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 <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
 <subtitle><![CDATA[Carrefour Kairos est la page web personnelle d`Hermann Giguère. Questions de société, de spiritualité, d`évangélisation,  de pastorale, de la vie de l`Église catholique. Début avril 1997.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-09T18:24:23+02:00</updated>
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   <title>Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année A 30 décembre 2026  « Respecter, soutenir, aimer »</title>
   <updated>2025-12-22T16:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-la-fete-de-la-Sainte-Famille-Annee-A-30-decembre-2026-Respecter-soutenir-aimer_a1291.html</id>
   <category term="Homélies" />
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   <published>2025-12-23T21:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie du 30 décembre 2022 pour la fête de la Sainte Famille. Textes de l'Écriture: Siracide 3, 2-6.12-14, Colossiens 3, 12-21 et Mathieu 2, 13-15.19-23.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/93252547-65222029.jpg?v=1573692060" alt="Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année A 30 décembre 2026  « Respecter, soutenir, aimer »" title="Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année A 30 décembre 2026  « Respecter, soutenir, aimer »" />
     </div>
     <div>
      Quel défi de parler de la famille aujourd’hui à l’occasion de la fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. En effet, au Québec – et c’est probablement assez semblable en Occident (statistiques qui datent de quelques années) <!--en  2016 -->plus de 1 million d’enfants  au Canada  (1 114 055), ou 19,2 % de tous les enfants âgés de 0 à 14 ans, vivaient dans une famille monoparentale et 81,3 % des enfants âgés de 0 à 14 ans dans les familles monoparentales vivaient avec leur mère, tandis que 18,7 % vivaient avec leur père.  Ces statistiques additionnées à celles des familles recomposées font que le modèle de la cellule unifamiliale traditionnelle avec père, mère et enfants est de moins en moins la norme.       <br />
              <br />
       La famille de Jésus, Marie et Joseph entre dans cette dernière catégorie et pourtant, je pense que, quelque que soit le modèle de la famille dont nous faisons partie, la Sainte Famille a quelque chose pour nous inspirer. Cette inspiration pourrait se traduire par trois verbes que je vais commenter en les appliquant d’abord à la Sainte Famille, mais en sachant qu’ils peuvent s’appliquer à toute famille quel que soit son modèle.        <br />
              <br />
       I –<span style="font-style:italic"> Respecter </span>       <br />
              <br />
       J’ai mis en premier lieu le verbe « respecter » parce que je pense qu’il est le plus essentiel. Les parents se doivent de manifester à leur progéniture une certaine forme de respect qui est nécessaire pour que leur enfant arrive à être lui-même et à se développer selon ses capacités  propres et selon aussi parfois ses limites comme dans le cas des enfants autistes.       <br />
              <br />
       Les parents se doivent d’être toujours à l’écoute. Bien sûr leur rôle est d’éduquer leur enfant. Et cela ne se fait pas sans des tensions parfois et même des conflits, Mais il est important que les parents fassent sentir à leur enfant qu’il n’est pas un simple numéro et qu’il a tout leur respect pour ce qu’il est et ce qu’il fait.       <br />
              <br />
       C’est l’exemple que nous donnent Marie et Joseph dans un des rares épisodes de l’adolescence de Jésus qui nous a été conservé. Il s’agit de la « fugue » de Jésus lors d’un pèlerinage à Jérusalem. Ses parents le  pensent avec des amis, alors qu’il est resté au Temple de Jérusalem avec ceux qui s’appellent les docteurs (cf. <span style="font-style:italic">Luc </span>2, 41-52).  Marie et Joseph le retrouvent après deux ou trois jours.        <br />
              <br />
       La scène des retrouvailles est très éclairante pour notre propos. Marie, en bonne mère, dit à Jésus que ses parents sont  inquiets de sa disparition. Jésus lui répond qu’il se devait de rester plus longtemps pour, dit-il d'une façon mystérieuse,  s’occuper des affaires de son père.  Il est sûr que Marie et Joseph n’ont pas trop compris ce à quoi il référait, mais  aucun reproche, n’est sorti de leur bouche.       <br />
              <br />
       Quel accueil et quel respect  pour cet adolescent qui commence à s’émanciper et à suivre sa propre voie dans la vie.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Soutenir</span>       <br />
              <br />
       En deuxième lieu, j’ai retenu le verbe « soutenir » pour l’appliquer à la famille de Jésus, Marie et Joseph et à toutes les familles parce que sans un soutien de tous les instants surtout dans les premières années de la vie d’un enfant, tout tombe à l'eau. Les petits des humains, à la différence des petits des animaux, ne naissent pas autonomes. Pour se développer, ils ont besoin  d’accompagnement, de soins, de conseils et d’exemples. C'est toute une entreprise que de mettre un enfant au monde. Les parents nous le répètent souvent et avec raison. C’est, comme disait un de mes amis, un contrat à vie.        <br />
              <br />
       Ce soutien aujourd’hui prend diverses formes en raison de la vie que nous menons en Occident. Les lieux de ces appuis passent par les garderies, les crèches, les organismes de toutes sortes comme les CPE au Québec etc. Dans certains pays plus traditionnels ce sont les grands parents et la famille élargie qui sont mis à contribution. Quoiqu'il en soit, l’enfant ne peut devenir lui-même sans ce soutien que représentent  ceux et celles qui sont sa famille immédiate ou élargie.       <br />
              <br />
       Jésus l’a senti dans une circonstance bien particulière et très agréable. Alors qu’avec ses premiers disciples il participait  à des noces à Cana, sa Mère vient lui donner l’occasion de se manifester dans la mission qu’il commence à vivre après avoir quitté la maison familiale de Nazareth. Elle est là et elle lui donne l’occasion de manifester pour tout le monde la grandeur de ce qui va venir, elle dit simplement : « Ils n’ont plus de vin » invitant ainsi  maternellement Jésus à afficher ses dons et  à manifester la puissance de Dieu en changeant l’eau en vin (cf. <span style="font-style:italic">Jean</span> 2, 1-12).       <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Aimer</span>       <br />
              <br />
       Le troisième verbe que j’ai retenu c’est « aimer ».  Cela va de soi me direz-vous ? En effet, la famille qui est un lieu de rencontre et de relations ne peut se réaliser pleinement pour le bonheur de tous les membres sans qu’entre eux ne se développe un lien affectif qui est plus fort que le respect et le soutien. Ce lien c’est celui d’un amour qui se porte vers l’autre, un amour qu’on appelle l’amour filial,  celui des parents vers leurs enfants et celui des enfants vers leurs parents.       <br />
              <br />
       Comment décrire cet amour ? Une maman me l’a décrit un jour en me disant que c‘est un amour qui n'attend pas de retour qui est gratuit, qui cherche le bien de l’autre. Elle le comparaît  à l’eau d’un ruisseau qui coule et qui ne remonte pas en arrière ni ne s'arrête dans sa course.        <br />
              <br />
       Que c’est beau cet amour filial et cet amour parental ! Il nous fait penser à l’amour de Dieu qui descend vers nous qui que nous soyons et qui ne retourne jamais en arrière. Toute la vie de la Sainte Famille a sûrement  été vécue dans ce climat d'amour et d'affection. L’évangile d’aujourd’hui en présentant la fuite en Égypte nous met devant les yeux des parents qui sont prêts à tout pour la vie de leur enfant. On peut le penser en voyant aussi à la fin de la vie de Jésus, supplicié sur la croix, sa Mère qui est là au pied de la croix. Quelle douleur mais en même temps quel amour sont ici représentés !       <br />
              <br />
       Comme on n’a pas beaucoup de détails dans les évangiles sur la vie de la Sainte Famille à  Nazareth, on est obligé de laisser notre imagination aller et de nous représenter la Sainte Famille comme une famille toujours très attentive à chacun de ses membres, une famille où l’affection et l’amour étaient la norme. C’est ce qui a guidé mes réflexions.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion </span>       <br />
              <br />
       Laissons aller nos pensées ce matin. Que le souvenir de la famille de Jésus, Marie et Joseph soit un stimulant pour toutes les familles d’aujourd’hui quel que soit leur modèle, car le respect,  le soutien et l’amour seront toujours des piliers de la vie familiale       <br />
              <br />
       L’éclatement des familles aujourd’hui n’est pas une raison de laisser de côté l’image et le modèle de la Sainte Famille. On peut y trouver ce qu’il faut pour aller plus loin dans notre vie familiale.        <br />
               <br />
       Que cette Eucharistie soit pour nous comme une rencontre familiale où nous partageons le repas ensemble et où chacune et chacun a sa place.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P. H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
       <!--24 décembre 2019-->       <br />
              <br />
       23 décembre 2025       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE pour la fête de la Sainte Famille Année A       <br />
              <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       Celui qui craint le Seigneur honore ses parents (Si 3, 2-6.12-14)       <br />
              <br />
       Lecture du livre de Ben Sira le Sage       <br />
              <br />
       Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants,       <br />
       il renforce l’autorité de la mère sur ses fils.       <br />
           Celui qui honore son père       <br />
       obtient le pardon de ses péchés,       <br />
           celui qui glorifie sa mère       <br />
       est comme celui qui amasse un trésor.       <br />
           Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants,       <br />
       au jour de sa prière il sera exaucé.       <br />
           Celui qui glorifie son père verra de longs jours,       <br />
       celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère.       <br />
              <br />
           Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse,       <br />
       ne le chagrine pas pendant sa vie.       <br />
           Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent,       <br />
       ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.       <br />
           Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée,       <br />
       et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-5)       <br />
       R/ Heureux qui craint le Seigneur       <br />
       et marche selon ses voies ! (Ps 127, 1)       <br />
              <br />
       Heureux qui craint le Seigneur       <br />
       et marche selon ses voies !       <br />
       Tu te nourriras du travail de tes mains :       <br />
       Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !       <br />
              <br />
       Ta femme sera dans ta maison       <br />
       comme une vigne généreuse,       <br />
       et tes fils, autour de la table,       <br />
       comme des plants d’olivier.       <br />
              <br />
       Voilà comment sera béni       <br />
       l’homme qui craint le Seigneur.       <br />
       De Sion, que le Seigneur te bénisse !       <br />
       Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       Vivre ensemble dans le Seigneur (Col 3, 12-21)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           puisque vous avez été choisis par Dieu,       <br />
       que vous êtes sanctifiés, aimés par lui,       <br />
       revêtez-vous de tendresse et de compassion,       <br />
       de bonté, d’humilité, de douceur et de patience.       <br />
           Supportez-vous les uns les autres,       <br />
       et pardonnez-vous mutuellement       <br />
       si vous avez des reproches à vous faire.       <br />
       Le Seigneur vous a pardonné :       <br />
       faites de même.       <br />
           Par-dessus tout cela, ayez l’amour,       <br />
