettrez à dire :       <br />
       ‘Nous avons mangé et bu en ta présence,       <br />
       et tu as enseigné sur nos places.’       <br />
           Il vous répondra :       <br />
       ‘Je ne sais pas d’où vous êtes.       <br />
       Éloignez-vous de moi,       <br />
       vous tous qui commettez l’injustice.’       <br />
           Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents,       <br />
       quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob,       <br />
       et tous les prophètes       <br />
       dans le royaume de Dieu,       <br />
       et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.       <br />
           Alors on viendra de l’orient et de l’occident,       <br />
       du nord et du midi,       <br />
       prendre place au festin dans le royaume de Dieu.       <br />
           Oui, il y a des derniers qui seront premiers,       <br />
       et des premiers qui seront derniers. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Le divin enfant" Homélie de l'abbé Louis Corriveau pour Noël 2013</title>
   <updated>2013-12-24T06:21:00+01:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Le-divin-enfant-Homelie-de-l-abbe-Louis-Corriveau-pour-Noel-2013_a571.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/6165646-9212493.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2013-12-24T05:35:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie en la fête de Noël à la messe dans la nuit de Noël 2013 à Saint-Raymond de Portneuf au Québec par l'abbé Louis Corriveau, prêtre associé à la communauté des prêtres du Séminaire de Québec et curé de l'Unité pastorale.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/6165646-9212493.jpg?v=1387862499" alt=""Le divin enfant" Homélie de l'abbé Louis Corriveau pour Noël 2013" title=""Le divin enfant" Homélie de l'abbé Louis Corriveau pour Noël 2013" />
     </div>
     <div>
      J’ai un ami  qui s’appelle Fernand.    Il a la noble tâche de me couper les cheveux depuis 31 ans.   Ne riez pas, c’est très sérieux.  Fernand, c’est le barbier du village à Ste-Marie, coin Notre-Dame et Ste-Anne.  Fernand aime bien philosopher en faisant son travail.  Comme c’est un bon chrétien, un jour, il m’a posé la question suivante : ‘Coudon, Louis,  puisque Jésus était Juif, comment se fait-il que nous ne soyons pas Juifs?’   Bonne question.       <br />
              <br />
       Je sais que Fernand n’est pas le seul à se poser la question.   Il est vrai que Jésus était Juif et qu’il a pratiqué la religion juive, la même que ses parents, Marie et Joseph, la même que ses grands-parents, Anne et Joachim.   Les apôtres qui ont vécu après la mort de Jésus ont continué de pratiquer la religion juive.   Par exemple, ils observaient le repos du sabbat, qui existe encore aujourd’hui, du vendredi soir au samedi soir, d’un coucher du soleil à l’autre.   Nous avons même gardé cette habitude juive de commencer les fêtes au coucher du soleil, comme ce soir. Mais les disciples de Jésus ont fini par se distinguer de leurs frères Juifs.   Ça s’est fait graduellement, sur une durée de quelques décennies. Ils ont constitué un nouveau groupe à l’intérieur de la religion juive.   On les appelait les chrétiens, les disciples de Jésus le Christ.   Ils affirmaient que Jésus est le Christ, le Messie que les prophètes annonçaient depuis si longtemps.         <br />
              <br />
       Vous connaissez sans doute le vieux cantique qui nous fait chanter : (musique) depuis plus de quatre mille ans, nous le promettaient les prophètes, depuis plus de quatre mille ans, nous attendions cet heureux temps.  Il est né le divin enfant,  jouez hautbois résonnez musettes, il est né le divin enfant, chantons tous son avènement. Avez-vous déjà réalisé ce que vous dites quand vous chantez ce classique de Noël?  Un divin enfant, ou un enfant divin, si vous voulez.   Nos frères Juifs ne croient pas que Jésus est un divin enfant, un enfant Dieu.   Pour nous, au contraire, Jésus est Dieu. Il est descendu du ciel pour venir dans notre monde.  Le Très Haut est devenu le Très Bas.  Ça fait toute la différence.  Reprenons le refrain.       <br />
              <br />
       (Musique) Il est né le divin enfant,  jouez hautbois résonnez musettes, il est né le divin enfant, chantons tous son avènement. Nous chantons son avènement.   La venue du divin enfant est un avènement.  Un avènement, c’est différent d’un événement.   Un événement, c’est quelque chose d’important qui arrive et qui a une fin.  Pensons au festival forestier de St-Raymond.  C’est un événement annuel.  Ça dure quatre jours en juillet.   Il y a un début et une fin.       <br />
       Un avènement, c’est quelque chose qui commence mais qui s’installe, qui s’établit, qui n’a pas de fin. Pensons à l’avènement de la télévision.   La télévision est arrivée au Québec en 1952 mais ça continue.   C’est la même chose avec l’avènement du divin enfant.   Parce que l’enfant est devenu un homme qui est mort et ressuscité,  il continue d’être présent dans le monde.    Le prophète Isaïe avait annoncé la venue d’un enfant qui porterait le nom de ‘Père-à-jamais.’  A jamais, ça veut dire pour toujours.  Jésus ressuscité sera toujours avec nous.  C’est la foi des chrétiens.   L’avènement Jésus continue et n’aura pas de fin.       <br />
              <br />
       Nos frères Juifs ne croient pas qu’il est né le divin enfant, que Jésus est le Messie, le Christ.  Ils attendent toujours le Messie.  Pour eux, le 25 décembre, c’est une journée comme une autre.  Si vous rencontrez un Juif dans les prochains jours, ne lui souhaitez pas Joyeux Noël, il va vous regarder de travers ou vous allez le faire rire.         <br />
              <br />
       Il est né le divin enfant.  Nous, les chrétiens, nous croyons et chantons cela.  Voilà pourquoi nous avons fini par nous distinguer de nos frères Juifs, comme un jour nous nous sommes détachés de la mère Patrie, la France.   Nous sommes les descendants des Français mais nous avons fini par prendre notre couleur particulière.   Nous ne sommes plus des Français mais des québécois qui parlent français, avec notre accent particulier que les Français aiment tant.  Au niveau religieux, nous sommes les descendants du judaïsme mais nous avons pris notre couleur à nous.        <br />
              <br />
       C’est un peu la réponse que j’avais donnée à mon ami Fernand qui était en train de tailler mon épaisse chevelure.          <br />
              <br />
       Il est né le divin enfant. Avouons qu’il n’est pas si facile de croire que Dieu a grandi dans le ventre d’une maman et qu’il a été un bébé couché dans une mangeoire pour animaux.  Bébé Jésus est devenu grand.  Il est mort et ressuscité et il continue de nous offrir sa vie.  C’est pour cela que nous célébrons l’eucharistie le soir de Noël.  Noël n’est pas un événement mais un avènement.  Le mystère de Noël n’a pas duré une seule nuit, il se poursuit. Jésus ressuscité continue de vouloir venir en nous par le don de l’eucharistie.    Ce soir, Jésus ne revient pas dans le ventre de la Vierge Marie, mais il attend que nos mains se joignent pour devenir un berceau pour lui.  Désormais, la crèche, c’est notre cœur.   Accueillons-le.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">L'abbé Louis Corriveau</span>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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  <entry>
   <title>La famille, éducatrice aux valeurs humaines et chrétiennes : valeurs à découvrir et à redécouvrir</title>
   <updated>2009-01-29T16:26:00+01:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/La-famille-educatrice-aux-valeurs-humaines-et-chretiennes-valeurs-a-decouvrir-et-a-redecouvrir_a241.html</id>
   <category term="Actualités et documents" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/1182155-1533265.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-01-15T02:42:00+01:00</published>
   <author><name>Cardinal Marc Ouellet</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
