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 <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
 <subtitle><![CDATA[Carrefour Kairos est la page web personnelle d`Hermann Giguère. Questions de société, de spiritualité, d`évangélisation,  de pastorale, de la vie de l`Église catholique. Début avril 1997.]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-09T17:48:00+02:00</updated>
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   <title>Homélie pour le 23e dimanche du temps ordinaire Année C : « Si quelqu’un vient à moi...  »</title>
   <updated>2025-08-04T20:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-23e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Si-quelqu-un-vient-a-moi_a1261.html</id>
   <category term="Homélies" />
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   <published>2025-09-02T18:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques. Homélie pour le 23e dimanche du temps ordinaire Année C le 7 septembre 2025 par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec. Textes : Sagesse 9, 13-18, Philémon 9b-10,12-14 et Luc 14, 25-33.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/89379344-63200168.jpg?v=1655146065" alt="Homélie pour le 23e dimanche du temps ordinaire Année C : « Si quelqu’un vient à moi...  »" title="Homélie pour le 23e dimanche du temps ordinaire Année C : « Si quelqu’un vient à moi...  »" />
     </div>
     <div>
      Le début du texte de saint Luc que je viens de lire est abrupt, provoquant et même choquant. Il faut toutefois noter que le terme « haïr » en hébreu traduit ici une priorité. Il veut dire littéralement et plus justement « préférer ». Nous y reviendrons. Quoiqu’il en soit, nous sommes devant une invitation percutante de Jésus. Regardons-y de plus près.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Un monde nouveau</span>       <br />
              <br />
       Jésus ne vient pas annoncer un monde nouveau où l’amour est condamné. Au contraire, comme l’ont retenu les disciples  de saint Jean, Jésus a prêché l’amour et non la haine : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » comme il est répété de nombreuses fois dans la première lettre de saint Jean (1 Jean 2, 9-10 et 4, 20).       <br />
              <br />
       Pourquoi alors ces formules si provocantes? Comme je l’ai dit en commençant, la traduction « me préférer »  nous donne la clé. « Haïr » dans le langage des juifs, dans la langue hébraïque qui est une langue sémitique, c’est synonyme de mettre consciemment au deuxième rang.        <br />
              <br />
       Père, mère, femme, enfants, frères, sœurs et même sa propre vie, tout cela doit être bien situé après Jésus qui doit être mis au centre de sa vie. Pour suivre Jésus, il est indispensable que Jésus soit placée au-dessus de tout, qu’il  y ait de notre part un jugement de valeur qui le reconnaisse comme la Voie, la Vérité et la Vie, comme le seul et unique Sauveur de nos vies, comme la révélation parfaite du Père, car en lui seul réside le salut.       <br />
              <br />
       Les premiers disciples l’avaient bien compris : pas de salut possible sans reconnaître que ce salut vient par Jésus, sans donner à Jésus la priorité absolue, sans en faire le centre de notre vie. Les apôtres Pierre et Jean appelés à se justifier devant le tribunal du Sanhédrin d’une guérison qu’ils avaient faite à la sortie du Temple le proclament avec conviction : « Il n’y a aucun salut ailleurs qu’en lui, car il n’y a dans le ciel aucun autre nom offert aux hommes qui soit nécessaire à notre salut » (Actes des apôtres 4, 12).       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">De la nécessité de s’asseoir</span>       <br />
              <br />
       Cet enseignement tiré du début du texte de saint Luc me semble demander deux commentaires complémentaires.       <br />
              <br />
       Le premier commentaire nous est fourni par la lecture des deux petites paraboles qui accompagnent le début du texte de saint Luc que je viens de commenter. Ces deux paraboles, l'une qui prend l'image d'une construction et l'autre l'image d’une guerre à bien conduire, nous invitent à ne pas nous décider à la légère pour le Christ. Elles nous demandent de nous asseoir, de réfléchir, de tenir conseil avec nous-même. Être disciple de Jésus c’est un choix réfléchi, libre, ce n’est pas seulement une question d’enthousiasme du moment, car cela nous amène forcément sur le même chemin que celui de Jésus où la croix ne fera pas défaut. : « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi, ne peut être mon disciple » dit Jésus.       <br />
              <br />
       Il y a un point de départ, des reprises même de départ, et cela peut se vivre à tout âge - sainte Thérèse d’Avila a vécu ce départ réel dans la quarantaine - et c’est au point de départ que Jésus doit être préféré à tout, c’est au point de départ qu’il faut faire un choix lucide, réfléchi. C’est ce qui manque chez plusieurs au Québec qui se disent chrétiens sans vraiment en faire un véritable choix. Ils ont peur de s’afficher croyants ou catholiques et s’en vont ainsi sans jamais se compromettre pour Jésus.       <br />
              <br />
       Ceci étant dit, venons-en au second commentaire       <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Les vocations particulières et la vocation universelle à la sainteté</span>       <br />
              <br />
       Jésus demande à tous le même sérieux à sa suite. Tous ceux et celles qui entendent son appel à la conversion et à la foi en son message et qui répondent oui sincèrement sont des disciples de Jésus.       <br />
              <br />
       Mais il y a aussi des vocations, des appels particuliers. C’est ça mon second commentaire. Certains et certaines vont suivre Jésus en renonçant au mariage « pour le Royaume de Dieu » (Mathieu 19, 12), en renonçant à l‘argent et à la propriété. Ils vont faire les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance dans un ordre ou une congrégation religieuse.        <br />
              <br />
       Si tous sont appelés à préférer Jésus à tout, à le recevoir comme Sauveur. Tous ne sont pas appelés à vivre de la même façon le renoncement évangélique dont parle l’Évangile. Zachée n’a pas tout  abandonné (Luc 19, 10). Les femmes de Galilée qui ont suivi Jésus ne renoncent pas à tout ce qu’elles possèdent (Luc 8, 3).        <br />
              <br />
       Il y a ici le mystère des vocations et des appels particuliers à respecter, mais tous sont appelés à la sainteté. L’appel à la sainteté est universel comme le proclame  le Concile Vatican II dans la <span style="font-style:italic">Constitution sur l’Église</span>, sainteté dans son état de vie, dans sa vocation particulière et dans son histoire personnelle. La sainteté n’est pas réservée aux religieux et aux religieuses comme on l’a trop souvent laissé entendre autrefois. La mère de famille, la femme au travail, le médecin, le plombier, l’étudiant, l’écolier peuvent eux aussi marcher sur la voie de la sainteté.  Le pape François dans son <span style="font-style:italic">Exhortation apostolique</span>  portant sur la sainteté publiée le 9 avril 2018 nous invite à aller dans ce sens en considérant « la grande nuée de témoins » de la sainteté « et parmi eux, écrit-il, il peut y avoir notre propre mère, une grand-mère ou d’autres personnes proches (cf. 2 Tm 1, 5). Peut-être leur vie n’a-t-elle pas toujours été parfaite, mais, malgré des imperfections et des chutes, ils sont allés de l’avant et ils ont plu au Seigneur. » (GE 3) Il les appelle « les saints de la porte d’à côté » ou « la classe moyenne de la sainteté » (GE 7).        <br />
              <br />
       On en a de beaux modèles d'une sainteté  vécue dans son état de vie et sa vocation personnelle dans les  enfants de Fatima, François et Jacinthe, qui ont été reconnus saints par le pape Jean-Paul II et béatifiés le 13 mai 2000, dans cette femme médecin, Jeanne Beretta Molla qui s’est sacrifiée pour son enfant (béatifiée le 24 avril 1994),  ou encore dans cet étudiant sportif, alpiniste  et rassembleur, Pier Giorgio Frassati (1901-1925), récemment canonisé (7 septembre 2025) à Rome et tout récemment en Carlo Acutis, un jeune crack d'informatique mort à 15 ans et canonisé lui aussi en même temps que Pier GIorgio Frassati le 7 septembre 2025.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>        <br />
              <br />
       Frères et sœurs, demandons au Seigneur de renouveler notre désir lucide de suivre Jésus et que cette Eucharistie nous donne la force d’aller jusqu’au bout comme Jésus lui-même,       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       2 septembre 2025       <br />
              <br />
       <!-- Reprise de l'homélie du 30 août 2016 et du 30 qoût 2022-->       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » (Sg 9, 13-18)       <br />
       Lecture du livre de la Sagesse       <br />
              <br />
       Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ?       <br />
       Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?       <br />
           Les réflexions des mortels sont incertaines,       <br />
       et nos pensées, instables ;       <br />
           car un corps périssable appesantit notre âme,       <br />
       et cette enveloppe d’argile       <br />
       alourdit notre esprit aux mille pensées.       <br />
           Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre,       <br />
       et nous trouvons avec effort ce qui est à notre portée ;       <br />
       ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ?       <br />
           Et qui aurait connu ta volonté,       <br />
       si tu n’avais pas donné la Sagesse       <br />
       et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ?       <br />
           C’est ainsi que les sentiers des habitants de la terre       <br />
       sont devenus droits ;       <br />
       c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît       <br />
       et, par la Sagesse, ont été sauvés.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc)       <br />
       R/ D’âge en âge, Seigneur,       <br />
       tu as été notre refuge. (Ps 89, 1)       <br />
              <br />
       Tu fais retourner l’homme à la poussière ;       <br />
       tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »       <br />
       À tes yeux, mille ans sont comme hier,       <br />
       c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.       <br />
              <br />
       Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ;       <br />
       dès le matin, c’est une herbe changeante :       <br />
       elle fleurit le matin, elle change ;       <br />
       le soir, elle est fanée, desséchée.       <br />
              <br />
       Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :       <br />
       que nos cœurs pénètrent la sagesse.       <br />
       Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?       <br />
       Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.       <br />
              <br />
       Rassasie-nous de ton amour au matin,       <br />
       que nous passions nos jours dans la joie et les chants.       <br />
       Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !       <br />
       Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Accueille-le, non plus comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé » (Phm 9b-10.12-17)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Philémon       <br />
              <br />
       Bien-aimé,       <br />
           moi, Paul, tel que je suis, un vieil homme       <br />
       et, qui plus est, prisonnier maintenant à cause du Christ Jésus,       <br />
           j’ai quelque chose à te demander pour Onésime,       <br />
       mon enfant à qui, en prison, j’ai donné la vie dans le Christ.       <br />
           Je te le renvoie,       <br />
       lui qui est comme mon cœur.       <br />
           Je l’aurais volontiers gardé auprès de moi,       <br />
       pour qu’il me rende des services en ton nom,       <br />
       à moi qui suis en prison à cause de l’Évangile.       <br />
           Mais je n’ai rien voulu faire sans ton accord,       <br />
       pour que tu accomplisses ce qui est bien,       <br />
       non par contrainte mais volontiers.       <br />
           S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps,       <br />
       c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement,       <br />
           non plus comme un esclave,       <br />
       mais, mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé :       <br />
       il l’est vraiment pour moi,       <br />
       combien plus le sera-t-il pour toi,       <br />
       aussi bien humainement que dans le Seigneur.       <br />
           Si donc tu estimes que je suis en communion avec toi,       <br />
       accueille-le comme si c’était moi.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 25-33)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Pour ton serviteur, que ton visage s’illumine :       <br />
       apprends-moi tes commandements.       <br />
       Alléluia. (Ps 118, 135)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           de grandes foules faisaient route avec Jésus ;       <br />
       il se retourna et leur dit :       <br />
           « Si quelqu’un vient à moi       <br />
       sans me préférer à son père, sa mère, sa femme,       <br />
       ses enfants, ses frères et sœurs,       <br />
       et même à sa propre vie,       <br />
       il ne peut pas être mon disciple.       <br />
           Celui qui ne porte pas sa croix       <br />
       pour marcher à ma suite       <br />
       ne peut pas être mon disciple.       <br />
              <br />
           Quel est celui d’entre vous       <br />
       qui, voulant bâtir une tour,       <br />
       ne commence par s’asseoir       <br />
       pour calculer la dépense       <br />
       et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?       <br />
           Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever,       <br />
       tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :       <br />
           ‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir       <br />
       et n’a pas été capable d’achever !’       <br />
           Et quel est le roi       <br />
       qui, partant en guerre contre un autre roi,       <br />
       ne commence par s’asseoir       <br />
       pour voir s’il peut, avec dix mille hommes,       <br />
       affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?       <br />
           S’il ne le peut pas,       <br />
       il envoie, pendant que l’autre est encore loin,       <br />
       une délégation pour demander les conditions de paix.       <br />
              <br />
           Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas       <br />
       à tout ce qui lui appartient       <br />
       ne peut pas être mon disciple. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B : « Il le regarda et il l’aima »</title>
   <updated>2024-10-15T21:50:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-28e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Il-le-regarda-et-il-l-aima_a1199.html</id>
   <category term="Homélies" />
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   <published>2024-10-08T18:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B le 13 octobre 2024. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: Sagesse 7, 7-11, Hébreux 4, 12-13 et Marc 10, 17-30.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/78602502-57034356.jpg?v=1631207552" alt="Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B : « Il le regarda et il l’aima »" title="Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B : « Il le regarda et il l’aima »" />
     </div>
     <div>
      On ne peut commenter cet épisode très connu de l’évangile selon saint Marc sans s'arrêter à  la petite phrase  : « Il le regarda et il l’aima » qui a traversé les siècles. Ce jeune homme riche est devenu, pour des générations de personnes croyantes, un symbole de l’appel de Jésus à chacune et à chacun d’entre nous. Commençons par écouter cet appel au jeune homme riche avant de nous arrêter au nôtre.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">L’appel du jeune  homme riche</span>       <br />
              <br />
       Le contexte de cette rencontre  est situé par saint Marc dans le cadre d’un enseignement de Jésus sur la richesse.  C’est ce qui rend l’appel du jeune homme riche si percutant.        <br />
              <br />
       En effet, après que le jeune homme se soit défilé en entendant le « Si tu veux être parfait », Jésus commente cette attitude d’une façon forte en disant que pour entrer dans le Royaume de Dieu les riches ne l’aurons pas facile. C’est comme passer par le trou d’une aiguille, dit-il.       <br />
              <br />
       Il faut donc prendre acte de ce contexte pour comprendre le sens de cet épisode que saint Marc nous raconte pour le bénéfice des premiers chrétiens et pour le nôtre.        <br />
              <br />
       Si on y regarde de près, on voit que l’appel du jeune homme riche est un appel qui ne s’adresse pas à lui seulement. Il redit l’appel qui est fait à tous les chrétiens quels qu’ils soient. Il est porteur d’une invitation qui reprend celles des Béatitudes dont la première est « Bienheureux les pauvres car ils verront Dieu ».       <br />
              <br />
       D’ailleurs, en d’autres endroits de l’évangile,  Jésus met en garde contre les richesses,  comme par exemple, dans la parabole où il raconte comment un riche fermier amassait plein de réserves de blé et à qui Dieu dit : « Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » À quoi te serviront toutes ces possessions.       <br />
       <!--       <br />
       Le jeune homme riche représente chacun et chacune d’entre nous. Nos attitudes devant l’argent, devant les biens terrestres,  devant nos possessions sont ici questionnées par Jésus qui invite à faire un choix où elles seront pour nous un chemin vers Dieu. -->       <br />
       Ici l'évangile de saint Marc ne dit pas que le jeune homme riche s’est éloigné et séparé de Dieu en quittant avec un air penaud, mais il veut nous montrer que le jeune homme  a comme manqué une occasion qui lui était présentée d’aller au bout de son engagement de croyant, ce qui aurait fait de lui un disciple remarquable de Jésus comme l’ont été les apôtres Pierre, Jacques, Jean et les autres.       <br />
              <br />
       Passons maintenant à nous.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Notre appel</span>       <br />
              <br />
       Le jeune homme riche représente chacun et chacune d’entre nous.        <br />
              <br />
       Dans nos vies, il se présente plusieurs situations où comme le jeune homme riche le Seigneur nous lance un appel. Ce peut être à l’occasion d’une perte, d’un séparation, de diminutions physiques, de problèmes de santé, d’amitiés et de joies partagés, d’une étape de vie comme le départ des enfants de la maison ou comme le passage à la retraite etc.       <br />
              <br />
       Ces situations nous posent forcément la question « Que me faut-il faire? » Et c’est là que la scène du jeune homme riche nous est précieuse.       <br />
              <br />
       Tout d’abord, il faut se souvenir que les appels de Dieu sont une grâce qui nous est donnée. « Jésus le regarda et il l’aima ». Ils sont le regard et l’amour de Jésus qui nous sont manifestés       <br />
              <br />
       Nous pouvons répondre comme le jeune homme riche, « Seigneur, j'ai bien vécu et j’ai été un bon chrétien ». « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse ». C’est déjà beaucoup si nous pouvons dire cela. Mais ce que l’évangile d’aujourd’hui illustre c’est que cet appel est toujours à l’œuvre et qu’il n’a pas de limites.  Il n’y a pas deux appels un pour les gens parfaits et un pour les autres. L’appel à suivre Jésus est le même pour tous et toutes comme l’évangile est le même pour tous et toutes.        <br />
              <br />
       Saint Paul l’avait bien compris quand il écrivait à ses chrétiens d’Éphèse : « Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,  un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ.  » (Éphésiens  4, 4-7)       <br />
              <br />
       « Selon la mesure du don fait par le Christ ». C’est important de se le redire car on peut sombrer dans une espèce de classification ou de compétition où on se dit : «  plus j’en fais, plus je suis proche de Jésus », alors qu’il faut se dire : « plus je réponds à ce qu’il me demande dans ma situation de vie, plus je suis proche de lui ».       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">La sainteté pour toutes et tous</span>       <br />
              <br />
       C’est sur cette base que s’est appuyé le pape François dans son <span style="font-style:italic">Exhortation apostolique sur la sainteté</span> publiée le 9 avril 2018 lorsqu’il écrit : « Ce qui importe c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Corinthiens 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui ». (Numéro 11)       <br />
              <br />
       Il n’y pas deux sortes de sainteté. Il y a des hommes et des femmes qui se laissent regarder par Jésus qui les aime et qui répondent selon l’inspiration de leur cœur et selon leurs  possibilités. Ils forment une «  grande nuée de témoins ». « Et parmi eux, continue le pape,  il peut y avoir notre propre mère, une grand-mère ou d’autres personnes proches (cf. 2 Timothée 1, 5). Peut-être leur vie n’a-t-elle pas toujours été parfaite, mais, malgré des imperfections et des chutes, ils sont allés de l’avant et ils ont plu au Seigneur. » (Numéro 3) Le pape François les appelle « les saints de la porte d’à côté » ou « la classe moyenne de la sainteté ». (Numéro 7)         <br />
              <br />
       Les chemins de la sainteté, pour nous comme pour le jeune homme riche, ne peuvent faire l’économie des appels évangéliques que Jésus a lancés tout au cours de sa vie et qui sont résumés dans les Béatitudes. Le pape François les présente comme le chemin toujours à reprendre et toujours là. « À travers celles-ci, écrit le pape, se dessine le visage du Maître que nous sommes appelés à révéler dans le quotidien de nos vies.  Le mot “heureux” ou “bienheureux”, devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur ». (Numéros 63 et 64)       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       « Il le regarda et il l’aima », cette phrase, avec raison, a été retenue parce que Jésus ressuscité continue de regarder et d’aimer ceux et celles qui s’approchent de lui, qui l'abordent comme un Maître de vie et qui désirent le suivre.       <br />
              <br />
       Que notre rencontre fraternelle en ce dimanche soit pour nous un soutien sur les chemins de la vie et, comme les premiers chrétiens auxquels s’adresse saint Marc, redisons notre désir de suivre Jésus quels que soient les difficultés et les détachements à faire, car, avec lui, nous entrons déjà dans le Royaume de Dieu qu’il est venu non seulement annoncer mais qui est déjà présent parmi nous.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       8 octobre 2024       <br />
              <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 5 octobre 2021       <br />
       et du 9 octobre 2018-->       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
              <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « À côté de la sagesse, j’ai tenu pour rien la richesse » (Sg 7, 7-11)       <br />
       Lecture du livre de la Sagesse       <br />
              <br />
       J’ai prié,       <br />
       et le discernement m’a été donné.       <br />
       J’ai supplié,       <br />
       et l’esprit de la Sagesse est venu en moi.       <br />
           Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ;       <br />
       à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ;       <br />
           je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ;       <br />
       tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable,       <br />
       et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue.       <br />
           Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ;       <br />
       je l’ai choisie de préférence à la lumière,       <br />
       parce que sa clarté ne s’éteint pas.       <br />
           Tous les biens me sont venus avec elle       <br />
       et, par ses mains, une richesse incalculable.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 89 (90), 12-13, 14-15, 16-17)       <br />
       R/ Rassasie-nous de ton amour, Seigneur :       <br />
       nous serons dans la joie. (cf. Ps 89, 14)       <br />
              <br />
       Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :       <br />
       que nos cœurs pénètrent la sagesse.       <br />
       Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?       <br />
       Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.       <br />
              <br />
       Rassasie-nous de ton amour au matin,       <br />
       que nous passions nos jours dans la joie et les chants.       <br />
       Rends-nous en joies tes jours de châtiment       <br />
       et les années où nous connaissions le malheur.       <br />
              <br />
       Fais connaître ton œuvre à tes serviteurs       <br />
            et ta splendeur à leurs fils.       <br />
       Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !       <br />
       Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains ;       <br />
       oui, consolide l’ouvrage de nos mains.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « La parole de Dieu juge des intentions et des pensées du cœur » (He 4, 12-13)       <br />
       Lecture de la lettre aux Hébreux       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           elle est vivante, la parole de Dieu,       <br />
       énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ;       <br />
       elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit,       <br />
       des jointures et des moelles ;       <br />
       elle juge des intentions et des pensées du cœur.       <br />
           Pas une créature n’échappe à ses yeux,       <br />
       tout est nu devant elle, soumis à son regard ;       <br />
       nous aurons à lui rendre des comptes.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Vends ce que tu as et suis-moi » (Mc 10, 17-30)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Heureux les pauvres de cœur,       <br />
       car le royaume des Cieux est à eux !       <br />
       Alléluia. (Mt 5, 3)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jésus se mettait en route       <br />
       quand un homme accourut       <br />
       et, tombant à ses genoux, lui demanda :       <br />
       « Bon Maître, que dois-je faire       <br />
       pour avoir la vie éternelle en héritage ? »       <br />
           Jésus lui dit :       <br />
       « Pourquoi dire que je suis bon ?       <br />
