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  <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
  <description><![CDATA[Carrefour Kairos est la page web personnelle d`Hermann Giguère. Questions de société, de spiritualité, d`évangélisation,  de pastorale, de la vie de l`Église catholique. Début avril 1997.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-09T20:00:38+02:00</dc:date>
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   <title>Carrefour Kairos - Site personnel d`Hermann Giguère</title>
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   <title>Homélie pour Noël 2025 : "Le chemin des bergers"</title>
   <pubDate>Thu, 18 Dec 2025 22:05:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie pour la messe de la fête de Noël le 24 Séminaire de Québec. Textes de l'Écriture: Isaïe 9, 1-6, Tite 2, 11-14, Lc 2, 1-14.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/91757298-64417714.jpg?v=1670641073" alt="Homélie pour Noël 2025 : "Le chemin des bergers"" title="Homélie pour Noël 2025 : "Le chemin des bergers"" />
     </div>
     <div>
      Je vous invite ce soir à faire avec moi une randonnée avec les bergers, à suivre le chemin des bergers vers la crèche.        <br />
              <br />
       Que fait-on dans une randonnée? On marche, on avance à pied, en vélo, en auto? On s’arrête, on fait des pauses plus ou moins longues et on jouit du paysage, des rencontres, des monuments, que sais-je?       <br />
              <br />
       Hé bien! Ce soir en suivant le chemin des bergers nous nous nous arrêterons à trois moments qui sont comme des étapes. Certains resteront à la première étape, peut-être, d’autres continueront vers la deuxième et certains iront jusqu’à la troisième et dernière étape. Trois mots pour les retenir : magie, nostalgie et mystère.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Première étape : la magie de Noël</span>       <br />
              <br />
       La première étape est remplie de magie et de merveilleux. Les bergers sont enveloppés d’une grande lumière. L’Ange du Seigneur leur apparaît. Quelle surprise et quelle merveille!  Ils sont remplis de la magie de Noël à laquelle ils ne s’attendaient pas.       <br />
              <br />
       Si nous nous regardons, Noël, pour nous, comme pour les bergers est rempli de magie : c’est le regard et la joie d’un enfant devant ses cadeaux sous l’arbre de Noël, c’est la visite qui arrive pour le réveillon, ce sont tous les préparatifs où on laisse aller son imagination et sa créativité. Oui! Noël c’est un moment magique de l’année. Et il est bon de pouvoir le vivre à fond.        <br />
              <br />
       Cependant, à Noël, il y a plus que de la magie et du merveilleux, pour plusieurs cette fête est pleine de belle nostalgie.        <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">Deuxième étape : la nostalgie de Noël</span>       <br />
              <br />
       Regardons de nouveau les bergers. Les juifs espéraient un Messie, un Sauveur. Après avoir entendu l’Ange du Seigneur, les bergers se retrouvent devant une nouvelle qu’ils attendaient depuis longtemps. Le peuple qui vivait dans les ténèbres, dont parle la première lecture, voit ses espoirs comblés. Ils se rappellent leurs prières d’autrefois. Leurs souvenirs des promesses de Dieu se réveillent. Le Sauveur qu’ils attendaient est arrivé. Leurs cœurs vibrent au rythme d’une nostalgie qui se voit comblée.         <br />
              <br />
       Nous sommes peut-être un peu comme les bergers. Nous connaissons la bonne nouvelle de la venue du Sauveur. Nous nous rappelons les Noëls d’autrefois. Ce soir la chapelle s’est faite belle pour que nous y retrouvions un peu de cette ambiance religieuse si caractéristique des Noëls d’autrefois. Pourquoi, venir ici à la Messe de Minuit au Lac Poulin si ce n’est pour aller plus loin que la magie de Noël? Plusieurs, dont je suis, y trouve un brin de nostalgie. Les souvenirs des Noëls d’autrefois refont surface. Un Noël rempli de symboles religieux et de chants de Noël qui nous vont droit au cœur. Que c’est beau Noël au Lac Poulin!        <br />
              <br />
       Denise Bombardier, cette commentratice de la télévision québécoise bien connue disait il y quelque temps : " Les gens vont à la messe même s’ils ont perdu leurs rêves d’enfance, cette époque lointaine où l’on pouvait croire, dans sa naïveté d’enfant.  On y va quand même, pour la nostalgie."  (fin de la citation). C'était quand même bien, se dit-on.       <br />
              <br />
       Vous pouvez arrêter à ces deux étapes de notre randonnée avec les bergers, et en rester à la magie et à une belle nostalgie, mais en les suivant, je vous invite à une troisième et dernière étape, celle du mystère de Noël       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Troisième étape : le mystère de Noël</span>       <br />