VIe Rencontre mondiale des familles, à Mexico. Intervention du cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et primat du Canada, ce primat du Canada, a prononcé ce mercredi 14 janvier 2009. Texte intégral. TIré de Zenit.org, agence d'information catholique. Plus d'un million de personnes sont attendues à cette rencontre mondiale des familles qui se déroule en deux temps. Les 3 premiers jours seront consacrés au congrès théologico-pastoral, durant lequel 3 thèmes principaux sont abordés : La vocation éducatrice de la famille, les relations et les valeurs de la famille, Famille et sexualité. Près de 10 000 personnes participent à ce congrè théologico-pastoral.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/1182155-1533265.jpg?v=1289459845" alt="La famille, éducatrice aux valeurs humaines et chrétiennes : valeurs à découvrir et à redécouvrir" title="La famille, éducatrice aux valeurs humaines et chrétiennes : valeurs à découvrir et à redécouvrir" />
     </div>
     <div>
      Les deux événements les plus attendus auront lieu le 17 et le 18. La soirée du 17 janvier sera consacrée aux témoignages de familles venues du monde entier. Une messe solennelle aura lieu par ailleurs dans la matinée du dimanche 18. Le pape Benoît XVI interviendra à travers un message vidéo lors de ces deux événements présidés par son envoyé spécial, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat du Saint-Siège.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.emf2009.com">Cliquez ici</a> pour visiter le site internet du Congrès et voir le programme détaillé en anglais ou en espagnol.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Introduction : Un bouleversement des valeurs aux vastes proportions       <br />
       </span>       <br />
       Le mariage et la famille sont devenus à notre époque un champ de bataille culturel dans les sociétés sécularisées où une vision du monde sans Dieu tente de supplanter l'héritage judéo-chrétien. Depuis quelques décennies, les valeurs du mariage et de la famille ont subi des assauts répétés qui ont causé de graves dommages au plan humain, social et religieux. À la fragilité croissante des couples se sont ajouté de graves problèmes d'éducation liés à la perte des modèles parentaux et à l'influence de courants de pensée qui rejettent les fondements mêmes de l'institution familiale. Le bouleversement des valeurs atteint l'identité même de l'être humain, au-delà de sa fidélité à un ordre moral. Il règne désormais une confusion anthropologique subtilement entretenue par un langage ambigu qui impose à la pensée chrétienne un travail de décodage et de discernement[1]. La crise que traverse l'humanité actuelle se révèle comme étant d'ordre anthropologique et non plus seulement d'ordre moral ou spirituel.       <br />
              <br />
       En Occident, par exemple, les philosophies du constructivisme et du genre[2] ( gender theory ) dénaturent la réalité du mariage et de la famille en refondant la notion du couple humain à partir des désirs subjectifs de l'individu, rendant pratiquement insignifiante la différence sexuelle, au point de traiter équivalemment l'union hétérosexuelle et les rapports homosexuels. Selon cette théorie, la différence sexuelle inscrite dans la réalité biologique de l'homme et de la femme n'influe pas de façon signifiante sur l'identité sexuelle des individus car celle-ci est le résultat d'une orientation subjective et d'une construction sociale[3]. L'identité sexuelle des individus ne serait pas un donné objectif inscrit dans le fait de naître homme ou femme mais plutôt une donnée psycho-sociale construite à même les influences culturelles subies ou choisies par les individus.       <br />
              <br />
       Sous la pression de ces idéologies parfois ouvertement antichrétiennes, certains États procèdent à des législations qui redéfinissent le sens du mariage, de la procréation, de la filiation et de la famille, sans égard pour les réalités anthropologiques fondamentales qui structurent les rapports humains[4]. Plusieurs organisations internationales participent à ce mouvement de déconstruction du mariage et de famille au profit de certains groupes de pression bien organisés qui poursuivent leurs propres intérêts au détriment du bien commun. Bref, un bouleversement des valeurs aux vastes proportions touche l'amour humain, la vie, la famille et la place de la religion dans la société.       <br />
              <br />
       L'Église catholique critique fortement ces courants culturels qui obtiennent trop facilement l'appui des moyens modernes de communication. Grâce à la clairvoyance des papes contemporains, l'Église réaffirme les valeurs traditionnelles du mariage et de la famille dans la ligne novatrice du Concile Vatican II. À la suite du synode romain de 1980 sur la famille, l'Exhortation apostolique Familiaris Consortio propose une grande charte de la famille fondée sur la création de l'homme à l'image de Dieu et sur le sacrement du mariage. Cette grande charte pastorale culmine par un appel du pape Jean Paul II : « Famille deviens ce que tu es !» : une communauté de vie et d'amour, une école de communion, une Église domestique.       <br />
              <br />
       Cet appel reste plus que jamais actuel 29 ans plus tard, et nous replace devant la mission essentielle de la famille : « l'essence de la famille et ses devoirs sont définis par l'amour, écrit le pape. C'est pourquoi la famille reçoit la mission de garder, de révéler et de communiquer l'amour, reflet vivant et participation réelle de l'amour de Dieu pour l'humanité et de l'amour du Christ Seigneur pour l'Eglise son Epouse » (FC 17). Cette déclaration solennelle de Jean Paul Il introduit la troisième partie de ce document qui prolonge la ligne rénovatrice de la Constitution pastorale Gaudium et Spes. Celle-ci définit le mariage comme une union personnelle dans laquelle les époux se donnent et se reçoivent réciproquement (GS 48). En définissant l'essence de la famille et sa mission par l'amour et non pas d'abord par la procréation, le pape ne fait pas une concession douteuse à la mentalité contemporaine. Il prétend rejoindre &quot;les racines mêmes de la réalité&quot; (FC 17), il affirme la continuité interne entre l'amour personnel des époux et la transmission de la vie. Sa prise de position marque une étape importante vers une refonte personnaliste de la doctrine chrétienne du mariage et de la famille. Elle place les trois valeurs traditionnelles du mariage, la procréation, l'amour fidèle et la signification sacramentelle, dans l'axe de l'amour conjugal fécond et non plus dans celui de la procréation comme finalité distincte[5]. Il me semble important de prolonger ce développement doctrinal en creusant davantage la dimension christologique et sacramentelle du mariage afin de relancer la mission éducative de la famille chrétienne à partir des valeurs du sacrement encore à découvrir et des valeurs de l'amour conjugal établies dès l'origine de la création mais qui sont à redécouvrir à la lumière du Christ et face au grand défi contemporain[6].       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/1182155-1533266.jpg?v=1289459846" alt="La famille, éducatrice aux valeurs humaines et chrétiennes : valeurs à découvrir et à redécouvrir" title="La famille, éducatrice aux valeurs humaines et chrétiennes : valeurs à découvrir et à redécouvrir" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">I-      Valeurs à découvrir        <br />
       </span>       <br />
       Disons tout d'abord, d'une façon générale, que les circonstances actuelles évoquées plus haut poussent la famille chrétienne à une prise de conscience fondamentale : Seule la rencontre personnelle et authentique du Christ Rédempteur peut lui permettre de relever le défi de l'éducation à la vie chrétienne et aux valeurs humaines qui s'y rattachent. Au tout début du troisième millénaire, le Pape Jean Paul II a exhorté l'Église à repartir du Christ, Tête et Époux de l'Église[7]. Repartir du Christ comme fondement d'un élan renouvelé vers la sainteté pour tous dans chaque état de vie. Cet appel concerne au premier chef les époux qui cherchent à répondre à leur vocation de baptisés mariés[8] au sein d'une famille. Ils ont besoin pour y parvenir d'une spiritualité personnelle et ecclésiale appropriée qui va au-delà de la présentation traditionnelle des valeurs du mariage et de la famille, à prédominance morale et juridique.              <br />
              <br />