       Personne n’est bon, sinon Dieu seul.       <br />
           Tu connais les commandements :       <br />
       Ne commets pas de meurtre,       <br />
       ne commets pas d’adultère,       <br />
       ne commets pas de vol,       <br />
       ne porte pas de faux témoignage,       <br />
       ne fais de tort à personne,       <br />
       honore ton père et ta mère. »       <br />
           L’homme répondit :       <br />
       « Maître, tout cela, je l’ai observé       <br />
       depuis ma jeunesse. »       <br />
           Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima.       <br />
       Il lui dit :       <br />
       « Une seule chose te manque :       <br />
       va, vends ce que tu as       <br />
       et donne-le aux pauvres ;       <br />
       alors tu auras un trésor au ciel.       <br />
       Puis viens, suis-moi. »       <br />
           Mais lui, à ces mots, devint sombre       <br />
       et s’en alla tout triste,       <br />
       car il avait de grands biens.       <br />
              <br />
           Alors Jésus regarda autour de lui       <br />
       et dit à ses disciples :       <br />
       « Comme il sera difficile       <br />
       à ceux qui possèdent des richesses       <br />
       d’entrer dans le royaume de Dieu ! »       <br />
           Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.       <br />
       Jésus reprenant la parole leur dit:       <br />
       « Mes enfants, comme il est difficile       <br />
       d’entrer dans le royaume de Dieu !       <br />
           Il est plus facile à un chameau       <br />
       de passer par le trou d’une aiguille       <br />
       qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »       <br />
           De plus en plus déconcertés,       <br />
       les disciples se demandaient entre eux :       <br />
       « Mais alors, qui peut être sauvé ? »       <br />
           Jésus les regarde et dit:       <br />
       « Pour les hommes, c’est impossible,       <br />
       mais pas pour Dieu ;       <br />
       car tout est possible à Dieu. »       <br />
              <br />
           Pierre se mit à dire à Jésus :       <br />
       « Voici que nous avons tout quitté       <br />
       pour te suivre. »       <br />
           Jésus déclara :       <br />
       « Amen, je vous le dis :       <br />
       nul n’aura quitté,       <br />
       à cause de moi et de l’Évangile,       <br />
       une maison, des frères, des sœurs,       <br />
       une mère, un père, des enfants ou une terre       <br />
           sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple :       <br />
       maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres,       <br />
       avec des persécutions,       <br />
       et, dans le monde à venir,       <br />
       la vie éternelle. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Vends ce que tu as et suis-moi » (Mc 10, 17-27)       <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jésus se mettait en route       <br />
       quand un homme accourut       <br />
       et, tombant à ses genoux, lui demanda :       <br />
       « Bon Maître, que dois-je faire       <br />
       pour avoir la vie éternelle en héritage ? »       <br />
           Jésus lui dit :       <br />
       « Pourquoi dire que je suis bon ?       <br />
       Personne n’est bon, sinon Dieu seul.       <br />
           Tu connais les commandements :       <br />
       Ne commets pas de meurtre,       <br />
       ne commets pas d’adultère,       <br />
       ne commets pas de vol,       <br />
       ne porte pas de faux témoignage,       <br />
       ne fais de tort à personne,       <br />
       honore ton père et ta mère. »       <br />
           L’homme répondit :       <br />
       « Maître, tout cela, je l’ai observé       <br />
       depuis ma jeunesse. »       <br />
           Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima.       <br />
       Il lui dit :       <br />
       « Une seule chose te manque :       <br />
       va, vends ce que tu as       <br />
       et donne-le aux pauvres ;       <br />
       alors tu auras un trésor au ciel.       <br />
       Puis viens, suis-moi. »       <br />
           Mais lui, à ces mots, devint sombre       <br />
       et s’en alla tout triste,       <br />
       car il avait de grands biens.       <br />
              <br />
           Alors Jésus regarda autour de lui       <br />
       et dit à ses disciples :       <br />
       « Comme il sera difficile       <br />
       à ceux qui possèdent des richesses       <br />
       d’entrer dans le royaume de Dieu ! »       <br />
           Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.       <br />
       Jésus reprenant la parole leur dit:       <br />
       « Mes enfants, comme il est difficile       <br />
       d’entrer dans le royaume de Dieu !       <br />
           Il est plus facile à un chameau       <br />
       de passer par le trou d’une aiguille       <br />
       qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »       <br />
           De plus en plus déconcertés,       <br />
       les disciples se demandaient entre eux :       <br />
       « Mais alors, qui peut être sauvé ? »       <br />
           Jésus les regarde et dit:       <br />
       « Pour les hommes, c’est impossible,       <br />
       mais pas pour Dieu ;       <br />
       car tout est possible à Dieu. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-28e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Il-le-regarda-et-il-l-aima_a1199.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour le 23e dimanche du temps ordinaire Année C : « Si quelqu’un vient à moi...  »</title>
   <updated>2022-09-02T02:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-23e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Si-quelqu-un-vient-a-moi_a1080.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/64229164-46109519.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-08-30T18:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques. Homélie pour le 23e dimanche du temps ordinaire Année C le 4 septembre 2022 à la Chapelle du Lac Poulin par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec recteur de cette desserte. Textes : Sagesse 9, 13-18, Philémon 9b-10,12-14 et Luc 14, 25-33.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/64229164-46109519.jpg?v=1655146065" alt="Homélie pour le 23e dimanche du temps ordinaire Année C : « Si quelqu’un vient à moi...  »" title="Homélie pour le 23e dimanche du temps ordinaire Année C : « Si quelqu’un vient à moi...  »" />
     </div>
     <div>
      Le début du texte de saint Luc que je viens de lire est abrupt, provoquant et même choquant. Il faut toutefois noter que le terme « haïr » en hébreu traduit ici une priorité. Il veut dire littéralement et plus justement « préférer ». Nous y reviendrons. Quoiqu’il en soit, nous sommes devant une invitation percutante de Jésus. Regardons-y de plus près.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Un monde nouveau</span>       <br />
              <br />
       Jésus ne vient pas annoncer un monde nouveau où l’amour est condamné. Au contraire, comme l’ont retenu les disciples  de saint Jean, Jésus a prêché l’amour et non la haine : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » comme il est répété de nombreuses fois dans la première lettre de saint Jean (1 Jean 2, 9-10 et 4, 20).       <br />
              <br />
       Pourquoi alors ces formules si provocantes? Comme je l’ai dit en commençant, la traduction « me préférer »  nous donne la clé. « Haïr » dans le langage des juifs, dans la langue hébraïque qui est une langue sémitique, c’est synonyme de mettre consciemment au deuxième rang.        <br />
              <br />
       Père, mère, femme, enfants, frères, sœurs et même sa propre vie, tout cela doit être bien situé après Jésus qui doit être mis au centre de sa vie. Pour suivre Jésus, il est indispensable que Jésus soit placée au-dessus de tout, qu’il  y ait de notre part un jugement de valeur qui le reconnaisse comme la Voie, la Vérité et la Vie, comme le seul et unique Sauveur de nos vies, comme la révélation parfaite du Père, car en lui seul réside le salut.       <br />
              <br />
       Les premiers disciples l’avaient bien compris : pas de salut possible sans reconnaître que ce salut vient par Jésus, sans donner à Jésus la priorité absolue, sans en faire le centre de notre vie. Les apôtres Pierre et Jean appelés à se justifier devant le tribunal du Sanhédrin d’une guérison qu’ils avaient faite à la sortie du Temple le proclament avec conviction : « Il n’y a aucun salut ailleurs qu’en lui, car il n’y a dans le ciel aucun autre nom offert aux hommes qui soit nécessaire à notre salut » (Actes des apôtres 4, 12).       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">De la nécessité de s’asseoir</span>       <br />
              <br />
       Cet enseignement tiré du début du texte de saint Luc me semble demander deux commentaires complémentaires.       <br />
              <br />
       Le premier commentaire nous est fourni par la lecture des deux petites paraboles qui accompagnent le début du texte de saint Luc que je viens de commenter. Ces deux paraboles, l'une qui prend l'image d'une construction et l'autre l'image d’une guerre à bien conduire, nous invitent à ne pas nous décider à la légère pour le Christ. Elles nous demandent de nous asseoir, de réfléchir, de tenir conseil avec nous-même. Être disciple de Jésus c’est un choix réfléchi, libre, ce n’est pas seulement une question d’enthousiasme du moment, car cela nous amène forcément sur le même chemin que celui de Jésus où la croix ne fera pas défaut. : « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi, ne peut être mon disciple » dit Jésus.       <br />
              <br />
       Il y a un point de départ, des reprises même de départ, et cela peut se vivre à tout âge - sainte Thérèse d’Avila a vécu ce départ réel dans la quarantaine - et c’est au point de départ que Jésus doit être préféré à tout, c’est au point de départ qu’il faut faire un choix lucide, réfléchi. C’est ce qui manque chez plusieurs au Québec qui se disent chrétiens sans vraiment en faire un véritable choix. Ils ont peur de s’afficher croyants ou catholiques et s’en vont ainsi sans jamais se compromettre pour Jésus.       <br />
              <br />
       Ceci étant dit, venons-en au second commentaire       <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Les vocations particulières et la vocation universelle à la sainteté</span>       <br />
              <br />
       Jésus demande à tous le même sérieux à sa suite. Tous ceux et celles qui entendent son appel à la conversion et à la foi en son message et qui répondent oui sincèrement sont des disciples de Jésus.       <br />
              <br />
       Mais il y a aussi des vocations, des appels particuliers. C’est ça mon second commentaire. Certains et certaines vont suivre Jésus en renonçant au mariage « pour le Royaume de Dieu » (Mathieu 19, 12), en renonçant à l‘argent et à la propriété. Ils vont faire les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance dans un ordre ou une congrégation religieuse.        <br />
              <br />
       Si tous sont appelés à préférer Jésus à tout, à le recevoir comme Sauveur. Tous ne sont pas appelés à vivre de la même façon le renoncement évangélique dont parle l’Évangile. Zachée n’a pas tout  abandonné (Luc 19, 10). Les femmes de Galilée qui ont suivi Jésus ne renoncent pas à tout ce qu’elles possèdent (Luc 8, 3).        <br />
              <br />
       Il y a ici le mystère des vocations et des appels particuliers à respecter, mais tous sont appelés à la sainteté. L’appel à la sainteté est universel comme le proclame  le Concile Vatican II dans la <span style="font-style:italic">Constitution sur l’Église</span>, sainteté dans son état de vie, dans sa vocation particulière et dans son histoire personnelle. La sainteté n’est pas réservée aux religieux et aux religieuses comme on l’a trop souvent laissé entendre autrefois. La mère de famille, la femme au travail, le médecin, le plombier, l’étudiant, l’écolier peuvent eux aussi marcher sur la voie de la sainteté.  Le pape François dans son <span style="font-style:italic">Exhortation apostolique</span>  portant sur la sainteté publiée le 9 avril 2018 nous invite à aller dans ce sens en considérant « la grande nuée de témoins » de la sainteté « et parmi eux, écrit-il, il peut y avoir notre propre mère, une grand-mère ou d’autres personnes proches (cf. 2 Tm 1, 5). Peut-être leur vie n’a-t-elle pas toujours été parfaite, mais, malgré des imperfections et des chutes, ils sont allés de l’avant et ils ont plu au Seigneur. » (GE 3) Il les appelle « les saints de la porte d’à côté » ou « la classe moyenne de la sainteté » (GE 7).        <br />
              <br />
       On en a de beaux modèles d'une sainteté  vécue dans son état de vie et sa vocation personnelle dans les  enfants de Fatima, François et Jacinthe, qui ont été reconnus saints par le pape Jean-Paul II et béatifiés le 13 mai 2000, dans cette femme médecin, Jeanne Beretta Molla qui s’est sacrifiée pour son enfant (béatifiée le 24 avril 1994),  ou encore dans cet étudiant sportif, alpiniste  et rassembleur, Pier Giorgio Frassati (1901-1925) béatifié le 20 mai 1990 à Rome et tout récemment en Carlo Acutis, un jeune crack d'informatique mort à 15 ans et béatifié par le pape François le 10 octobre 2020.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>        <br />
              <br />
       Frères et sœurs, demandons au Seigneur de renouveler notre désir lucide de suivre Jésus et que cette Eucharistie nous donne la force d’aller jusqu’au bout comme Jésus lui-même,       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       30 août 2022       <br />
              <br />
       <!-- Reprise de l'homélie du 30 août 2016-->       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? » (Sg 9, 13-18)       <br />
       Lecture du livre de la Sagesse       <br />
              <br />
       Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ?       <br />
       Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ?       <br />
           Les réflexions des mortels sont incertaines,       <br />
       et nos pensées, instables ;       <br />
           car un corps périssable appesantit notre âme,       <br />
       et cette enveloppe d’argile       <br />
       alourdit notre esprit aux mille pensées.       <br />
           Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre,       <br />
       et nous trouvons avec effort ce qui est à notre portée ;       <br />
       ce qui est dans les cieux, qui donc l’a découvert ?       <br />
           Et qui aurait connu ta volonté,       <br />
       si tu n’avais pas donné la Sagesse       <br />
       et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ?       <br />
           C’est ainsi que les sentiers des habitants de la terre       <br />
       sont devenus droits ;       <br />
       c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît       <br />
       et, par la Sagesse, ont été sauvés.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc)       <br />
       R/ D’âge en âge, Seigneur,       <br />
       tu as été notre refuge. (Ps 89, 1)       <br />
              <br />
       Tu fais retourner l’homme à la poussière ;       <br />
       tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »       <br />
       À tes yeux, mille ans sont comme hier,       <br />
       c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.       <br />
              <br />
       Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ;       <br />
       dès le matin, c’est une herbe changeante :       <br />
       elle fleurit le matin, elle change ;       <br />
       le soir, elle est fanée, desséchée.       <br />
              <br />
       Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :       <br />
       que nos cœurs pénètrent la sagesse.       <br />
       Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?       <br />
       Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.       <br />
              <br />
       Rassasie-nous de ton amour au matin,       <br />
       que nous passions nos jours dans la joie et les chants.       <br />
       Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !       <br />
       Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Accueille-le, non plus comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé » (Phm 9b-10.12-17)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Philémon       <br />
              <br />
       Bien-aimé,       <br />
           moi, Paul, tel que je suis, un vieil homme       <br />
       et, qui plus est, prisonnier maintenant à cause du Christ Jésus,       <br />
           j’ai quelque chose à te demander pour Onésime,       <br />
       mon enfant à qui, en prison, j’ai donné la vie dans le Christ.       <br />
           Je te le renvoie,       <br />
       lui qui est comme mon cœur.       <br />
           Je l’aurais volontiers gardé auprès de moi,       <br />
       pour qu’il me rende des services en ton nom,       <br />
       à moi qui suis en prison à cause de l’Évangile.       <br />
           Mais je n’ai rien voulu faire sans ton accord,       <br />
       pour que tu accomplisses ce qui est bien,       <br />
       non par contrainte mais volontiers.       <br />
           S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps,       <br />
       c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement,       <br />
           non plus comme un esclave,       <br />
       mais, mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé :       <br />
       il l’est vraiment pour moi,       <br />
       combien plus le sera-t-il pour toi,       <br />
       aussi bien humainement que dans le Seigneur.       <br />
           Si donc tu estimes que je suis en communion avec toi,       <br />
       accueille-le comme si c’était moi.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 25-33)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Pour ton serviteur, que ton visage s’illumine :       <br />
       apprends-moi tes commandements.       <br />
       Alléluia. (Ps 118, 135)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           de grandes foules faisaient route avec Jésus ;       <br />
       il se retourna et leur dit :       <br />
           « Si quelqu’un vient à moi       <br />
       sans me préférer à son père, sa mère, sa femme,       <br />
       ses enfants, ses frères et sœurs,       <br />
       et même à sa propre vie,       <br />
       il ne peut pas être mon disciple.       <br />
           Celui qui ne porte pas sa croix       <br />
       pour marcher à ma suite       <br />
       ne peut pas être mon disciple.       <br />
              <br />
           Quel est celui d’entre vous       <br />
       qui, voulant bâtir une tour,       <br />
       ne commence par s’asseoir       <br />
       pour calculer la dépense       <br />
       et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?       <br />
           Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever,       <br />
       tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :       <br />
           ‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir       <br />
       et n’a pas été capable d’achever !’       <br />
           Et quel est le roi       <br />
       qui, partant en guerre contre un autre roi,       <br />
       ne commence par s’asseoir       <br />
       pour voir s’il peut, avec dix mille hommes,       <br />
       affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?       <br />
           S’il ne le peut pas,       <br />
       il envoie, pendant que l’autre est encore loin,       <br />
       une délégation pour demander les conditions de paix.       <br />
              <br />
           Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas       <br />
       à tout ce qui lui appartient       <br />
       ne peut pas être mon disciple. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B : « Il le regarda et il l’aima »</title>
   <updated>2021-10-05T19:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-28e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Il-le-regarda-et-il-l-aima_a1029.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/58818992-43329034.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-10-05T18:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B le 10 octobre 2021. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: Sagesse 7, 7-11, Hébreux 4, 12-13 et Marc 10, 17-30.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/58818992-43329034.jpg?v=1631207552" alt="Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B : « Il le regarda et il l’aima »" title="Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B : « Il le regarda et il l’aima »" />
     </div>
     <div>
      On ne peut commenter cet épisode très connu de l’évangile selon saint Marc sans s'arrêter à  la petite phrase  : « Il le regarda et il l’aima » qui a traversé les siècles. Ce jeune homme riche est devenu, pour des générations de personnes croyantes, un symbole de l’appel de Jésus à chacune et à chacun d’entre nous. Commençons par écouter cet appel au jeune homme riche avant de nous arrêter au nôtre.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">L’appel du jeune  homme riche</span>       <br />
              <br />
       Le contexte de cette rencontre  est situé par saint Marc dans le cadre d’un enseignement de Jésus sur la richesse.  C’est ce qui rend l’appel du jeune homme riche si percutant.        <br />
              <br />
       En effet, après que le jeune homme se soit défilé en entendant le « Si tu veux être parfait », Jésus commente cette attitude d’une façon forte en disant que pour entrer dans le Royaume de Dieu les riches ne l’aurons pas facile. C’est comme passer par le trou d’une aiguille, dit-il.       <br />
              <br />
       Il faut donc prendre acte de ce contexte pour comprendre le sens de cet épisode que saint Marc nous raconte pour le bénéfice des premiers chrétiens et pour le nôtre.        <br />
              <br />
       Si on y regarde de près, on voit que l’appel du jeune homme riche est un appel qui ne s’adresse pas à lui seulement. Il redit l’appel qui est fait à tous les chrétiens quels qu’ils soient. Il est porteur d’une invitation qui reprend celles des Béatitudes dont la première est « Bienheureux les pauvres car ils verront Dieu ».       <br />
              <br />
       D’ailleurs, en d’autres endroits de l’évangile,  Jésus met en garde contre les richesses,  comme par exemple, dans la parabole où il raconte comment un riche fermier amassait plein de réserves de blé et à qui Dieu dit : « Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? » À quoi te serviront toutes ces possessions.       <br />
       <!--       <br />
       Le jeune homme riche représente chacun et chacune d’entre nous. Nos attitudes devant l’argent, devant les biens terrestres,  devant nos possessions sont ici questionnées par Jésus qui invite à faire un choix où elles seront pour nous un chemin vers Dieu. -->       <br />
       Ici l'évangile de saint Marc ne dit pas que le jeune homme riche s’est éloigné et séparé de Dieu en quittant avec un air penaud, mais il veut nous montrer que le jeune homme  a comme manqué une occasion qui lui était présentée d’aller au bout de son engagement de croyant, ce qui aurait fait de lui un disciple remarquable de Jésus comme l’ont été les apôtres Pierre, Jacques, Jean et les autres.       <br />
              <br />
       Passons maintenant à nous.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Notre appel</span>       <br />
              <br />
       Le jeune homme riche représente chacun et chacune d’entre nous.        <br />
              <br />
       Dans nos vies, il se présente plusieurs situations où comme le jeune homme riche le Seigneur nous lance un appel. Ce peut être à l’occasion d’une perte, d’un séparation, de diminutions physiques, de problèmes de santé, d’amitiés et de joies partagés, d’une étape de vie comme le départ des enfants de la maison ou comme le passage à la retraite etc.       <br />
              <br />
       Ces situations nous posent forcément la question « Que me faut-il faire? » Et c’est là que la scène du jeune homme riche nous est précieuse.       <br />
              <br />
       Tout d’abord, il faut se souvenir que les appels de Dieu sont une grâce qui nous est donnée. « Jésus le regarda et il l’aima ». Ils sont le regard et l’amour de Jésus qui nous sont manifestés       <br />
              <br />
       Nous pouvons répondre comme le jeune homme riche, « Seigneur, j'ai bien vécu et j’ai été un bon chrétien ». « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse ». C’est déjà beaucoup si nous pouvons dire cela. Mais ce que l’évangile d’aujourd’hui illustre c’est que cet appel est toujours à l’œuvre et qu’il n’a pas de limites.  Il n’y a pas deux appels un pour les gens parfaits et un pour les autres. L’appel à suivre Jésus est le même pour tous et toutes comme l’évangile est le même pour tous et toutes.        <br />
              <br />
       Saint Paul l’avait bien compris quand il écrivait à ses chrétiens d’Éphèse : « Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,  un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ.  » (Éphésiens  4, 4-7)       <br />
              <br />
       « Selon la mesure du don fait par le Christ ». C’est important de se le redire car on peut sombrer dans une espèce de classification ou de compétition où on se dit : «  plus j’en fais, plus je suis proche de Jésus », alors qu’il faut se dire : « plus je réponds à ce qu’il me demande dans ma situation de vie, plus je suis proche de lui ».       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">La sainteté pour toutes et tous</span>       <br />
              <br />
       C’est sur cette base que s’est appuyé le pape François dans son <span style="font-style:italic">Exhortation apostolique sur la sainteté</span> publiée le 9 avril 2018 lorsqu’il écrit : « Ce qui importe c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Corinthiens 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui ». (Numéro 11)       <br />
              <br />
       Il n’y pas deux sortes de sainteté. Il y a des hommes et des femmes qui se laissent regarder par Jésus qui les aime et qui répondent selon l’inspiration de leur cœur et selon leurs  possibilités. Ils forment une «  grande nuée de témoins ». « Et parmi eux, continue le pape,  il peut y avoir notre propre mère, une grand-mère ou d’autres personnes proches (cf. 2 Timothée 1, 5). Peut-être leur vie n’a-t-elle pas toujours été parfaite, mais, malgré des imperfections et des chutes, ils sont allés de l’avant et ils ont plu au Seigneur. » (Numéro 3) Le pape François les appelle « les saints de la porte d’à côté » ou « la classe moyenne de la sainteté ». (Numéro 7)         <br />
              <br />