              <br />
       En effet, si la fête de Noël est magique et si elle peut engendrer une certaine nostalgie, elle n’est pas complète si nous ne venons pas, comme les bergers, vers le nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. Voilà le mystère si déroutant.       <br />
              <br />
       Les attentes nostalgiques des bergers sont déjouées. Le Sauveur qui arrive, n’arrive pas accompagné d’une escorte en grande pompe. Il prend les traits d’un petit enfant, faible et impuissant, réchauffé par sa mère qui le tient dans ses bras. C’est tout un signe et un mystère que cet abaissement d’un Dieu qui se fait l’un de nous : « Emmanuel » qui veut dire « Dieu avec nous! »       <br />
              <br />
       Nous ne comprenons rien de ce mystère si nous ne croyons pas que cet enfant est le même que l’adulte qui mourra sur la croix et qui ressuscitera pour vivre pour toujours et nous entraîner à sa suite. Le monde sera changé pour toujours. Un immense chemin nous sera ouvert par celui qui deviendra le premier-né d'une multitude de frères et soeurs et grâce à lui le Fils bien-aimé de Dieu, nous devenons nous aussi par le baptême fils et filles de Dieu par adoption  comme le dit saint Paul.       <br />
              <br />
       Arrêtons-nous à cette troisième et dernière étape et unissons nos cœurs et nos voix au chant des anges « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime »       <br />
              <br />
       Oui! Le mystère de Noël que nous découvrons, si nous acceptons de nous rendre à cette étape du chemin des bergers, c’est celui d’une bonne nouvelle et d’une grande joie pour tout le peuple encore aujourd’hui et même encore plus, je dirais. Quelle belle nouvelle de se savoir aimé de Dieu       <br />
              <br />
       Dans un monde qui s’arrête trop souvent à la magie de Noël avec le magasinage, les Pères Noëls, les cadeaux, notre rassemblement nous permet une pause où nous rencontrons Celui qui est plus grand que notre cœur, Celui qui nous aime comme nous sommes et qui ne veut que notre bonheur. La nostalgie et la magie de Noël ne peuvent cacher le mystère de Noël qui s'est accompli hier et qui demeure pour toujours, car Dieu est fidèle et ne nous enlève pas son amour, quoique nous fassions, même si nous l'oublions.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Chers frères et sœurs, continuons notre chemin comme les bergers et reconnaissons sous les espèces du pain et du vin que nous partageons, le corps et le sang de cet enfant devenu le Christ Jésus Seigneur à qui appartient la puissance et la gloire pour les siècles des siècles.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       18 décembre 2025       <br />
              <br />
       <!-- Messe à 16 h au Lac Pouin Reprise de l'homélie du 24 décembre 2009 et 2022-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      MESSE DE LA NUIT       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Un enfant nous est né » (Is 9, 1-6)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Le peuple qui marchait dans les ténèbres       <br />
       a vu se lever une grande lumière ;       <br />
       et sur les habitants du pays de l’ombre,       <br />
       une lumière a resplendi.       <br />
           Tu as prodigué la joie,       <br />
       tu as fait grandir l’allégresse :       <br />
       ils se réjouissent devant toi,       <br />
       comme on se réjouit de la moisson,       <br />
       comme on exulte au partage du butin.       <br />
           Car le joug qui pesait sur lui,       <br />
       la barre qui meurtrissait son épaule,       <br />
       le bâton du tyran,       <br />
       tu les as brisés comme au jour de Madiane.       <br />
           Et les bottes qui frappaient le sol,       <br />
       et les manteaux couverts de sang,       <br />
       les voilà tous brûlés :       <br />
       le feu les a dévorés.       <br />
              <br />
           Oui, un enfant nous est né,       <br />
       un fils nous a été donné !       <br />
       Sur son épaule est le signe du pouvoir ;       <br />
       son nom est proclamé :       <br />
       « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort,       <br />
       Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. »       <br />
           Et le pouvoir s’étendra,       <br />
       et la paix sera sans fin       <br />
       pour le trône de David et pour son règne       <br />
       qu’il établira, qu’il affermira       <br />
       sur le droit et la justice       <br />