       Repartir du Christ signifie concrètement approfondir le sacrement qui est le bien suprême du mariage selon saint Augustin. L'évêque d'Hippone a résumé la doctrine du mariage en définissant trois biens essentiels du mariage, la fidélité (fides), la procréation (proles) et l'indissolubilité (sacramentum). Alors que la fidélité et la procréation s'enracinent dans la dimension naturelle du mariage, le sacrement appartient plus explicitement à sa dimension surnaturelle. Celle-ci offre un bon point de départ pour une spiritualité du mariage et de la famille qui soit signifiante pour ses membres et en même temps féconde pour l'Église et la société. Voyons-en les fondements à partir 1) de l'horizon christocentrique global, 2) de l'acte de consécration matrimoniale et 3) de la grâce qui en découle pour les époux et à l'Église. 4) Des valeurs éducatives seront identifiées à partir de ces fondements.         <br />
              <br />
       1)     Le sacrement du mariage comme rencontre du Christ       <br />
              <br />
       Une première valeur à découvrir est la place de la foi dans le pacte d'alliance des époux et l'impact qu'elle a ou devrait avoir dans leur vie. Quand la foi des époux est vécue comme une rencontre personnelle avec le Christ, elle confère à leur amour une dimension théologale qui bonifie toute leur vie matrimoniale. Car le mariage n'est pas une réalité purement naturelle, complète et suffisante en elle-même, à laquelle le Christ n'apporterait qu'une aide extrinsèque pour qu'elle atteigne mieux sa propre finalité. Le mariage existe depuis les origines de la création en vue du Christ et de sa grâce rédemptrice qui instaure une plénitude de sens pour l'amour conjugal et familial.       <br />
              <br />
       La Constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile Vatican II a opté pour une refonte de la doctrine du mariage dans cette perspective christocentrique. Alors que la théologie moderne, tributaire d'une vision extrinséciste du rapport entre la nature et de la grâce, présentait le sacrement du mariage comme une élévation de la nature, le Concile le présente comme une rencontre du Christ et une amitié avec lui. « De même en effet que Dieu prit autrefois l'initiative d'une alliance d'amour et de fidélité avec son peuple, ainsi, maintenant, le Sauveur des hommes, Epoux de l'Eglise, vient à la rencontre des époux chrétiens par le sacrement de mariage. Il continue de demeurer avec eux pour que les époux, par leur don mutuel, puissent s'aimer dans une fidélité perpétuelle, comme Lui-même a aimé l'Eglise et s'est livré pour elle » (GS 48).       <br />
              <br />
       D'où l'importance de la célébration sacramentelle du mariage qui symbolise cette rencontre des époux avec le Christ et qui inaugure toute une vie d'amitié avec lui au cœur même de la vie conjugale et familiale. Cette célébration inaugure du même coup la mission ecclésiale du couple et de la famille, une mission de service à l'égard de la société par le biais de la procréation et de l'éducation, mais d'abord et avant tout une mission de service à l'égard de l'amour du Christ pour l'Église qui assume la réalité humaine du mariage parmi les sacrements de son Royaume.         <br />
              <br />
       Cette perspective christocentrique et ecclésiale s'inscrit dans la mouvance du tournant initié par Henri de Lubac à notre époque pour restaurer une compréhension à la fois plus traditionnelle et plus unifiée du rapport entre la nature et la grâce. Selon lui, l'homme n'a qu'une seule finalité, surnatu­relle, qu'il est incapable d'atteindre par lui-même. C'est là son paradoxe et sa noblesse qui fait dire à saint Tho­mas d'Aquin que l'homme est un être qui, par sa nature rationnelle, aspire à la vision de Dieu (Desiderium naturale visionis)[9]. Ouvert sur l'infini à cause de sa dimension spirituelle, l'homme aspire naturellement à la vision de Dieu. Il est, en tant qu'image de Dieu, une liberté finie en quête de la Liberté infinie. Vatican II a exprimé cette vérité paradoxale en disant qu' &quot;en réalité, le mystère de l'homme ne s'éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné&quot; (GS 22). L'homme et la femme mariés, en tant que « communauté de vie et d'amour », aspirent à cette plénitude de sens qui lui est promise et que le sacrement leur fait déjà entrevoir et expérimenter dans l'Église.        <br />
              <br />
       2)          Le mariage comme consécration et mission ecclésiale       <br />
              <br />
       Faisons un pas de plus pour découvrir la dynamique profonde du sacrement à partir de l'acte de foi qui le fonde. Quand deux baptisés se marient à l'Église, le don du sacrement est fait simultanément au couple et à l'Eglise, car en tous ses dons sacramentels, le Christ aime l'Eglise et fait de ses enfants, avec elle et par elle, des témoins du salut. Par le don du sacrement du mariage, le Christ confère aux époux une grâce qui les unit, qui les guérit et les sanctifie dans leur vie d'amour. Mais il y a plus. Par le don du sacrement, le Christ les consacre comme témoins de son propre amour pour l'Eglise. Une telle vocation sacramentelle suppose évidemment la foi, l'acte de foi qui fonde le sacrement. « Le mariage chrétien doit être interprété dès le principe à partir d'en-haut, écrit Hans Urs von Balthasar, c'est à dire à partir de l'acte chrétien qui le fonde. Cet acte est celui de la foi chrétienne, qui lorsqu'il est vivant inclut toujours l'amour et l'espérance, et qui est le fondement sur lequel repose le don mutuel des partenaires. C'est un acte qui va directement et immédiatement à Dieu, un vœu de fidélité à Dieu parce que Dieu s'est manifesté le premier par ses promesses et ses révélations comme l'éternellement Fidèle, à qui on doit croire, en qui on doit espérer et que l'on doit aimer. Le vœu de fidélité au conjoint est prononcé à l'intérieur de ce voeu de fidélité à Dieu »[10].       <br />
              <br />
       Selon le grand théologien de Bâle, l'échange des consentements entre les époux chrétiens a donc une dimension intrinsèquement théologale qui retentit sur toutes les dimensions de leur union. Balthasar poursuit : « C'est l'acte de foi des deux partenaires du mariage qui se rencontre en Dieu et qui à partir de Dieu, fondement de leur unité, témoin de leur lien et garant de leur fécondité, devient façonné, assumé et restitué. C'est Dieu qui, dans l'acte de foi, donne les conjoints l'un à l'autre à l'intérieur de l'acte chrétien fondamental d'offrande de soi. C'est à Lui que l'un et l'autre s'offrent ensemble, c'est de Lui qu'ils se reçoivent de nouveau dans un don de grâce, de confiance et d'exigence chrétienne »[11].       <br />
              <br />
       Ce texte d'une extrême densité propose un tournant théologique radical dans la compréhension du sacrement du mariage, qui peut fonder une spiritualité renouvelée pour cet état de vie. À la perspective habituelle anthropocentrique où les époux apparaissent comme les premiers protagonistes de leur consentement mutuel, nous voyons plus profondément ici que l'acte de foi sous-jacent à leur don inclut leur échange dans l'acte fondamental de remise de soi à Dieu. Parce qu'ils se marient comme des baptisés, dans le Christ, ils déposent leur amour entre les mains du Christ, qui les redonne l'un à l'autre, les bénit et les gratifie d'une effusion spéciale de son Esprit (FC 21). Dorénavant ils s'aimeront avec toute la force de leurs sentiments personnels, mais aussi dans la puissance de l'Esprit qui les investit d'une mission d'amour de nature ecclésiale.       <br />
              <br />
       La dimension théologale de ce sacrement, vue à partir de son acte constitutif, est appelée à se développer et à pénétrer tous les aspects de la vie conjugale et familiale. Elle met en valeur le partenaire divin qui est engagé dans l'union des époux et qui veut féconder de toutes les manières leur communauté de vie et d'amour. Comment aider les couples à se préparer à un tel acte de consécration de leur union et à vivre en permanence l'acte de foi qui les donne à Dieu en se donnant l'un à l'autre ? Comment éduquer les époux et les futurs époux pour que leur rencontre du Christ les mène à vivre leur union comme une mission reçue de lui dans l'Église et pas seulement comme une recherche personnelle de bonheur ? Ces questions invitent à développer plus précisément les effets ecclésiaux du sacrement et à en explorer les potentialités éducatives.                          <br />