       Les chemins de la sainteté, pour nous comme pour le jeune homme riche, ne peuvent faire l’économie des appels évangéliques que Jésus a lancés tout au cours de sa vie et qui sont résumés dans les Béatitudes. Le pape François les présente comme le chemin toujours à reprendre et toujours là. « À travers celles-ci, écrit le pape, se dessine le visage du Maître que nous sommes appelés à révéler dans le quotidien de nos vies.  Le mot “heureux” ou “bienheureux”, devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur ». (Numéros 63 et 64)       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       « Il le regarda et il l’aima », cette phrase, avec raison, a été retenue parce que Jésus ressuscité continue de regarder et d’aimer ceux et celles qui s’approchent de lui, qui l'abordent comme un Maître de vie et qui désirent le suivre.       <br />
              <br />
       Que notre rencontre fraternelle en ce dimanche soit pour nous un soutien sur les chemins de la vie et, comme les premiers chrétiens auxquels s’adresse saint Marc, redisons notre désir de suivre Jésus quels que soient les difficultés et les détachements à faire, car, avec lui, nous entrons déjà dans le Royaume de Dieu qu’il est venu non seulement annoncer mais qui est déjà présent parmi nous.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       5 octobre 2021       <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 9 octobre 2018-->       <br />
              <br />
              <br />
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              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
              <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « À côté de la sagesse, j’ai tenu pour rien la richesse » (Sg 7, 7-11)       <br />
       Lecture du livre de la Sagesse       <br />
              <br />
       J’ai prié,       <br />
       et le discernement m’a été donné.       <br />
       J’ai supplié,       <br />
       et l’esprit de la Sagesse est venu en moi.       <br />
           Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ;       <br />
       à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ;       <br />
           je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ;       <br />
       tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable,       <br />
       et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue.       <br />
           Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ;       <br />
       je l’ai choisie de préférence à la lumière,       <br />
       parce que sa clarté ne s’éteint pas.       <br />
           Tous les biens me sont venus avec elle       <br />
       et, par ses mains, une richesse incalculable.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 89 (90), 12-13, 14-15, 16-17)       <br />
       R/ Rassasie-nous de ton amour, Seigneur :       <br />
       nous serons dans la joie. (cf. Ps 89, 14)       <br />
              <br />
       Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :       <br />
       que nos cœurs pénètrent la sagesse.       <br />
       Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?       <br />
       Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.       <br />
              <br />
       Rassasie-nous de ton amour au matin,       <br />
       que nous passions nos jours dans la joie et les chants.       <br />
       Rends-nous en joies tes jours de châtiment       <br />
       et les années où nous connaissions le malheur.       <br />
              <br />
       Fais connaître ton œuvre à tes serviteurs       <br />
            et ta splendeur à leurs fils.       <br />
       Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !       <br />
       Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains ;       <br />
       oui, consolide l’ouvrage de nos mains.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « La parole de Dieu juge des intentions et des pensées du cœur » (He 4, 12-13)       <br />
       Lecture de la lettre aux Hébreux       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           elle est vivante, la parole de Dieu,       <br />
       énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ;       <br />
       elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit,       <br />
       des jointures et des moelles ;       <br />
       elle juge des intentions et des pensées du cœur.       <br />
           Pas une créature n’échappe à ses yeux,       <br />
       tout est nu devant elle, soumis à son regard ;       <br />
       nous aurons à lui rendre des comptes.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Vends ce que tu as et suis-moi » (Mc 10, 17-30)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Heureux les pauvres de cœur,       <br />
       car le royaume des Cieux est à eux !       <br />
       Alléluia. (Mt 5, 3)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jésus se mettait en route       <br />
       quand un homme accourut       <br />
       et, tombant à ses genoux, lui demanda :       <br />
       « Bon Maître, que dois-je faire       <br />
       pour avoir la vie éternelle en héritage ? »       <br />
           Jésus lui dit :       <br />
       « Pourquoi dire que je suis bon ?       <br />
       Personne n’est bon, sinon Dieu seul.       <br />
           Tu connais les commandements :       <br />
       Ne commets pas de meurtre,       <br />
       ne commets pas d’adultère,       <br />
       ne commets pas de vol,       <br />
       ne porte pas de faux témoignage,       <br />
       ne fais de tort à personne,       <br />
       honore ton père et ta mère. »       <br />
           L’homme répondit :       <br />
       « Maître, tout cela, je l’ai observé       <br />
       depuis ma jeunesse. »       <br />
           Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima.       <br />
       Il lui dit :       <br />
       « Une seule chose te manque :       <br />
       va, vends ce que tu as       <br />
       et donne-le aux pauvres ;       <br />
       alors tu auras un trésor au ciel.       <br />
       Puis viens, suis-moi. »       <br />
           Mais lui, à ces mots, devint sombre       <br />
       et s’en alla tout triste,       <br />
       car il avait de grands biens.       <br />
              <br />
           Alors Jésus regarda autour de lui       <br />
       et dit à ses disciples :       <br />
       « Comme il sera difficile       <br />
       à ceux qui possèdent des richesses       <br />
       d’entrer dans le royaume de Dieu ! »       <br />
           Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.       <br />
       Jésus reprenant la parole leur dit:       <br />
       « Mes enfants, comme il est difficile       <br />
       d’entrer dans le royaume de Dieu !       <br />
           Il est plus facile à un chameau       <br />
       de passer par le trou d’une aiguille       <br />
       qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »       <br />
           De plus en plus déconcertés,       <br />
       les disciples se demandaient entre eux :       <br />
       « Mais alors, qui peut être sauvé ? »       <br />
           Jésus les regarde et dit:       <br />
       « Pour les hommes, c’est impossible,       <br />
       mais pas pour Dieu ;       <br />
       car tout est possible à Dieu. »       <br />
              <br />
           Pierre se mit à dire à Jésus :       <br />
       « Voici que nous avons tout quitté       <br />
       pour te suivre. »       <br />
           Jésus déclara :       <br />
       « Amen, je vous le dis :       <br />
       nul n’aura quitté,       <br />
       à cause de moi et de l’Évangile,       <br />
       une maison, des frères, des sœurs,       <br />
       une mère, un père, des enfants ou une terre       <br />
           sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple :       <br />
       maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres,       <br />
       avec des persécutions,       <br />
       et, dans le monde à venir,       <br />
       la vie éternelle. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
               <br />
              <br />
       OU LECTURE BREVE       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Vends ce que tu as et suis-moi » (Mc 10, 17-27)       <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Marc       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jésus se mettait en route       <br />
       quand un homme accourut       <br />
       et, tombant à ses genoux, lui demanda :       <br />
       « Bon Maître, que dois-je faire       <br />
       pour avoir la vie éternelle en héritage ? »       <br />
           Jésus lui dit :       <br />
       « Pourquoi dire que je suis bon ?       <br />
       Personne n’est bon, sinon Dieu seul.       <br />
           Tu connais les commandements :       <br />
       Ne commets pas de meurtre,       <br />
       ne commets pas d’adultère,       <br />
       ne commets pas de vol,       <br />
       ne porte pas de faux témoignage,       <br />
       ne fais de tort à personne,       <br />
       honore ton père et ta mère. »       <br />
           L’homme répondit :       <br />
       « Maître, tout cela, je l’ai observé       <br />
       depuis ma jeunesse. »       <br />
           Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima.       <br />
       Il lui dit :       <br />
       « Une seule chose te manque :       <br />
       va, vends ce que tu as       <br />
       et donne-le aux pauvres ;       <br />
       alors tu auras un trésor au ciel.       <br />
       Puis viens, suis-moi. »       <br />
           Mais lui, à ces mots, devint sombre       <br />
       et s’en alla tout triste,       <br />
       car il avait de grands biens.       <br />
              <br />
           Alors Jésus regarda autour de lui       <br />
       et dit à ses disciples :       <br />
       « Comme il sera difficile       <br />
       à ceux qui possèdent des richesses       <br />
       d’entrer dans le royaume de Dieu ! »       <br />
           Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.       <br />
       Jésus reprenant la parole leur dit:       <br />
       « Mes enfants, comme il est difficile       <br />
       d’entrer dans le royaume de Dieu !       <br />
           Il est plus facile à un chameau       <br />
       de passer par le trou d’une aiguille       <br />
       qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »       <br />
           De plus en plus déconcertés,       <br />
       les disciples se demandaient entre eux :       <br />
       « Mais alors, qui peut être sauvé ? »       <br />
           Jésus les regarde et dit:       <br />
       « Pour les hommes, c’est impossible,       <br />
       mais pas pour Dieu ;       <br />
       car tout est possible à Dieu. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-28e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Il-le-regarda-et-il-l-aima_a1029.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Homélie pour la fête de la Toussaint Année A « Une grande nuée de témoins »</title>
   <updated>2022-11-01T18:36:00+01:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-la-fete-de-la-Toussaint-Annee-A-Une-grande-nuee-de-temoins_a975.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/48955066-38234018.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-10-27T18:00:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie pour la fête de la Toussaint le 1 novembre 2020 à la chapelle de la communauté du Séminaire de Québec. Textes : Apocalypse 7, 2-4.9-14, 1 Jean 3, 1-3 et Mathieu 5, 1-12a.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/48955066-38234018.jpg?v=1598362633" alt="Homélie pour la fête de la Toussaint Année A « Une grande nuée de témoins »" title="Homélie pour la fête de la Toussaint Année A « Une grande nuée de témoins »" />
     </div>
     <div>
      L'évangile de cette fête nous fait relire les Béatitudes en <span style="font-style:italic">Mathieu</span> 5, 1-12a qui sont le chemin incontournable de la sainteté, la « carte d'identité du chrétien » comme l'a écrit le pape François dans son <span style="font-style:italic">Exhortation apostolique sur la sainteté</span> intitulée <span style="font-style:italic">Gaudete et Exultate</span> publiée le 9 avril 2018.        <br />
              <br />
       Dans cette <span style="font-style:italic">Exhortation</span>, le pape François nous invite à considérer « la grande nuée de témoins » qui nous incitent à continuer de marcher vers la sainteté. « Et parmi eux, écrit-il, il peut y avoir notre propre mère, une grand-mère ou d’autres personnes proches (cf. 2 <span style="font-style:italic">Timothée</span> 1, 5). Peut-être leur vie n’a-t-elle pas toujours été parfaite, mais, malgré des imperfections et des chutes, ils sont allés de l’avant et ils ont plu au Seigneur. » (GE 3) Il les appelle « les saints de la porte d’à côté » ou « la classe moyenne de la sainteté » (GE 7).       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Le sens de la fête de la Toussaint</span>       <br />
              <br />
       Vous le voyez cette fête de la Toussaint qui arrive un dimanche cette année nous permet de nous associer de façon particulière aux saintes et saints connus et inconnus, à l’Église du ciel. Comme membres de l’Église ici-bas, sur terre, qui est le Corps mystique du Christ, nous ne sommes pas isolés. Nous sommes en lien continu et permanent avec nos frères et sœurs  dans le Christ, non seulement avec ceux et celles qui sont sur la terre mais avec tous ceux et celles qui nous ont précédés et qui jouissent maintenant de la vie éternelle auprès de Dieu au ciel qu'on appelait autrefois l'<span style="font-style:italic">Église triomphante</span>.        <br />
              <br />
       Cette réalité merveilleuse de la « communion des saints » comme nous le confessons dans le <span style="font-style:italic">Je crois en Dieu</span> à chaque dimanche est au cœur de notre foi. Le christianisme, à l’inverse de plusieurs religions orientales qui se centrent sur la personne et son bien-être physique et spirituel, le christianisme, dis-je, est une religion de communion. Ce terme est parfois galvaudé et a servi à toutes les sauces, mais pour nous la communion n’est pas seulement le geste de partager le Corps du Christ à la messe. C’est beaucoup plus que cela et c’est des plus stimulants pour nous croyants et croyantes.       <br />
              <br />
       En effet, l’Église, Corps mystique du Christ, est d’abord et avant tout un rassemblement de communion dans la même foi et dans les mêmes liens.  Comme le dit Saint Paul, il y a une seule foi, un seul baptême. « Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit, écrit-il aux Éphésiens. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. » (<span style="font-style:italic">Éphésiens</span> 4, 4-6)       <br />
              <br />
       La <span style="font-style:italic">fête de la Toussaint</span> fait lever nos regards vers cette multitude de personnes baptisées de toutes races, de toutes langues, de toutes nations,  fils adoptifs et filles adoptives par la grâce divine et participants de la vie trinitaire. Dieu les connaît par leur nom car c’est lui qui les a appelés. Ils sont nos frères et soeurs rendus à la maison du Père et vivants pour Dieu éternellement avec le Christ ressuscité ( cf. <span style="font-style:italic">Romains</span> 6, 10-11 ).       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Qui sont les saints et les saintes que nous fêtons à la Toussaint ?</span>       <br />
              <br />
       Cette nué de saints et saintes de la Toussaint nous permet de regarder avec joie autour de nous et de voir, en particulier,  les traces de Jésus chez des personnes que l’Église nous présente officiellement comme modèles en les canonisant. Le pape saint Jean- Paul II a voulu le manifester en canonisant au cours de ses voyages des personnes de toutes les contrées qu’il visitait comme aux Indes ou en Palestine.  Au cours de son pontificat, il a ainsi procédé à plus de 1,300 béatifications et près de 500 canonisations. Hé oui! L’Église, par des gestes officiels reconnaît certaines personnes comme saintes en les proposant à notre vénération. Elle le fait parce qu’ils ont déjà reçu une reconnaissance de leur sainteté de leur vivant comme Marie de l’Incarnation et François de Laval au Québec qui ont été reconnus saints en 2014.       <br />
              <br />
       Outre ces saints et saintes canonisés, la fête de la Toussaint nous fait vénérer en bloc, comme le dit si bien le pape François, ceux et celles qu’il appelle les  « les saints de la porte d’à côté » ou « la classe moyenne de la sainteté », car pour imiter Jésus il n’est pas nécessaire d’attirer l’attention. Comme le dit si bien le concile Vatican II lorsqu’il décrit l’appel universel à la sainteté dans la <span style="font-style:italic">Constitution sur l’Église</span> au chapitre cinq qui porte ce titre :  « Tous les fidèles du Christ sont donc invités et tenus à chercher et à atteindre la sainteté et la perfection propres à leur état ». C’est dans la vie de tous les jours que les chrétiens arrivent à la sainteté qui est l’imitation de Jésus.       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Profitons de cette belle fête de la Toussaint pour laisser nos cœurs s’enflammer du même amour que ces saints et saintes, inconnus ou vénérés officiellement, qui nous ont précédés. Il est bon de les célébrer. car en le faisant c’est la richesse de la grâce de Dieu que nous reconnaissons. Elle se manifeste, en effet,  sans relâche au cours des âges dans toutes les situations et dans tous les états de vie.       <br />
              <br />
       Si les saintes et les saints canonisés sont souvent issus de communautés religieuses, cela ne doit pas nous cacher le fait qu’elles sont très nombreuses les personnes saintes sans nom et qu’elles sont pour nous des modèles aussi bien que les premiers.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Notre célébration ce matin est une belle occasion de vivre la proximité avec tous les saints et saintes et de nous laisser inspirer  par Dieu les gestes qui nous permettront de les rejoindre un jour dans la gloire du Père en union avec Jésus Ressuscité.         <br />
              <br />
       Bonne fête de la Toussaint!       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       25 octobre 2020       <br />
              <br />
              <br />
       ____________________________________________       <br />
              <br />
       Je me permets d’ajouter <a class="link" href="https://www.hgiguere.net/blogsme/La-force-et-la-puissance-de-la-joie-au-coeur-de-la-saintete-chretienne-Reflexions-sur-l-Exhortation-apostolique-Gaudete_a216.html">un lien au commentaire</a> que j’ai déjà fait de l'<span style="font-style:italic">Exhortation sur la sainteté</span> du pape François pour la revue <span style="font-style:italic">Pastorale Québec</span> qui a été reproduit  sur le site de la <span style="font-style:italic">Documentation catholique</span> 30 avril 2018. <a class="link" href="https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Eglise-dans-le-Monde/force-joie-coeur-saintete-chretienne-presentation-Gaudete-exsultate-2018-04-30-1200935516">Cliquez ici pour le lien à la Documentation catholique</a>.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Notes sur les origines de la fête de la Toussaint</span>       <br />
              <br />
       Dès le IVe s. l'Église syrienne consacrait un jour à fêter tous les martyrs dont le nombre était devenu si grand qu'il rendait impossible toute commémoration individuelle. Trois siècles plus tard, dans son effort pour christianiser les traditions païennes, le pape Boniface IV transformait un temple romain dédié à tous les dieux, le <span style="font-style:italic">Panthéon</span>, en une église consacrée à tous les saints.       <br />
              <br />
       La coutume de fêter tous les saints ensemble se répandit en Occident, mais chaque Église locale les fêtait à des dates différentes, jusqu'en 835, où elle fut fixée au 1er novembre. Dans l'Église byzantine, c'est le dimanche après la Pentecôte qui est consacré à la fête de tous les saints.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
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     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>LECTURES DE LA MESSE pour la fête de la Toussaint</b>       <br />
              <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Voici une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Ap 7, 2-4.9-14)       <br />
              <br />
       Lecture de l'Apocalypse de saint Jean       <br />
              <br />
       Moi, Jean,       <br />
           j’ai vu un ange       <br />
       qui montait du côté où le soleil se lève,       <br />
       avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ;       <br />
       d’une voix forte, il cria aux quatre anges       <br />
       qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer :       <br />
           « Ne faites pas de mal à la terre,       <br />
       ni à la mer, ni aux arbres,       <br />
       avant que nous ayons marqué du sceau       <br />
       le front des serviteurs de notre Dieu. »       <br />
           Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau :       <br />
       ils étaient cent quarante-quatre mille,       <br />
       de toutes les tribus des fils d’Israël.       <br />
              <br />
           Après cela, j’ai vu :       <br />
       et voici une foule immense,       <br />
       que nul ne pouvait dénombrer,       <br />
       une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.       <br />
       Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau,       <br />
       vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.       <br />
           Et ils s’écriaient d’une voix forte :       <br />
       « Le salut appartient à notre Dieu       <br />
       qui siège sur le Trône       <br />
       et à l’Agneau ! »       <br />
           Tous les anges se tenaient debout autour du Trône,       <br />
       autour des Anciens et des quatre Vivants ;       <br />
       se jetant devant le Trône, face contre terre,       <br />
       ils se prosternèrent devant Dieu.       <br />
           Et ils disaient :       <br />
       « Amen !       <br />
       Louange, gloire, sagesse et action de grâce,       <br />
       honneur, puissance et force       <br />
       à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »       <br />
           L’un des Anciens prit alors la parole et me dit :       <br />
       « Ces gens vêtus de robes blanches,       <br />
       qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »       <br />
           Je lui répondis :       <br />
       « Mon seigneur, toi, tu le sais. »       <br />
       Il me dit :       <br />
       « Ceux-là viennent de la grande épreuve ;       <br />
       ils ont lavé leurs robes,       <br />
       ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6)       <br />
       R/ Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face, Seigneur. (cf. Ps 23, 6)       <br />
              <br />
       Au Seigneur, le monde et sa richesse,       <br />
       la terre et tous ses habitants !       <br />
       C’est lui qui l’a fondée sur les mers       <br />
       et la garde inébranlable sur les flots.       <br />
              <br />
       Qui peut gravir la montagne du Seigneur       <br />
       et se tenir dans le lieu saint ?       <br />
       L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,       <br />
       qui ne livre pas son âme aux idoles.       <br />
              <br />
       Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,       <br />
       et de Dieu son Sauveur, la justice.       <br />
       Voici le peuple de ceux qui le cherchent !       <br />
       Voici Jacob qui recherche ta face !       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Nous verrons Dieu tel qu’il est » (1 Jn 3, 1-3)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Jean       <br />
              <br />
       Bien-aimés,       <br />
           voyez quel grand amour nous a donné le Père       <br />
       pour que nous soyons appelés enfants de Dieu       <br />
       – et nous le sommes.       <br />
       Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :       <br />
       c’est qu’il n’a pas connu Dieu.       <br />
           Bien-aimés,       <br />
       dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,       <br />
       mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.       <br />
       Nous le savons : quand cela sera manifesté,       <br />
       nous lui serons semblables       <br />
       car nous le verrons tel qu’il est.       <br />
           Et quiconque met en lui une telle espérance       <br />
       se rend pur comme lui-même est pur.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
              <br />
       « Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)       <br />
              <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Venez à moi,       <br />
       vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,       <br />
       dit le Seigneur,       <br />
       et moi, je vous procurerai le repos.       <br />
       Alléluia. (Mt 11, 28)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           voyant les foules, Jésus gravit la montagne.       <br />
       Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.       <br />
           Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.       <br />
       Il disait :       <br />
           « Heureux les pauvres de cœur,       <br />
       car le royaume des Cieux est à eux.       <br />
           Heureux ceux qui pleurent,       <br />
       car ils seront consolés.       <br />
           Heureux les doux,       <br />
       car ils recevront la terre en héritage.       <br />
           Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,       <br />
       car ils seront rassasiés.       <br />
           Heureux les miséricordieux,       <br />
       car ils obtiendront miséricorde.       <br />
           Heureux les cœurs purs,       <br />
       car ils verront Dieu.       <br />
           Heureux les artisans de paix,       <br />
       car ils seront appelés fils de Dieu.       <br />
           Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,       <br />
       car le royaume des Cieux est à eux.       <br />
           Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,       <br />
       si l’on vous persécute       <br />
       et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,       <br />
       à cause de moi.       <br />
           Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,       <br />
       car votre récompense est grande dans les cieux ! »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-la-fete-de-la-Toussaint-Annee-A-Une-grande-nuee-de-temoins_a975.html" />