       qui est le lien le plus parfait.       <br />
           Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ       <br />
       à laquelle vous avez été appelés,       <br />
       vous qui formez un seul corps.       <br />
       Vivez dans l’action de grâce.       <br />
           Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ;       <br />
       instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres       <br />
       en toute sagesse ;       <br />
       par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés,       <br />
       chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance.       <br />
           Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites,       <br />
       que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus,       <br />
       en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père.       <br />
           Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ;       <br />
       dans le Seigneur, c’est ce qui convient.       <br />
           Et vous les hommes, aimez votre femme,       <br />
       ne soyez pas désagréables avec elle.       <br />
           Vous les enfants, obéissez en toute chose à vos parents ;       <br />
       cela est beau dans le Seigneur.       <br />
           Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants ;       <br />
       vous risqueriez de les décourager.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte » (Mt 2, 13-15.19-23)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ ;       <br />
       que la parole du Christ habite en vous       <br />
       dans toute sa richesse !       <br />
       Alléluia. (Col 3, 15a.16a)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu       <br />
              <br />
       Après le départ des mages,       <br />
       voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph       <br />
       et lui dit :       <br />
       « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,       <br />
       et fuis en Égypte.       <br />
       Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse,       <br />
       car Hérode va rechercher l’enfant       <br />
       pour le faire périr. »       <br />
           Joseph se leva ;       <br />
       dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère,       <br />
       et se retira en Égypte,       <br />
           où il resta jusqu’à la mort d’Hérode,       <br />
       pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :       <br />
       D’Égypte, j’ai appelé mon fils.       <br />
              <br />
           Après la mort d’Hérode,       <br />
       voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte       <br />
           et lui dit :       <br />
       « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,       <br />
       et pars pour le pays d’Israël,       <br />
       car ils sont morts,       <br />
       ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »       <br />
           Joseph se leva,       <br />
       prit l’enfant et sa mère,       <br />
       et il entra dans le pays d’Israël.       <br />
           Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée       <br />
       à la place de son père Hérode,       <br />
       il eut peur de s’y rendre.       <br />
       Averti en songe,       <br />
       il se retira dans la région de Galilée       <br />
           et vint habiter dans une ville appelée Nazareth,       <br />
       pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes :       <br />
       Il sera appelé Nazaréen.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
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       </SCRIPT>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
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   <title>Homélie pour le 5e dimanche du carême Année C  « Je ne te condamne pas » </title>
   <updated>2025-04-01T21:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-5e-dimanche-du-careme-Annee-C-Je-ne-te-condamne-pas_a1237.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/85946589-61193041.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-04-01T21:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 6 avril 2025. Textes: Isaïe 43, 16-21, Philippiens 3, 8-14 et Jean 8, 1-11.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/85946589-61193041.jpg?v=1554076225" alt="Homélie pour le 5e dimanche du carême Année C  « Je ne te condamne pas » " title="Homélie pour le 5e dimanche du carême Année C  « Je ne te condamne pas » " />
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      Cet épisode de la femme adultère est avec celui de la Samaritaine que Jésus rencontre au puits et à qui il demande à boire (Jean 4, 5-42) une des scènes les plus émouvantes de la prédication de  Jésus que nous racontent les évangiles.       <br />
              <br />
       Le récit de la femme adultère que nous venons d’entendre est comme une photographie, un reportage sur le vif que les apôtres ont retenu et que saint Jean a inscrit dans son évangile.       <br />
              <br />
       Comme tous les événements de la vie de Jésus, il est pour nous riche d’enseignements. Sans prétention, j’en ai dégagé trois que je vous partage ce matin pour alimenter notre méditation en ce 5e dimanche du carême.       <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Une remarque bien appropriée</span>       <br />
              <br />
       Le premier enseignement que je retiens est exprimé par la phrase « « Celui d’entre vous qui est sans péché,  qu’il soit le premier à lui jeter une pierre ». C’est une application pratique de ce que Jésus a déjà proclamé lorsqu’il disait : «  Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »  (Luc 6, 42). En d’autres termes il dit à ceux qui condamnent la femme : « Commencez par vous regarder avant de condamner l’autre ».        <br />
              <br />
       Cette remarque a toute sa valeur en tout temps. Il est très facile, en effet, d’avoir deux regards : un pour les autres, sévère et dur, et un autre pour nous, large et doux. Il faut être conscient de cette tendance naturelle et prendre le temps de se questionner dans nos attitudes vis-à-vis les autres. Il ne s’agit pas de nier ce qui est mal ou ce qui est incorrect. On ne se ferme pas les yeux sur le mal ou le péché, mais on reste toujours sensible aux personnes,  à leur dignité, à leurs efforts, à leurs limites, à leurs histoires si différentes les unes des autres.       <br />
              <br />
       Voilà une première leçon que je voulais vous partager après avoir médité le fameux récit de la femme adultère. Chacune et chacun peut en faire son profit, je pense. Mais ce n’est pas tout. Il y a deux autres points que je voudrais ajouter.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Une invitation au discernement</span>       <br />
              <br />
       Le deuxième point m’est suggéré par le geste unique de Jésus qui se penche par deux fois et qui écrit sur la terre. Ce qui m’a intéressé ici ce n’est pas d’imaginer les mots que Jésus a pu écrire ou les signes qu’il a peut-être dessinés. Non, je me suis mis plutôt dans la peau de Jésus et j'ai vu ces deux gestes comme des gestes de pause où il laisse du temps à ses interlocuteurs pour se ressaisir, pour mieux discerner.        <br />
              <br />
       Ces moments de pause de Jésus qui se penche pour écrire sur le sol veulent favoriser un questionnement chez ses interlocuteurs, outrés par cette femme qui a commis l’adultère.<!--Ceux-ci, outrés par ce cas d’une femme qui a commis l’adultère,--> Il les invite à plus d'ouverture au lieu de se cantonner dans une position qui oublie la personne au profit d’une  application stricte de la Loi. Leur recours à la Loi de Moïse est ainsi mis en question. Ils le font d’une façon trop légaliste pour Jésus. Celui-ci voit la situation avec un autre regard qui est celui de la miséricorde, lui qui a dit à ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.  » (Luc  6, 36-37)        <br />
              <br />
       Jésus sait,  bien sûr, que cette femme a péché et que la loi de Moïse impose une punition claire pour ce genre de faute. Et pourtant, il ne se laisse pas aller comme ses interlocuteurs à une interprétation rigide et absolue de la  loi. Il s’intéresse non seulement à la punition mais à la personne qui est devant lui et à sa capacité de faire face à sa situation. C'est ce qui explique sa réponse « Je ne te condamne pas ».        <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Une attitude d'accueil et de compassion</span>       <br />
              <br />
       Cette réponse est le troisième point que je veux souligner. Le « Je ne te condamne pas » est une réponse qui reflète l'amour de Dieu qui sauve et qui pardonne. C'est la mission de Jésus d'en être le messager. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades », dira-t-il un jour aux pharisiens qui lui reprochaient de manger avec les publicains et les pécheurs. Et il ajoutait : « Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.  » (Mathieu 9, 12-13) <!-- En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » dira-t-il à Zachée (Luc 10, 19).--> Devant cette femme accablée par ses accusateurs,  Jésus ne se présente pas comme un juge extérieur, il regarde avec amour l’intérieur de la personne. D'autre part, son attitude d'accueil et de respect ne l'empêche pas  d'inciter la personne à changer, à se prendre en main, à se convertir. Il le dit explicitement à la femme  : « Va et ne pèche plus ».       <br />
              <br />
       On est justifié de retenir le comportement de Jésus dans cet épisode de la femme adultère comme un modèle de notre comportement avec nos frères et sœurs dans le pétrin. L’attitude à développer à la suite de Jésus c’est celle du respect et de l'amour pour les personnes qu’elles que soit leur situation de vie et leur histoire.        <br />
              <br />
       Je ne puis m’empêcher de citer le pape François dans son document sur le <span style="font-style:italic">Synode sur la Famille</span> publié en 2016 intitulé  <span style="font-style:italic">Amoris laetitia</span>  ( La joie de l’amour )  qui insiste pour dire que « la route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère ». (no 296)  Déjà sur l’avion de retour de la  <span style="font-style:italic">Journée mondiale de la jeunesse</span> tenue à Rio de Janeiro en 2013, il avait surpris le monde entier en répondant à un journaliste qui lui demandait ce qu'il pensait d’une personne qui est homosexuelle : « Qui suis-je pour la juger ? » Ce qui est, à tout fin pratique, une réponse calquée sur celle de Jésus à la femme adultère : « Je ne te condamne ».       <br />
              <br />
       L’Église à la suite de Jésus n’a pas à se lancer dans les condamnations, mais elle a à manifester la bonté et la miséricorde de Dieu<!-- en se faisant l’apôtre du pardon-->. L’idéal évangélique et les invitations de Jésus gardent toute leur force. L’Église doit  les rappeler et les proclamer, mais elle doit le faire en tenant compte des personnes d’abord. <!--C’est ce qui est ressorti de la rencontre des présidents des conférences épiscopales sur les abus vis-à-vis les mineurs dans l’Église en février 2019 où on a mis au premier plan les personnes abusées alors qu’on avait eu tendance dans le passé à mettre en avant l’intérêt de l’Église institution et celui des personnes en autorité.-->       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Comment arriver à cette attitude d'accueil et de respect pour les personnes dans leurs faiblesses et leurs pauvretés dont Jésus nous donne l'exemple ? Ce n’est pas facile. Nous y arriverons si, comme saint Paul, nous nous laissons saisir par le Christ comme il est dit dans la deuxième lecture. Il y a des choses qui sont possibles uniquement avec la grâce de Dieu. Cette grâce de Dieu est en nous et elle n’est pas vaine et inactive.        <br />
              <br />
       Les rencontres comme celle de Jésus avec la femme adultère ne nous manquerons pas. La société autour de nous porte les marques de blessures de toutes sortes, de recherches manquées, de pesanteurs difficiles à supporter. Il ne s’agit pas seulement de la société,  mais il s’agit aussi de chacune et chacun d’entre nous qui portons, comme la femme adultère, le poids de nos propres limites, de notre péché et de nos pauvretés.       <br />