              <br />
       3)     La double signification, ecclésiale et anthropologique, du don sacramentel       <br />
              <br />
       Le sacrement du mariage ajoute une participation à deux, comme couple, à la vie divine qui est donnée en tout sacrement, &quot;à tel point que l'effet premier et immédiat du mariage (res et sacramentum) n'est pas la grâce surnaturelle elle-même, mais le lien conjugal chrétien, une communion typiquement chrétienne parce que repré­sentant le mystère d'incarnation du Christ et son mystère d'alliance&quot; (FC 13).       <br />
              <br />
       Selon ce passage de Familiaris Consortio qui recueille la doctrine commune de l'Église, le premier effet du sacrement scelle de façon indissoluble l'appartenance des époux l'un à l'autre, par un don mutuel qui transcende leurs fluctuations émotionnelles. Ce sceau sacramentel unit les deux personnes indissolublement en vertu de l'amour du Christ qui s'engage avec eux et les requiert pour représenter son propre mystère d'alliance. Le lien conjugal constitue la base de la dimension ecclésiale du sacrement. Par ce lien les époux forment une nouvelle unité, un couple sacramentel, qui constitue la cellule de base de la société et de l'Église.         <br />
              <br />
       Ce lien sacramentel signifie que l'amour divin épouse l'amour conjugal et l'engage au service de son mystère d'Alliance avec l'humanité. Cela signifie, anthropologiquement, qu'au moment où les époux se vouent leur amour, ils sont simultanément bénis et comme désappropriés. Leur vie commune, habitée par l'Esprit Saint, sera un signe de la fidélité de Dieu envers son peuple, une source de la fécondité spirituelle et humaine de l'Église, Épouse du Christ.  &quot;Par le sacrement, tout couple épouse le Christ&quot; écrit Paul Evdokimov. L'engagement des époux, l'un vis-à-vis de l'autre, étant d'abord et avant tout un engagement à l'égard du Christ, Celui-ci se porte garant, en retour, des secours nécessaires pour surmonter leurs faiblesses, pour guérir leurs blessures et perfectionner leur amour en toutes ses manifestations humaines et spirituelles. « En accomplissant leur mission conjugale et familiale avec la force de ce sacrement, pénétrés de l'esprit du Christ qui imprègne toute leur vie de foi, d'espérance et de charité, ils parviennent de plus en plus à leur perfection personnelle et à leur sanctification mutuelle: c'est ainsi qu'ensemble ils contribuent à la glorification de Dieu » (GS 48).             <br />
              <br />
       Au cœur du sacrement du mariage, le Christ exerce donc une véritable médiation nuptiale, symbolisée par sa présence à Cana[12], qui déploie l'horizon trinitaire de la spiritualité conjugale et familiale. Comme l'exprime audacieusement le Concile, « l'authentique amour conjugal est assumé dans l'amour divin » (GS 48) et il est intégré par la grâce rédemptrice du Christ dans le rapport d'Alliance de la Trinité Sainte avec le monde. Car, en vertu de l'union hypostatique du Christ qui fonde l'alliance sacramentelle des époux, leur amour mutuel est assumé dans l'échange entre les Personnes divines et devient fonction de cet échange. Le Père et le Fils se glorifient mutuellement à même l'amour des époux et de la famille qu'ils bénissent et sanctifient par le don de leur Esprit. D'où un élargissement infini de leur horizon spirituel et de leur rayonnement sacramentel. L'amour fécond des époux chrétiens et les rapports familiaux qui en procèdent deviennent le sanctuaire de l'Amour trinitaire, le signe sacré d'un Amour divin incarné qui s'offre au monde humblement par leur communauté de vie et d'amour vécue à l'image de la Sainte Famille de Nazareth.       <br />
              <br />
       4)     L'Église domestique, école d'évangile et de valeurs humaines       <br />
              <br />
       Dans cette perspective trinitaire et christocentrique, la dimension ecclésiale du mariage ressort au premier plan et devient englobante alors qu'elle demeurait auparavant limitée et marginale. De fait, par la grâce du sacrement du mariage, les époux chrétiens sont constitués membres de la première cellule de l'Église, appelée à juste titre au Concile « église domestique »[13]. Développée abondamment par l'Exhortation apostolique Familiaris Consortio cette perspective acquiert alors officiellement droit de cité sans toutefois que ce document établisse pleinement l'ecclésialité de la famille. Car, selon les termes de la FC, la famille, communauté « sauvée » devient une communauté « qui sauve » (FC 49) mais sa « participation à la vie et à la mission de l'Eglise » (FC 49-64) est encore pensée de façon quelque peu extrinsèque en référence aux activités spécifiques d'évangélisation et de culte. Alors que c'est tout l'être du couple dans toutes ses dimensions qui est ecclésial, puisque le Christ assume l'amour humain dans son amour divin pour en faire un sacrement de son rapport nuptial à l'Eglise (GS 48).       <br />
              <br />
       Par le mariage sacramentel, les époux ne sont pas seulement une image de l'Église, ils sont vraiment constitués « une église en miniature » dotée des propriétés de l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique. On y trouve en effet la communauté de vie, le sacerdoce baptismal, la charité, l'évangélisation et le culte. Ces dimensions constitutives confèrent au couple d'être une réalité ecclésiale authentique et essentiellement missionnaire, à l'instar de la grande Eglise dont elle est une cellule de base.       <br />
              <br />
       Dans cette lumière, on perçoit mieux la beauté et l'importance de la mission éducative des époux. Par la grâce du Christ, ils sont une source jaillissante de vie, de croissance, d'éducation et de service; leur union devient dans un sens élargi un sacrement de la paternité divine et de la filiation divine dans la fécondité de l'Esprit Saint. Saint Thomas a pu comparer la sublimité du ministère éducatif des parents chrétiens au ministère des prêtres: &quot;Certains propagent et entretiennent la vie spirituelle par un ministère uniquement spirituel, et cela revient au sacrement de l'ordre; d'autres le font pour la vie à la fois corporelle et spirituelle, et cela se réalise par le sacrement de mariage, dans lequel l'homme et la femme s'unissent pour engendrer les enfants et leur enseigner le culte de Dieu&quot;[14].       <br />
              <br />
       « Famille deviens ce que tu es !» répétait avec force Jean Paul II, le pape de la famillle. Deviens ce que tu es : une cellule d'Église, un sanctuaire de l'Amour, une école d'évangile et de valeurs humaines, l'épouse du Christ. C'est seulement dans la conscience de cette lumière qui vient de la rencontre du Christ que la famille peut aujourd'hui remplir sa mission d'éducatrice aux valeurs humaines et chrétiennes. Deviens ce que tu es : « Fais de ta maison une Église » répétait à ses fidèles saint Jean Chrysostome .             <br />
              <br />
       En corollaire de ces considérations théologiques, certaines valeurs éducatives à promouvoir ressortent au premier plan. En tout premier lieu, une éducation à la vie théologale de foi, espérance et charité, qui doit préparer les époux à leur mariage afin que leur union conjugale et familiale soit fondée sur le roc de la parole de Dieu et pas seulement sur le sable mouvant de leurs sentiments, si sincères soient-ils. Une profonde vie théologale implique la conscience vive des époux de ce que signifie le baptême comme appartenance au Christ et à l'Église ; elle implique aussi une vie intense de prière, nourrie de l'Eucharistie et périodiquement renouvelée par le sacrement de pénitence. La vitalité de la famille, Église domestique, dépend de sa cohérence sacramentelle qui assure son ouverture à Dieu et son ouverture apostolique. Cette vitalité grandit ou dépérit selon la fidélité du couple et de la famille à son appartenance ecclésiale.         <br />
              <br />