       dès maintenant et pour toujours.       <br />
       Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 95 (96), 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a, 13bc)       <br />
       R/ Aujourd’hui, un Sauveur nous est né :       <br />
       c’est le Christ, le Seigneur. (cf. Lc 2, 11)       <br />
              <br />
       Chantez au Seigneur un chant nouveau,       <br />
       chantez au Seigneur, terre entière,       <br />
       chantez au Seigneur et bénissez son nom !       <br />
              <br />
       De jour en jour, proclamez son salut,       <br />
       racontez à tous les peuples sa gloire,       <br />
       à toutes les nations ses merveilles !       <br />
              <br />
       Joie au ciel ! Exulte la terre !       <br />
       Les masses de la mer mugissent,       <br />
       la campagne tout entière est en fête.       <br />
              <br />
       Les arbres des forêts dansent de joie       <br />
       devant la face du Seigneur, car il vient,       <br />
       car il vient pour juger la terre.       <br />
              <br />
       Il jugera le monde avec justice       <br />
       et les peuples selon sa vérité.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « La grâce de Dieu s’est manifestée pour tous les hommes » (Tt 2, 11-14)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Tite       <br />
              <br />
       Bien-aimé,       <br />
           la grâce de Dieu s’est manifestée       <br />
       pour le salut de tous les hommes.       <br />
           Elle nous apprend à renoncer à l’impiété       <br />
       et aux convoitises de ce monde,       <br />
       et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable,       <br />
       avec justice et piété,       <br />
           attendant que se réalise la bienheureuse espérance :       <br />
       la manifestation de la gloire       <br />
       de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ.       <br />
           Car il s’est donné pour nous       <br />
       afin de nous racheter de toutes nos fautes,       <br />
       et de nous purifier       <br />
       pour faire de nous son peuple,       <br />
       un peuple ardent à faire le bien.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Je vous annonce une grande joie :       <br />
       Aujourd’hui vous est né un Sauveur       <br />
       qui est le Christ, le Seigneur !       <br />
       Alléluia. (cf. Lc 2, 10-11)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
           En ces jours-là,       <br />
       parut un édit de l’empereur Auguste,       <br />
       ordonnant de recenser toute la terre       <br />
           – ce premier recensement eut lieu       <br />
       lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.       <br />
           Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.       <br />
           Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth,       <br />
       vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem.       <br />
       Il était en effet de la maison et de la lignée de David.       <br />
           Il venait se faire recenser avec Marie,       <br />
       qui lui avait été accordée en mariage       <br />
       et qui était enceinte.       <br />
              <br />
           Or, pendant qu’ils étaient là,       <br />
       le temps où elle devait enfanter fut accompli.       <br />
           Et elle mit au monde son fils premier-né ;       <br />
       elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire,       <br />
       car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.       <br />
           Dans la même région, il y avait des bergers       <br />
       qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs       <br />
       pour garder leurs troupeaux.       <br />
           L’ange du Seigneur se présenta devant eux,       <br />
       et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.       <br />
       Ils furent saisis d’une grande crainte.       <br />
           Alors l’ange leur dit :       <br />
       « Ne craignez pas,       <br />
       car voici que je vous annonce une bonne nouvelle,       <br />
       qui sera une grande joie pour tout le peuple :       <br />
           Aujourd’hui, dans la ville de David,       <br />
       vous est né un Sauveur       <br />
       qui est le Christ, le Seigneur.       <br />
           Et voici le signe qui vous est donné :       <br />
       vous trouverez un nouveau-né       <br />
       emmailloté et couché dans une mangeoire. »       <br />
           Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable,       <br />