              <br />
       Que cette Eucharistie soit pour nous une rencontre unique avec Jésus comme le fut celle de la femme adultère avec lui. Il est présent parmi nous et il nous redit, qui que nous soyons :  « Je ne te condamne pas. Va et ne pêche plus ».       <br />
              <br />
              <br />
       Amen!       <br />
               <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
              <br />
       1 avril 2025       <br />
              <br />
       <!--homélie  reprise de celle avec corrections du2 avril 2019-->       <br />
              <br />
              <br />
       <!--Voici que je fais une chose nouvelle       <br />
              <br />
       Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,       <br />
       nous étions comme en rêve !       <br />
              <br />
       à cause de ce bien qui dépasse tout :       <br />
       la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.       <br />
              <br />
       je n’ai pas encore atteint la perfection,       <br />
       mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir,       <br />
       puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus.       <br />
              <br />
       il s’assit et se mit à enseigner.       <br />
              <br />
       Mais Jésus s’était baissé       <br />
       et, du doigt, il écrivait sur la terre.       <br />
              <br />
       « Moi non plus, je ne te condamne pas.       <br />
       Va, et désormais ne pèche plus. »       <br />
       -->       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      ___________________________________________________________________       <br />
       <b>Lectures de la messe pour le 5e dimanche du carême Année C</b>       <br />
              <br />
       Première lecture       <br />
       « Voici que je fais une chose nouvelle, je vais désaltérer mon peuple » (Is 43, 16-21)       <br />
              <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Ainsi parle le Seigneur,       <br />
       lui qui fit un chemin dans la mer,       <br />
       un sentier dans les eaux puissantes,       <br />
           lui qui mit en campagne des chars et des chevaux,       <br />
       des troupes et de puissants guerriers ;       <br />
       les voilà tous couchés pour ne plus se relever,       <br />
       ils se sont éteints, consumés comme une mèche.       <br />
       Le Seigneur dit :       <br />
           « Ne faites plus mémoire des événements passés,       <br />
       ne songez plus aux choses d’autrefois.       <br />
           Voici que je fais une chose nouvelle :       <br />
       elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ?       <br />
       Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert,       <br />
       des fleuves dans les lieux arides.       <br />
           Les bêtes sauvages me rendront gloire       <br />
       – les chacals et les autruches –       <br />
       parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert,       <br />
       des fleuves dans les lieux arides,       <br />
       pour désaltérer mon peuple,       <br />
       celui que j’ai choisi.       <br />
           Ce peuple que je me suis façonné       <br />
       redira ma louange. »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Psaume       <br />
       (Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6)       <br />
              <br />
       R/ Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :       <br />
       nous étions en grande fête ! (Ps 125, 3)       <br />
              <br />
       Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,       <br />
       nous étions comme en rêve !       <br />
       Alors notre bouche était pleine de rires,       <br />
       nous poussions des cris de joie.       <br />
              <br />
       Alors on disait parmi les nations :       <br />
       « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »       <br />
       Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :       <br />
       nous étions en grande fête !       <br />
              <br />
       Ramène, Seigneur, nos captifs,       <br />
       comme les torrents au désert.       <br />
       Qui sème dans les larmes       <br />
       moissonne dans la joie.       <br />
              <br />
       Il s’en va, il s’en va en pleurant,       <br />
       il jette la semence ;       <br />
       il s’en vient, il s’en vient dans la joie,       <br />
       il rapporte les gerbes.       <br />
       Deuxième lecture       <br />
       « À cause du Christ, j’ai tout perdu, en devenant semblable à lui dans sa mort » (Ph 3, 8-14)       <br />
              <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
       tous les avantages que j’avais autrefois,       <br />
           je les considère comme une perte       <br />
       à cause de ce bien qui dépasse tout :       <br />
       la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.       <br />
       À cause de lui, j’ai tout perdu ;       <br />
       je considère tout comme des ordures,       <br />
       afin de gagner un seul avantage, le Christ,       <br />
           et, en lui, d’être reconnu juste,       <br />
       non pas de la justice venant de la loi de Moïse       <br />
       mais de celle qui vient de la foi au Christ,       <br />
       la justice venant de Dieu, qui est fondée sur la foi.       <br />
           Il s’agit pour moi de connaître le Christ,       <br />
       d’éprouver la puissance de sa résurrection       <br />
       et de communier aux souffrances de sa Passion,       <br />
       en devenant semblable à lui dans sa mort,       <br />
           avec l’espoir de parvenir       <br />
       à la résurrection d’entre les morts.       <br />
           Certes, je n’ai pas encore obtenu cela,       <br />
       je n’ai pas encore atteint la perfection,       <br />
       mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir,       <br />
       puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus.       <br />
           Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela.       <br />
       Une seule chose compte :       <br />
       oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant,       <br />
           je cours vers le but en vue du prix       <br />
       auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Évangile       <br />
       « Celui d’entre-vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à jeter une pierre » (Jn 8, 1-11)       <br />
              <br />
       Gloire à toi, Seigneur.       <br />
       Gloire à toi.       <br />
       Maintenant, dit le Seigneur,       <br />
       revenez à moi de tout votre cœur,       <br />
       car je suis tendre et miséricordieux.       <br />
       Gloire à toi, Seigneur.       <br />
       Gloire à toi. (cf. Jl 2, 12b.13c)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jésus s’en alla au mont des Oliviers.       <br />
                   Dès l’aurore, il retourna au Temple.       <br />
       Comme tout le peuple venait à lui,       <br />
       il s’assit et se mit à enseigner.       <br />
           Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme       <br />
       qu’on avait surprise en situation d’adultère.       <br />
       Ils la mettent au milieu,       <br />
           et disent à Jésus :       <br />
       « Maître, cette femme       <br />
       a été surprise en flagrant délit d’adultère.       <br />
           Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné       <br />
       de lapider ces femmes-là.       <br />
       Et toi, que dis-tu ? »       <br />
           Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve,       <br />
       afin de pouvoir l’accuser.       <br />
       Mais Jésus s’était baissé       <br />
       et, du doigt, il écrivait sur la terre.       <br />
           Comme on persistait à l’interroger,       <br />
       il se redressa et leur dit :       <br />
       « Celui d’entre vous qui est sans péché,       <br />
       qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »       <br />
           Il se baissa de nouveau       <br />
       et il écrivait sur la terre.       <br />
           Eux, après avoir entendu cela,       <br />
       s’en allaient un par un,       <br />
       en commençant par les plus âgés.       <br />
       Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.       <br />
           Il se redressa et lui demanda :       <br />
       « Femme, où sont-ils donc ?       <br />
       Personne ne t’a condamnée ? »       <br />
           Elle répondit :       <br />
       « Personne, Seigneur. »       <br />
       Et Jésus lui dit :       <br />
       « Moi non plus, je ne te condamne pas.       <br />
       Va, et désormais ne pèche plus. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-5e-dimanche-du-careme-Annee-C-Je-ne-te-condamne-pas_a1237.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année C le 29 décembre 2024</title>
   <updated>2024-12-27T04:10:00+01:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-la-fete-de-la-Sainte-Famille-Annee-C-le-29-decembre-2024_a1212.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/82989909-59469553.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-24T18:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année C le 29 décembre 2024.Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes de l'Écriture: 1 Samuel 1, 20-22.24-28, Jean 3, 1-2.21-24 et Luc 2,41-52.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/82989909-59469553.jpg?v=1635964573" alt="Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année C le 29 décembre 2024" title="Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année C le 29 décembre 2024" />
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      Nous fêtons aujourd’hui la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. L’évangile nous présente un épisode des plus intéressants de la vie familiale de Jésus avec ses parents. C’est d’ailleurs le seul qui nous est rapporté avant qu’il ne quitte sa famille pour aller prêcher sur les routes de Palestine.       <br />
              <br />
       Regardons de plus près cette scène de Jésus au Temple pour en tirer une nourriture spirituelle pour aujourd’hui.       <br />
              <br />
       I –<span style="font-style:italic"> La scène de Jésus au Temple</span>       <br />
              <br />
       Je ne sais si vous êtes comme moi, mais, de prime abord, je suis surpris de cette scène. Ce n’est pas tous les adolescents du temps de Jésus qui se sentaient le goût de rencontrer des gens avertis dans leur foi et des maîtres comme ceux que saint Luc appelle les docteurs de la Loi. Par quels détours Jésus est-il passé pour arriver à cette rencontre ? On peut imaginer divers stratagèmes pour ce faire, mais on ne sait vraiment pas comment Jésus a fait pour se rendre auprès des docteurs de la Loi.        <br />
              <br />
       Pour moi, là n'est pas la question. La question importante est plutôt pourquoi cette démarche lui tenait-elle à cœur ? Voilà la question qui m'a intéressé. Pour y répondre j'ai vu un jeune Jésus, un jeune comme les autres, imprégné des usages juifs et de la Parole de Dieu qu’il écoutait tous les sabbats à Nazareth. En passant à l’adolescence. comme la plupart des adolescents, il se posait des questions sur ce qu’il deviendrait. Il connaissait l’histoire de Samuel - racontée dans la première lecture  - offert par ses parents au service du Seigneur à sa naissance et qui devint un grand prophète, celle aussi d'autres prophètes comme Isaïe, Ézéchiel ou Jérémie. Lui, Jésus, que deviendrait-il?        <br />
              <br />
       Ce cheminement se faisait dans le silence éclairé par la lumière que Dieu avait mise en lui depuis sa naissance. J’imagine que déjà Jésus comprenait qu’il était appelé à une mission spéciale. Et sa réponse à ses parents qui le retrouvent après des jours de recherche en donne l’essentiel : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »       <br />
              <br />