       D'où l'importance de certaines rencontres familiales et ecclésiales qui nourrissent la spiritualité de l'Église domestique. Aux grandes rencontres familiales de Noël et de Pâque, s'ajoute tout naturellement la messe dominicale en famille, préparée peut-être par une catéchèse et suivie du repas hebdomadaire festif. Certains groupes religieux contemporains restaurent ces belles traditions comme un signe prophétique qu'un nouveau printemps de l'Église commence dans les familles. Ces temps forts de vie commune renforcent l'unité de la famille et le sens d'appartenance à la communauté, contre les tendances culturelles dominantes à l'individualisme et à la dispersion. Quelles que soient les contraintes de la vie moderne, une famille chrétienne doit choisir consciemment et fortement de ne pas abandonner la valeur inestimable du dimanche comme jour de repos, de prière et de vie familiale. Une famille qui respecte et honore le jour du Seigneur par l'écoute de la Parole de Dieu au sein de l'Assemblée dominicale porte un message prophétique au monde d'aujourd'hui. En remerciant Dieu de son appartenance à la famille de Dieu, elle témoigne en Église de son Alliance avec le Christ pour l'édification d'une civilisation de l'amour.              <br />
              <br />
       La famille chrétienne remplit aussi sa mission d'éducatrice par son ouverture à la société et à l'apostolat. L'accueil, l'hospitalité, le partage et l'entraide sont des traits caractéristiques de la spiritualité familiale qui manifestent l'Esprit d'amour qui l'anime. L'ouverture à Dieu dont témoignent les époux par la sainteté de leur vie se prolonge par l'ouverture missionnaire à la société. Même si la mission de l'Église domestique commence en tout premier lieu par l'être de la famille, par la communion des personnes, le don de la vie et l'éducation des enfants, elle se prolonge néanmoins tout naturellement par l'apostolat auprès des autres familles ou dans tout autre rayonnement sur la société qui est compatible avec sa mission première. Son ouverture apostolique témoigne de l'Amour trinitaire qui l'habite et l'entraîne à partager la bonne nouvelle de l'Amour qui se fait chair.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">II-Valeurs à redécouvrir       <br />
       </span>       <br />
                <br />
              <br />
       La réflexion sur le sacrement du mariage a révélé le but de la famille éducatrice qui est de conduire ses membres à la sainteté par l'appropriation la plus profonde possible de la mission et des valeurs de l'Église domestique. En traitant d'abord du sacrement, nous sommes partis du Christ pour définir la réalité profonde que la famille est appelée à découvrir et à vivre en réponse à l'amour du Christ. Il faut maintenant traiter de la dimension anthropologique, apparemment mieux connue, mais où les valeurs sont à redécouvrir pour répondre aux défis éducatifs de notre époque.         <br />
              <br />
       1)     L'amour conjugal et familial à l'image de l'amour divin.       <br />
              <br />
       Dans un monde qui facilite les unions libres et qui justifie les ruptures successives, fatales pour l'éducation des enfants, les chrétiens sont appelés à révéler par leur vie le dessein original du Créateur sur l'amour conjugal, le mariage et la famille. L'amour conjugal est la première valeur à redécouvrir car, bien qu'il soit plus menacé que jamais, il constitue néanmoins le premier fondement du mariage et de la famille. Face au mouvement de privatisation de l'amour conjugal qui réduit l'engagement du couple au minimum, les disciples du Christ s'engagent, aujourd'hui comme hier, à vivre au maximum l'amour conjugal dans l'institution sociale et sacramentelle du mariage. Ils offrent ainsi au monde le témoignage d'un don de soi réciproque qui n'est pas seulement subjectif et privé, mais public et ratifié par la célébration sacramentelle du mariage. Ce témoignage d'amour « exclusif » et « définitif »[15], fondé sur le dessein de Dieu et soutenu par la grâce divine, constitue la base de la famille, éducatrice aux valeurs humaines et chrétiennes.            <br />
              <br />
       À la lumière de la révélation biblique, l'amour conjugal d'un homme et d'une femme apparaît en effet comme une réalité sacrée, enracinée dans leur être créé à l'image de Dieu : « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa » (Gn 1,27). À ce couple originel, Dieu donne d'expérimenter la merveille de l'amour : « Voici cette fois l'os de mes os et la chair de ma chair » ( Gn 2, 23) et de participer à sa seigneurie sur le monde par l'expérience de la fécondité: « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et soumettez-la » (Gn 1, 28). L'homme et la femme, créés à l'image de Dieu, tendent vers la ressemblance avec Lui en devenant « une seule chair » (Gn2, 24) par un amour fidèle et fécond. L'exégèse de la tradition sacerdotale arrive ainsi à joindre très étroitement le thème de l'image et celui de la famille. &quot;Adam représente Dieu, c'est à dire qu'il rend son pouvoir et son autorité présente et il interagit avec Lui, dans la relation de l'homme et de la femme&quot;[16]. Selon les spécialistes, Gn 1,26 suggère &quot;un rapport de ressemblance entre Dieu qui crée et l'homme, mâle et femelle, qui, béni par lui, procrée&quot;. Ainsi &quot;l'expression ''Dieu le fit à sa ressemblance'' signifie que Dieu fit l'homme pour être fécond comme lui&quot;[17].       <br />
              <br />
       Le pacte d'alliance qui établit entre les époux une « communauté de vie et d'amour » (GS 48) repose par conséquent sur un ordre de choses divinement institué. Il assure ainsi à la société son premier fondement : la famille. D'où l'exigence d'unité, de stabilité et de fécondité qui définit la nature même de l'amour conjugal dans le plan de Dieu, un amour béni de Dieu qu'on ne peut réduire à une émotion passagère ou à un transport érotique sans lendemain. Bien qu'affaibli et menacé par les conséquences désastreuses du péché originel, l'amour conjugal demeure une valeur première dont les caractéristiques sont rappelées dans l'Encyclique Humanae Vitae. C'est un amour « pleinement humain, c'est-à-dire à la fois sensible et spirituel » (HV 9) ; un amour qui engage par « un acte de la volonté libre » impliquant un « don de soi total, fidèle et fécond ». Ces traits caractéristiques de l'amour conjugal authentique, décrit par Paul VI, conservent toute leur valeur, malgré les libéralisations contemporaines, car elles sont fondées sur la sagesse divine et confirmées par l'expérience humaine.       <br />
              <br />
       D'autres interventions pontificales ont exprimé par la suite la sollicitude constante de l'Église pour ce domaine vital de la pastorale catholique[18]. Le pape Benoît XVI en a exploré de nouveau les fondements en insistant sur l'imbrication des deux dimensions de l'amour, l'eros et l'agapè, et en soulignant la nécessité d'éduquer l'eros possessif à une maturation vers l'agapè oblatif qui aime l'autre pour lui-même : « Oui, l'amour est extase, mais extase non pas dans le sens d'un moment d'ivresse, mais extase comme chemin, comme exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu »[19].       <br />
              <br />
       À la lumière du Nouveau Testament, cette doctrine acquiert une force et une beauté encore plus grande. Jésus exhorte ses disciples à la perfection de l'amour dont le modèle suprême est l'amour trinitaire: « Vous, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». L'amour conjugal et familial participe au modèle suprême par son unité et sa fécondité qui l'assimile à l'amour paternel, filial et fraternel des Personnes divines. Cette participation jette une nouvelle lumière sur la vocation des époux d'être un sacrement de l'amour du Christ Époux pour l'Église Épouse, ce qui veut dire en définitive un sacrement de l'amour trinitaire pour le monde. La paternité et la maternité humaines, exercées selon Dieu, appartiennent par conséquent à la perfection de l'amour et à la sainteté du couple. C'est pourquoi l'éducation à l'amour conjugal authentique, conformément à la dignité de l'homme et de la femme créées à l'image et à la ressemblance de Dieu, doit devenir une priorité si l'on veut établir des familles stables et fécondes au service de l'Église et de la société.             <br />
              <br />