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  <entry>
   <title>Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B (Marc 10, 17-27) : « Viens et suis-moi »</title>
   <updated>2018-10-07T21:48:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-28e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-B-Marc-10-17-27-Viens-et-suis-moi_a667.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/8334592-13055953.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-10-06T20:00:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie par Mgr Hermann Giguère P.H., Séminaire de Québec, pour le 28e dimanche du temps ordinaire 11 octobre 2015 Année B Textes: Sagesse 7, 7-11, Hébreux 4, 12-13 et Marc 10, 17-27     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/8334592-13055953.jpg?v=1443705216" alt="Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B (Marc 10, 17-27) : « Viens et suis-moi »" title="Homélie pour le 28e dimanche du temps ordinaire Année B (Marc 10, 17-27) : « Viens et suis-moi »" />
     </div>
     <div>
      J'ai été fasciné par une icône d'un couvent de Roumanie qui illustre la scène du jeune homme riche de l'Évangile de façon percutante. On voit ce dernier au milieu du groupe qui tourne le dos à Jésus et qui s'en va en conduisant un immense chameau. [Note pour les internautes : c'est cette icône qui est reproduite ici avec la permission des responsables du site internet où je l'ai trouvée] Pour aborder cette scène bien connue de l'Évangile, j'ai pensé vous décrire plus en détail l'icône dont je viens de parler en ajoutant quelques réflexions. Dans la tradition orientale, l'icône raconte toujours une histoire pour nourrir la foi et la piété des fidèles. Reprenons les principaux éléments de cette mise en scène.       <br />
              <br />
       I - <span style="font-style:italic">Les personnages de l'icône du jeune homme riche</span>       <br />
              <br />
       À droite dans l'icône, il y a trois personnages dont l'un est plus jeune et sans barbe alors que les deux dont la chevelure est blanche portent la barbe. Ce sont manifestement des apôtres qui suivent Jésus en route vers Jérusalem dont on voit les murs dans le fond de l'icône. Si on voulait  les nommer à partir de cette présentation on les identifierait comme Pierre et son frère André qui furent les premiers à suivre Jésus tandis que le plus jeune représenterait saint Jean. Ce qui est intéressant dans la représentation c'est l'attitude de chacun qui pour nous est une invitation à nous mettre à l'écoute des paroles de Jésus. Le personnage qui est le plus proche de Jésus a les mains ouvertes et le regarde dans une attitude d'accueil manifeste. Le second qui est le plus jeune a aussi une main ouverte tandis que le troisième a la main droite levée en l'air non pour se protéger mais pour appuyer, peut-on penser, les paroles de Jésus.        <br />
              <br />
       Au centre de l'icône, on voit Jésus entouré de lettres en grec signifiant  « Jésus Christ Sauveur » . Jésus est présenté dans une attitude d'enseignant, de maître. Il a la main droite qui semble faire un mouvement comme pour indiquer le chemin et dans la main gauche on voit un fil et une aiguille référant aux paroles de Jésus « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ».  Enfin à la gauche de l'icône, nous voyons le jeune homme riche conduisant un gros chameau et tournant le dos à Jésus et aux apôtres. C'est l'illustration parfaite du  « il s'en alla tout triste » .       <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">Le message de Jésus enseignant</span>       <br />
              <br />
       Je pense qu'on peut se laisser toucher par une telle représentation parce qu'elle nous met devant les  yeux non seulement le récit de l'Évangile, mais aussi parce qu'elle nous permet d'en dégager le message essentiel.       <br />
              <br />
       Suivre Jésus est une histoire de relations  dans le quotidien de la vie. L'image nous montre les personnages sur la route en marche vers Jérusalem. Notre histoire personnelle est une marche dans la foi qui ne nous donne pas toutes les réponses mais qui nous conduit dans la bonne direction. Cependant comme Jésus le dit ici au jeune homme riche, il y a un choix à faire :  « Viens, suis-moi » .        <br />
              <br />
       Ce choix n'est pas facile. Les biens matériels sont pour plusieurs un obstacle important. Jésus le souligne de façon paradoxale par l'image du riche qui devrait se faire petit au point de passer par le trou d'une aiguille. Autant dire, mission impossible. Et la suite de l'Évangile va dans le même sens. Jésus invite à quitter à cause de lui et de l'Évangile une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une patrie.       <br />
              <br />
       Comment entendre ce message percutant? On peut le mettre sur le plan du langage qui utilise des hyperboles, des mots forts pour asseoir le message. Peut-être est-ce le cas, ici. Mais joint à la scène du jeune homme riche qui a  présenté à Jésus une vie correcte et pieuse, il nous interpelle et nous force à faire un pas de plus.       <br />
              <br />
       On ne peut échapper ici à la radicalité de l'Évangile. Plusieurs saints et saintes l'ont vécue à fond comme saint François d'Assise. Mais la question se pose :  « est-ce la voie à suivre pour tous les chrétiens? Que deviendraient alors la famille, les enfants, l'amour conjugal, la solidarité avec ses frères et sœurs, les ressources matérielles pour l'annonce de l'Évangile etc. »  Le présent synode sur la famille serait-il nul et non avenu? Toute une question qui demande une mise en perspective.       <br />
              <br />
       III - <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       Mon apport dans cette homélie c'est de vous inviter à demander à l'Esprit que vous avez reçu au baptême de vous indiquer votre voie personnelle, votre vocation personnelle. En effet, je pense que les paroles de Jésus ne sont pas à mettre de côté, mais elles invitent à un choix sage et clair pour le suivre.  « Nous avons tout quitté pour te suivre » .       <br />
              <br />
       Le « tout quitté » se joue sur plusieurs plans famille, richesses, société etc. mais cela ne veut pas dire que chaque fidèle a le même appel et la même vocation. Donc son rapport aux richesses, à la famille, à la société variera selon sa vocation. Autre est la vocation d'une carmélite, d'un religieux, d'un couple, d'une famille, d'un professionnel ou d'un ouvrier etc. Le concile Vatican II nous enseigne avec raison que la vocation à la sainteté est universelle et que celle-ci peut se réaliser  quelle que soit notre situation dans le monde. Il dit au chapitre V numéro 41 dans la Constitution sur l'Église promulguée en 1964 :   « Tous les fidèles donc se sanctifieront davantage chaque jour dans leur condition, dans les devoirs de leur état ou les circonstances de leur vie ... à condition de tout accueillir avec foi de la main du Père céleste et de coopérer avec la volonté divine en manifestant à tous, dans l’accomplissement de leur tâche temporelle, la charité dont Dieu a aimé le monde » .       <br />
              <br />
       On a toujours dans l'Église, avec raison, reçu les appels de Jésus au détachement et à la radicalité comme un idéal qui ne pouvait se séparer de la vocation particulière à laquelle l'Esprit invitait les personnes dans leur cheminement de vie et dans leur situation.       <br />
               <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       En conclusion, retenons que le  « Viens et suis-moi »  adressé au jeune homme riche est aussi adressé à chacun et chacune d'entre nous. Nous sommes invités à y répondre selon notre vocation propre  en écoutant ce que l'Esprit nous inspire comme je l'ai noté plus haut. Ce qui est important c'est la réponse à ce  « Viens et suis-moi » . Quelle est-elle déjà dans notre vie? Que pourrait-elle être pour être encore plus totale et même plus radicale? C'est à nous d'y répondre au lieu de tourner le dos et de nous en aller tout tristes   « avec notre chameau » .       <br />
              <br />
       Que cette Eucharistie, mette en nous cette sagesse dont parle la première lecture dont la clarté ne s'éteint pas et qui peut nous guider sûrement dans notre réponse à l'invitation de Jésus qui retentit toujours. Faisons cette prière :  «  Père, heureux et heureuses ceux et celles qui reçoivent de toi la Sagesse! Donne-nous de la reconnaître à l'œuvre dans nos vies et dans le monde et viens par ton Esprit Saint nous indiquer les moyens concrets de répondre aux appels de l'Évangile et marcher à la suite de ton Fils, Jésus ».        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère  P.H.       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       6 octobre 2015</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
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   </content>
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  <entry>
   <title>Entrevue avec le directeur du Centre d'animation François de Laval: monsieur Jean Duval</title>
   <updated>2015-06-18T22:49:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Entrevue-avec-le-directeur-du-Centre-d-animation-Francois-de-Laval-monsieur-Jean-Duval_a640.html</id>
   <category term="Actualités et documents" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/7668817-11856139.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-04-11T20:02:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Duval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis quatre ans, Jean Duval dirige le Centre d'animation François-De Laval mis sur pied par le Séminaire de Québec à la Basilique Cathédrale Notre-Dame de Québec en 1992 lors du transfert du corps de saint François de Laval dans un nouveau tombeau.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/7668817-11856113.jpg?v=1428776803" alt="Entrevue avec le directeur du Centre d'animation François de Laval: monsieur Jean Duval" title="Entrevue avec le directeur du Centre d'animation François de Laval: monsieur Jean Duval" />
     </div>
     <div>
      Je remercie monsieur Duval de sa disponibilité et de son soutien. C'est lui qui m'a secondé dans la publication de mon livre sur les <a class="link" href="http://www.hgiguere.net/Nouveau-volume-Ecrits-spirituels-de-Francois-de-Laval-par-Mgr-Hermann-Giguere_a592.html">Écrits spirituels de saint François de Laval</a>.        <br />
              <br />
       Monsieur Jean Duval est marié et il est père de trois enfants. Il est diplômé en théologie de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval. Au sortir de ses études en théologie, il a travaillé dans sa région natale comme agent de pastorale laïc à Saint-Georges de Jonquière, pour ensuite rejoindre sa douce à Québec comme agent pour la région pastorale des Laurentides. Le Patro de Charlesbourg l'a ensuite recruté pour le secteur des jeunes adultes, adultes et le secteur communautaire et pastorale.         <br />
              <br />
       Par la suite, il a oeuvré en paroisse à Saint-Charles-Borromée (Charlesbourg) puis il a accepté en 2009, dans le sillage de de l'Année jubilaire soulignant le 300e anniversaire du décès de saint François de Laval et le 350e de sa consécration de comme évêque à l'église saint Germain de Près à Paris, d'entrer au service du Centre d'animation François-De Laval comme directeur adjoint et il en est devenu le directeur en 2012.        <br />
              <br />
       Il a apporté une contribution non négligeable à la rédaction de la <a class="link" href="http://www.carrefourkairos.net/lav_canonisation_positio_relator.htm">Positio</a> pour la <a class="link" href="http://www.hgiguere.net/Canonisation-de-notre-fondateur-Francois-de-Laval-attendue-pour-le-2-avril-2014_a586.html">canonisation équipollente </a> de saint François de Laval le 3 avril 2014 ( lire les notes du cardinal Amato à la fin de l'article).       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/7668817-11856139.jpg?v=1428800648" alt="Entrevue avec le directeur du Centre d'animation François de Laval: monsieur Jean Duval" title="Entrevue avec le directeur du Centre d'animation François de Laval: monsieur Jean Duval" />
     </div>
     <div>
      <b>HG  -  Bonjour Jean voici quelques questions que j'aimerais te poser. Je te remercie de cette contribution.  La première : Comment as-tu connu saint François de Laval?       <br />
       </b>       <br />
       <b>JD -</b> C’est lorsque l’on m’a engagé comme adjoint à la direction du <a class="link" href="http://www.francoisdelaval.com">Centre d'animation François-De Laval</a> en 2009 que j’ai été happé par la grandeur d’âme et de cœur de cet homme. J’étais loin de me douter du cadeau que l’on me faisait de le découvrir à une période où je songeais à une réorientation professionnelle. En effet, je ne retrouvais plus cette motivation essentielle à la fonction d’agent de pastorale. Je souffrais d’un cas de conscience, celui de ce que j’appelais à l’époque, le syndrome de saint Paul : « Annoncer l’Évangile n’est pas pour moi un titre de gloire ; c’est une nécessité qui m’incombe. Oui malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile! ». (1 Co 9,15) J'ai retrouvé chez François de Laval un modèle pour persévérer.       <br />
              <br />
       <b>HG - Qu'est-ce que t'apporte saint François de Laval comme chrétien engagé?</b>       <br />
              <br />
       <b>JD - </b>Avec François de Laval, j’ai découvert le parfait équilibre entre l’homme et le croyant : être  déterminé sans être extrémiste; approfondir une spiritualité et demeurer pragmatique, devenir audacieux en demeurant sage, aller « à toutes rencontres » sans se disperser, etc. Avec lui j’ai retrouvé une grande motivation, mon « cœur et mon tout ». Maintenant, plus je le fréquente, plus il m’éduque aux attitudes du croyant. Tout récemment, j’ai découvert à la lecture du livre Écrits spirituels de François de Laval, son humilité et son abandon réel à la Providence par sa grande gratitude envers la vie et notre Dieu : « Dieu me fait la grâce...  de recevoir de vos nouvelles, (...) de vous connaître, (...) de m’envoyer de petites croix, (...) de me permettre de, (...) de regarder tout ce qui m’arrive, etc. Depuis, je m’efforce à développer cette reconnaissance à tout moment et je vous avoue que cela me fait beaucoup de bien. Comme lui, je peux dire que Dieu me fait la grâce d’être au cœur du Vieux-Québec, au berceau de la colonie et de la foi catholique en terre d’Amérique. Je frisonne encore à fréquenter les lieux, les grandes institutions et leurs gens, qui ont façonné notre histoire. Quelle fierté pour moi d’être associé au Séminaire de Québec, témoin et acteur de notre histoire civile et religieuse.        <br />
              <br />
       Le plus merveilleux, c’est de pouvoir me recueillir régulièrement au tombeau de saint François de Laval. J’y retrouve là mon inspiration pour « mener le bon combat », de saint Paul. Et contrairement à mes prétentions passées, j’ai découvert que sa grandeur dépasse largement le fait d’être le premier des évêques de Québec : Louis XIV avait bien raison de confier au pape Alexandre VII dans une lettre de recommandation en 1657 : « nous pouvons dire qu'il serait difficile de commettre le soin d'un si vaste pays, à quelqu'un qui s'en pût mieux acquitter que lui ».       <br />
       <b>       <br />
       HG - Quelles seront, selon toi, les retombées de  la canonisation de François de Laval?</b>       <br />
              <br />
       <b>JD -</b> Les retombés se font déjà sentir. La <a class="link" href="http://www.hgiguere.net/Francois-de-Laval-declare-saint-par-le-pape-Francois_a587.html">canonisation de saint François de Laval le 3 avril 2014</a> a suscité un vif intérêt dans le domaine culturel, touristique et pastoral; principalement au Québec et au Canada anglais mais aussi dans le monde. On le ne connaît pas du tout et on le connaît très mal.  Heureusement que nous avions commencé à rajeunir et bonifié sa biographie.       <br />
              <br />
       Je constate que depuis sa canonisation, plusieurs jeunes adultes dans la vingtaine et trentaine désirent le découvrir. Et une nouveauté, de plus en plus de jeunes familles viennent se recueillir à son tombeau.        <br />
       Les demandes d’intercession ont augmenté considérablement et 80 % d’entre elles concernent la famille. C’est curieux et heureux, surtout lorsque l’on connaît toute la dévotion de François de Laval pour la Sainte Famille.       <br />
              <br />
       C’est ce qui me convainc à le faire connaître davantage, c’est que sa détermination et sa persévérance sauront inspirer les femmes et les hommes d’aujourd’hui dans la poursuite de la mission de l’annonce de la Bonne Nouvelle et de l’édification d’un monde meilleur. Beaucoup trouveront en lui force et courage pour relever les défis qui se présenteront. La difficulté que connait présentement l’Église canadienne à couvrir de grands territoires avec peu de ressources ressemble étrangement à celle rencontrée par notre premier évêque. Il a trouvé une solution originale, nous permettant d’innover et d’oser nous aussi.       <br />
              <br />
       Pour toutes ces raisons, la canonisation de François de Laval ne peut pas être envisagée comme l’aboutissement d’une longue démarche. Loin de nous démobiliser, cette reconnaissance par l’Église universelle devrait être un encouragement à continuer la belle aventure humaine et spirituelle qu’il a entreprise en 1659 auprès des gens de ce pays. Il faut continuer la recherche et l’étudier afin d’extraire tout l’essence de ce qui l’a tant animé. Nous en avons encore pour plusieurs années. Saint François de Laval saura nous aidé à voir grand et à croire avec optimisme en l’avenir de notre Église.       <br />
              <br />
       Visitez le très beau site du  <a class="link" href="http://www.francoisdelaval.com">Centre d'animation François-De Laval </a>. Très riche et entretenu avec régularité. À voir!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">11 avril 2015</span>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>« L'esprit de douceur, de charité et de zèle apostolique » de saint François de Sales - Homélie pour sa fête en 2010</title>
   <updated>2010-06-29T02:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/L-esprit-de-douceur-de-charite-et-de-zele-apostolique-de-saint-Francois-de-Sales-Homelie-pour-sa-fete-en-2010_a324.html</id>
   <category term="Homélies" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/1846402-2522535.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-01-29T14:18:00+01:00</published>
   <author><name>Mgr Paul Lortie</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour la fête de saint François de Sales, patron secondaire du Séminaire de Québec (24 janvier), par Mgr Paul Lortie, évêque auxiliaire à Québec, célérée de façon différée en la chapelle du Séminaire le 27 janvier 2010. Textes de l'Écriture :Deutoronome 6, 3-9 et Mathieu 11, 25-30.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/1846402-2522535.jpg?v=1289459878" alt="« L'esprit de douceur, de charité et de zèle apostolique » de saint François de Sales - Homélie pour sa fête en 2010" title="« L'esprit de douceur, de charité et de zèle apostolique » de saint François de Sales - Homélie pour sa fête en 2010" />
     </div>
     <div>
      Dans l’évangile, Jésus dit : « Père, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté » (Mt 11, 25-26). En cette fête de saint François de Sales, ayons un cœur d’enfant pour découvrir le grand amour de Dieu dans notre vie personnelle. Laissons-nous toucher par la vie exemplaire de François de Sales.        <br />
              <br />
       Né en 1567 en Savoie, près d’Annecy, ses parents lui offrent de poursuivre de solides études de philosophie, de théologie et de droit. A 26 ans, il est ordonné prêtre. Face à Calvin qui, depuis 28 ans, s’imposait avec tant de puissance, François devient un témoin et un défenseur de la foi de l’Église. Son intelligence, son équilibre, sa bonté, son humilité et sa douceur ont permis le retour à la foi catholique de beaucoup de fidèles.       <br />
              <br />
       Sa douceur a été l’un des traits dominants de sa riche personnalité. La liturgie du jour le souligne avec à-propos : à la prière d’ouverture, nous avons prié : « Fais que soutenus par l’exemple de François, nous donnions une preuve de ta douce charité en nous dévouant pour nos sœurs et nos frères » et à la prière après la communion, je prierai en votre nom : « Dieu tout-puissant, accorde-nous d’imiter la douceur et la charité de saint François ». En s’appuyant sur la grâce de Dieu, François a réussi à obtenir une meilleure maîtrise de son tempérament. Il écrit : « j’ai fait un traité avec moi-même de ne jamais parler quand je me sens touché de colère ».  Il n’est pas surprenant que toutes ses relations humaines ont été imprégnées de cordialité, de bonté, de tendresse et de douceur. Ses propos inspirants mettent en lumière que le fondement de la religion est basé sur l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Un feu d’amour brûlait le cœur de ce grand apôtre. Que les paroles de ce pasteur rempli de mansuétude touchent notre cœur : « il n’est rien d’impossible à l’amour »; « Donnez-vous à Jésus sans partage et il se donnera à vous sans mesure »; « Le monde est né de l’amour, il est soutenu par l’amour, il va vers l’amour et il entre dans l’amour ». Ces pensées profondes s’inspirent d’un cœur imprégné par la Parole de Dieu. François s’inscrit dans la dynamique du livre du Deutéronome, où le peuple de Dieu, sous le gouvernement de Moïse, prend conscience que son histoire est une histoire sainte, une histoire sacrée, une histoire d’amour : Dieu fait alliance avec son peuple : « Écoute Israël, [écoute Église du Christ à Québec], le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute âme et de toute ta force » (Dt 6, 4-5).        <br />
              <br />
       Un deuxième trait de son ministère pastoral a été de travailler à la formation des laïcs et de leur proposer une spiritualité adaptée à leur condition de vie. Il écrit dans son introduction à la vie dévote : « La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée; et non seulement cela, mais il faut accommoder la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier » et il ajoute : « Où que  nous soyons nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite » Liturgie des Heures, I, p. 1363. Cet ardent témoin de la foi a été un messager zélé et constant pour mettre à la portée des laïcs la richesse de la Parole de Dieu et de celle du magistère de l’Église. Sa largeur de vue, son souci du concret et son amour contagieux ont permis à bien des fidèles de vivre une relation amoureuse avec le Seigneur et de développer un grand amour du prochain. Il a proposé aux chrétiens une voie de sainteté sûre, facile et douce, tout imprégnée de son expérience spirituelle avec Jésus doux et humble de cœur (Mt 11, 30).        <br />
              <br />
       En cette année sacerdotale où l’Église universelle propose un renouveau spirituel des prêtres et des évêques et une promotion dynamique, fidèle et audacieuse des vocations consacrées et sacerdotales par tous les baptisés, il me semble que la grande figure de saint François de Sales demeure une source d’inspiration et d’engagement. Ne serait-ce que toutes nos relations humaines soient imprégnées de douceur et de bonté à l’exemple de Jésus qui est doux et humble de cœur.  Pouvons-nous suivre l’exemple de François de Sales qui a laissé de nombreux écrits. Osons écrire notre récit de vocation de baptisé, de prêtre ou de consacré. Faites-vous ce cadeau pour rendre grâce au Seigneur qui vous a aimés personnellement et vous a choisis pour une mission particulière. Découvrez par votre histoire sacrée comment la Parole de Dieu a séduit votre cœur, et comment de fidèles témoins de la foi ont influencé votre cheminement spirituel et vocationnel. Partagez vos récits entre vous et surtout faites cette confidence à des jeunes adultes pour les aider à discerner plus facilement des signes de la présence de Dieu dans leur vie. Moi-même, j’ai vécu cette expérience et j’ai vécu une belle expérience spirituelle. Irons-nous jusqu’à publier un livre? L’avenir nous le dira!       <br />
               <br />
              <br />
       En poursuivant notre Eucharistie, prenons conscience du précieux héritage spirituel accordé au Séminaire de Québec d’avoir comme second patron François de Sales grâce à l’heureuse initiative de Mgr de St-Vallier en 1698, année de l’établissement des missions du Séminaire de Québec au Mississipi. Aujourd’hui, non seulement nous écrivons une autre page de cette histoire sainte, mais nous affirmons publiquement que le Christ est toujours vivant et qu’il prend soin de nous. Nous nous unissions à la foi de nos ancêtres pour prier humblement François de Sales de nous accorder l’esprit de douceur, de charité et de zèle apostolique dont son âme était remplie et sollicitons sa bénédiction sur notre ministère sacré. 	 Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Paul Lortie       <br />
       Évêque auxiliaire à Québec       <br />
              <br />
       le 27 janvier 2010</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/L-esprit-de-douceur-de-charite-et-de-zele-apostolique-de-saint-Francois-de-Sales-Homelie-pour-sa-fete-en-2010_a324.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>François de Laval : pasteur et mystique</title>
   <updated>2012-05-08T03:23:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Francois-de-Laval-pasteur-et-mystique_a64.html</id>
   <category term="Allocutions et conférences" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/472703-579213.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-10-18T03:50:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
2e colloque Raison et Mystère chrétien 14-15 octobre 2006-09-23 Montréal – Fraternités monastiques de Jérusalem NOS FONDATEURS SPIRITUALITÉ ET SAINTETÉ. Conférencier : Mgr Hermann Giguère ptre, p.h. Supérieur général du Séminaire de Québec et professeur titulaire de l’Université Laval à la retraite, samedi le 14 octobre 2006.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/472703-579213.jpg?v=1289459897" alt="François de Laval : pasteur et mystique" title="François de Laval : pasteur et mystique" />
     </div>
     <div>
      Cet essai sans prétention m’a été inspiré en partie par l’Année jubilaire qui a été décrétée par le cardinal Ouellet le 25 septembre dernier pour célébrer en 2008 le 300e anniversaire du décès de François de Laval le 6 mai 1708 et le 350e anniversaire de son ordination épiscopale comme vicaire apostolique de la Nouvelle-France le 8 décembre 1658. Cette Année jubilaire François de Laval 2008 s’inscrira dans le cadre des Fêtes du 400e anniversaire de Québec. Le comité organisateur de l’Année jubilaire veut durant cette année-là revisiter et rajeunir l’image de François de Laval en insistant sur l’audace apostolique d’un jeune évêque de 36 ans qui part comme missionnaire dans des terres inconnues, qui y passera cinquante ans en service pastoral et où il s’éteindra à l’âge vénérable de 85 ans. 