       Reconnaissons dans cette réponse que saint Luc met dans la bouche du jeune Jésus la perception et l’affirmation d’un lien particulier avec Dieu, un lien d’intimité et d’union qui se démarque des images d’un Dieu vengeur, culpabilisant ou justicier au profit d’un Dieu proche et miséricordieux comme un père. On voit déjà poindre la figure du père de l’enfant prodigue qui sera au coeur de l'enseignement de Jésus. Et sur la croix  une de ses dernières paroles sera adressée à son Père: « Père entre tes mains, je remets mon esprit » (Luc 23, 46).       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">La réaction de Marie et de Joseph</span>       <br />
              <br />
       Regardons maintenant Marie et Joseph. Ils sont très près de leur fils. Ils le connaissent  bien, mais là ils sont mystifiés en entendant une  réponse qu'ils ne comprennent pas. En effet, ils sont de bons parents. Ils sont revenus sur leurs pas pour retrouver leur fils. Ils ne sont pas loin de penser à une fugue. Mais ils découvrent tout autre chose. Un adolescent qui, épris de la Parole de Dieu, a voulu la connaître encore mieux à l’écoute de ceux qui la proclament avec autorité.  Et dans le temps qu'il passe avec eux, il se laisse aller à partager ce qu’il en vit. Et ô surprise! les savants sont fascinés par cet adolescent. Ils lui posent leurs questions. Ils écoutent ses réponses.         <br />
              <br />
       On peut penser que Jésus, de son côté, est surpris de lui-même. Et c’est dans cette rencontre avec les docteurs de la Loi que saint Luc situe l’éveil messianique de Jésus qui se découvre une vocation qui dépasse le contexte familial habituel. Il entrevoit qu’il est le Fils bien-aimé de Dieu. Cette révélation mûrira pendant de nombreuses années, mais elle ne disparaîtra jamais de son esprit et de sa vie.        <br />
              <br />
       Remercions saint Luc de nous avoir gardé le souvenir de cette première irruption de Dieu Père dans la vie de Jésus, une irruption qui laissera de nombreuses traces dans sa prédication plus tard et qu’il mettra au cœur de sa prière et de celle de ses disciples dont nous sommes à qui il dit : « Quand vous priez, dites :  Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.  » (Luc 11, 2)       <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Quel lien avec la fête de la Saint Famille pouvons-nous faire à partir de ces considérations ? C’est une bonne question.        <br />
              <br />
       Une première réponse pourrait être que dans toute famille la priorité est aux relations entre les personnes, des relations d’intimité et de respect comme on le voit dans cette scène où Marie et Joseph respectent la réponse de Jésus même s'ils ne la comprennent pas encore. La vie de la famille fournit une voie pour aller à Dieu. C’est à l’intérieur de sa famille humaine que le jeune Jésus chemine et qu’il découvre sa mission. Il est respecté dans ses choix et il est aimé par son père et sa mère. Il en est de même encore aujourd'hui pour nos jeunes.       <br />
              <br />
       Deuxième réponse : la famille n’est pas exempte de tensions et de moments difficiles parfois, comme les craintes et les peurs qu’ont vécues Marie et Joseph en constatant la disparition de leur fils et en le cherchant jusqu'à Jérusalem. La vie familiale est faite de hauts et de bas. C’est pourquoi, la prière et le dialogue sont une nécessité dans toute vie familiale : les parents avec les enfants, les enfants entre  eux, avec d’autres familles lorsque l’occasion se présente.        <br />
              <br />
       La troisième réponse nous amène sur le terrain des vocations de chaque personne dans les familles. Il est essentiel que chaque personne dans la famille soit reconnue pour elle-même avec ses qualités et ses limites aussi,  qu’elle soit soutenue et surtout qu’elle ne soit jamais dévalorisée par des comparaisons blessantes. La couleur particulière de chaque personne enrichit la famille qui ainsi devient de plus en plus en plus l’image de la richesse de l’amour de Dieu pour ses enfants : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes » nous dit la deuxième lecture.        <br />
              <br />
       Bien sûr, ces trois réponses présentent un idéal de vie familiale. La réalité concrète est  souvent plus contrastée, mais ne laissons pas celle-ci nous enlever le goût de mettre nos efforts pour arriver à une vie familiale sur le modèle de celle de Jésus, Marie et Joseph que l’Église nous invite à célébrer même si nous n’en connaissons pas les circonstances concrètes hormis cet épisode de Jésus au Temple.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas une raison pour nous priver de l’imaginer et de prier pour que nous soyons de plus en plus comme Jésus  « chez notre Père », car Dieu est notre famille.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       La fête de la Sainte Famille a été très importante au Québec jusqu’à tout récemment. Elle prenait place au milieu des célébrations familiales du temps des Fêtes et du Jour de l’An. Elle était l’occasion d’échanges et de réjouissances.  Les plus anciens s’en rappellent avec joie. Les temps ont changé. Les familles sont parfois éclatées ou sont reconstituées. Cela ne doit pas nous empêcher d’y mettre ce qui est au cœur de toutes nos relations : l’amour.       <br />
              <br />
       Que cette Eucharistie qui nous nourrit au Sacrement de l’amour nous en remplisse et que nous devenions pour tous ceux et celles que nous fréquentons des frères et des sœurs, car nous sommes tous et toutes, fils et filles d’un même Père des cieux, appelés enfants de Dieu comme le dit saint Paul.       <br />
               <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P. H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       24 décembre 2024       <br />
              <br />
              <br />
       <!-- Reprise avec corrections de l'homélie du 18 décembre 2021 et 26 décembre 2018-->       <br />
              <br />
              <br />
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               <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Samuel demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie » (1 S 1, 20-22.24-28)       <br />
       Lecture du premier livre de Samuel       <br />
              <br />
       Elcana s’unit à Anne sa femme,       <br />
       et le Seigneur se souvint d’elle.       <br />
           Anne conçut       <br />
       et, le temps venu, elle enfanta un fils ;       <br />
       elle lui donna le nom de Samuel (c’est-à-dire : Dieu exauce)       <br />
       car, disait-elle,       <br />
       « Je l’ai demandé au Seigneur. »       <br />
           Elcana, son mari, monta au sanctuaire       <br />
       avec toute sa famille       <br />
       pour offrir au Seigneur le sacrifice annuel       <br />
       et s’acquitter du vœu pour la naissance de l’enfant.       <br />
           Mais Anne n’y monta pas.       <br />
       Elle dit à son mari :       <br />
       « Quand l’enfant sera sevré,       <br />
       je l’emmènerai :       <br />
       il sera présenté au Seigneur,       <br />
       et il restera là pour toujours. »       <br />
           Lorsque Samuel fut sevré,       <br />
       Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ;       <br />
       l’enfant était encore tout jeune.       <br />
       Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans,       <br />
       un sac de farine et une outre de vin.       <br />
           On offrit le taureau en sacrifice,       <br />
       et on amena l’enfant au prêtre Éli.       <br />
           Anne lui dit alors :       <br />
       « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie !       <br />
       Aussi vrai que tu es vivant,       <br />
       je suis cette femme qui se tenait ici près de toi       <br />
       pour prier le Seigneur.       <br />
           C’est pour obtenir cet enfant que je priais,       <br />
       et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande.       <br />
           À mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose.       <br />
       Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. »       <br />
       Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 83 (84), 2-3, 5-6, 9-10)       <br />
       R/ Heureux les habitants de ta maison, Seigneur ! (Ps 83, 5a)       <br />
              <br />
       De quel amour sont aimées tes demeures,       <br />
       Seigneur, Dieu de l’univers.       <br />
       Mon âme s’épuise à désirer les parvis du Seigneur ;       <br />
       mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant !       <br />
              <br />
       Heureux les habitants de ta maison :       <br />
       ils pourront te chanter encore !       <br />
       Heureux les hommes dont tu es la force :       <br />
       des chemins s’ouvrent dans leur cœur !       <br />
              <br />
       Seigneur, Dieu de l’univers, entends ma prière ;       <br />
       écoute, Dieu de Jacob.       <br />
       Dieu, vois notre bouclier,       <br />
       regarde le visage de ton messie.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Nous sommes appelés enfants de Dieu – et nous le sommes » (1 Jn 3, 1-2.21-24)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Jean       <br />
              <br />
       Bien-aimés,       <br />
           voyez quel grand amour nous a donné le Père       <br />
       pour que nous soyons appelés enfants de Dieu       <br />
       – et nous le sommes.       <br />
       Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :       <br />
       c’est qu’il n’a pas connu Dieu.       <br />
           Bien-aimés,       <br />
       dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,       <br />
       mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.       <br />
       Nous le savons : quand cela sera manifesté,       <br />
       nous lui serons semblables       <br />
       car nous le verrons tel qu’il est.       <br />
              <br />
           Bien-aimés,       <br />
       si notre cœur ne nous accuse pas,       <br />
       nous avons de l’assurance devant Dieu.       <br />
           Quoi que nous demandions à Dieu,       <br />
       nous le recevons de lui,       <br />
       parce que nous gardons ses commandements,       <br />
       et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux.       <br />
              <br />
           Or, voici son commandement :       <br />
       mettre notre foi       <br />
       dans le nom de son Fils Jésus Christ,       <br />
       et nous aimer les uns les autres       <br />
       comme il nous l’a commandé.       <br />
           Celui qui garde ses commandements       <br />
       demeure en Dieu,       <br />
       et Dieu en lui ;       <br />
       et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous,       <br />
       puisqu’il nous a donné part à son Esprit.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Les parents de Jésus le trouvèrent au milieu des docteurs de la Loi » (Lc 2, 41-52)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Seigneur, ouvre notre cœur       <br />
       pour nous rendre attentifs aux paroles de ton Fils.       <br />
       Alléluia. (cf. Ac 16, 14b)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem       <br />
       pour la fête de la Pâque.       <br />
           Quand il eut douze ans,       <br />
       ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.       <br />
           À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient,       <br />
       le jeune Jésus resta à Jérusalem       <br />
       à l’insu de ses parents.       <br />
           Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins,       <br />
       ils firent une journée de chemin       <br />
       avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.       <br />
           Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem,       <br />
       en continuant à le chercher.       <br />
              <br />
           C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple,       <br />
       assis au milieu des docteurs de la Loi :       <br />
       il les écoutait et leur posait des questions,       <br />
           et tous ceux qui l’entendaient       <br />
       s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.       <br />