       Une lumière complémentaire sur l'amour et la mission éducative de la famille vient de la vocation chrétienne à la virginité. Jean Paul II a bien spécifié que &quot;la Révélation chrétienne connaît deux façons spécifiques de réaliser la vocation à l'amour de la personne humaine dans son intégrité: le mariage et la virginité&quot; (FC 11). La vocation à l'amour dans le mariage inclut l'équilibre délicat entre l'eros et l'agapè de même que la fécondité du couple qui est à la fois spirituelle et physique. La vocation à la virginité consacrée répond pour sa part à un appel particulier de l'Époux qui choisit des hommes et des femmes pour être des témoins de son amour crucifié et des porteurs de sa fécondité eschatologique. La consécration virginale découle directement de l'amour-agapè du Christ sur la croix et, par le sacrifice de la fécondité conjugale et familiale, elle reçoit une participation singulière et surabondante à la fécondité infinie de la croix. &quot;Grâce à ce témoignage, la virginité garde vivante dans l'Eglise la conscience du mystère du mariage et elle le défend contre toute atteinte à son intégrité et tout appauvrissement&quot; (FC 16). En développant des liens avec des personnes consacrées, les époux et les familles pressentent la grâce de l'accomplissement eschatologique vers où chemine leur propre vie. Ils en reçoivent un puissant appui pour leur propre fidélité et un encouragement à intensifier leur relation à Dieu, source de toute fécondité. Et si jamais ils sont éprouvés par l'absence de fécondité naturelle de leur mariage, leur acceptation sereine de ce sacrifice augmente leur fécondité spirituelle et les assimile à la fécondité surnaturelle des personnes consacrées[20].       <br />
              <br />
       2)     L'éducation aux vertus doit prévaloir sur l'usage de techniques artificielles       <br />
              <br />
       Le développement prodigieux de la technique a contribué à des progrès fascinants en beaucoup de domaines de la vie moderne. Les avancées de la médecine apportent des ressources nouvelles à la guérison des maladies tout en soulevant de nouvelles questions que la réflexion bioéthique s'efforce de résoudre. Un des discernements majeurs accomplis par l'Église catholique et toujours reconfirmé depuis 40 ans touche la moralité des moyens artificiels de contraception. Son refus d'entériner moralement l'usage de ces moyens contraste avec la mentalité contemporaine qui promeut l'usage de toutes les techniques disponibles permettant d'accomplir l'acte conjugal sans le risque de la procréation. Là où la sagesse de l'Église, fondée sur la révélation, unit l'amour, le mariage et la vie, la culture actuelle tend à les dissocier au nom d'une affirmation sans contrainte de la liberté individuelle.       <br />
              <br />
       Le message central de l'Encyclique Humanae Vitae est l'affirmation « que chaque acte conjugal doit rester ouvert à la transmission de la vie[21] ». Cette affirmation s'appuie sur la connexion inséparable voulue par Dieu entre les deux significations de l'acte conjugal : la signification unitive et la signification procréative. « En sauvegardant ces deux aspects essentiels, unitif et procréatif, l'acte conjugal conserve intégralement le sens d'un amour mutuel vrai et son ordination à la très haute vocation de l'homme à la paternité [22] ».               <br />
              <br />
       Proposer une telle doctrine signifie 1) maintenir tout d'abord la signification sacrée de la transmission de la vie comme un acte de coopération avec Dieu ; 2) maintenir le lien entre l'amour vrai et l'ouverture réelle au don de la vie ; 3) déclarer immoraux les moyens contraceptifs qui excluent l'ouverture à la vie et donc la communion avec Dieu, puisque les conjoints « ne sont pas les arbitres des sources de la vie humaine, mais plutôt les ministres du dessein établi par le Créateur [23] ».       <br />
              <br />
       Maintes fois réitérée et amplement refondée sur l'anthropologie ‘adéquate' développée par Jean Paul II[24], cette doctrine dénonce les pratiques contraceptives qui dissocient l'amour de la vie, le sexe de l'amour et la personne de son propre corps. Ces pratiques largement répandues fragmentent l'unité de la personne humaine et détruisent la valeur de la sexualité humaine, même à l'intérieur du mariage. Consciente de cette dévalorisation, l'Église promeut l'amour conjugal et la sexualité elle-même en gardant unies toutes les dimensions de l'être humain. La pratique de la continence périodique, par exemple, avec ses renoncements, favorise chez le couple la maîtrise de soi, l'humanisation des relations et la maturité spirituelle: « le couple expérimente le fait que la communion conjugale est enrichie par les valeurs de tendresse et d'affectivité qui constituent la nature profonde de la sexualité humaine, jusque dans sa dimension physique. Ainsi, la sexualité est respectée et promue dans sa dimension vraiment et pleinement humaine, mais n'est jamais «utilisée» comme un «objet» qui, dissolvant l'unité personnelle de l'âme et du corps, atteint la création de Dieu dans les liens les plus intimes unissant nature et personne » (FC 32).       <br />
              <br />
       La mentalité contraceptive a obtenu jusqu'à maintenant l'adhésion de la majorité grâce à l'appui des médias de communication, mais ses effets déshumanisants deviennent de plus en plus visibles. La procréation devient ‘reproduction' d'un individu de l'espèce ; elle peut désormais être réalisée sans amour, ni sexe, au moyen de la technique d'insémination artificielle ou même par celle plus aberrante de la clonation[25]. L'Église joue son rôle de gardienne de la vérité de l'homme quand, à la lumière de la révélation et de la loi naturelle, elle dénonce l'usage arbitraire et immoral des techniques au détriment de sa dignité personnelle et du caractère sacré de la vie. Il faut reconnaître toutefois que cet enseignement cohérent et réitéré a été somme toute peu reçu et il est souvent ignoré ou déformé. Les jeunes générations, pourtant ouvertes à ces vérités, s'en trouvent cruellement privées.        <br />
              <br />
       La pertinence du Magistère de l'Église apparaît clairement dans la justesse prophétique des prédictions de l'encyclique HV quant au déclin des valeurs morales si on laissait libre cours à l'usage de la contraception. De fait, le rejet de la doctrine de l'Église sur la contraception a ouvert la grande porte à l'infidélité, au divorce, à l'avortement et aux unions libres, même de type homosexuel. Dans ce dernier cas il ne s'agit même plus d'amour conjugal, puisqu'il manque la condition essentielle de la différence sexuelle qui exclut toute possibilité de transmission de la vie. Cette dérive des valeurs du mariage et de la famille s'accompagne d'un obscurcissement de la conscience morale qui affecte grandement l'éducation des nouvelles générations. Une carence grave de points de repère moraux favorise en effet la diffusion des théories du constructivisme et du genre qui sèment la confusion dans la perception de l'identité sexuelle de l'être humain. En réaffirmant le lien intime entre la personne, l'amour, le sexe et la vie, l'Église défend des valeurs morales mais elle protège aussi la dignité de la personne humaine qui se perd sous les assauts conjugués du relativisme éthique et du nihilisme de nos sociétés sécularisées.       <br />
              <br />
       L'importance de la doctrine de l'Église apparaît clairement dans le domaine de l'éducation où on doit réapprendre que l'acquisition des vertus importe autant sinon davantage que le recours à des techniques. Si prodigieuse et prometteuse que soit la technique, ses produits sont ambigus car ils peuvent être utilisés à des fins qui ne concourent pas à l'épanouissement authentique de l'être humain. Si on confie à la technique des résultats qui doivent venir de la maîtrise de l'homme sur lui-même, on ouvre la porte à de nouveaux esclavages que les multiples phénomènes de dépendance illustrent de façon alarmante. Les résultats inquiétants des techniques de contraception et de reproduction fournissent des exemples suffisants pour qu'on prenne conscience de l'impasse éducative qu'elle entraîne et qu'on mette l'accent désormais sur la formation aux vertus dans l'éducation en général et dans la vie conjugale et familiale en particulier.       <br />
              <br />
       3)     L'éducation aux valeurs humaines à vivre dans le Christ.       <br />