       qui louait Dieu en disant :       <br />
           « Gloire à Dieu au plus haut des cieux,       <br />
       et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/91757298-64417714.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-Noel-2025-Le-chemin-des-bergers_a1278.html</link>
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   <title>Homélie pour le 3e dimanche de l'Avent Année A : « Es-tu celui qui doit venir? »</title>
   <pubDate>Tue, 09 Dec 2025 21:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie par Mgr Hermann Giguère P.H., Séminaire de Québec, pour le 3e dimanche de l'Avent le 14 décembre 2025 Année A. Textes: Isaïe 35, 1-6a.10, Jacques 5, 7-10 et Mathieu 11, 2-11.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/91757202-64417694.jpg?v=1667222413" alt="Homélie pour le 3e dimanche de l'Avent Année A : « Es-tu celui qui doit venir? »" title="Homélie pour le 3e dimanche de l'Avent Année A : « Es-tu celui qui doit venir? »" />
     </div>
     <div>
      Nous retrouvons ce matin Jean, le Baptiste, qui nous a interpellé la semaine dernière dans l’évangile du 2e dimanche de l’Avent par une prédication inspirante et dérangeante. Nous le retrouvons aujourd'hui alors qu’il est en prison, enfermé parce que son franc-parler lui a mis à dos les autorités politiques représentées par le roi Hérode.        <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Un questionnement légitime</span>       <br />
              <br />
       Dans ces moments à l’écart, ses pensées flottent et les doutes l’assaillent : « Jésus qu’il a baptisé dans le Jourdain, est-il bien le Messie qui doit venir? » Il va s’en ouvrir à ses disciples qui le visitent et ceux-ci vont se charger d’aller poser la question à Jésus lui-même. Au nom de Jean, le Baptiste, ils demandent à Jésus « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre? » Une question qui nous rejoint tous et toutes car nous sommes souvent « emprisonnés » dans nos habitudes, nos péchés, nos limites et notre foi en souffre. Les doutes nous assaillent comme dans le cas de Jean, le Baptiste. Comment les  surmonter?        <br />
              <br />
       Revenons à la réponse de Jésus qui nous éclairera. Jésus ne répond pas directement à la question des disciples de Jean. Il les renvoie à eux-mêmes. « Prenez la peine de regarder autour de vous. Examinez les signes qui accompagnent mon ministère » leur dit-il. Et en toute humilité il les énumère : « Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. »        <br />
              <br />
       Les envoyés de Jean ont leur réponse. Ils s’en vont le retrouver dans sa prison.        <br />
              <br />
        II- <span style="font-style:italic">Reconnaître les signes de la promesse</span>       <br />
              <br />
       Qu’est-ce qui se passe alors? L’évangile ne le dit pas explicitement. Mais on peut penser que Jean, le Baptiste, est plus que rassuré, il voit se confirmer ce qu’il avait entrevu au baptême de Jésus : « Celui-ci est bien l’Envoyé du Père ». Pourquoi? Parce que les signes donnés par Jésus sont ceux que les prophètes donnaient. Il se rappelle les paroles du prophète Isaïe qu’il connait bien et que la première lecture nous a présentées : Quand la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu se manifestera, dit Isaïe,  « alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ».       <br />
              <br />
       Tels sont les signes de la Venue du Sauveur, de la Manifestation de Dieu, qu’Isaïe donne et ce sont les mêmes signes que Jésus manifeste aux disciples de Jean. Car il est le Sauveur annoncé qui est là maintenant, il n’est plus seulement entrevu et attendu, il est venu. En Lui, Dieu s’est manifesté définitivement comme le Dieu bon et miséricordieux qui veut que toutes les personnes soient sauvées et se retrouvent dans son Royaume, dans sa maison.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">L’inclusion dans le Royaume</span>       <br />
              <br />
       Un temps nouveau est commencé avec la Venue du Sauveur annoncé. Le Royaume de Dieu est arrivé. Il inclut tout le monde à commencer par les plus petits, les pauvres, les exclus. « Bienheureux les pauvres, les doux, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix ceux qui sont persécutés pour la justice» dira Jésus dans sa prédication, dans ces béatitudes que vous connaissez bien qui sont comme la charte du Royaume de Dieu (Mathieu 5, 3-12).       <br />
              <br />