<DIV align="justify">

<div class=Section1>

<p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:22.5pt;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><u><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>Plan<o:p></o:p></span></font></u></p>


<p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:0.5pt;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>Préambule<o:p></o:p></span></font></p>



<p class=MsoNormal style='margin-left:22.5pt;text-align:justify;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>1.0<span
style='mso-spacerun:yes'>   </span>Le chemin de la
« désappropriation »<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-left:45.0pt;text-align:justify;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>1.1<span
style='mso-spacerun:yes'>   </span>Le mouvement essentiel à l’émergence d’un
sujet mystique<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-left:45.0pt;text-align:justify;mso-layout-grid-align:
none;text-autospace:none'><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>1.2<span
style='mso-spacerun:yes'>   </span>Le parcours de François de Laval</span></font><span
lang=FR-CA style='mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'><o:p></o:p></span></p>


<p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:22.3pt;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>2.0<span
style='mso-spacerun:yes'>   </span>Un abandon « mystique » <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-left:22.3pt;text-align:justify;text-indent:
22.3pt;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:
bold'>2.1<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>L’abandon à Dieu de François
de Laval<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-left:22.3pt;text-align:justify;text-indent:
22.3pt;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:
bold'>2.2<span style='mso-spacerun:yes'>  </span><span
style='mso-spacerun:yes'> </span>L’empreinte mystique permanente dans le sujet<o:p></o:p></span></font></p>


<p class=MsoNormal style='margin-left:45.0pt;text-align:justify;text-indent:
-22.5pt;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:
bold'>3.0 <span style='mso-spacerun:yes'> </span>Bien-fondé de cette relecture
de l’itinéraire spirituel de François de Laval<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-left:22.3pt;text-align:justify;text-indent:
22.3pt;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:
bold'>3.1<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>Les sens du mot mystique<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-left:22.3pt;text-align:justify;text-indent:
22.3pt;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:
bold'>3.2<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>Mystique et
écrivains/écrivaines mystiques<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-left:67.5pt;text-align:justify;text-indent:
-22.5pt;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:
bold'>3.3 <span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Mystique et sainteté<o:p></o:p></span></font></p>


<p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:22.3pt;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>Conclusion <o:p></o:p></span></font></p>


<p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:22.3pt;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>Le
14 octobre 2006<o:p></o:p></span></font></p>

<font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;font-family:
"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:
FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'><br
clear=all style='page-break-before:always'>
</span></font>

<HR>


<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:6.0pt;
margin-left:0in;text-align:justify;text-indent:.5in;line-height:150%;
tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
mso-bidi-font-weight:bold'>La préparation de l'Année jubilaire François de Laval 2008 conjuguée à des recherches que j’avais
entreprises en 1981 pour un article de la revue <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Communio<a
style='mso-footnote-id:ftn1' href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><b style='mso-bidi-font-weight:normal'><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA;font-weight:bold;mso-bidi-font-weight:normal'>[1]</span></font></sup></b></span><![endif]></span></sup></span></a></span></i>
où je tentais de brosser les articulations de la spiritualité vécue par le
bienheureux François de Laval, béatifié le 20 juin 1980 par le pape Jean-Paul
II, recherches <span style='mso-spacerun:yes'> </span>que j’ai reprises dans un
article de la revue <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Cap-aux-Diamants<a
style='mso-footnote-id:ftn2' href="#_ftn2" name="_ftnref2" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><b style='mso-bidi-font-weight:normal'><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA;font-weight:bold;mso-bidi-font-weight:normal'>[2]</span></font></sup></b></span><![endif]></span></sup></span></a></span></i>
et dans mon livre sur François de Laval dans la collection <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>L’expérience
de Dieu<a style='mso-footnote-id:ftn3' href="#_ftn3" name="_ftnref3" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><b style='mso-bidi-font-weight:normal'><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA;font-weight:bold;mso-bidi-font-weight:normal'>[3]</span></font></sup></b></span><![endif]></span></sup></span></a></span></i>
dirigée par Fernand Ouellet m’a incité à relire l’itinéraire spirituel de
François de Laval et à en proposer une interprétation nouvelle au risque de
bousculer des images anciennes et bien ancrées. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=4
face="Times New Roman"><span style='font-size:14.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>Introduction<o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Le jeune évêque de 36 ans qui
débarquait à Québec le 16 juin 1659 portait en lui une maturité spirituelle
déjà remarquable. Lors d’une conférence du Père Alexandre de Rhodes à Paris en
1653 où celui-ci présentait son travail missionnaire en Asie du sud-est, François
de Laval avait littéralement été subjugué ainsi que quelques amis auxquels il
restera lié toute sa vie. Ce serait une trop longue histoire de les suivre un à
un. Il suffit pour notre propos de<span style='mso-spacerun:yes'> 
</span>savoir que François de Laval se signalait par son ardeur au point où
c’est sur lui que se fixa le choix de la Congrégation « De Propaganda Fide »
comme vicaire apostolique au Tonkin en 1653 sous les recommandations entre
autres de saint Vincent de Paul<a style='mso-footnote-id:ftn4' href="#_ftn4"
name="_ftnref4" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[4]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.
Le jeune homme de 30 ans alors n’eut rien de plus pressé que de se préparer à
ce ministère. Comment le faire ? Ses contacts le menèrent à fréquenter un
groupe guidé par un laïc à Caen en Normandie, Monsieur Jean de Bernières-Louvigny<a
style='mso-footnote-id:ftn5' href="#_ftn5" name="_ftnref5" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[5]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>
qu’il fréquenta de 1654 à 1658. Ces années furent au dire de son premier biographe,
Bertrand de La Tour, une initiation et un apprentissage spirituels qui le
marquèrent pour toute sa vie<a style='mso-footnote-id:ftn6' href="#_ftn6"
name="_ftnref6" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[6]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Pendant cette période,<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>la situation politique et les tracasseries de
tous genres retardaient son départ. Finalement, le 3 juin 1658, la Congrégation
« De Propaganda Fide » par l’intermédiaire d’Anne d’Autriche et
de concert avec le roi Louis XIV demanda au jeune François d’accepter de se
diriger vers la Nouvelle-France où les jésuites, missionnaires avant tout, désiraient
qu’un évêque et des prêtres diocésains prennent en charge le service pastoral
des gens établis sur place : colons, marchands, commerçants, militaires et
communautés religieuses féminines. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>François de Laval issu du Collège
de La Flèche<a style='mso-footnote-id:ftn7' href="#_ftn7" name="_ftnref7"
title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><span class=MsoFootnoteReference><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[7]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>
fondé par Henri IV en 1604 après le <span
style='mso-spacerun:yes'> </span>retour des jésuites en France l’année
précédente leur paraissait le candidat idéal. Il était imprégné de l’esprit qui
animait la Compagnie de Jésus, ouvert aux tendances nouvelles et solidement
formé en philosophie et en théologie qu’il avait étudiées au Collège de
Clermont à Paris. Que faire devant cette demande ? François se décida tout
de go : « Servir en Asie ou en Nouvelle-France » qu’importait,
puisque l’appel venait de la même source.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Disponible, il reçut l’ordination
épiscopale le 8 décembre 1658 dans une chapelle aujourd’hui disparue de
l’Abbaye St-Germain-des-Prés à Paris <span style='mso-spacerun:yes'> </span>et il
s’embarqua pour Québec le 12 avril 1659.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:0in 31.5pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>C’est à partir de ce point de
départ où on rencontre un homme encore jeune rempli de rêves et d’audace évangélique
ayant déjà acquis une forte identité spirituelle que nous proposerons une
lecture nouvelle de son itinéraire spirituel. François de Laval a été mêlé à tant
de questions controversées, de querelles même, que celles-ci ont retenu
longuement l’attention des historiens. Son itinéraire personnel de croyant n’a
pas suscité le même intérêt. À la décharge des historiens qui ont précédé, <span
style='mso-spacerun:yes'> </span>il faut dire que François de Laval ne leur a
pas rendu la tâche facile. Les traces de ses grâces personnelles sont peu nombreuses
quoique très éclairantes. Les écrits spirituels sont minimes si on le compare à
ceux de sa contemporaine Marie de l’Incarnation</span><a style='mso-footnote-id:
ftn8' href="#_ftn8" name="_ftnref8" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[8]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a><span
style='mso-bidi-font-weight:bold'>.<o:p></o:p></span></font></p>