              <br />
       Pour le commun des mortels, une « valeur » désigne quelque chose qui répond à un besoin, c'est-à-dire un « bien » qui satisfait une aspiration ou qui comble un désir dans tel ou tel domaine de l'activité humaine. L'amour, la vie, la famille, le travail, la compétence professionnelle, la solidarité, l'argent, sont des valeurs qui, à des degrés divers, satisfont des besoins, font agir et pâtir les individus, attirent et mobilisent les personnes et les sociétés, pour les acquérir, les développer ou les défendre. Ces valeurs font naître des projets et des initiatives, motivent l'acquisition de vertus par des sujets qui posent des actes faisant participer aux idéaux universels de vérité, bonté, paix, justice et beauté. D'où l'aspiration universelle de l'humanité à une éducation aux valeurs religieuses, morales, familiales, sociales, esthétiques, etc. La famille offre la première initiation à ces valeurs et son influence, positive ou négative, marque de façon indélébile et pour la vie, chaque génération.          <br />
              <br />
       Éduquer aux valeurs humaines et chrétiennes dans la famille, c'est former des hommes et des femmes qui apprennent à s'approprient personnellement les valeurs qui répondent aux aspirations profondes de leur cœur. La foi chrétienne fournit le cadre englobant qui détermine ces valeurs et les vertus correspondantes qui permettent de les acquérir. Dans ce cadre, une hiérarchie des valeurs s'établit à partir des dons de la grâce pour s'étendre jusqu'aux valeurs de la nature humaine enrichie d'acquisitions culturelles.            <br />
              <br />
       La valeur première que nous avons soulignée dès le début est la foi au Christ comme rencontre personnelle débouchant dans une alliance qui comprend toutes les dimensions de l'être, y compris l'amour conjugal. Celui-ci étant promu à la dignité de sacrement par un acte de foi théologale, il faut bien saisir l'importance d'une sérieuse préparation au mariage par une véritable éducation à l'amour sacramentel. C'est dans cette lumière que les époux peuvent atteindre plus facilement l'équilibre entre leur amour érotique et leur charité généreuse et féconde. S'ils sont animés d'une vie théologale profonde, ils sauront développer les vertus humaines indispensables à la vie conjugale et familiale : la prudence, la maîtrise de soi, le dialogue et le pardon mutuel, la patience et la chasteté conjugale. Le développement personnel de ces vertus transparaîtra dans toutes leurs relations et formera surtout un milieu éducatif sain, coloré par l'amour authentique, la confiance, la tendresse, la piété filiale, le respect et l'ouverture aux autres. Toutes ces vertus et attitudes, pénétrées par l'Esprit de Dieu, deviennent des médiations du Don que le Christ fait de lui-même à l'Église domestique, pour en faire son Épouse fidèle et féconde au service de l'Amour et de la Vie. Au fond, l'atmosphère éducative d'une famille chrétienne dépend d'une culture vocationnelle dont le but avoué est la perfection de l'amour à atteindre dans tous les états de vie et en toutes circonstances, grâce à l'idéal souverain de la Sainte Famille de Nazareth.             <br />
              <br />
                <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion :       <br />
       </span>       <br />
        La famille, Église domestique, première éducatrice aux valeurs de l'amour et de la vie       <br />
              <br />
       Nonobstant les difficultés actuelles, la famille demeure l'héritage le plus précieux de la tradition chrétienne, « le véritable patrimoine de l'humanité », la première école de communion humaine et ecclésiale. Il faut toutefois reconnaître qu'actuellement sa mission éducative est handicapée, faute d'appui dans la culture dominante, bien sûr, mais faute aussi d'une appropriation profonde de son idéal et de ses valeurs.  Il manque encore à la pastorale de l'Église un engagement plus déterminé dans la nouvelle évangélisation des familles, mais aussi d'une nouvelle évangélisation à partir des familles qui ont rencontré le Christ. Jean-Paul II a lancé ce grand mouvement qui annonce, s'il est promu et amplifié par des événements comme celui que nous vivons ici, un nouveau printemps de l'Église.       <br />
              <br />
       Des valeurs connues mais encore à découvrir ont été évoquées ici pour préciser le but de la mission éducative de la famille, qui n'est autre que la réalisation de l'Église domestique, fondée sur l'amour conjugal authentique assumé par le Christ et béni par les grâces sacramentelles du mariage. La famille, Église domestique, évangélise, forme les personnes à la communion et à l'apostolat. Quant aux valeurs de l'amour conjugal et des vertus qui lui sont connexes, elles  sont à redécouvrir car sous la pression de la culture dominante, hédoniste et relativiste, on ne reconnaît plus leur source et leur articulation morale et spirituelle. Il importe de multiplier les efforts pour faire découvrir et redécouvrir les liens intrinsèques entre l'amour, la vie, la fécondité spirituelle et toutes les vertus qui garantissent la croissance et la stabilité des familles face aux forces adverses.       <br />
              <br />
       La promotion d'une spiritualité propre au mariage et à la famille fondée sur la valeur ecclésiale et sociale de la famille, devrait contribuer davantage à former les consciences, à dynamiser la mission éducative des parents et à multiplier les initiatives apostoliques, culturelles et politiques qui défendent les droits de la famille et protègent ses acquis. Tenir bien haut l'étendard de la famille correspond à un signe des temps et à un grand besoin de notre époque. Rehausser sa mission éducative au niveau de son identité profonde n'est plus seulement une tâche urgente de l'aggiornamento ecclésial mais bien la condition sine qua non pour assurer la fidélité de l'Église à sa mission et un avenir à notre civilisation.         <br />
              <br />
       _____________________________       <br />
              <br />
       NOTES       <br />
       [1] Cf. Conseil Pontifical pour la Famille, Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques, Pierre Téqui éditeur, 2005.       <br />
              <br />
       [2] Cf. Théry I., La distinction de sexe une nouvelle approche de l'égalité, Paris, Odile Jacob, 2007; Delorme W. Quatrième génération, Paris, Grasset, 2007; Godelier, M., Au fondement des sociétés humaines, Paris, Albin Michel, 2007; Judith Butler, Trouble dans le genre pour un féminisme de subversion, La découverte , Paris, 2005;       <br />
              <br />
       [3] Cf. La tentation de Capoue. Anthropologie du mariage et de la filiation, Sous la direction de Tony Anatrella, Ed. Cujas, 2008. Pour la critique de ces théories, voir en particulier «Hors conjugal et parental : des enjeux psychologiques et sociaux, p. 25-97, et autres œuvres de Tony Anatrella, dont Le règne de Narcisse. Les enjeux du déni de la différence sexuelle, La Renaissance, Paris, 2005.        <br />
              <br />
       [4] Cf. Iacub M. et Maniglier P., L'anti-manuel d'éducation sexuelle, Bréal, Paris, 2005.       <br />
              <br />
       [5]  Cf. W. Kasper, Teologia del matrimonio cristiano, Queriniana, 1985, 2e éd., 18. Je renvoie à mes deux volumes qui développent amplement ces perspectives : Divina somiglianza. Antropologia trinitaria della famiglia, Lateran University Press, Rome, 2004 ; Mistero e Sacramento dell'amore. Teologia del matrimonio et della famiglia per la nuova evangelizzazione, Cantagalli, 2007.       <br />
              <br />
       [6] Cf. Alfonso Lopez Trujillo, La grande sfida. Famiglia, dignità della persona e umanizzazione, Città Nuova, 2004 ; voir aussi Jorge Alberto Serrano, ,Valores familiares y modernidad, In : Familia et Vita, Anno IX, No. 1-2, 2004, 138-151.       <br />
              <br />
       [7] Jean Paul II, Exhortation apostolique Novo Millenio Inneunte, 6 janvier 2001, à l'aube du nouveau millénaire.         <br />
              <br />
       [8] Cf. M. Ouellet, La vocazione cristiana al matrimonio e alla famiglia nella missione della chiesa, L.U.P. Roma 2005.       <br />
              <br />