       Dans ce Royaume, il a un renversement total de nos perceptions. Même un grand prophète comme Jean, le Baptiste, cède le pas devant le pauvre et le petit parce, lui, il a été le Précurseur, annonçant le Royaume, sans hélas! y entrer directement,  tandis que, comme le dit Jésus,  maintenant tous peuvent y entrer et « le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui, [Jean, le Baptiste] » parce que ce « plus petit » est devenu enfant de Dieu, héritier de Dieu, héritier du Royaume avec Jésus (Romains 8, 16-17). Ce qui est une belle nouvelle pour chacun et chacune d’entre nous. En effet, la mesure de l’amour de Dieu est d’aimer sans mesure toutes les personnes avec leurs limites, qui qu’elles soient, de les aimer pour elles-mêmes pour les faire grandir.       <br />
              <br />
       Pour chacun et chacun d’entre nous, ce qui est important c’est la réponse à cet amour sans mesure. L’apôtre saint Jacques dans la deuxième lecture, en fin connaisseur de l’âme humaine, nous recommande la patience et l’endurance. Il nous donne l’image du cultivateur qui attend les fruits de la terre avec patience jusqu’à la récolte précoce ou tardive. C’est ce qui est important : tenir ferme dans la foi en l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ à travers les événements et les situations de toutes sortes dans nos vies, dans l’Église et dans notre monde.          <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Réunis autour de la table du Seigneur, en ce 3e dimanche de l’Avent qui est appelé le « Dimanche de la joie » (en latin "Gaudete"), n’ayons pas peur de laisser éclater notre joie d’être appelés à vivre de nouveau la Venue du Seigneur. Préparons-nous-y le mieux possible pendant le temps de l’Avent par une fidélité plus grande à la prière et à l’entraide fraternelle.        <br />
              <br />
       Comme le dit le chant d’entrée liturgique dont les premiers mots ont servi pour qualifier le 3e dimanche de l’Avent de « Dimanche "gaudete" ou dimanche de la joie » : « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche » (Philippiens 4, 4-5).       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère  P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       9 décembre 2025        <br />
              <br />
       <!--Reprise de l'homélie du 6 décembre 2016 et du 6 décembre 2022-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Dieu vient lui-même et va vous sauver » (Is 35, 1-6a.10)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Le désert et la terre de la soif,       <br />
       qu’ils se réjouissent !       <br />
       Le pays aride, qu’il exulte       <br />
       et fleurisse comme la rose,       <br />
           qu’il se couvre de fleurs des champs,       <br />
       qu’il exulte et crie de joie !       <br />
       La gloire du Liban lui est donnée,       <br />
       la splendeur du Carmel et du Sarone.       <br />
       On verra la gloire du Seigneur,       <br />
       la splendeur de notre Dieu.       <br />
           Fortifiez les mains défaillantes,       <br />
       affermissez les genoux qui fléchissent,       <br />
           dites aux gens qui s’affolent :       <br />
       « Soyez forts, ne craignez pas.       <br />
       Voici votre Dieu :       <br />
       c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu.       <br />
       Il vient lui-même et va vous sauver. »       <br />
           Alors se dessilleront les yeux des aveugles,       <br />
       et s’ouvriront les oreilles des sourds.       <br />
           Alors le boiteux bondira comme un cerf,       <br />
       et la bouche du muet criera de joie.       <br />
           Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent,       <br />
       ils entrent dans Sion avec des cris de fête,       <br />
       couronnés de l’éternelle joie.       <br />
       Allégresse et joie les rejoindront,       <br />
       douleur et plainte s’enfuient.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 145 (146), 7, 8, 9ab.10a)       <br />
       R/ Viens, Seigneur, et sauve-nous !       <br />
       ou : Alléluia ! (cf. Is 35, 4)       <br />
              <br />
       Le Seigneur fait justice aux opprimés,       <br />
       aux affamés, il donne le pain,       <br />
       le Seigneur délie les enchaînés.       <br />
              <br />
       Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,       <br />
       le Seigneur redresse les accablés,       <br />
       le Seigneur aime les justes.       <br />
              <br />
       Le Seigneur protège l’étranger,       <br />
       il soutient la veuve et l’orphelin.       <br />
       D’âge en âge, le Seigneur régnera.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Tenez ferme vos cœurs car la venue du Seigneur est proche » (Jc 5, 7-10)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Jacques       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