           En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement,       <br />
       et sa mère lui dit :       <br />
       « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?       <br />
       Vois comme ton père et moi,       <br />
       nous avons souffert en te cherchant ! »       <br />
           Il leur dit :       <br />
       « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ?       <br />
       Ne saviez-vous pas       <br />
       qu’il me faut être chez mon Père ? »       <br />
           Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.       <br />
              <br />
           Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth,       <br />
       et il leur était soumis.       <br />
       Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.       <br />
           Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce,       <br />
       devant Dieu et devant les hommes.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Homélie pour le 5e dimanche du Carême Année C : « Je ne te condamne pas »</title>
   <updated>2022-04-10T22:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-5e-dimanche-du-Careme-Annee-C-Je-ne-te-condamne-pas_a1056.html</id>
   <category term="Homélies" />
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   <published>2022-03-29T18:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H., Séminaire de Québec. Homélie du 3 avril 2022. Textes: Isaïe 43, 16-2, Philippiens 3, 8-14 et Jean 8, 1-11.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/61813546-44966919.jpg?v=1648642618" alt="Homélie pour le 5e dimanche du Carême Année C : « Je ne te condamne pas »" title="Homélie pour le 5e dimanche du Carême Année C : « Je ne te condamne pas »" />
     </div>
     <div>
      Cet épisode de la femme adultère est avec celui de la Samaritaine que Jésus rencontre au puits et à qui il demande à boire (Jean 4, 5-42) une des scènes les plus émouvantes de la prédication de  Jésus que nous racontent les évangiles.       <br />
              <br />
       Le récit de la femme adultère que nous venons d’entendre est comme une photographie, un reportage sur le vif que les apôtres ont retenu et que saint Jean a inscrit dans son évangile.       <br />
              <br />
       Comme tous les événements de la vie de Jésus, il est pour nous riche d’enseignements. Sans prétention, j’en ai dégagé trois que je vous partage ce matin pour alimenter notre méditation en ce 5e dimanche du carême.       <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Une remarque bien appropriée</span>       <br />
              <br />
       Le premier enseignement que je retiens est exprimé par la phrase « « Celui d’entre vous qui est sans péché,  qu’il soit le premier à lui jeter une pierre ». C’est une application pratique de ce que Jésus a déjà proclamé lorsqu’il disait : «  Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »  (Luc 6, 42). En d’autres termes il dit à ceux qui condamnent la femme : « Commencez par vous regarder avant de condamner l’autre ».        <br />
              <br />
       Cette remarque a toute sa valeur en tout temps. Il est très facile, en effet, d’avoir deux regards : un pour les autres, sévère et dur, et un autre pour nous, large et doux. Il faut être conscient de cette tendance naturelle et prendre le temps de se questionner dans nos attitudes vis-à-vis les autres. Il ne s’agit pas de nier ce qui est mal ou ce qui est incorrect. On ne se ferme pas les yeux sur le mal ou le péché, mais on reste toujours sensible aux personnes,  à leur dignité, à leurs efforts, à leurs limites, à leurs histoires si différentes les unes des autres.       <br />
              <br />
       Voilà une première leçon que je voulais vous partager après avoir médité le fameux récit de la femme adultère. Chacune et chacun peut en faire son profit, je pense. Mais ce n’est pas tout. Il y a deux autres points que je voudrais ajouter.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Une invitation au discernement</span>       <br />
              <br />
       Le deuxième point m’est suggéré par le geste unique de Jésus qui se penche par deux fois et qui écrit sur la terre. Ce qui m’a intéressé ici ce n’est pas d’imaginer les mots que Jésus a pu écrire ou les signes qu’il a peut-être dessinés. Non, je me suis mis plutôt dans la peau de Jésus et j'ai vu ces deux gestes comme des gestes de pause où il laisse du temps à ses interlocuteurs pour se ressaisir, pour mieux discerner.        <br />
              <br />
       Ces moments de pause de Jésus qui se penche pour écrire sur le sol veulent favoriser un questionnement chez ses interlocuteurs, outrés par cette femme qui a commis l’adultère.<!--Ceux-ci, outrés par ce cas d’une femme qui a commis l’adultère,--> Il leur laisse du temps pour manifester plus d'ouverture au lieu de se cantonner dans une position qui oublie la personne au profit d’une  application stricte de la Loi. Leur recours à la Loi de Moïse est ainsi mis en question. Ils le font d’une façon trop légaliste pour Jésus. Celui-ci voit la situation avec un autre regard qui est celui de la miséricorde, lui qui a dit à ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.  » (Luc  6, 36-37)        <br />
              <br />
       Jésus sait,  bien sûr, que cette femme a péché et que la loi de Moïse impose une punition claire pour ce genre de faute. Et pourtant, il ne se laisse pas aller comme ses interlocuteurs à une interprétation rigide et absolue de la  loi. Il s’intéresse non seulement à la punition mais à la personne qui est devant lui et à sa capacité de faire face à sa situation. C'est ce qui explique sa réponse « Je ne te condamne pas ».        <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Une attitude d'accueil et de compassion</span>       <br />
              <br />
       Cette réponse est le troisième point que je veux souligner. Le « Je ne te condamne pas » est une réponse qui reflète l'amour de Dieu qui sauve et qui pardonne. C'est la mission de Jésus d'en être le messager. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades, dira-t-il un jour aux pharisiens qui lui reprochaient de manger avec les publicains et les pécheurs. Et il ajoutait : « Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.  » (Mathieu 9, 12-13) <!-- En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » dira-t-il à Zachée (Luc 10, 19).--> Devant cette femme accablée par ses accusateurs,  Jésus ne se présente pas comme un juge extérieur, il regarde avec amour l’intérieur de la personne. D'autre part, son attitude d'accueil et de respect ne l'empêche pas  d'inciter la personne à changer, à se prendre en main, à se convertir. Il le dit explicitement à la femme  : « Va et ne pèche plus ».       <br />
              <br />
       On est justifié de retenir le comportement de Jésus dans cet épisode de la femme adultère comme un modèle de notre comportement avec nos frères et sœurs dans le pétrin. L’attitude à développer à la suite de Jésus c’est celle du respect et de l'amour pour les personnes qu’elles que soit leur situation de vie et leur histoire.        <br />
       <!--Je ne puis m’empêcher de citer le pape François dans son document sur le <span style="font-style:italic">Synode sur la Famille</span> publié en 2016 intitulé  <span style="font-style:italic">Amoris laetitia</span>  ( La joie de l’amour )  qui insiste pour dire que « la route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère ». (no 296)  Déjà sur l’avion de retour de la  <span style="font-style:italic">Journée mondiale de la jeunesse</span> tenue à Rio de Janeiro en 2013, il avait surpris le monde entier en répondant à un journaliste qui lui demandait ce qu'il pensait d’une personne qui est homosexuelle : « Qui suis-je pour la juger ? » Ce qui est, à tout fin pratique, une réponse calquée sur celle de Jésus à la femme adultère : « Je ne te condamne ».-->       <br />
       L’Église à la suite de Jésus n’a pas à se lancer dans les condamnations, mais elle a à manifester la bonté et la miséricorde de Dieu<!-- en se faisant l’apôtre du pardon-->.  C’est le message que le pape François a donné dans cette fameuse phrase sur l’avion à son retour des Journées mondiales de Rio le 29 juillet 2013 lorsqu’il a dit en réponse à une question d’un journaliste sur les homosexuels « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? » L’idéal évangélique et les invitations de Jésus gardent toute leur force. L’Église doit  les rappeler et les proclamer, mais elle doit le faire en tenant compte des personnes d’abord, <!--C’est ce qui est ressorti de la rencontre des présidents des conférences épiscopales sur les abus vis-à-vis les mineurs dans l’Église en février 2019 où on a mis au premier plan les personnes abusées--> alors qu’on a eu souvent  tendance dans le passé, comme dans le cas des personnes abusées, à mettre en avant l’intérêt de l’Église institution et celui des personnes en autorité plutôt que celui de ces personnes.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Comment arriver à cette attitude d'accueil et de respect pour les personnes dans leurs faiblesses et leurs pauvretés dont Jésus nous donne l'exemple ? Ce n’est pas facile. Nous y arriverons si, comme saint Paul, nous nous laissons saisir par le Christ comme il est dit dans la deuxième lecture. Il y a des choses qui sont possibles uniquement avec la grâce de Dieu. Cette grâce de Dieu est en nous et elle n’est pas vaine et inactive.        <br />
              <br />
       Les rencontres comme celle de Jésus avec la femme adultère ne nous manquerons pas. La société autour de nous porte les marques de blessures de toutes sortes, de recherches manquées, de pesanteurs difficiles à supporter. Il ne s’agit pas seulement de la société,  mais il s’agit aussi de chacune et chacun d’entre nous qui portons, comme la femme adultère, le poids de nos propres limites, de notre péché et de nos pauvretés.       <br />
              <br />
       Que cette Eucharistie soit pour nous une rencontre unique avec Jésus comme le fut celle de la femme adultère avec lui. Il est présent parmi nous et il nous redit, qui que nous soyons :  « Je ne te condamne pas. Va et ne pêche plus ».       <br />
              <br />
              <br />
       Amen!       <br />
               <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
              <br />
       29 mars 2022       <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 2 avril 2019-->       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Voici que je fais une chose nouvelle, je vais désaltérer mon peuple » (Is 43, 16-21)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Ainsi parle le Seigneur,       <br />
       lui qui fit un chemin dans la mer,       <br />
       un sentier dans les eaux puissantes,       <br />
           lui qui mit en campagne des chars et des chevaux,       <br />
       des troupes et de puissants guerriers ;       <br />
       les voilà tous couchés pour ne plus se relever,       <br />
       ils se sont éteints, consumés comme une mèche.       <br />
       Le Seigneur dit :       <br />
           « Ne faites plus mémoire des événements passés,       <br />
       ne songez plus aux choses d’autrefois.       <br />
           Voici que je fais une chose nouvelle :       <br />
       elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ?       <br />
       Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert,       <br />
       des fleuves dans les lieux arides.       <br />
           Les bêtes sauvages me rendront gloire       <br />
       – les chacals et les autruches –       <br />
       parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert,       <br />
       des fleuves dans les lieux arides,       <br />
       pour désaltérer mon peuple,       <br />
       celui que j’ai choisi.       <br />
           Ce peuple que je me suis façonné       <br />
       redira ma louange. »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6)       <br />
       R/ Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :       <br />
       nous étions en grande fête ! (Ps 125, 3)       <br />
              <br />
       Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,       <br />
       nous étions comme en rêve !       <br />
       Alors notre bouche était pleine de rires,       <br />
       nous poussions des cris de joie.       <br />
              <br />