       [9] Saint Thomas d'Aquin, Contra Gentes, 3, 25; 3, 50; S. Th. I IIae q 5 a 5 ad 2. Voir Henri de Lubac, Surnaturel, 1946, 483-494; Hans Urs von Balthasar, La Dramatique divine. II. Les personnes du drame 1. L'homme en Dieu, 177ss.       <br />
              <br />
       [10] Balthasar, H.U. von, Christlicher Stand , Johannes, Einsiedeln, 1977, 198.         <br />
              <br />
       [11] Id.       <br />
              <br />
       [12]Cf. De la Potterie, I.  Le Nozze messianiche e il matrimonio cristiano, in: Lo Sposo, la Sposa (Parola Spirito e Vita n. 13), Bologna 1986, 87-104; Tettamanzi, D. La famiglia, via della Chiesa, chap. II, Come a Cana di Galilea: Cristo incontra gli sposi, 31-51.       <br />
              <br />
       [13] Lumen Gentium 11; Apostolicam actuositatem 11.       <br />
              <br />
       [14] S. Thomas d'Aquin, Summa contra Gentiles, IV, 58 (FC 38).       <br />
              <br />
       [15] SS Benoît XVI, Deus Caritas est, 6.       <br />
              <br />
       [16]Francis Martin, ‘A Summary of the teaching of Genesis chapter one', in : Communio 90 (Summer 1993) 259.       <br />
              <br />
       [17] La première citation est tirée d'un article de R. Hinschberger,  &quot;Image et ressemblance dans la tradition sacerdotale&quot;, in RSR 59 (1985) 192. Cet article est une courte présentation de son mémoire D.E.A.: Image et ressemblance dans la tradi­tion sacerdotale, Strasbourg, 1983, d'où est tirée la seconde citation: 52. Voir Divine ressemblance, Op. cit., 41-51 (it.).       <br />
              <br />
       [18] Mentionnons entre autres la Lettre apostolique Mulieris Dignitatem, 1988; la Lettre aux Familles, 1994; l'Encyclique Evangelium vitae, 1995; l'Instruction de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi Donum vitae, (1987).       <br />
              <br />
       [19] SS Benoît XVI, Deus Caritas est, 6.       <br />
              <br />
       [20]Cf. Mistero e Sacramento, Op. cit., 119ss.       <br />
              <br />
       [21] SS Paulo VI, Humanae Vitae, 11.       <br />
              <br />
       [22] Ib., 12.       <br />
              <br />
       [23] Ib., 13. Cf. Gustave Martelet, &quot;Pour mieux comprendre l'encyclique Humanae Vitae&quot;, in: NRTh 90 (1968) 897-917; 1009-1063.       <br />
              <br />
       [24] Cf. Familiaris Consortio 32: « Ainsi, au langage qui exprime naturellement la donation réciproque et totale des époux, la contraception oppose un langage objectivement contradictoire, selon lequel il ne s'agit plus de se donner totalement à l'autre; il en découle non seulement le refus positif de l'ouverture à la vie, mais aussi une falsification de la vérité intérieure de l'amour conjugal, appelé à être un don de la personne tout entière ». Cf. aussi les catéchèses de Jean Paul II sur l'amour humain dans le plan de Dieu : Uomo e donna lo creò, sesto ciclo, Amore e fecondità, 453-502.       <br />
              <br />
       [25] Cf. Angelo Scola (a cura di) Quale vita? La bioetica in questione. Mondadori, 1998.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
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   <title>Homélie de mariage : "Laisser des traces"</title>
   <updated>2013-08-21T14:23:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-de-mariage-Laisser-des-traces_a246.html</id>
   <category term="Homélies" />
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   <published>2004-08-17T02:27:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour le mariage de Rachel et Serge à St-Blaise le 14 août 2004 par l'abbé Hermann Giguère, oncle de la mariée.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/1198814-1559234.jpg?v=1289459847" alt="Homélie de mariage : "Laisser des traces"" title="Homélie de mariage : "Laisser des traces"" />
     </div>
     <div>
      Lors d’une rencontre de famille à Sutton au début de cette année, Serge a surpris tout le monde, et notamment la principale intéressée, en se mettant un genou à terre pour lui demander de l’épouser. Émotions, rires, félicitations.       <br />
              <br />
       Quelques semaines plus tard, les futurs époux me contactent pour me demander de présider à leur mariage qu’ils désirent faire à l’église. J’accepte, naturellement.        <br />
              <br />
       Je sais que depuis, ils ont pris la peine de suivre la préparation au mariage religieux qu’offre la paroisse de St-Blaise, qu’ils ont, bien sûr, réfléchi encore sur leur démarche et qu’ils sont conscients du pas qu’ils feront devant nous aujourd’hui.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Des traces d’amour qui manifestent la beauté de la vie</span>       <br />
              <br />
       Leur amour a déjà laissé des traces importantes. C’est lui qui les a réuni d’abord en couple, puis c’est lui qui s’est prolongé dans une belle petite fille, Catherine, que j’ai eu le plaisir de baptiser en septembre dernier.       <br />
              <br />
       Laisser des traces, c’est le propre, c’est l’essentiel de l’amour. Certains diront, oui, mais ces traces sont parfois malheureuses. Elles peuvent, hélas! susciter des blessures longues à guérir, engendrer des deuils difficiles à vivre. Oui, mais des traces d’amour, ce sont aussi des traces de vie, c’est vivre, c’est la vie qui se développe, qui grandit, qui évolue.       <br />
              <br />
       La vie, en effet, est un don merveilleux que nous partageons tous. C’est le mouvement, l’être, la croissance, la nouveauté, l’imprévu, la satisfaction. « Que c’est beau la vie » comme chantait Jean Ferrat.       <br />
              <br />
       Rachel et Serge apprécient la vie dans toutes ses dimensions. Ce qui est vivant les fascine. Regardez autour d’eux; il y a Catherine, bien sûr, mais aussi chevaux, chiens, poules, lapins et que sais-je encore. L’étape qu’ils vivent aujourd’hui en se mariant à l’église ne changera pas leur trajectoire de vie, mais elle laissera des traces d’amour, elle aussi.       <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">Des traces qui sont des semences de vie éternelle en Jésus-Christ</span>       <br />
              <br />
       Ces traces laissées par leur amour béni à l’église prendront, nous le souhaitons, des formes et des couleurs inspirées du message de Jésus-Christ chez qui ils chercheront et trouveront inspiration, courage et élan.       <br />
              <br />
       En effet, Jésus, ce galiléen d’il y a 2000 ans, toujours vivant pour les croyants et croyantes qui le reconnaissent comme leur Seigneur et Sauveur, ce Jésus a vécu un amour fou pour l’humanité, pour l’Église, pour nous. Il nous reste uni de façon mystérieuse dans cet amour comme le sont l’époux et l’épouse. Il se fait l’Époux de toute l’humanité.       <br />
              <br />
       C’est ce que l’union du mariage signifie pour un chrétien croyant. Les baptisés qui s’unissent dans une relation d’époux et d’épouse nous permettent d’imaginer un peu ce qu’est la relation que Jésus-Christ a avec chacun et chacune d’entre nous. Comme tout amour, celle-ci laisse et laissera des traces qui ne s’effacent pas, des semences de vie éternelle que nous espérons dans la foi.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Que cette célébration religieuse du  mariage de Rachel et Serge nous permette de nous ouvrir encore plus à ce don de la vie qui se manifeste ici dans toute sa beauté et qui pour les baptisés est l’annonce d’une vie qui ne finit pas, d’un banquet céleste auquel nous sommes tous conviés.       <br />
              <br />
       Amen       <br />
              <br />
       -------------------------------------       <br />
              <br />
       Il est temps maintenant d’accompagner Rachel et Serge dans leur échange de consentements. Je les invite à se lever et à venir me rejoindre en avant.       <br />
               <br />
       Hermann Giguère, prêtre       <br />
              <br />
       le 14 août 2004       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/1198814-1559276.jpg?v=1289459847" alt="Homélie de mariage : "Laisser des traces"" title="Homélie de mariage : "Laisser des traces"" />
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     <br style="clear:both;"/>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
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