<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:0in 31.5pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>D’où la question qui m’a habité
tout au long de ma réflexion préparatoire à cet exposé : faut-il réserver
la vie mystique et les états mystiques aux écrivains mystiques ? Pourquoi
le bienheureux François de Laval ne ferait pas partie de la famille des
mystiques chrétiens ? En effet, le baptisé doit-il choisir entre « être
mystique » et « être <u>un </u>ou <u>une</u><span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>mystique » ? De là le titre de cet
exposé : François de Laval : pasteur et mystique. Essayons de suivre
avec les moyens que nous avons un itinéraire mystérieux où un sujet mystique émerge
et se constitue.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:0in 31.5pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Notre parcours se fera en trois
temps. Nous commencerons par situer le chemin de « désappropriation »
qu’a suivi François de Laval, chemin essentiel à l’émergence d’un sujet
mystique, puis en second lieu nous verrons apparaître et se consolider ce sujet
mystique chez François de Laval à travers un « pur abandon » qui a toutes
les caractéristiques d’un passage aux états mystiques plus élevés et, enfin,
nous verrons le bien-fondé de cette nouvelle lecture de l’itinéraire spirituel
de François de Laval qui nous posera la question de l’appel à la vie mystique.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=4
face="Times New Roman"><span style='font-size:14.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>1.0<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>Le chemin de la
« désappropriation »<o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Les
auteurs anciens devant les détachements, les déracinements et les purifications
qu’ils observaient chez François de Laval les ont lus sur le registre de
l’ascèse, de la mortification, de l’austérité. Ils n’en ont retenu, hélas! que
le caractère moral sans<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>voir que leur
signification pouvait se lire sur un autre registre : celui du
déracinement nécessaire au passage aux états mystiques, celui des purifications
actives et passives du sens et de l’esprit pour reprendre le vocabulaire de
Jean de la Croix et de l’école carmélitaine de spiritualité. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'><o:p> </o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'><o:p> </o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>1.1<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>Le mouvement
essentiel à l’émergence d’un sujet mystique<o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:6.0pt;line-height:150%'><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;font-family:"Times New Roman"'>Comment se fait l’émergence
d’un sujet mystique? D’après les écrivains mystiques, le développement d’une
expérience mystique débute par un détachement des biens sensibles puis des
biens intelligibles et se caractérise principalement par le retournement
(conversion) vers Dieu, avec lequel la personne souhaite s'unir par les liens
de la charité dans l’ « union d’amour » qui est une union de
volontés où tout ce que Dieu veut la personne le veut sans conditions<a
style='mso-footnote-id:ftn9' href="#_ftn9" name="_ftnref9" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[9]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>. Pour
ce cheminement fait de « nuits » et de « purifications »
qui préparent la réception de cette « grâce » de vivre sa relation à
Dieu sous le mode mystique les étapes sont nombreuses. Thérèse d’Avila les
décrit sous la forme de « Demeures » en employant l’image du « Château
intérieur », tandis que Marie de l’Incarnation les nomme « États
d’oraison ». Les moments d'intensité, reliés très souvent à une conversion
ou à une découverte de Dieu, ressemblent à première vue à des
« expériences mystiques » mais ils n'en sont pas encore. Ils sont des
étapes préparatoires. Le passage à la sphère mystique, selon tous les maîtres
spirituels chrétiens, survient toujours après une période plus ou moins longue
de « nuits » ou de « purifications ». L'expérience
mystique, dans ce sens, est un aboutissement et non un point de départ.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:6.0pt;line-height:150%'><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;font-family:"Times New Roman"'>L'union transformante ou
l’union d’amour désirée par la personne en cheminement n'est effective que si
la foi et la charité sont à la base de ce désir de la personne qui espère la
venue de ce don, de cette grâce. Ainsi, la vie contemplative et la vie
apostolique sont l'une et l'autre des voies par lesquelles la grâce de Dieu
peut opérer et aboutir à l'expérience mystique. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:6.0pt;line-height:150%'><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;font-family:"Times New Roman"'>L’expérience mystique comme
toute expérience spirituelle suit donc un développement fait de passages, de
« nuits » et il n’y a pas de modèle unique. Ainsi, certaines
descriptions qui placent telle ou telle étape avant telle autre ne se vérifient
pas dans tous les cas. Nous en avons un bel exemple dans l’itinéraire mystique
de Marie de l’Incarnation qui ne respecte pas les descriptions que donne saint
Jean de la Croix. En effet, par deux fois après avoir vécu la grâce du
« mariage spirituel », Marie de l’Incarnation expérimente des
« purifications » ou des « nuits » passives<a
style='mso-footnote-id:ftn10' href="#_ftn10" name="_ftnref10" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[10]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>, alors
que dans le schéma de saint Jean de la Croix, celles-ci devraient normalement
précéder le « mariage spirituel ».<span style='mso-bidi-font-weight:
bold'> <span style='mso-spacerun:yes'> </span><o:p></o:p></span></span></font></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:6.0pt;line-height:150%'><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;font-family:"Times New Roman";mso-bidi-font-weight:bold'>Ce
chemin de purifications n’a pas été épargné à François de Laval. Permettez-moi
d’en tracer maintenant le parcours inspiré par la </span></font><span
lang=FR-CA style='mso-bidi-font-weight:bold'>désappropriation<a
style='mso-footnote-id:ftn11' href="#_ftn11" name="_ftnref11" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face=Times><span lang=FR-CA
style='font-size:12.0pt;font-family:Times;mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-bidi-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[11]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.</span><font
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-family:"Times New Roman";
mso-bidi-font-weight:bold'><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;mso-layout-grid-align:
none;text-autospace:none'><b><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;line-height:150%;font-weight:bold'>1.2<span
style='mso-spacerun:yes'>   </span>Le parcours de François de Laval</span></font></b><span
lang=FR-CA style='mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'><o:p></o:p></span></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:
150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>François de Laval situe
la désappropriation sur un plan moral et psychologique d'abord.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>C'est l'abnégation de soi-même selon
l'Évangile, mais dans une perspective de partage et de soutien fraternel. En
effet, même si François de Laval nous a livré peu de choses sur son expérience
intérieure, il ne semble pas exagéré de dire que le chemin de la
désappropriation lui a permis, au témoignage de la bienheureuse Marie de
l’Incarnation, de parvenir à un "sublime degré d'oraison"<a
style='mso-footnote-id:ftn12' href="#_ftn12" name="_ftnref12" title=""><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[12]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:
150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Pour François de Laval
la désappropriation ne réside pas seulement dans ses aspects restrictifs et
privatifs. Elle ouvre un espace de liberté pour le partage et le soutien
mutuel. C'est pour cette raison même que François de Laval va insister sur la
mise en commun des ressources et des biens pour les prêtres de son
Séminaire.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Bertrand de Latour rapporte
ces propos de M. des Maizerets, second supérieur du Séminaire, qui disait que:
"le prélat ne faisait rien de considérable que de concert avec nous
tous.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Nos biens étaient communs avec les
siens.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Je n'ai jamais vu faire parmi
nous aucune distinction du pauvre et du riche, ni examiner la naissance et la
condition de personne, nous regardant tous comme frères"<a
style='mso-footnote-id:ftn13' href="#_ftn13" name="_ftnref13" title=""><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[13]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:
150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>La désappropriation
implique donc toujours un partage matériel en vue de la communion
fraternelle.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>C'est le sens profond de la
donation de ses biens au Séminaire que fit François de Laval en 1680.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Il voulait "que tout le clergé ne fit
qu'une famille" et qu'on ne se départisse jamais "de la
désappropriation qui laisse tout en commun entre les mains du supérieur"<a
style='mso-footnote-id:ftn14' href="#_ftn14" name="_ftnref14" title=""><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[14]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.
Cependant, bien entendu, la désappropriation garde toujours un caractère de
détachement ascétique.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Elle entraîne, en
effet, certaines restrictions et certains renoncements que le bienheureux
François de Laval n'a pas fuis. Le frère Houssart qui fut au service de Mgr de
Laval pendant les vingt dernières années de sa vie se plaît à énumérer les
pratiques concrètes de pénitence du vieil évêque<a style='mso-footnote-id:ftn15'
href="#_ftn15" name="_ftnref15" title=""><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[15]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:
150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Mais au-delà de ces
pratiques, il y a un esprit de dénuement évangélique que François de Laval et
les ecclésiastiques qu'il amène avec lui à Québec en 1659 avaient en
commun.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Ils avaient été formés à l'école
de Monsieur de Bernières à Caen et ils "portèrent dans le Nouveau-Monde
l'esprit qu'ils y avaient pris", dit le premier biographe du bienheureux
François de Laval, Bertrand de Latour<a style='mso-footnote-id:ftn16'
href="#_ftn16" name="_ftnref16" title=""><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[16]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.
Celui-ci parle d'un "grand système de désappropriation" et donne six
maximes spirituelles qui en sont la base.<span style='mso-spacerun:yes'> 
</span>Elles se ramènent à celle-ci: "Nous n'avons pas de meilleur ami que
Jésus-Christ.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Suivons tous ses conseils,
surtout ceux de l'humiliation et de la désappropriation du coeur"<a
style='mso-footnote-id:ftn17' href="#_ftn17" name="_ftnref17" title=""><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[17]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:
150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Dans cette perspective,
la désappropriation ne se limite pas à son côté ascétique, elle porte en
elle-même un jugement de valeur sur la relativité du créé caractéristique du
cheminement mystique<a style='mso-footnote-id:ftn18' href="#_ftn18"
name="_ftnref18" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[18]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.
Monsieur de Bernières avait donné par écrit à ce qu'il appelait l'Ermitage de
Québec ou les frères du Canada des règles dont la première se lit comme suit:
"Dieu est notre centre et notre dernière fin.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Nous sommes créés pour le posséder, non
seulement dans le ciel, mais aussi sur la terre.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Tout le désir de Dieu même est de réunir la
créature au Créateur, séparés par le péché et l'affection aux choses
créées.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>La vie n'est qu'un passage pour
arriver à cette heureuse fin.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Les
Chrétiens ne doivent avoir d'autre objet que de s'écouler en Dieu, comme les
fleuves dans la mer.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>C'est la vérité
fondamentale dont nous devons être fortement persuadés et pénétrés d'une
manière active"<a style='mso-footnote-id:ftn19' href="#_ftn19"
name="_ftnref19" title=""><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[19]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.
On ne peut mieux exprimer ce jugement de valeur sur la relativité du créé. Au
sortir d'une maladie qui avait failli l'emporter, François de Laval réaffirme à
son ami Henri-Marie Boudon (1624-1702) la conviction profonde qui sous-tend son
expérience de Dieu lorsqu'il écrit : "C'est en cet état qu'on reconnaît la
vérité qu'il n'y a que Dieu seul et que tout le reste n'est rien qu'un pur
néant"<a style='mso-footnote-id:ftn20' href="#_ftn20" name="_ftnref20"
title=""><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[20]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:
150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Le bienheureux François
de Laval a tenu toute sa vie à vivre un détachement prononcé qui allait bien
avec son tempérament, mais c'était aussi la conscience très vive de la grandeur
de Dieu qui habitait cette attitude. Pourquoi ne pas y voir l’entrée
progressive dans une voie mystique à laquelle, après bien des purifications, il
s’abandonnera totalement?<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:
150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Dès son arrivée, Marie
de l'Incarnation, à Québec depuis déjà vingt ans, l'avait bien perçu.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Elle écrivait à son fils le 17 septembre
1660: "[Mgr notre Prélat] est infatigable au travail;<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>c'est bien l'homme du monde le plus austère
et le plus détaché des biens de ce monde (...) il est mort à tout cela"<a
style='mso-footnote-id:ftn21' href="#_ftn21" name="_ftnref21" title=""><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[21]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Le jeune évêque est déjà sur un chemin où la
grâce de Dieu pourra se manifester de façon particulière. Le terrain est propice
à l’émergence d’un sujet mystique. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:
150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Poursuivant dans cette
ligne d’interprétation, pouvons-nous aller plus loin et reconnaître le passage
au mode mystique qui assure non seulement l’émergence d’un sujet, mais qui le
confirme et l’établit dans cet état de façon permanente? Voilà maintenant la
question à laquelle je vais tenter d’apporter quelques réponses.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:31.7pt;text-align:justify;text-indent:-31.7pt;line-height:
150%;tab-stops:4.5pt 33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font
size=4 face="Times New Roman"><span style='font-size:14.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>2.0<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>Un abandon
mystique ? <o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>D’entrée de jeu, il faut constater
que dans le cas de François de Laval le passage immédiat aux états mystiques stables
se fait dans un itinéraire de service. Comment alors peut se constituer le
sujet mystique ? Voilà une question que se posait, il y plusieurs années,
le Père Louis Lochet dans un livre où il montrait que l’itinéraire mystique
décrit par Jean de la Croix s’applique totalement à celui de l’apôtre et que
les nuits passives notamment sont le passage obligé de tout apôtre après un
certain nombre d’années sur le terrain<a style='mso-footnote-id:ftn22'
href="#_ftn22" name="_ftnref22" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[22]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>
. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>En effet, écrit Louis Lochet,
l’apôtre ou le pasteur est confronté tôt ou tard au dilemme suivant : ou
il continue de bâtir avec ses moyens humains un monde meilleur ou il accepte de
laisser de côté tous ses appuis humains. Devant ce dilemme, il peut se caser ou
s’activer, mais il peut aussi passer à une phase où il abandonne la direction de
tout au Seigneur. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>2.1<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>L’abandon à Dieu
de François de Laval<o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>L’abandon de l’apôtre n’est pas
sans résonances existentielles (psychologiques, affectives, spirituelles et
intellectuelles). Cet abandon se prépare de longue main dans des nuits liées au
ministère ou au travail apostolique et impose une restructuration de toute la
personne. C’est ce mouvement que je qualifie de mystique. François de Laval l’a
vécu de la façon suivante : profondément imprégné de l’esprit d’abandon
depuis son séjour à Caen où il se situe dans la tendance mystique du « pur
abandon », du « Dieu seul », il développe cette attitude dans de
multiples choix où il accepte les revirements de sa carrière. Qu’en est-il
alors de son « intérieur » ? Peu de traces. Mais il y en a
quelques-unes qui sont des plus parlantes. Permettez-moi d’en citer l’une ou
l’autre.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Dans
les principaux événements de sa vie, François de Laval recherche promptement
leur signification spirituelle soit pour son oeuvre pastorale, soit dans son
itinéraire spirituel personnel.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Il s'en
ouvre à son ami Henri-Marie Boudon auquel il écrit en 1677: "Tout ce que
la main de Dieu fait nous sert admirablement, quoique nous n'en voyions pas
sitôt les effets.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Il y a bien des années
que la Providence conduit cette Église, et nous par conséquent, par des voies
fort pénibles et crucifiantes tant pour le spirituel que pour le temporel.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Pourvu que sa sainte volonté soit faite, il
ne nous importe"<a style='mso-footnote-id:ftn23' href="#_ftn23"
name="_ftnref23" title=""><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[23]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>"Il
y a longtemps que Dieu me fait la grâce de regarder tout ce qui m'arrive en
cette vie comme un effet de sa providence"<a style='mso-footnote-id:ftn24'
href="#_ftn24" name="_ftnref24" title=""><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[24]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Le "fond de l'âme" du bienheureux
François de Laval émerge avec beauté dans cette phrase qui est des plus
révélatrices de son expérience spirituelle. Il l'a laissé tomber dans une
lettre au P. de la Chaize en 1687 au moment où, démissionnaire, il sollicitait
du Roi la permission de revenir au Canada. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Devant
le refus du Roi de le laisser partir pour le Canada en 1687 il écrira: "Il
est bien<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>juste ... que nous ne vivions
que de la vie du pur abandon en tout ce qui regarde au dedans comme au
dehors"<a style='mso-footnote-id:ftn25' href="#_ftn25" name="_ftnref25"
title=""><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[25]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Je reviendrai sur ce texte un peu plus loin.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Et
devant des tensions qui se font jour entre le Séminaire et le nouvel évêque,
Mgr de St-Vallier, l'évêque démissionnaire retenu à Paris se confie ainsi
durant l'automne 1689 à M. Milon du Séminaire des Missions-Étrangères de Paris:
"La Providence de Dieu, qui vous inspire de prendre avec tant de bonté
part à notre peine et à nos intérêts, nous oblige plus particulièrement de nous
abandonner entièrement à son adorable conduite et y mettre toute notre
confiance"<a style='mso-footnote-id:ftn26' href="#_ftn26" name="_ftnref26"
title=""><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[26]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Et il continue: "Vous jugerez bien, mon
cher Monsieur, que s'il y a eu jamais une croix amère pour moi, c'est celle-ci,
puisque c'est l'endroit où j'ai toujours dû être le plus sensible, je veux dire
le renversement du Séminaire, que j'ai toujours considéré, comme en effet qu'il
l'est, comme l'unique soutien de cette Église et tout le bien qui s'y fait (
... ).<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Mais au milieu de toutes ces
agitations, nous ne devons pas nous abattre si les hommes ont du pouvoir pour
détruire, la main de Notre-Seigneur est infiniment plus puissante pour
édifier.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Nous n'avons qu'à lui être
fidèles et le laisser faire"<a style='mso-footnote-id:ftn27' href="#_ftn27"
name="_ftnref27" title=""><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
mso-bidi-font-weight:bold'>[27]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Rappelons
ici, à titre d'exemple, les difficultés causées par son successeur, les deux
incendies du Séminaire (en 1701 et 1705), les infirmités dont il a été affligé
pendant les vingt dernières années de sa vie.<span style='mso-spacerun:yes'> 
</span><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Après
le premier incendie du Séminaire en 1701, le supérieur de Paris témoignera de
la constance qu'ont montrée "nos Messieurs du Canada" et
"surtout Mgr l'ancien Évêque, qui a vu de ses yeux son ouvrage de quarante
ans détruit en peu d'heures, en bénissant Dieu sans verser une larme ni jeter
un soupir, quoiqu'il soit âgé de quatre-vingts ans"<a style='mso-footnote-id:
ftn28' href="#_ftn28" name="_ftnref28" title=""><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[28]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>À
mesure que Mgr de Laval avance en âge, les fruits d'une ouverture amoureuse à
la volonté de Dieu à travers les événements se manifestent dans une constance,
une patience et un abandon qui grandissent.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>Où se situe le passage à l’abandon mystique? </span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>Force nous est de le supposer puisque les écrits n’en font
pas de mention explicite. Il me semble que dans la ligne de l’itinéraire que je
viens de décrire, le passage s’est fait de façon expérimentale lors des
difficultés avec son successeur et avec le Roi au moment de sa démission qui
l’amènent à tout remettre à Dieu et à abandonner tout appui humain. Voir
détruire son œuvre et se voir refuser la permission de revenir en
Nouvelle-France seront pour lui l’occasion d’une remise à Dieu dans la foi pure
et d’un abandon sans retour possible comme dans le cas du mariage spirituel.
L’obscurité et la nuit accompagneront cet abandon, mais ne le remettront jamais
en question. </span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>Je vous cite un des plus beaux textes de François de Laval où
cet état d’âme se révèle avec éclat. Il s’agit d’une lettre écrite aux
directeurs du Séminaire, la communauté de prêtres qu’il avait fondée en 1663.
Il s’ouvre le cœur à ceux-ci qui étaient sa famille spirituelle et qu’il
regardait comme ses frères. Cette lettre est datée du 9 juin 1687. Mgr de Laval
a alors 64 ans et il venait de recevoir la nouvelle que le Roi lui interdisait
de revenir en Nouvelle-France comme il le souhaitait « pour avoir la
consolation de mourir dans le sein de mon Église »<span
class=MsoFootnoteReference><sup> <a style='mso-footnote-id:ftn29' href="#_ftn29"
name="_ftnref29" title=""><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[29]</span></font></sup></span><![endif]></span></a></sup></span>.</span></font><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><font size=2><span style='font-size:10.0pt;
mso-bidi-font-size:12.0pt;line-height:150%;font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'><span style='mso-spacerun:yes'>  </span></span></font></i><span
style='mso-spacerun:yes'> </span><font size=2><span style='font-size:10.0pt;
mso-bidi-font-size:12.0pt;line-height:150%'><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=p39 style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:0in;
margin-left:35.4pt;margin-bottom:.0001pt;text-indent:0in;line-height:150%'><font
size=2 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;
line-height:150%'>Je n'eus pas plus tôt reçu ma sentence que Notre-Seigneur me
fit la grâce de me donner les sentiments d'aller devant le Très [Saint-]
Sacrement lui faire un sacrifice de tous mes désirs et de ce qui m'est de plus
cher en ce inonde. Je commençai en faisant amende honorable à la justice de
Dieu, qui me voulait faire la mi­séricorde de reconnaître que c'était par un juste
châtiment de mes péchés et infidélités que la Providence me privait de la
bénédic­tion de retourner dans un lieu où je l'avais tant offensé, et je lui
dis, ce me semble de bon coeur et en esprit d'humiliation, ce que le
grand-prêtre Héli dit lorsque Samuel lui déclara de la part de Dieu ce qui lui
devait arriver: « Dominus est, quod bonum est in oculis suis faciat ». <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=p39 style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:0in;
margin-left:35.4pt;margin-bottom:.0001pt;text-indent:0in;line-height:150%'><font
size=2 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;
line-height:150%'>Mais comme la bonté de Notre-Seigneur ne rejette point un
coeur contrit et humilié et que humiliat et sublevat, il me fit connaître que
c'était la plus grande grâce qu'il me pouvait faire que de me donner part aux
états qu'il a voulu porter en Sa vie et en sa mort pour notre amour, en action
de grâces de laquelle je dis un Te Deum avec un coeur rempli de joie et de
consolation au fond de l'âme, car pour la partie inférieure, elle est laissée
dans l'amertume qu'elle doit porter. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=p39 style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:0in;
margin-left:35.4pt;margin-bottom:.0001pt;text-indent:0in;line-height:150%'><font
size=2 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;
line-height:150%'>C'est une blessure et une plaie qui sera difficile à guérir
et qui apparemment durera jusqu'à la mort, à moins qu'il ne plaise à la divine
Providence, qui dispose des coeurs comme il lui plaît, apporter quelque
changement à l'état des affaires. Ce sera quand il lui plaira et comme il lui
plaira, sans que les créa­tures puissent s'y opposer, n'étant en pouvoir de
faire que ce qu'elle leur permettra. Il est bien juste cependant que nous de­meurions
perdus à nous-mêmes et que nous ne vivions que de la vie du pur abandon en tout
ce qui nous regarde au dedans comme au dehors.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=p39 style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:0in;
margin-left:0in;margin-bottom:.0001pt;text-indent:.5in;line-height:150%'><font
size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;
mso-bidi-font-size:12.0pt;line-height:150%'>Et il continue plus loin :<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=p22 style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:0in;
margin-left:35.4pt;margin-bottom:.0001pt;text-indent:.6pt;line-height:150%'><font
size=2 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;
line-height:150%'>Quoi qu'il en soit, c'est de la main de Notre-Seigneur et de
sa sainte Mère que nous devons tout recevoir comme une grâce bien spéciale, et
je puis dire pour moi la plus grande et la plus précieuse que j'aie encore
reçue de ma vie. Priez-les que j'en fasse un saint usage et j'espère néanmoins
qu'ils me feront la miséricorde de mourir en Canada, quoique j'aie bien mérité
d'être privé de cette consolation. Verumtamen non mea sed Dei voluntas fiat. Je
possède sur cela par sa bonté infinie une paix profonde dans le fond de l'âme.<a
style='mso-footnote-id:ftn30' href="#_ftn30" name="_ftnref30" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[30]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>2.2<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>L’empreinte
mystique permanente dans le sujet <o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>La question maintenant se pose pour François de Laval comme
pour tout chrétien dont on reconnaît la qualité de</span></font><span
lang=FR-CA style='mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>
l’expérience commune de vie chrétienne : son abandon prend-il
véritablement une couleur mystique? L’expérience mystique est-elle hors de
portée dans l’itinéraire d’un pasteur? <o:p></o:p></span></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Une
première réponse se situe dans le cadre du dynamisme inhérent à l’expérience
chrétienne dont la charité-agapè est l’essentiel incontournable. Le progrès
spirituel n’a pas de limite de ce point de vue et ainsi les plus hauts degrés
de charité sont accessibles à tous. C’est la vocation universelle à la sainteté
que François de Sales prônait et que le Concile Vatican II a mis en lumière
dans le chapitre V de la Constitution sur l’Église.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>La sainteté n’est pas la mystique et nombre
de saints et saintes ne semblent pas avoir connu les états mystiques. Leur vie
s’est déroulée dans l’exercice constant des vertus chrétiennes, dans le souci
des autres et dans la fidélité à la prière sans les remous et les nuits qui se
rencontrent dans un itinéraire mystique.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Ceci
étant dit, pourquoi limiter l’appel à la vie mystique à un groupe à part?
Pourquoi en faire une catégorie de baptisés distincte? Reconnaissant la
gratuité de la grâce de Dieu et les limites de nos perceptions, il faut se dire
que la voie mystique est possible pour tous. C’est pourquoi, je tenterai dans
ce deuxième point de montrer la naissance du sujet mystique chez François de
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Laval en utilisant les signes que Jean de la Croix utilise dans ses écrits<a
style='mso-footnote-id:ftn31' href="#_ftn31" name="_ftnref31" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[31]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.
Il y a trois signes qui figurent dans la <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Montée du Carmel</span></i>
et qui sont repris dans un ordre différent dans<i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'> la Nuit
obscure</span></i><a style='mso-footnote-id:ftn32' href="#_ftn32"
name="_ftnref32" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[32]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>. </span></i>Après un bref rappel, j’en ferai une application à
l’itinéraire spirituel de François de Laval.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Jean
de la Croix indique un passage majeur qui transforme les attitudes, les désirs
et les attentes au moment il parle de l’entrée dans les « nuits
passives » caractéristiques des étapes mystiques que Thérèse d’Avila situe
à partir des quatrièmes Demeures. Ce mode nouveau où « Dieu met la
main » se caractérise par un détachement des façons anciennes et humaines
de vivre la relation à Dieu au profit d’un « mode divin » où se joue
le tout pour le tout et où l’issue devant laquelle se trouve le sujet est la
« foi pure ». Tous les appuis humains, toutes les ressources de
l’intelligence (de l’entendement, de l’esprit) et toutes celles des désirs (des
tendances, de l’appétit) deviennent inutiles et il ne reste que le saut dans
l’inconnu de la « foi pure ».<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Cette
remise totale à Dieu, à l’Époux dira la mystique sponsale, engendre à travers
maints bouleversements et adaptations un abandon mystique où toute la personne
est prise et impliquée à tous les niveaux de son être et de ses facultés. Le
corps y est même engagé de plein fouet et les descriptions d’une Thérèse d’Avila
ou d’une Marie de l’Incarnation nous en donne un tableau saisissant.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Comment
reconnaître qu’une personne arrive à cet état nouveau dans son cheminement
spirituel? Reprenons les trois signes de Jean de la Croix: la difficulté
de s’adonner à la méditation méthodique, un certain affaissement psychologique
où se manifeste une lassitude et même une forme de dégoût et enfin une
sollicitude amoureuse envers Dieu. </span><span style='mso-bidi-font-weight:
bold'>Les signes que décrit Jean de la Croix proviennent de son expérience et
de ses observations personnelles. Ils ne sont pas des absolus, mais des
critères de discernement. Ils demandent à être complétés par des signes plus
généraux comme, par exemple, le critère de la charité fraternelle et les fruits
de l'Esprit : bonté, joie, amour, longanimité, etc. (Ga 5, 25). En utilisant
ces signes, on doit faire attention à leur présence simultanée, à leur
concomitance, et être sensible au fait qu'ils peuvent apparaître dans des
ordres différents, notamment les deux premiers. Jean de la Croix lui-même ne
les présente pas dans le même ordre selon qu'il s'adresse aux «progressants» ou
aux «commençants». Ainsi dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>La nuit obscure</span></i>
où il se place du point de vue du cheminement dans l'oraison et où il s'adresse
aux « progressants », c'est au niveau de l'impuissance à méditer que l'entrée
dans les voies de la contemplation va commencer par se manifester. Tandis que
dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;
mso-bidi-font-style:normal'>La montée du Carmel</span></i><span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>où il s'adresse aux « commençants » et où il
adopte un regard plus global s'intéressant non seulement au cheminement dans
l'oraison mais au cheminement de toute la personne dans la « refonte » de ses
tendances (la partie sensitive – les sens – l'affectivité) et de son
entendement (la partie spirituelle – l'esprit – la connaissance), il met en
tête de liste le «manque de goût» pour le créé. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Si
nous tentons d’appliquer à François de Laval ces trois signes, nous sommes en
manque d’indices vérifiables pour les deux premiers hormis le témoignage de
Marie de l’Incarnation cité plus haut qui affirmait que Mgr de Laval était
rendu à « un sublime degré supérieur d’oraison »<a style='mso-footnote-id:
ftn33' href="#_ftn33" name="_ftnref33" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[33]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.
Concernant la lassitude de tout, même de son ministère, nous n’en avons pas de
traces, ce qui ne l’exclut pas pour autant.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Cependant,
le signe le plus important pour Jean de la Croix, celui de la sollicitude
amoureuse envers Dieu, s’impose avec force. Il est suffisant pour marquer cette
entrée dans le « pur abandon » où tout est remis à Dieu sans
conditions et sans retour. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Ce troisième signe est beaucoup
plus sûr que les deux premiers qui ne sont pas toujours faciles à discerner et
à lire. Il s'agit ici de s'en remettre à Dieu avec amour sans se préoccuper du
reste. Cette « sollicitude amoureuse » est comme une présence à Dieu
qui en donne une connaissance générale, une perception globale qui inspire
toute la vie, qui donne une vigueur dans l'agir, dans l'engagement. C'est le
signe qu'on voit le plus chez les gens qui mènent une vie active dans une
profession, dans une famille etc., ou qui se consacrent à la pastorale ou à
l'apostolat. Il est facilement perçu par l'entourage. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Comme
on l’a vu plus haut, François de Laval a été sans cesse sur le qui-vive sur ce
terrain. L’itinéraire spirituel d’un pasteur le confronte à tout moment à des
choix pastoraux qui ont un retentissement important dans le sujet. Les quelques
textes que j’ai cités l’illustrent à merveille. Le moment que j’ai identifié
comme le seuil irréversible de la consolidation d’un sujet mystique, celui de
1687, ne peut à lui seul rendre compte du statut de ce sujet naissant, mais il
illustre à coup sûr, l’apparition d’un état stable dans lequel l’évêque
démissionnaire vivra le reste de ses jours. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
0in;margin-left:4.5pt;margin-bottom:.0001pt;line-height:150%;mso-pagination:
widow-orphan;tab-stops:4.5pt'><font size=3 face=Times><span lang=FR-CA
style='font-size:12.0pt;line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Pourquoi ne
pas rappeler ici le mot de Bernard Lonergan, pour qui </span><span lang=FR-CA>la
réponse à la question « qui parle? » est « la vie parle ». En
effet, </span></font><font face="Times New Roman"><span lang=FR-CA
style='font-family:"Times New Roman"'>on pourrait peut-être appliquer au type
de situation que je viens de décrire, le concept d’« <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>incarnate
meaning </span></i>», la « signification incarnée », qu’a
développé le Père Lonergan.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Dans un
article de la revue <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Science et Esprit</span></i>.
Pierre Robert la décrit ainsi : <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
0in;margin-left:40.5pt;margin-bottom:.0001pt;text-indent:0in;mso-pagination:
widow-orphan;tab-stops:4.5pt'><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Spontanément,
on identifie le sens au sens des paroles, d'un écrit, d'un texte, celui qui est
porté par le langage. Mais il y a d'autres façons de porter un sens, ainsi les
gestes spontanés de l'intersubjectivité, l'art, le symbole et enfin la
signification incarnée…Ainsi y a-t-il un certain type de sens qui est constitué
par les gestes décisifs, par le sens d'une vie. La signification se trouve
alors dans ces gestes eux-mêmes et dans la trajectoire suivie. Elle est alors
plus pleine et concrète; ainsi est-elle dite incarnée. En ce sens, on dira que
« la vie parle », que tel geste est particulièrement significatif,
qu'il est révélateur. Et plus quelqu'un a cherché à vivre un idéal, plus il a
fait ses choix et orienté sa vie en fonction d'un dessein, plus alors cette vie
se trouve à incarner un sens. La signification s'accroît avec l'engagement
comme, à rebours, une vie laissée à la dérive est menacée d'insignifiance<a
style='mso-footnote-id:ftn34' href="#_ftn34" name="_ftnref34" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[34]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
0in;margin-left:.5in;margin-bottom:.0001pt;text-indent:0in;mso-pagination:widow-orphan;
tab-stops:4.5pt'><font size=2 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA
style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman"'><o:p> </o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>La
question se pose maintenant du statut de cet état dans la multitude des états
mystiques décrits par les écrivains mystiques. C’est ce que nous allons voir
dans la dernière partie de cet exposé en commençant par cerner de plus près le
terrain de la mystique et ensuite en proposant une interprétation adaptée à un
itinéraire comme celui de François de Laval qui ne peut être classé parmi les</span><span
style='mso-bidi-font-weight:bold'> écrivains/écrivaines mystiques.</span></font><span
lang=FR-CA style='mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'><o:p></o:p></span></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-bottom:6.0pt;text-indent:0in;
line-height:150%;mso-pagination:widow-orphan'><b><font size=4 face=Times><span
lang=FR-CA style='font-size:14.0pt;line-height:150%;font-weight:bold'>3.0<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Bien-fondé de cette relecture de l’itinéraire
spirituel de François de Laval </span></font></b><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:11.0pt;mso-bidi-font-size:
12.0pt;line-height:150%;font-family:"Times New Roman"'><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:22.3pt;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Commençons
par rappeler les sens du mot mystique.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>3.1<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>Les sens du mot
mystique<o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:31.5pt;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>Le sens premier du mot réfère
à ce qui est secret, caché (même famille que « mystère »). Dans le
grec profane, l'acception la plus ancienne et commune du mot <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>mystikos</span></i> n'a jamais que ce sens général de
« caché », « secret ». Il ne désigne jamais une expérience
spirituelle. Il a toujours un « sens objectif ». On l'a employé
surtout dans les religions à mystères. Certains chercheurs font dériver le mot
« mystique » du verbe <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>myeô<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span></span></i><span
style='mso-spacerun:yes'> </span>qui a donné « muet » et dont la
racine signifie fermer, parce que les initiés aux mystères devaient garder pour
eux ce qu'ils connaissaient et fermer la bouche<a style='mso-footnote-id:ftn35'
href="#_ftn35" name="_ftnref35" title=""><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[35]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:31.5pt;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>Ainsi, le mot « mystique »
employé comme adjectif<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>en vient à
signifier l'effort de quelqu'un qui cherche la présence de Dieu. L'attention se
porte alors sur la personne, sur le sujet qui découvre la présence cachée de
Dieu dans sa vie, qui essaie de déceler la présence du Christ à travers les
Écritures et la liturgie, et le mot « mystique » en vient à désigner
petit à petit<b style='mso-bidi-font-weight:normal'><span style='font-weight:
bold;mso-bidi-font-weight:normal'> </span></b>« l'expérience intérieure de
la possession de Dieu ». C'est sur ce « sens subjectif »
qu'insiste Denys l’Aréopagite au VI<sup>e</sup> siècle lorsque, dans sa
théologie « mystique », il développe une voie
« apophatique » ou « négative » de connaissance de Dieu qui
est au-delà de toute vision, de toute connaissance. Pour Denys l’Aréopagite,
une théologie « mystique » nous renvoie à la personne elle-même dans
sa quête de Dieu, et, par-dessus tout à « la connaissance du Dieu
mystérieux », c'est-à-dire une connaissance de Dieu non pas tel que nous
le définissent les enseignements des théologiens de métier, mais une connaissance
de Dieu tel qu'il se manifeste de façon indéfinissable dans l'expérience des
personnes individuelles.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:31.5pt;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>Ce sens profond s'est maintenu
par la suite chez de nombreux écrivains chrétiens. Dans les traces de Denys
l’Aréopagite, on parlera volontiers de « connaissance mystique »,
« d'amour mystique », de « vie mystique », etc. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:31.5pt;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>Au XVI<sup>e</sup> siècle, il
se produit un pas important. L'adjectif « mystique » commence à être
employé comme substantif. On ne parle plus seulement d'une « théologie
mystique », d'une « lecture mystique » de l'Écriture, d'une
« vie mystique », mais « d'un mystique » ou « d'une
mystique ». Cela fait une énorme différence et amène à créer de plus en
plus une classe de chrétiens qui serait à part. Il se produit comme un
durcissement de l'aspect subjectif déjà présent dans l'usage ancien. On en
vient insensiblement à « séparer le sujet de l'objet », pourrait-on
dire. Cette coupure et cette brisure, tout en développant l'attention au
langage qui exprime l'expérience mystique, a aussi contribué à mettre le focus
sur les « phénomènes mystérieux ou extraordinaires » qui accompagnent
parfois l’expérience mystique. On en vient même à réduire l'expérience mystique
à ces derniers, au XIX<sup>e</sup> siècle notamment. Les
« mystiques » deviennent un vaste champ de recherche, de terrain
d'observation à partir des phénomènes extraordinaires observables comme
extases, lévitations etc.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:31.5pt;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>En résumé, l’expérience
mystique, dans la tradition chrétienne, désigne simultanément la grâce
elle-même que Dieu fait à une personne, le contenu de celle-ci (les réalités
surnaturelles de la foi), la conscience qu'on peut en avoir, et le mode de
présence de Dieu. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>3.2<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>Mystique et écrivains/écrivaines
mystiques<o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:31.5pt;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>Mais comment reconnaître la
naissance et le développement de cette expérience à nulle autre pareille dont
témoignent les textes mystiques? Voilà la question qui se pose. Une façon
courante de faire ce repérage c’est d’investiguer les récits des personnes et
leurs témoignages, notamment concernant leur cheminement dans les voies de la
prière. L’interprète de l’expérience alors sera le dire et le langage puisqu’en
elle-même l’expérience a un caractère indicible, ineffable.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>La question du dire et du langage est-elle
essentielle à l’expérience mystique ? Certains le pensent. </span>Joseph Beaude
exprime cette constatation de façon imagée en écrivant : « La mystique
n'est pas une spécialité d'écrivains. Mais elle rend écrivains ceux qu'elle
pousse à devoir dire<a style='mso-footnote-id:ftn36' href="#_ftn36"
name="_ftnref36" title=""><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA'>[36]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a> ».
</font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>Ainsi chez la personne qui jouit d'une expérience de type
mystique, les mots, les similitudes, les images quoique inaptes à dire la
réalité deviennent un canal privilégié pour communiquer quelque chose de ce qui
est expérimenté par la personne. Autre chose est d’avoir l’expérience, de la
percevoir et de pouvoir l’expliquer constate Thérèse d’Avila et elle s’en
explique longuement au chapitre XII de sa Vie<a style='mso-footnote-id:ftn37'
href="#_ftn37" name="_ftnref37" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[37]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a> Chez
le lecteur et l'observateur le langage deviendra une merveilleuse clef pour
s'introduire dans le champ de la mystique. </span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>Qu’en est est-il lorsque cette clef <span
style='mso-spacerun:yes'> </span>fait défaut ?</span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>Jean de la Croix tout en partageant cette conviction que les
traces de l’expérience mystique prennent forme dans le dire et le langage
principalement constate que ces traces peuvent aussi prendre la forme de ce
qu’il appelle des « effets d’amour ». </span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>En effet, commentant pour Anne de Jésus les strophes
poétiques du <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:
italic;mso-bidi-font-style:normal'>Cantique spirituel</span></i>, <span
style='mso-spacerun:yes'> </span>il note dans le prologue de son commentaire
qu’il se gardera de réduire les images, les similitudes et les comparaisons
utilisées « à un sens qui ne conviendrait pas à ce que chacun peut
apprécier.  Ainsi, tout en en donnant jusqu'à un certain point
l'explication, je demande qu'on ne se croie pas tenu de s'y attacher <a
style='mso-footnote-id:ftn38' href="#_ftn38" name="_ftnref38" title=""><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA'>[38]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a>».
</span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>Et il ajoute cette phrase riche d’expérience et qui touche
directement notre propos : « En effet, la sagesse mystique qui
opère par l'amour – et c'est d'elle qu'il est question dans ce
chant – n'a pas besoin pour produire dans l'âme ses effets d'amour d'être
entendue d'une manière distincte. Il en va d'elle comme de la foi, qui nous
fait aimer Dieu sans le comprendre<a style='mso-footnote-id:ftn39'
href="#_ftn39" name="_ftnref39" title=""><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[39]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a> ».</span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>C’est ce constat de Jean de la Croix qui nous ouvre une porte
sur une autre façon de reconnaître l’irruption du Tout Autre dans une vie. En
effet, que dire de ces personnes où transparaissent les « effets
d’amour » ? Sans être <u>des</u> mystiques, ne pourraient-elles pas
être mystiques ?</span></font></p>