       Alors on disait parmi les nations :       <br />
       « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »       <br />
       Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :       <br />
       nous étions en grande fête !       <br />
              <br />
       Ramène, Seigneur, nos captifs,       <br />
       comme les torrents au désert.       <br />
       Qui sème dans les larmes       <br />
       moissonne dans la joie.       <br />
              <br />
       Il s’en va, il s’en va en pleurant,       <br />
       il jette la semence ;       <br />
       il s’en vient, il s’en vient dans la joie,       <br />
       il rapporte les gerbes.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « À cause du Christ, j’ai tout perdu, en devenant semblable à lui dans sa mort » (Ph 3, 8-14)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
       tous les avantages que j’avais autrefois,       <br />
           je les considère comme une perte       <br />
       à cause de ce bien qui dépasse tout :       <br />
       la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.       <br />
       À cause de lui, j’ai tout perdu ;       <br />
       je considère tout comme des ordures,       <br />
       afin de gagner un seul avantage, le Christ,       <br />
           et, en lui, d’être reconnu juste,       <br />
       non pas de la justice venant de la loi de Moïse       <br />
       mais de celle qui vient de la foi au Christ,       <br />
       la justice venant de Dieu, qui est fondée sur la foi.       <br />
           Il s’agit pour moi de connaître le Christ,       <br />
       d’éprouver la puissance de sa résurrection       <br />
       et de communier aux souffrances de sa Passion,       <br />
       en devenant semblable à lui dans sa mort,       <br />
           avec l’espoir de parvenir       <br />
       à la résurrection d’entre les morts.       <br />
           Certes, je n’ai pas encore obtenu cela,       <br />
       je n’ai pas encore atteint la perfection,       <br />
       mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir,       <br />
       puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus.       <br />
           Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela.       <br />
       Une seule chose compte :       <br />
       oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant,       <br />
           je cours vers le but en vue du prix       <br />
       auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Celui d’entre-vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à jeter une pierre » (Jn 8, 1-11)       <br />
       Gloire à toi, Seigneur.       <br />
       Gloire à toi.       <br />
       Maintenant, dit le Seigneur,       <br />
       revenez à moi de tout votre cœur,       <br />
       car je suis tendre et miséricordieux.       <br />
       Gloire à toi, Seigneur.       <br />
       Gloire à toi. (cf. Jl 2, 12b.13c)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jésus s’en alla au mont des Oliviers.       <br />
                   Dès l’aurore, il retourna au Temple.       <br />
       Comme tout le peuple venait à lui,       <br />
       il s’assit et se mit à enseigner.       <br />
           Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme       <br />
       qu’on avait surprise en situation d’adultère.       <br />
       Ils la mettent au milieu,       <br />
           et disent à Jésus :       <br />
       « Maître, cette femme       <br />
       a été surprise en flagrant délit d’adultère.       <br />
           Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné       <br />
       de lapider ces femmes-là.       <br />
       Et toi, que dis-tu ? »       <br />
           Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve,       <br />
       afin de pouvoir l’accuser.       <br />
       Mais Jésus s’était baissé       <br />
       et, du doigt, il écrivait sur la terre.       <br />
           Comme on persistait à l’interroger,       <br />
       il se redressa et leur dit :       <br />
       « Celui d’entre vous qui est sans péché,       <br />
       qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »       <br />
           Il se baissa de nouveau       <br />
       et il écrivait sur la terre.       <br />
           Eux, après avoir entendu cela,       <br />
       s’en allaient un par un,       <br />
       en commençant par les plus âgés.       <br />
       Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.       <br />
           Il se redressa et lui demanda :       <br />
       « Femme, où sont-ils donc ?       <br />
       Personne ne t’a condamnée ? »       <br />
           Elle répondit :       <br />
       « Personne, Seigneur. »       <br />
       Et Jésus lui dit :       <br />
       « Moi non plus, je ne te condamne pas.       <br />
       Va, et désormais ne pèche plus. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
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   <title>Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année C le 26 décembre 2021</title>
   <updated>2021-12-25T15:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-la-fete-de-la-Sainte-Famille-Annee-C-le-26-decembre-2021_a1042.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/60004942-43983969.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-12-21T18:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année C le 26 décembre 2021.Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes de l'Écriture: 1 Samuel 1, 20-22.24-28, Jean 3, 1-2.21-24 et Luc 2,41-52.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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      Nous fêtons aujourd’hui la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. L’évangile nous présente un épisode des plus intéressants de la vie familiale de Jésus avec ses parents. C’est d’ailleurs le seul qui nous est rapporté avant qu’il ne quitte sa famille pour aller prêcher sur les routes de Palestine.       <br />
              <br />
       Regardons de plus près cette scène de Jésus au Temple pour en tirer une nourriture spirituelle pour aujourd’hui.       <br />
              <br />
       I –<span style="font-style:italic"> La scène de Jésus au Temple</span>       <br />
              <br />
       Je ne sais si vous êtes comme moi, mais, de prime abord, je suis surpris de cette scène. Ce n’est pas tous les adolescents du temps de Jésus qui se sentaient le goût de rencontrer des gens avertis dans leur foi et des maîtres comme ceux que saint Luc appelle les docteurs de la Loi. Par quels détours Jésus est-il passé pour arriver à cette rencontre ? On peut imaginer divers stratagèmes pour ce faire, mais on ne sait vraiment pas comment Jésus a fait pour se rendre auprès des docteurs de la Loi.        <br />
              <br />
       Pour moi, là n'est pas la question. La question importante est plutôt pourquoi cette démarche lui tenait-elle à cœur ? Voilà la question qui m'a intéressé. Pour y répondre j'ai vu un jeune Jésus, un jeune comme les autres, imprégné des usages juifs et de la Parole de Dieu qu’il écoutait tous les sabbats à Nazareth. En passant à l’adolescence. comme la plupart des adolescents, il se posait des questions sur ce qu’il deviendrait. Il connaissait l’histoire de Samuel - racontée dans la première lecture  - offert par ses parents au service du Seigneur à sa naissance et qui devint un grand prophète, celle aussi d'autres prophètes comme Isaïe, Ézéchiel ou Jérémie. Lui, Jésus, que deviendrait-il?        <br />
              <br />
       Ce cheminement se faisait dans le silence éclairé par la lumière que Dieu avait mise en lui depuis sa naissance. J’imagine que déjà Jésus comprenait qu’il était appelé à une mission spéciale. Et sa réponse à ses parents qui le retrouvent après des jours de recherche en donne l’essentiel : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »       <br />
              <br />
       Reconnaissons dans cette réponse que saint Luc met dans la bouche du jeune Jésus la perception et l’affirmation d’un lien particulier avec Dieu, un lien d’intimité et d’union qui se démarque des images d’un Dieu vengeur, culpabilisant ou justicier au profit d’un Dieu proche et miséricordieux comme un père. On voit déjà poindre la figure du père de l’enfant prodigue qui sera au coeur de l'enseignement de Jésus. Et sur la croix  une de ses dernières paroles sera adressée à son Père: « Père entre tes mains, je remets mon esprit » (Luc 23, 46).       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">La réaction de Marie et de Joseph</span>       <br />
              <br />
       Regardons maintenant Marie et Joseph. Ils sont très près de leur fils. Ils le connaissent  bien, mais là ils sont mystifiés en entendant une  réponse qu'ils ne comprennent pas. En effet, ils sont de bons parents. Ils sont revenus sur leurs pas pour retrouver leur fils. Ils ne sont pas loin de penser à une fugue. Mais ils découvrent tout autre chose. Un adolescent qui, épris de la Parole de Dieu, a voulu la connaître encore mieux à l’écoute de ceux qui la proclament avec autorité.  Et dans le temps qu'il passe avec eux, il se laisse aller à partager ce qu’il en vit. Et ô surprise! les savants sont fascinés par cet adolescent. Ils lui posent leurs questions. Ils écoutent ses réponses.         <br />
              <br />
       On peut penser que Jésus, de son côté, est surpris de lui-même. Et c’est dans cette rencontre avec les docteurs de la Loi que saint Luc situe l’éveil messianique de Jésus qui se découvre une vocation qui dépasse le contexte familial habituel. Il entrevoit qu’il est le Fils bien-aimé de Dieu. Cette révélation mûrira pendant de nombreuses années, mais elle ne disparaîtra jamais de son esprit et de sa vie.        <br />
              <br />
       Remercions saint Luc de nous avoir gardé le souvenir de cette première irruption de Dieu Père dans la vie de Jésus, une irruption qui laissera de nombreuses traces dans sa prédication plus tard et qu’il mettra au cœur de sa prière et de celle de ses disciples dont nous sommes à qui il dit : « Quand vous priez, dites :  Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.  » (Luc 11, 2)       <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Quel lien avec la fête de la Saint Famille pouvons-nous faire à partir de ces considérations ? C’est une bonne question.        <br />
              <br />
       Une première réponse pourrait être que dans toute famille la priorité est aux relations entre les personnes, des relations d’intimité et de respect comme on le voit dans cette scène où Marie et Joseph respectent la réponse de Jésus même s'ils ne la comprennent pas encore. La vie de la famille fournit une voie pour aller à Dieu. C’est à l’intérieur de sa famille humaine que le jeune Jésus chemine et qu’il découvre sa mission. Il est respecté dans ses choix et il est aimé par son père et sa mère. Il en est de même encore aujourd'hui pour nos jeunes.       <br />
              <br />
       Deuxième réponse : la famille n’est pas exempte de tensions et de moments difficiles parfois, comme les craintes et les peurs qu’ont vécues Marie et Joseph en constatant la disparition de leur fils et en le cherchant jusqu'à Jérusalem. La vie familiale est faite de hauts et de bas. C’est pourquoi, la prière et le dialogue sont une nécessité dans toute vie familiale : les parents avec les enfants, les enfants entre  eux, avec d’autres familles lorsque l’occasion se présente.        <br />
              <br />
       La troisième réponse nous amène sur le terrain des vocations de chaque personne dans les familles. Il est essentiel que chaque personne dans la famille soit reconnue pour elle-même avec ses qualités et ses limites aussi,  qu’elle soit soutenue et surtout qu’elle ne soit jamais dévalorisée par des comparaisons blessantes. La couleur particulière de chaque personne enrichit la famille qui ainsi devient de plus en plus en plus l’image de la richesse de l’amour de Dieu pour ses enfants : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes » nous dit la deuxième lecture.        <br />
              <br />