<b><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:AR-SA;
font-weight:bold'><br clear=all style='page-break-before:always'>
</span></font></b>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=3
face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>3.3<span style='mso-spacerun:yes'>   </span>Mystique et
sainteté<o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Pour
répondre à cette question, il faut prendre soin de rappeler que mystique et
sainteté ne sont pas identiques, ni coextensifs :</span><span
style='mso-bidi-font-weight:bold'> la sainteté ne s'identifie pas à la
mystique, mais les mystiques sont souvent de grands saints. Il reste que
l’expérience mystique chrétienne ne peut se dissocier du dynamisme du baptême, </span>puisque
le dynamisme du baptême n’a pas de frontière.</font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:31.5pt;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none'><font size=3
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:
150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Si nous nous plaçons sur
le terrain de l’expérience chrétienne, il faut tenir fermement à la continuité
de l’expérience chrétienne commune avec l’expérience mystique vécue par un
baptisé. C’est pourquoi, j’ai toujours apprécié une distinction que le Père
André Ravier proposait dans la <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Mystique et les mystiques</span></i></span></font><a
style='mso-footnote-id:ftn40' href="#_ftn40" name="_ftnref40" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2><span style='font-size:11.0pt;
line-height:150%'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[40]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span lang=FR-CA style='mso-ansi-language:
FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold;font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>.</span></i><span
lang=FR-CA style='mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'> La
distinction du Père Ravier permet de respecter l’éventail des états mystiques
sans enlever à l’expérience commune toute sa densité et sa richesse. La
solution du Père Ravier est simple. Tout en marquant la continuité entre
l’expérience chrétienne commune et l’expérience mystique, ce qui fait de tout
baptisé un mystique en puissance, qu’il appelle la mystique « ordinaire »,
il fait place aux écrits mystiques qui témoignent selon lui d’un chemin qu’il
appelle « trans-ordinaire ». Ces mystiques écrivains perçoivent et
expliquent par un dire</span> « quelle que soit la forme de cette
parole, musicale, discursive, orale ou poétique »<a style='mso-footnote-id:
ftn41' href="#_ftn41" name="_ftnref41" title=""><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[41]</span></font></sup><![endif]></span></sup></a> la grâce offerte à
tous qu’ils ont accueillie dans la foi.<span lang=FR-CA style='mso-ansi-language:
FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'><o:p></o:p></span></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA;mso-bidi-font-weight:bold'>Ainsi,
en empruntant les catégories du Père Ravier, on dirait que François de Laval
est amené sur les sentiers d’une vie mystique « ordinaire » par
opposition à une vie mystique « trans-ordinaire » qui émane à travers
les écrivains mystiques.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%'>François de Laval n’est pas un écrivain mystique comme Marie
de l’Incarnation, il est simplement un de ces baptisés qui croit que Dieu est
avec lui et en lui et, par grâce, il a conscience d'une communion avec lui. Il
a la révélation perceptible d'une présence. Il anticipe d'une certaine façon ce
que sera la rencontre avec Dieu dans la gloire du ciel. Il vit une union de
Personne à personne unique que racontent les mystiques sous des images comme
celle du mariage spirituel. Il expérimente dans ses facultés et dans con corps
même la rencontre entre deux êtres mus par un même désir. On pourrait lui
appliquer ce que le Père Louis Roy, professeur au Boston College, écrit de la
conscience mystique qui permet de voir Dieu en toutes choses et toutes choses
en Dieu, et de s'engager dans la société avec une motivation et un détachement
plus respectueux de la nature et des humains<a style='mso-footnote-id:ftn42'
href="#_ftn42" name="_ftnref42" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[42]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.</span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Ainsi, sans enlever rien aux
écrivains et écrivaines mystiques, force nous est de reconnaître qu’un grand
nombre de baptisés et baptisées font la rencontre de Personne à personne dans
l’union d’amour sans pouvoir l’exprimer ou en l’exprimant bien pauvrement et
tout à fait occasionnellement. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Pourquoi, la mystique ne
serait-elle pas ouverte à tous ?<span class=MsoFootnoteReference><sup> <a
style='mso-footnote-id:ftn43' href="#_ftn43" name="_ftnref43" title=""><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[43]</span></font></sup></span><![endif]></span></a></sup></span>
<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Pourquoi pas ? Il en va de la
vérité du choix de vie à la suite de Jésus Christ. <span
style='mso-spacerun:yes'> </span>Fermer les sommets de la vie mystique à la
cohorte des sans noms et des sans voix ne peut rendre compte de l’universalité
de l’appel à la rencontre personnelle avec le Bien-Aimé, Celui en qui le Père a
mis tout son amour. « Depuis le jour où je suis descendu sur lui avec mon
Esprit au sommet du Thabor, en prononçant ces paroles : ‘Celui-ci est mon Fils
bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances, écoutez-le’ (Mt 17, 5),
j’ai mis fin à tout autre enseignement, à toute autre réponse, je les lui ai
confiés. Écoutez-le car je n’ai plus rien à révéler, plus rien à manifester…Si
tu souhaites que je te découvre des choses cachées…jette seulement les yeux sur
lui et tu trouveras renfermés en lui de très profonds mystères, une sagesse et
des merveilles de Dieu suivant cette parole de mon Apôtre ‘En lui qui est le
Fils de Dieu sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de
Dieu’ »<a style='mso-footnote-id:ftn44' href="#_ftn44" name="_ftnref44"
title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><span class=MsoFootnoteReference><sup><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[44]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>
écrit Jean de la Croix dans un des plus beaux chapitres de la <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Montée du Carmel </span></i>(Livre 2, chapitre 22) dont on lit un
extrait à l’Office des lectures le jour de sa fête le 14 décembre.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
0in;margin-left:.7pt;margin-bottom:.0001pt;line-height:150%'><font size=3
face=Times><span lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:150%;
mso-bidi-font-weight:bold'>Le Père de Lubac dans sa préface au livre <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>La mystique et les mystiques</span></i> se range dans le même camp
lorsqu’il écrit : <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:35.3pt;text-indent:.7pt'><font size=2 face=Times><span
lang=FR-CA style='font-size:11.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>La mystique
chrétienne est dans la logique de la vie de foi. Elle se nourrit d'autre chose
que d'elle-même. Elle reçoit le mystère, non pour être professé des lèvres, ou
pour être compris de la seule intelligence, mais, au sens propre pour être
vécu. [Elle] fait passer le mystère du plan de l'instruction religieuse à celui
de la vie intérieure</span></font><a style='mso-footnote-id:ftn45'
href="#_ftn45" name="_ftnref45" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font
size=2 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:11.0pt;
font-family:"Times New Roman"'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[45]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><font
size=2 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:11.0pt;
font-family:"Times New Roman"'>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Un fait raconté par Carlo Carretto
à propos de la vie contemplative me revient à l’esprit. À un moine visiteur qui
voyait les novices travaillant aux champs et qui demandait à Carlo
Carretto : « Explique-moi une chose, comment est-il possible de
parler de contemplation lorsque ces jeunes gens reviennent, le dos rompu par la
fatigue, après huit heures de travail, comment est-il possible de
contempler ? », celui-ci répondait : <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:6.0pt;
margin-left:33.15pt;text-align:justify;text-indent:-1.45pt;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font size=2
face="Times New Roman"><span style='font-size:11.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'>On
ne pourrait donc contempler que dans le silence de ton monastère, dans tes
corridors calmes et pacifiques ! Alors les pauvres mamans ne peuvent
devenir contemplatives… ? Et le mineur qui sort de la mine avec un mal de
tête ne pourra être un contemplatif ? S’il en était ainsi Dieu ne serait
pas juste, Un Dieu de ce genre ne m’intéresserait pas, un Dieu qui n’aimerait
pas les pauvres, les paysans, les mineurs, qui n’accorderait pas la
contemplation à une pauvre maman… Je voudrais savoir comment tu contemples,
toi. J’ai l’impression que tu ne contemples rien parce que tu me poses cette
question, parce que tu ne sais même plus ce qu’est la nature de la
contemplation. La contemplation n’est pas un acte intellectuel, elle est un
acte d’amour.<a style='mso-footnote-id:ftn46' href="#_ftn46" name="_ftnref46"
title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><span class=MsoFootnoteReference><sup><font
size=2 face="Times New Roman"><span style='font-size:11.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[46]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Pourquoi n’en serait-il pas ainsi
de la grâce de l’union mystique ? Un Dieu qui ne se laisse goûter que par
ceux et celles qui peuvent le comprendre et le dire ne m’intéresse pas. Un Dieu
lié à mes mots pour ses visites sans paroles, n’est pas le Dieu de
Jésus-Christ. Un Dieu enfermé dans les réduits du cosmos et des facultés
humaines, n’est pas le Tout Autre, l’Indicible<a style='mso-footnote-id:ftn47'
href="#_ftn47" name="_ftnref47" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[47]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>On le voit, faire place aux
mystiques sans nom n’enlève rien aux écrivains/écrivaines mystiques. Au
contraire, c’est reconnaître la puissance sans limites de la grâce de Dieu dans
une vie sans états extraordinaires, au ras de la vie courante et totalement
imbibée de la présence/absence du Tout Autre.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Oui, François de Laval a été
mystique, même s’il n’a pas été <u>un</u> mystique. Être mystique ou être <u>un</u>
mystique ? La question ne se pose pas dans un itinéraire de sainteté
chrétienne. C’est l’appel à la sainteté qui est premier et celle-ci est ouverte
à tous. Vatican II a rappelé avec à propos que </span>la sainteté chrétienne « s'exprime
différemment en chacun de ceux qui, dans la conduite de leur vie, parviennent
en édifiant le prochain, à la perfection de la charité »<a
style='mso-footnote-id:ftn48' href="#_ftn48" name="_ftnref48" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[48]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span><span style='mso-bidi-font-weight:bold'><span
style='mso-spacerun:yes'> </span>La vocation mystique, partie intégrante de
l’expérience chrétienne commune, ne se transforme en itinéraire mystique
personnel où l’émergence d’un sujet mystique apparaît que par grâce
particulière. Certaines dispositions naturelles peuvent favoriser cette
émergence, mais elle survient, elle advient comme un don que le sujet n’a pas
recherché, qu’il reçoit et accueille dans la foi. Sa vie concrète n’est pas
changée, mais elle devient pour lui ou pour elle<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>un lieu de rencontre du Dieu Autre qui blesse
et comble en même temps que le critère de vérification d’une sainteté qui se
manifeste dans les fruits de charité et de service. « Si je n’ai pas la
charité je ne suis plus qu’airain qui sonne ou cymbale qui retentit… La charité
prend patience… Elle excuse tout… La charité ne passe jamais... Maintenant demeurent
foi, espérance et charité, mais la plus grande d’entre elles c’est la charité »<a
style='mso-footnote-id:ftn49' href="#_ftn49" name="_ftnref49" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA;mso-bidi-font-weight:bold'>[49]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=4
face="Times New Roman"><span style='font-size:14.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'><o:p> </o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:12.0pt;margin-right:0in;margin-bottom:
6.0pt;margin-left:0in;text-align:justify;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;
mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><b><font size=4
face="Times New Roman"><span style='font-size:14.0pt;line-height:150%;
font-weight:bold'>Conclusion<o:p></o:p></span></font></b></p>

<p class=MsoNormal style='margin-bottom:6.0pt;text-align:justify;text-indent:
.5in;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;
line-height:150%;mso-bidi-font-weight:bold'>Loin de moi la prétention de vous
avoir présenté le véritable itinéraire spirituel de François de Laval. Je n’ai
fait que dire ce qui est présent en moi de cet itinéraire inaccessible, car
comme l’écrit saint Augustin au livre XI des <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Confessions</span></i>:
« …</span>tout récit vrai du passé fait sortir de la mémoire non point les
événements passés tels quels, mais des mots conçus d'après les images imprimées
dans l'esprit comme des traces lors de leur passage le long des sens. »<a
style='mso-footnote-id:ftn50' href="#_ftn50" name="_ftnref50" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[50]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.<o:p></o:p></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-bottom:6.0pt;text-align:justify;text-indent:
.5in;line-height:150%;tab-stops:33.0pt;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:
none'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:
12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>La lecture de la vie des
saints, la célébration de leur souvenir, la réminiscence de leurs actions, la
vénération de leurs restes etc. apportent beaucoup, mais elles ne suffisent pas
à les rendre actuels. Je me dois d’entrer dans un processus de relecture
spirituelle. Ce processus m'invite à suivre un chemin où se déploie la
dynamique du sujet-interprétant qui reçoit et recueille à travers des traces de
l'expérience passée quelque chose du non-dit, de l’indicible, un<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>"je ne sais quoi", un murmure de la
Source. Lorsque je rappelle la vie de François de Laval (1623-1708) ou de Marie
de l'Incarnation (1599-1672), ou de Marguerite Bourgeoys (1620-1700) ou de Jean
de Brébeuf (1593-1649), je puis en dessiner les contours dans l'espace et dans
le temps, mais je n'ai là que les traces d'un ailleurs qui reste sans cesse
ouvert pour moi, sujet-interprétant. </span></font><font size=2><span
style='font-size:10.0pt;mso-bidi-font-size:12.0pt;line-height:150%'><o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA
style='font-size:12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>La question
de l'actualité d'une expérience spirituelle d'un saint ou d'une sainte nous
renvoie non seulement à lui ou elle, mais elle enclenche un processus de
"réception" en nous. C'est le "sujet-lecteur" qui fait l'actualité
de l'histoire d'une vie, d'un saint, d'une sainte, d'un itinéraire spirituel
passé mais redevenu présent sous une forme autre. <o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA
style='font-size:12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>La mémoire
est la condition même de l'actualité de la présence de nos devanciers. C'est à
partir de la relecture des traces laissées qu'un visage de saint ou de sainte
se dégage avec plus ou moins de netteté pour nous. Ce visage varie comme
peuvent varier les représentations picturales. Les statues et images de Thérèse
de l'Enfant-Jésus en sont une très bonne illustration. Elles ne se présentent
pas comme les photographies d'elle que nous avons, elles les interprètent selon
telle<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>ou telle aspect d’elle. Et que
dire de l’art de l’icône ? Ces variations du visage des saints et des saintes
conditionnent leur actualité. Pas de variations, pas de relectures, absence
d'actualité, traces perdues, saints et saintes ignorés et laissés dans l'oubli.
La mémoire ne serait-ce pas selon un mot paradoxal qu’on prête à Fernand
Dumont «  se souvenir d’où l’on s’en va »<a style='mso-footnote-id:
ftn51' href="#_ftn51" name="_ftnref51" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[51]</span></font></sup></span><![endif]></span></sup></span></a>.<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-top:6.0pt;text-align:justify;text-indent:.5in;
line-height:150%'><font size=3 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA
style='font-size:12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>Il n'y a pas
de mémoire sans agir, sans que nous ne nous disions quelque chose de nous-mêmes
dans les réalisations, les joies, les peines, les inquiétudes, et les
questionnements de notre vie. C’est ce que j’ai essayé de faire bien
modestement dans cette conférence. Le souvenir de François de Laval ne fait
donc pas que célébrer des faits de sa vie, il "reçoit" maintenant et
"raconte" dans notre aujourd'hui ce que, grâce à lui et à sa suite,
nous pouvons et voulons être: des témoins de l'Évangile et des disciples de
Jésus.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Oui! « se souvenir d’où l’on
s’en va ».<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal align=center style='margin-top:6.0pt;text-align:center;
text-indent:.5in;line-height:150%'><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>***<o:p></o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal align=center style='margin-top:6.0pt;text-align:center;
text-indent:.5in;line-height:150%'><font size=3 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:12.0pt;line-height:150%;mso-ansi-language:FR-CA'>
<o:p> </o:p></span></font></p>

<p class=MsoNormal style='margin-bottom:6.0pt;text-align:justify;text-indent:
22.5pt;line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%'><o:p>
Hermann Giguère, ptre, p.h.</o:p></span></font></p>


<p class=MsoNormal style='margin-bottom:6.0pt;text-align:justify;text-indent:
22.5pt;line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%'><o:p>
Supérieur général du Séminaire de Québec et professeur associé à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval</o:p></span></font></p>


<p class=MsoNormal style='margin-bottom:6.0pt;text-align:justify;text-indent:
22.5pt;line-height:150%;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><font
size=3 face="Times New Roman"><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%'><o:p>
14 octobre 2006</o:p></span></font></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote-list'><![if !supportFootnotes]><br clear=all>

<hr align=left size=1 width="33%">

<![endif]>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn1>

<p class=MsoNormal style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:-.5in;
mso-pagination:widow-orphan lines-together;tab-stops:40.5pt'><a
style='mso-footnote-id:ftn1' href="#_ftnref1" name="_ftn1" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=3 face="Times New Roman"><span
style='font-size:12.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[1]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
style='mso-spacerun:yes'>         </span><span class=standardcharacter><b
style='mso-ansi-font-weight:normal'><font size=2 face=Times><span
style='font-size:10.0pt;font-weight:normal;mso-bidi-font-weight:bold'>GIGUÈRE,
Hermann,<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>"Un saint évêque: le
bienheureux François de Laval", dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Communio</span></i>, n. V,
5 (1980) </span></font></b></span><span class=standardcharacter><b
style='mso-ansi-font-weight:normal'><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";font-weight:normal;
mso-bidi-font-weight:bold'>81-89.</span></font></b></span><font size=2><span
style='font-size:10.0pt;mso-bidi-font-weight:bold'><o:p></o:p></span></font></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn2>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn2' href="#_ftnref2" name="_ftn2" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[2]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>             </span><span
class=standardcharacter><b style='mso-ansi-font-weight:normal'><font
face="Times New Roman"><span style='font-family:"Times New Roman";font-weight:
normal;mso-bidi-font-weight:bold'>GIGUÈRE, Hermann,<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span></span></font></b></span>"L'itinéraire
spirituel d'un Bienheureux" dans <i><span style='font-style:italic'>François
de Laval, premier évêque de Québec </span></i>numéro spécial hors série
printemps 1993 de la revue C<i><span style='font-style:italic'>ap-aux-Diamants</span></i>
pp. 16-20.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn3>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn3' href="#_ftnref3" name="_ftn3" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[3]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>             </span><span
class=standardcharacter><b style='mso-ansi-font-weight:normal'><font
face="Times New Roman"><span style='font-family:"Times New Roman";font-weight:
normal;mso-bidi-font-weight:bold'>GIGUÈRE, Hermann,<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span></span></font></b></span><i><span
style='font-style:italic'>L’expérience de Dieu avec François de Laval, </span></i><span
style='mso-bidi-font-style:italic'>Fides, Montréal, 2000,144p.</span></span><span
style='mso-ansi-language:FR'><o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn4>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn4' href="#_ftnref4" name="_ftn4" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[4]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>             </span><i><span
style='font-style:italic'>Quebecen.<span style='mso-spacerun:yes'> 
</span>Beatificationis et Canonizationis Ven.<span style='mso-spacerun:yes'> 
</span>Servi Dei Francisci de Montmorency-Laval episcopi Quebecensis (+1708)
Altera nova positio super virtutibus ex officio critice disposita </span></i><span
style='mso-spacerun:yes'> </span>(Sacra Rituum Congregatio, Sectio historica,
93), Polyglottis Vaticanis, 1956, Doc. LXIX, note 1, p. 738-739.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn5>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:
-.5in'><a style='mso-footnote-id:ftn5' href="#_ftnref5" name="_ftn5" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[5]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA><span style='mso-spacerun:yes'>   </span><span style='mso-tab-count:
1'>           </span>On a édité des conférences, des lettres et d’autres
conseils de Jean de Bernières-Louvigny <span style='mso-spacerun:yes'> </span>(1602-1659)
une première fois en 1659, dans lequel on a pu lire les marques d’un semi quiétisme
français. Le capucin Louis-François D'Argentan en a donné une édition nouvelle
sous le titre <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:
italic;mso-bidi-font-style:normal'>Le chrestien intérieur, ou la conformité
intérieure que doivent avoir les chrestiens avec Jésus-Christ; divisé en huit
livres; tiré des manuscrits de feu de sainte mémoire mr. de Bernières-Louvigny </span></i>qui
fut mis à l’Index des livres prohibés en 1689 dans des circonstances troubles.
Il y figurait encore en 1948. Voir «Bernières-Louvigny, Jean de » dans <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique</span></i>, t. I ,
Beauchesne, Paris, 1937, col. 1522-1527. On s’explique ainsi que les racines
mystiques de François de Laval étaient passées sous silence. On cherchait à le
distancer de celles-ci par peur de l’associer à un courant qui n’avait pas
bonne presse. <o:p></o:p></span></p>

</div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div style='mso-element:footnote' id=ftn6>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn6' href="#_ftnref6" name="_ftn6" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[6]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA></span>  <span style='mso-ansi-language:FR'><span style='mso-tab-count:
1'>            </span></span><span lang=FR-CA>Bertrand de La<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Tour, <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Mémoires sur la Vie de M.
de Laval, premier évêque de Québec, </span></i>Cologne, 1761, dans <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Altera nova positio, </span></i>p. 732-73440.</span><span
style='mso-ansi-language:FR'><o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn7>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn7' href="#_ftnref7" name="_ftn7" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[7]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>             </span>MAILLARD, Jacques
« Le collège de La Flèche : un collège de la réforme
catholique » dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>La Flèche. Quatre siècles
d’éducation sous le regard de l’État</span></i>. Actes du colloque
universitaire 2-3 avril 2004, Prytanée national militaire, La Flèche, 2005,
pp.41-57.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn8>

<p class=MsoNormal style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:-.5in;
tab-stops:.25in;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><a
style='mso-footnote-id:ftn8' href="#_ftnref8" name="_ftn8" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[8]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><font
size=2><span style='font-size:10.0pt'><span style='mso-tab-count:1'>       </span><span
style='mso-tab-count:1'>        </span>Les principaux documents concernant
François de Laval ont été rassemblés dans l'ouvrage suivant: <i><span
style='font-style:italic'>Quebecen.<span style='mso-spacerun:yes'> 
</span>Beatificationis et Canonizationis Ven.<span style='mso-spacerun:yes'> 
</span>Servi Dei Francisci de Montmorency-Laval episcopi Quebecensis (+1708)
Altera nova positio super virtutibus ex officio critice disposita </span></i><span
style='mso-spacerun:yes'> </span>(Sacra Rituum Congregatio, Sectio historica,
93), Polyglottis Vaticanis, 1956.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Dans
le cours de l'article, <i><span style='font-style:italic'>Altera nova positio </span></i>désignera
cet ouvrage.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Celui-ci reproduit la plus
ancienne biographie de Mgr de Laval, <i><span style='font-style:italic'>Mémoires
sur la Vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, </span></i>de Bertrand de
La tour publiée à Cologne en 1761.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Pour
la vie de Mgr de Laval on pourra se référer avec profit à Auguste GOSSELIN, <i><span
style='font-style:italic'>Vie de Mgr de Laval, </span></i>2 vol., Québec,
1890;<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Émile BÉGIN, <i><span
style='font-style:italic'>François de Laval, </span></i>Québec, 1959 et surtout
à l'excellent article d'André VACHON dans le <i><span style='font-style:italic'>Dictionnaire
Biographique du Canada, </span></i>vol. 11 de 1701 à 1740, Les Presses de
l'Université Laval/University of Toronto Press, 1969, pp. 374-387.<o:p></o:p></span></font></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn9>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn9' href="#_ftnref9" name="_ftn9" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[9]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA><span style='mso-spacerun:yes'>   </span><span style='mso-tab-count:
1'>           </span><i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Montée du Carmel</span></i>,
livre II, chapitre 5 dans <span style='text-transform:uppercase'>Jean de la
Croix</span>, <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:
italic;mso-bidi-font-style:normal'>Œuvres,</span></i> traduction par Mère Marie
du Saint-Sacrement, carmélite déchaussée. Édition établie, révisée et présentée
par Dominique Poirot, carme déchaux, Paris, Cerf, 1990, pp. 644-648.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn10>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn10' href="#_ftnref10" name="_ftn10" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[10]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Cinquième état
d’oraison à son entrée au Noviciat des Ursulines en 1631 et Neuvième état
d’oraison</span><span style='mso-ansi-language:FR'> qui s'attache à la période
du 1er août 1639 à l'octave de Noël 1645 couverte par le douzième état
d'oraison</span><span lang=FR-CA><o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn11>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn11' href="#_ftnref11" name="_ftn11" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[11]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>GORÉ,
Jeanne-Lydie, « Désappropriation » dans <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Dictionnaire
de spiritualité ascétique et mystique</span></i>, t. III , Beauchesne, Paris,
1957, col. 518-529 <o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn12>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn12' href="#_ftnref12"
name="_ftn12" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[12]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre de Marie de
l'Incarnation à son fils Dom Claude Martin, 1659, dans <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova
positio, </span></i>p. 53.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn13>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn13' href="#_ftnref13" name="_ftn13" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[13]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Bertrand de
La<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Tour, <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Mémoires sur
la Vie de M. de Laval, premier évêque de Québec, </span></i>Cologne, 1761, dans
<i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;
mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova positio, </span></i>p. 740.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn14>

<p class=MsoNormal style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn14' href="#_ftnref14" name="_ftn14" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[14]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><font
size=2><span style='font-size:10.0pt'> <span style='mso-tab-count:1'>            </span><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Ibidem, </span></i>p. 741-742.<o:p></o:p></span></font></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn15>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn15' href="#_ftnref15" name="_ftn15" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[15]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre du frère
Houssart à M. Tremblay, prêtre, procureur du Séminaire de Québec dans la ville
de Paris, 1708, dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova positio, </span></i>p.
654.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn16>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn16' href="#_ftnref16"
name="_ftn16" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[16]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Mémoires sur la Vie de M. de Laval..., </span></i>dans Altera<i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'> nova positio, </span></i>p. 716.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn17>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn17' href="#_ftnref17"
name="_ftn17" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[17]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Ibidem, </span></i>p. 716.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn18>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn18' href="#_ftnref18" name="_ftn18" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[18]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span></span><span
style='mso-ansi-language:FR'>Voir par exemple: <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>La montée du
Carmel, </span></i>Livre 1, chapitre 4 et le célèbre chapitre 13, dans Jean de
la Croix, <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;
mso-bidi-font-style:normal'>Oeuvres complètes, </span></i>traduites par le P.
Cyprien de la Nativité, éditées et présentées par le P. Lucien-Marie, 4e éd.
revue et corrigée, Desclée, Paris, 1967, pp. 87-91 et pp. 115-118.</span><span
lang=FR-CA><o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn19>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn19' href="#_ftnref19"
name="_ftn19" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[19]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Mémoires sur la Vie de Mgr de Laval..., </span></i>dans <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Altera nova positio, </span></i>pp. 732-733.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn20>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn20' href="#_ftnref20"
name="_ftn20" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[20]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre de Mgr de
Laval à Henri-Marie Boudon, 1689, dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova positio, </span></i>p.
208.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn21>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn21' href="#_ftnref21"
name="_ftn21" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[21]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre de Marie de
l'Incarnation à son fils Dom Claude Martin, 1660, dans <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova
positio, </span></i>p. 54.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn22>

<p class=MsoNormal style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:-.5in;
mso-pagination:widow-orphan lines-together;tab-stops:.5in'><a style='mso-footnote-id:
ftn22' href="#_ftnref22" name="_ftn22" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[22]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><b
style='mso-bidi-font-weight:normal'><font size=2><span style='font-size:10.0pt;
font-weight:bold;mso-bidi-font-weight:normal'> <span style='mso-tab-count:1'>            </span></span></font></b><span
class=standardcharacter><b style='mso-ansi-font-weight:normal'><font size=2
face=Times><span style='font-size:10.0pt;font-weight:normal;mso-bidi-font-weight:
bold'>LOCHET, Louis,<span style='mso-spacerun:yes'>  </span><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Fils de l'Église</span></i>, (Foi vivante, 17) Cerf, Paris, 1966, pp.
83-116.</span></font></b></span><b><font size=2 face=Times><span
style='font-size:10.0pt;font-family:Times;font-weight:bold'><o:p></o:p></span></font></b></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn23>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn23' href="#_ftnref23" name="_ftn23" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[23]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre de Mgr de
Laval à Henri-Marie Boudon, 6 novembre 1677, dans <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova
positio, </span></i>p. 207.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn24>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn24' href="#_ftnref24" name="_ftn24" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[24]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre de Mgr de Laval
au P. de la Chaise, 1687, dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova positio, </span></i>p.
407.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn25>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn25' href="#_ftnref25" name="_ftn25" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[25]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre de Mgr de
Laval aux directeurs du Séminaire de Québec, 9 juin 1687, dans <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Altera nova positio, </span></i>p. 411.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn26>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn26' href="#_ftnref26" name="_ftn26" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[26]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre de Mgr de
Laval à M. Milon, automne 1689, dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova positio, </span></i>p.
452.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn27>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn27' href="#_ftnref27" name="_ftn27" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[27]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Ibidem, </span></i>p. 452.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn28>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn28' href="#_ftnref28" name="_ftn28" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[28]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre de M.
Brisacier à M. Charmot, 1er mai 1702, dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova positio, </span></i>p.
619.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn29>

<p class=MsoNormal style='tab-stops:.25in;mso-layout-grid-align:none;
text-autospace:none'><a style='mso-footnote-id:ftn29' href="#_ftnref29"
name="_ftn29" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><span class=MsoFootnoteReference><sup><font
size=2 face="Times New Roman"><span style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA'>[29]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><font
size=2><span style='font-size:10.0pt'><span style='mso-tab-count:1'>     </span><span
style='mso-tab-count:1'>        </span>Lettre à M. de Seigneley, Ministre du
Roi Louis XIV, mai 1687, dans <i><span style='font-style:italic'>Altera nova
positio, </span></i>p. 408.<o:p></o:p></span></font></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn30>

<p class=p22 style='margin-left:.5in;line-height:normal'><a style='mso-footnote-id:
ftn30' href="#_ftnref30" name="_ftn30" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[30]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>         </span></span><font size=2><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'>Extraits d'une lettre aux directeurs du
Séminaire de Québec<i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>, </span></i>9 juin 1687
dans <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;
mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova positio, </span></i>p. 410-416</span></font><span
lang=FR-CA> <o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn31>

<p class=Pourentrerletexte style='margin-top:0in;margin-right:0in;margin-bottom:
0in;margin-left:.5in;margin-bottom:.0001pt;text-indent:-.5in;mso-pagination:
widow-orphan'><a style='mso-footnote-id:ftn31' href="#_ftnref31" name="_ftn31"
title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:
"Times New Roman"'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[31]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><font
size=2 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;
font-family:"Times New Roman"'> </span></font><font size=2
face="Times New Roman"><span style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-ansi-language:FR'><span style='mso-tab-count:1'>            </span></span></font><font
size=2 face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;
font-family:"Times New Roman"'>La perspective de Jean de la Croix est beaucoup
plus large que celle de Thérèse.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Il
touche l'ensemble de la personnalité et non seulement l'oraison.<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>Il va le faire du point de vue de la
restructuration de la personne par la grâce de Dieu qui fait apparaître la
créature nouvelle dans toute sa splendeur, ce qui l'amène à décrire longuement
les purifications. Il y a peu de mystiques qui ont cette pénétration et cette
analyse des nuits comme Jean de la Croix le démontre dans la description qu'il
fait des purifications passives ou des nuits passives. Il faut noter que Jean
de la Croix s'adresse à des carmélites (et des carmes) qui ont déjà pris une
décision de vivre évangéliquement, qui ont une option fondamentale pour
l'Évangile et pour le Christ. Cette première conversion est toujours supposée
dans ses écrits. </span></font><font size=2><span lang=FR-CA style='font-size:
10.0pt'>En bref, on pourrait décrire ainsi la restructuration de la créature
nouvelle. Au point de départ il y a la décision de servir Dieu (première
conversion) qui est suivie d'une adaptation plus ou moins longue au plan de
l'affectivité ( nuit active des sens) et au plan de l'esprit (nuit active de
l'esprit). Survient alors un passage des plus importants où "Dieu met la
main" en invitant la personne à se livrer totalement et sans retour. Ce
passage est suivi encore là d'une adaptation à un environnement spirituel
nouveau qui se révèle petit à petit. L'affectivité doit s'y ajuster (nuit
passive des sens) ainsi que la partie spirituelle de l'être humain (nuit
passive de l'esprit). Le résultat de ce cheminement et de ces purifications est
l'expérience de l'union transformante avec Dieu, de "l'union d'amour"
(<i><span style='font-style:italic'>Montée du carme</span></i>l, livre II,
c.5).</span></font><font size=2 face=Helvetica><span lang=FR-CA
style='font-size:10.0pt;font-family:Helvetica'><o:p></o:p></span></font></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn32>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn32' href="#_ftnref32" name="_ftn32" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[32]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='mso-bidi-font-weight:bold;
font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>La montée du Carmel</span></i><span
style='mso-bidi-font-weight:bold'> , L. II, chap. XIII ou XII dans certaines
éditions.</span> et <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>La nuit obscure,</span></i>
<span style='mso-bidi-font-weight:bold'>L. I, chap. IX<span
style='mso-spacerun:yes'>  </span></span><o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn33>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn33' href="#_ftnref33"
name="_ftn33" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[33]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>Lettre de Marie de
l'Incarnation à son fils Dom Claude Martin, 1659, dans <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Altera nova
positio, </span></i>p. 53.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn34>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:
-.5in'><a style='mso-footnote-id:ftn34' href="#_ftnref34" name="_ftn34" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[34]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>ROBERT, Pierre, « Recherches
sur la notion d'<i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:
italic;mso-bidi-font-style:normal'>Incarnate Meaning</span></i> chez Bernard
Lonergan», <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;
mso-bidi-font-style:normal'>Église et Théologie</span></i>, n<sup>o</sup> 26,
1995, p. 222-223.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn35>

<p class=MsoNormal><a style='mso-footnote-id:ftn35' href="#_ftnref35"
name="_ftn35" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:
footnote'><![if !supportFootnotes]><span class=MsoFootnoteReference><sup><font
size=2 face="Times New Roman"><span style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";
mso-fareast-font-family:"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:
FR;mso-bidi-language:AR-SA'>[35]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><font
size=2><span style='font-size:10.0pt'><span style='mso-spacerun:yes'>  </span><span
style='mso-tab-count:1'>           </span><span style='text-transform:uppercase'>Bernard</span>,
Charles André, <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:
italic;mso-bidi-font-style:normal'>Le Dieu des mystiques</span></i>, t 1,
Paris, Cerf, 1994, p. 188.<o:p></o:p></span></font></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn36>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn36' href="#_ftnref36" name="_ftn36" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[36]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span><span
style='text-transform:uppercase'>Beaude</span>, Joseph, <i><span
style='font-style:italic'>La mystique</span></i>, Paris/Montréal, Cerf/Fides,
collection « Bref », n<sup>o</sup> 27, 1990, p. 35.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn37>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn37' href="#_ftnref37"
name="_ftn37" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[37]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>THÉRÈSE D’AVILA, <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Œuvres complètes</span></i>, Seuil, Paris, pp. <o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn38>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:
-.5in'><a style='mso-footnote-id:ftn38' href="#_ftnref38" name="_ftn38" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[38]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA><span style='mso-spacerun:yes'>  </span><span style='mso-tab-count:
1'>           </span><span style='text-transform:uppercase'>Jean de la Croix</span>,
<i style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;
mso-bidi-font-style:normal'>Œuvres,</span></i> traduction par Mère Marie du
Saint-Sacrement, carmélite déchaussée. Édition établie, révisée et présentée
par Dominique Poirot, carme déchaux, Paris, Cerf, 1990, p. 341.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn39>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:
-.5in'><a style='mso-footnote-id:ftn39' href="#_ftnref39" name="_ftn39" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[39]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA><span style='mso-spacerun:yes'>  </span><span style='mso-tab-count:
1'>           </span><i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Ibid</span></i>. p. 342.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn40>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:
-.5in'><a style='mso-footnote-id:ftn40' href="#_ftnref40" name="_ftn40" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[40]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA><span style='mso-spacerun:yes'>  </span><span style='mso-tab-count:
1'>           </span>RAVIER, André, « <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Vie humaine et vie divine
dans la mystique chrétienne</span></i> », dans <i style='mso-bidi-font-style:
normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>La Mystique
et les mystiques</span></i>, Paris, DDB, 1965, surtout p. 124-128.</span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn41>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:
-.5in'><a style='mso-footnote-id:ftn41' href="#_ftnref41" name="_ftn41" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[41]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA><span style='mso-spacerun:yes'>  </span><span style='mso-tab-count:
1'>           </span>Thérèse <span style='text-transform:uppercase'>Nadeau-Lacour</span>,<b
style='mso-bidi-font-weight:normal'><span style='font-weight:bold;mso-bidi-font-weight:
normal'> </span></b><i><span style='font-style:italic'>Le temps de l'expérience
chrétienne. Perspectives spirituelles et éthiques</span></i><span
style='mso-bidi-font-style:italic'>,<i><span style='font-style:italic'> </span></i></span>préface
de Jean Ladrière, Montréal/Paris, Médiaspaul, 2002, p. 132.</span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn42>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn42' href="#_ftnref42"
name="_ftn42" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[42]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA><span style='mso-spacerun:yes'>  </span><span style='mso-tab-count:
1'>           </span>ROY, Louis, <span style='mso-spacerun:yes'> </span><i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Le sentiment de transcendance</span></i>, Paris, Cerf, 2000, p. 132.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn43>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn43' href="#_ftnref43"
name="_ftn43" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[43]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>ARMINJON, Blaise,
"La voie mystique est-elle ouverte à tous?", dans <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Christus</span></i>, 142 (1989), 171-181.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn44>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:
-.5in'><a style='mso-footnote-id:ftn44' href="#_ftnref44" name="_ftn44" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[44]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> </span><span style='mso-ansi-language:FR'><span style='mso-tab-count:
1'>            </span></span><span lang=FR-CA style='text-transform:uppercase'>Jean
de la Croix</span><span lang=FR-CA>, </span><i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='mso-ansi-language:FR;font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Montée
du Carmel</span></i><span style='mso-ansi-language:FR'>, livre 2, chapitre 22,
dans </span><i style='mso-bidi-font-style:normal'><span lang=FR-CA
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Œuvres,</span></i><span
lang=FR-CA> traduction par Mère Marie du Saint-Sacrement, carmélite déchaussée.
Édition établie, révisée et présentée par Dominique Poirot, carme déchaux,
Paris, Cerf, 1990,</span><span lang=FR-CA style='mso-ansi-language:FR'> </span><span
lang=FR-CA>p. 736.</span><span style='mso-ansi-language:FR'><o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn45>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn45' href="#_ftnref45"
name="_ftn45" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[45]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA><span style='mso-spacerun:yes'>  </span><span style='mso-tab-count:
1'>           </span><i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Ibid.</span></i>, p. 24.</span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn46>

<p class=MsoNormal style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:-.5in;
mso-pagination:widow-orphan lines-together;tab-stops:.5in'><a style='mso-footnote-id:
ftn46' href="#_ftnref46" name="_ftn46" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[46]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><font
size=2><span style='font-size:10.0pt'> <b style='mso-bidi-font-weight:normal'><span
style='font-weight:bold;mso-bidi-font-weight:normal'><span style='mso-tab-count:
1'>            </span></span></b></span></font><span class=standardcharacter><b
style='mso-ansi-font-weight:normal'><font size=2 face=Times><span
style='font-size:10.0pt;font-weight:normal;mso-bidi-font-weight:bold'>CARRETTO,
Carlo., et autres, <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Contemplation,</span></i><span
style='mso-spacerun:yes'>  </span>2e éd., (Ressourcement, 6) Apostolat des
Editions, Paris / Ed. Paulines, Sherbrooke, 1974, pp.132-133.</span></font></b></span><b><font
size=2 face=Times><span style='font-size:10.0pt;font-family:Times;font-weight:
bold'><o:p></o:p></span></font></b></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn47>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-indent:-.5in'><a
style='mso-footnote-id:ftn47' href="#_ftnref47" name="_ftn47" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[47]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> </span><span style='mso-ansi-language:FR'><span style='mso-tab-count:
1'>            </span>C’est dans cette ligne que vont les réflexions de
Jean-Pierre Jossua dans son livre <i style='mso-bidi-font-style:normal'><span
style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:normal'>Peut-on parler de
Dieu ?</span></i> (Petite Bibliothèque de Spiritualité) Labor et
Fides,<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>Genève, 2006 aux pages 93-108,
spécialement pp.99-101.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn48>

<p class=MsoNormal style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:-.5in;
tab-stops:.25in;mso-layout-grid-align:none;text-autospace:none'><a
style='mso-footnote-id:ftn48' href="#_ftnref48" name="_ftn48" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[48]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><font
size=2><span style='font-size:10.0pt'> <span style='mso-tab-count:1'>    </span><span
style='mso-tab-count:1'>        </span><i><span style='font-style:italic'>Constitution
dogmatique "Lumen gentium", </span></i>no 54 dans <i><span
style='font-style:italic'>Vatican II.<span style='mso-spacerun:yes'> 
</span>Les seize documents conciliaires, </span></i>Fides, Montréal, 1966,
p.<span style='mso-spacerun:yes'>  </span>65.<o:p></o:p></span></font></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn49>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn49' href="#_ftnref49"
name="_ftn49" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[49]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span>II Co 13, 1ss.<o:p></o:p></span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn50>

<p class=MsoFootnoteText style='margin-left:.5in;text-align:justify;text-indent:
-.5in'><a style='mso-footnote-id:ftn50' href="#_ftnref50" name="_ftn50" title=""><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[50]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA><span style='mso-spacerun:yes'>  </span><span style='mso-tab-count:
1'>           </span><span style='mso-spacerun:yes'> </span>Saint Augustin, <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Les Confessions</span></i>, livre XI. Trad. nouvelle de Louis de
MONDADON, Paris, Pierre Horay Éd. de Flore, 1954, p. 306.</span></p>

</div>

<div style='mso-element:footnote' id=ftn51>

<p class=MsoFootnoteText><a style='mso-footnote-id:ftn51' href="#_ftnref51"
name="_ftn51" title=""><span class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2
face="Times New Roman"><span lang=FR-CA style='font-size:10.0pt'><span
style='mso-special-character:footnote'><![if !supportFootnotes]><span
class=MsoFootnoteReference><sup><font size=2 face="Times New Roman"><span
lang=FR-CA style='font-size:10.0pt;font-family:"Times New Roman";mso-fareast-font-family:
"Times New Roman";mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR;mso-bidi-language:
AR-SA'>[51]</span></font></sup></span><![endif]></span></span></font></sup></span></a><span
lang=FR-CA> <span style='mso-tab-count:1'>            </span></span><span
style='mso-ansi-language:FR'>Fernand Dumont.(probablement tirée de <i
style='mso-bidi-font-style:normal'><span style='font-style:italic;mso-bidi-font-style:
normal'>Le lieu de l'homme. La culture comme distance et mémoire)</span></i>.</span><span
lang=FR-CA><o:p></o:p></span></p>

</div>

</div>

     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
    ]]>
   </content>
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