       Bien sûr, ces trois réponses présentent un idéal de vie familiale. La réalité concrète est  souvent plus contrastée, mais ne laissons pas celle-ci nous enlever le goût de mettre nos efforts pour arriver à une vie familiale sur le modèle de celle de Jésus, Marie et Joseph que l’Église nous invite à célébrer même si nous n’en connaissons pas les circonstances concrètes hormis cet épisode de Jésus au Temple.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas une raison pour nous priver de l’imaginer et de prier pour que nous soyons de plus en plus comme Jésus  « chez notre Père », car Dieu est notre famille.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       La fête de la Sainte Famille a été très importante au Québec jusqu’à tout récemment. Elle prenait place au milieu des célébrations familiales du temps des Fêtes et du Jour de l’An. Elle était l’occasion d’échanges et de réjouissances.  Les plus anciens s’en rappellent avec joie. Les temps ont changé. Les familles sont parfois éclatées ou sont reconstituées. Cela ne doit pas nous empêcher d’y mettre ce qui est au cœur de toutes nos relations : l’amour.       <br />
              <br />
       Que cette Eucharistie qui nous nourrit au Sacrement de l’amour nous en remplisse et que nous devenions pour tous ceux et celles que nous fréquentons des frères et des sœurs, car nous sommes tous et toutes, fils et filles d’un même Père des cieux, appelés enfants de Dieu comme le dit saint Paul.       <br />
               <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P. H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       21 décembre 2021       <br />
              <br />
              <br />
       <!-- Reprise avec corrections de l'homélie du 26 décembre 2018-->       <br />
              <br />
              <br />
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     <br style="clear:both;"/>
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      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Samuel demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie » (1 S 1, 20-22.24-28)       <br />
       Lecture du premier livre de Samuel       <br />
              <br />
       Elcana s’unit à Anne sa femme,       <br />
       et le Seigneur se souvint d’elle.       <br />
           Anne conçut       <br />
       et, le temps venu, elle enfanta un fils ;       <br />
       elle lui donna le nom de Samuel (c’est-à-dire : Dieu exauce)       <br />
       car, disait-elle,       <br />
       « Je l’ai demandé au Seigneur. »       <br />
           Elcana, son mari, monta au sanctuaire       <br />
       avec toute sa famille       <br />
       pour offrir au Seigneur le sacrifice annuel       <br />
       et s’acquitter du vœu pour la naissance de l’enfant.       <br />
           Mais Anne n’y monta pas.       <br />
       Elle dit à son mari :       <br />
       « Quand l’enfant sera sevré,       <br />
       je l’emmènerai :       <br />
       il sera présenté au Seigneur,       <br />
       et il restera là pour toujours. »       <br />
           Lorsque Samuel fut sevré,       <br />
       Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ;       <br />
       l’enfant était encore tout jeune.       <br />
       Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans,       <br />
       un sac de farine et une outre de vin.       <br />
           On offrit le taureau en sacrifice,       <br />
       et on amena l’enfant au prêtre Éli.       <br />
           Anne lui dit alors :       <br />
       « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie !       <br />
       Aussi vrai que tu es vivant,       <br />
       je suis cette femme qui se tenait ici près de toi       <br />
       pour prier le Seigneur.       <br />
           C’est pour obtenir cet enfant que je priais,       <br />
       et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande.       <br />
           À mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose.       <br />
       Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. »       <br />
       Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 83 (84), 2-3, 5-6, 9-10)       <br />
       R/ Heureux les habitants de ta maison, Seigneur ! (Ps 83, 5a)       <br />
              <br />
       De quel amour sont aimées tes demeures,       <br />
       Seigneur, Dieu de l’univers.       <br />
       Mon âme s’épuise à désirer les parvis du Seigneur ;       <br />
       mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant !       <br />
              <br />
       Heureux les habitants de ta maison :       <br />
       ils pourront te chanter encore !       <br />
       Heureux les hommes dont tu es la force :       <br />
       des chemins s’ouvrent dans leur cœur !       <br />
              <br />
       Seigneur, Dieu de l’univers, entends ma prière ;       <br />
       écoute, Dieu de Jacob.       <br />
       Dieu, vois notre bouclier,       <br />
       regarde le visage de ton messie.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Nous sommes appelés enfants de Dieu – et nous le sommes » (1 Jn 3, 1-2.21-24)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Jean       <br />
              <br />
       Bien-aimés,       <br />
           voyez quel grand amour nous a donné le Père       <br />
       pour que nous soyons appelés enfants de Dieu       <br />
       – et nous le sommes.       <br />
       Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :       <br />
       c’est qu’il n’a pas connu Dieu.       <br />
           Bien-aimés,       <br />
       dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,       <br />
       mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.       <br />
       Nous le savons : quand cela sera manifesté,       <br />
       nous lui serons semblables       <br />
       car nous le verrons tel qu’il est.       <br />
              <br />
           Bien-aimés,       <br />
       si notre cœur ne nous accuse pas,       <br />
       nous avons de l’assurance devant Dieu.       <br />
           Quoi que nous demandions à Dieu,       <br />
       nous le recevons de lui,       <br />
       parce que nous gardons ses commandements,       <br />
       et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux.       <br />
              <br />
           Or, voici son commandement :       <br />
       mettre notre foi       <br />
       dans le nom de son Fils Jésus Christ,       <br />
       et nous aimer les uns les autres       <br />
       comme il nous l’a commandé.       <br />
           Celui qui garde ses commandements       <br />
       demeure en Dieu,       <br />
       et Dieu en lui ;       <br />
       et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous,       <br />
       puisqu’il nous a donné part à son Esprit.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Les parents de Jésus le trouvèrent au milieu des docteurs de la Loi » (Lc 2, 41-52)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Seigneur, ouvre notre cœur       <br />
       pour nous rendre attentifs aux paroles de ton Fils.       <br />
       Alléluia. (cf. Ac 16, 14b)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem       <br />
       pour la fête de la Pâque.       <br />
           Quand il eut douze ans,       <br />
       ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.       <br />
           À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient,       <br />
       le jeune Jésus resta à Jérusalem       <br />
       à l’insu de ses parents.       <br />
           Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins,       <br />
       ils firent une journée de chemin       <br />
       avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.       <br />
           Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem,       <br />
       en continuant à le chercher.       <br />
              <br />
           C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple,       <br />
       assis au milieu des docteurs de la Loi :       <br />
       il les écoutait et leur posait des questions,       <br />
           et tous ceux qui l’entendaient       <br />
       s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses.       <br />
           En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement,       <br />
       et sa mère lui dit :       <br />
       « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?       <br />
       Vois comme ton père et moi,       <br />
       nous avons souffert en te cherchant ! »       <br />
           Il leur dit :       <br />
       « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ?       <br />
       Ne saviez-vous pas       <br />
       qu’il me faut être chez mon Père ? »       <br />
           Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.       <br />
              <br />
           Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth,       <br />
       et il leur était soumis.       <br />
       Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.       <br />
           Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce,       <br />
       devant Dieu et devant les hommes.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-la-fete-de-la-Sainte-Famille-Annee-C-le-26-decembre-2021_a1042.html" />
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  <entry>
   <title>Homélie pour la fête de la Sainte Famille Année A 30 décembre 2022  « Respecter, soutenir, aimer »</title>
   <updated>2022-12-30T15:43:00+01:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-la-fete-de-la-Sainte-Famille-Annee-A-30-decembre-2022-Respecter-soutenir-aimer_a929.html</id>
   <category term="Homélies" />
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   <published>2019-12-24T18:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie du 30 décembre 2022 pour la fête de la Sainte Famille. Textes de l'Écriture: Siracide 3, 2-6.12-14, Colossiens 3, 12-21 et Mathieu 2, 13-15.19-23.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      Quel défi de parler de la famille aujourd’hui à l’occasion de la fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. En effet, au Québec – et c’est probablement assez semblable en Occident – en  2016, plus de 1 million d’enfants  au Canada  (1 114 055), ou 19,2 % de tous les enfants âgés de 0 à 14 ans, vivaient dans une famille monoparentale et 81,3 % des enfants âgés de 0 à 14 ans dans les familles monoparentales vivaient avec leur mère, tandis que 18,7 % vivaient avec leur père.  Ces statistiques additionnées à celles des familles recomposées font que le modèle de la cellule unifamiliale traditionnelle avec père, mère et enfants est de moins en moins la norme.       <br />
              <br />
       La famille de Jésus, Marie et Joseph entre dans cette dernière catégorie et pourtant, je pense que, quelque que soit le modèle de la famille dont nous faisons partie, la Sainte Famille a quelque chose pour nous inspirer. Cette inspiration pourrait se traduire par trois verbes que je vais commenter en les appliquant d’abord à la Sainte Famille, mais en sachant qu’ils peuvent s’appliquer à toute famille quel que soit son modèle.        <br />
              <br />
       I –<span style="font-style:italic"> Respecter </span>       <br />
              <br />
       J’ai mis en premier lieu le verbe « respecter » parce que je pense qu’il est le plus essentiel. Les parents se doivent de manifester à leur progéniture une certaine forme de respect qui est nécessaire pour que leur enfant arrive à être lui-même et à se développer selon ses capacités  propres et selon aussi parfois ses limites comme dans le cas des enfants autistes.       <br />
              <br />
       Les parents se doivent d’être toujours à l’écoute. Bien sûr leur rôle est d’éduquer leur enfant. Et cela ne se fait pas sans des tensions parfois et même des conflits, Mais il est important que les parents fassent sentir à leur enfant qu’il n’est pas un simple numéro et qu’il a tout leur respect pour ce qu’il est et ce qu’il fait.       <br />
              <br />
       C’est l’exemple que nous donnent Marie et Joseph dans un des rares épisodes de l’adolescence de Jésus qui nous a été conservé. Il s’agit de la « fugue » de Jésus lors d’un pèlerinage à Jérusalem. Ses parents le  pensent avec des amis, alors qu’il est resté au Temple de Jérusalem avec ceux qui s’appellent les docteurs (cf. <span style="font-style:italic">Luc </span>2, 41-52).  Marie et Joseph le retrouvent après deux ou trois jours.        <br />
              <br />
       La scène des retrouvailles est très éclairante pour notre propos. Marie, en bonne mère, dit à Jésus que ses parents sont  inquiets de sa disparition. Jésus lui répond qu’il se devait de rester plus longtemps pour, dit-il d'une façon mystérieuse,  s’occuper des affaires de son père.  Il est sûr que Marie et Joseph n’ont pas trop compris ce à quoi il référait, mais  aucun reproche, n’est sorti de leur bouche.       <br />
              <br />
       Quel accueil et quel respect  pour cet adolescent qui commence à s’émanciper et à suivre sa propre voie dans la vie.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Soutenir</span>       <br />
              <br />
       En deuxième lieu, j’ai retenu le verbe « soutenir » pour l’appliquer à la famille de Jésus, Marie et Joseph et à toutes les familles parce que sans un soutien de tous les instants surtout dans les premières années de la vie d’un enfant, tout tombe à l'eau. Les petits des humains, à la différence des petits des animaux, ne naissent pas autonomes. Pour se développer, ils ont besoin  d’accompagnement, de soins, de conseils et d’exemples. C'est toute une entreprise que de mettre un enfant au monde. Les parents nous le répètent souvent et avec raison. C’est, comme disait un de mes amis, un contrat à vie.        <br />
              <br />
       Ce soutien aujourd’hui prend diverses formes en raison de la vie que nous menons en Occident. Les lieux de ces appuis passent par les garderies, les crèches, les organismes de toutes sortes comme les CPE au Québec etc. Dans certains pays plus traditionnels ce sont les grands parents et la famille élargie qui sont mis à contribution. Quoiqu'il en soit, l’enfant ne peut devenir lui-même sans ce soutien que représentent  ceux et celles qui sont sa famille immédiate ou élargie.       <br />
              <br />
       Jésus l’a senti dans une circonstance bien particulière et très agréable. Alors qu’avec ses premiers disciples il participait  à des noces à Cana, sa Mère vient lui donner l’occasion de se manifester dans la mission qu’il commence à vivre après avoir quitté la maison familiale de Nazareth. Elle est là et elle lui donne l’occasion de manifester pour tout le monde la grandeur de ce qui va venir, elle dit simplement : « Ils n’ont plus de vin » invitant ainsi  maternellement Jésus à afficher ses dons et  à manifester la puissance de Dieu en changeant l’eau en vin (cf. <span style="font-style:italic">Jean</span> 2, 1-12).       <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Aimer</span>       <br />
              <br />
       Le troisième verbe que j’ai retenu c’est « aimer ».  Cela va de soi me direz-vous ? En effet, la famille qui est un lieu de rencontre et de relations ne peut se réaliser pleinement pour le bonheur de tous les membres sans qu’entre eux ne se développe un lien affectif qui est plus fort que le respect et le soutien. Ce lien c’est celui d’un amour qui se porte vers l’autre, un amour qu’on appelle l’amour filial,  celui des parents vers leurs enfants et celui des enfants vers leurs parents.       <br />
              <br />
       Comment décrire cet amour ? Une maman me l’a décrit un jour en me disant que c‘est un amour qui n'attend pas de retour qui est gratuit, qui cherche le bien de l’autre. Elle le comparaît  à l’eau d’un ruisseau qui coule et qui ne remonte pas en arrière ni ne s'arrête dans sa course.        <br />
              <br />
       Que c’est beau cet amour filial et cet amour parental ! Il nous fait penser à l’amour de Dieu qui descend vers nous qui que nous soyons et qui ne retourne jamais en arrière. Toute la vie de la Sainte Famille a sûrement  été vécue dans ce climat d'amour et d'affection. L’évangile d’aujourd’hui en présentant la fuite en Égypte nous met devant les yeux des parents qui sont prêts à tout pour la vie de leur enfant. On peut le penser en voyant aussi à la fin de la vie de Jésus, supplicié sur la croix, sa Mère qui est là au pied de la croix. Quelle douleur mais en même temps quel amour sont ici représentés !       <br />
              <br />
       Comme on n’a pas beaucoup de détails dans les évangiles sur la vie de la Sainte Famille à  Nazareth, on est obligé de laisser notre imagination aller et de nous représenter la Sainte Famille comme une famille toujours très attentive à chacun de ses membres, une famille où l’affection et l’amour étaient la norme. C’est ce qui a guidé mes réflexions.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion </span>       <br />
              <br />
       Laissons aller nos pensées ce matin. Que le souvenir de la famille de Jésus, Marie et Joseph soit un stimulant pour toutes les familles d’aujourd’hui quel que soit leur modèle, car le respect,  le soutien et l’amour seront toujours des piliers de la vie familiale       <br />
              <br />
       L’éclatement des familles aujourd’hui n’est pas une raison de laisser de côté l’image et le modèle de la Sainte Famille. On peut y trouver ce qu’il faut pour aller plus loin dans notre vie familiale.        <br />
               <br />
       Que cette Eucharistie soit pour nous comme une rencontre familiale où nous partageons le repas ensemble et où chacune et chacun a sa place.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P. H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       </span>       <br />
       24 décembre 2019       <br />
              <br />
              <br />
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              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE pour la fête de la Sainte Famille Année A       <br />
              <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       Celui qui craint le Seigneur honore ses parents (Si 3, 2-6.12-14)       <br />
              <br />
       Lecture du livre de Ben Sira le Sage       <br />
              <br />
       Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants,       <br />
       il renforce l’autorité de la mère sur ses fils.       <br />
           Celui qui honore son père       <br />
       obtient le pardon de ses péchés,       <br />
           celui qui glorifie sa mère       <br />
       est comme celui qui amasse un trésor.       <br />
           Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants,       <br />
       au jour de sa prière il sera exaucé.       <br />
           Celui qui glorifie son père verra de longs jours,       <br />
       celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère.       <br />
              <br />
           Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse,       <br />
       ne le chagrine pas pendant sa vie.       <br />
           Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent,       <br />
       ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.       <br />
           Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée,       <br />
       et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-5)       <br />
       R/ Heureux qui craint le Seigneur       <br />
       et marche selon ses voies ! (Ps 127, 1)       <br />
              <br />
       Heureux qui craint le Seigneur       <br />
       et marche selon ses voies !       <br />
       Tu te nourriras du travail de tes mains :       <br />
       Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !       <br />
              <br />
       Ta femme sera dans ta maison       <br />
       comme une vigne généreuse,       <br />
       et tes fils, autour de la table,       <br />
       comme des plants d’olivier.       <br />
              <br />
       Voilà comment sera béni       <br />
       l’homme qui craint le Seigneur.       <br />
       De Sion, que le Seigneur te bénisse !       <br />
       Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       Vivre ensemble dans le Seigneur (Col 3, 12-21)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           puisque vous avez été choisis par Dieu,       <br />
       que vous êtes sanctifiés, aimés par lui,       <br />
       revêtez-vous de tendresse et de compassion,       <br />
       de bonté, d’humilité, de douceur et de patience.       <br />
           Supportez-vous les uns les autres,       <br />
       et pardonnez-vous mutuellement       <br />
       si vous avez des reproches à vous faire.       <br />
       Le Seigneur vous a pardonné :       <br />
       faites de même.       <br />
           Par-dessus tout cela, ayez l’amour,       <br />
       qui est le lien le plus parfait.       <br />
           Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ       <br />
       à laquelle vous avez été appelés,       <br />
       vous qui formez un seul corps.       <br />
       Vivez dans l’action de grâce.       <br />
           Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ;       <br />
       instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres       <br />
       en toute sagesse ;       <br />
       par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés,       <br />
       chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance.       <br />
           Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites,       <br />
       que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus,       <br />
       en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père.       <br />
           Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ;       <br />
       dans le Seigneur, c’est ce qui convient.       <br />
           Et vous les hommes, aimez votre femme,       <br />
       ne soyez pas désagréables avec elle.       <br />
           Vous les enfants, obéissez en toute chose à vos parents ;       <br />
       cela est beau dans le Seigneur.       <br />
           Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants ;       <br />
       vous risqueriez de les décourager.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte » (Mt 2, 13-15.19-23)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ ;       <br />
       que la parole du Christ habite en vous       <br />
       dans toute sa richesse !       <br />
       Alléluia. (Col 3, 15a.16a)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu       <br />
              <br />
       Après le départ des mages,       <br />
       voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph       <br />
       et lui dit :       <br />
       « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,       <br />
       et fuis en Égypte.       <br />
       Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse,       <br />
       car Hérode va rechercher l’enfant       <br />
       pour le faire périr. »       <br />
           Joseph se leva ;       <br />
       dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère,       <br />
       et se retira en Égypte,       <br />
           où il resta jusqu’à la mort d’Hérode,       <br />
       pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :       <br />
       D’Égypte, j’ai appelé mon fils.       <br />
              <br />
           Après la mort d’Hérode,       <br />
       voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte       <br />
           et lui dit :       <br />
       « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,       <br />
       et pars pour le pays d’Israël,       <br />
       car ils sont morts,       <br />
       ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »       <br />
           Joseph se leva,       <br />
       prit l’enfant et sa mère,       <br />
       et il entra dans le pays d’Israël.       <br />
           Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée       <br />
       à la place de son père Hérode,       <br />
       il eut peur de s’y rendre.       <br />
       Averti en songe,       <br />
       il se retira dans la région de Galilée       <br />
           et vint habiter dans une ville appelée Nazareth,       <br />
       pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes :       <br />
       Il sera appelé Nazaréen.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
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       </SCRIPT>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
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