       en attendant la venue du Seigneur,       <br />
       prenez patience.       <br />
       Voyez le cultivateur :       <br />
       il attend les fruits précieux de la terre avec patience,       <br />
       jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive.       <br />
           Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme       <br />
       car la venue du Seigneur est proche.       <br />
           Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres,       <br />
       ainsi vous ne serez pas jugés.       <br />
       Voyez : le Juge est à notre porte.       <br />
           Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience       <br />
       les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       L’Esprit du Seigneur est sur moi :       <br />
       il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.       <br />
       Alléluia. (cf. Is 61, 1)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison,       <br />
       des œuvres réalisées par le Christ.       <br />
       Il lui envoya ses disciples et, par eux,  lui demanda :       <br />
           « Es-tu celui qui doit venir,       <br />
       ou devons-nous en attendre un autre ? »       <br />
           Jésus leur répondit :       <br />
       « Allez annoncer à Jean       <br />
       ce que vous entendez et voyez :       <br />
           Les aveugles retrouvent la vue,       <br />
       et les boiteux marchent,       <br />
       les lépreux sont purifiés,       <br />
       et les sourds entendent,       <br />
       les morts ressuscitent,       <br />
       et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.       <br />
           Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »       <br />
              <br />
           Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient,       <br />
       Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean :       <br />
       « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ?       <br />
       un roseau agité par le vent ?       <br />
           Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ?       <br />
       un homme habillé de façon raffinée ?       <br />
       Mais ceux qui portent de tels vêtements       <br />
       vivent dans les palais des rois.       <br />
           Alors, qu’êtes-vous allés voir ?       <br />
       un prophète ?       <br />
       Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.       <br />
           C’est de lui qu’il est écrit :       <br />
       Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,       <br />
       pour préparer le chemin devant toi.       <br />
           Amen, je vous le dis :       <br />
       Parmi ceux qui sont nés d’une femme,       <br />
       personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ;       <br />
       et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux       <br />
       est plus grand que lui. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/91757202-64417694.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-3e-dimanche-de-l-Avent-Annee-A-Es-tu-celui-qui-doit-venir_a1276.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.wmaker.net/carrefourkairos,2026:rss-84961910</guid>
   <title>Homélie pour le 2e dimanche du temps ordinaire Année C : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit » </title>
   <pubDate>Tue, 21 Jan 2025 13:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie pour le pour le 2e dimanche du temps ordinaire Année C le 19 janvier 2025. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: Isaïe 62, 1-5, 1 Co 12, 4-11 et Jean 2, 1-11. Isaïe 62, 1-5, 1 Co 12, 4-11 et Jean 2, 1-11.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/84961910-60626064.jpg?v=1636548984" alt="Homélie pour le 2e dimanche du temps ordinaire Année C : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit » " title="Homélie pour le 2e dimanche du temps ordinaire Année C : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit » " />
     </div>
     <div>
      L’épisode des noces de Cana est un épisode très connu des évangiles. Il est raconté par saint Jean qui est le seul des évangélistes à le faire. S'agit-il d'un souvenir qu'il tient de Marie qui, selon la tradition, a passé les dernières années de sa vie près de lui à Éphèse en Turquie ? C'est possible, mais ce qui le rend précieux pour nous c’est qu’il contient un enseignement des plus importants concernant la mission de Jésus. C'est le "premier des signes" que fait Jésus dans son ministère public d'annoncer le Salut de Dieu qu'il apporte au monde. Regardons le signe lui-même puis sa signification.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Le signe de l'eau changée en vin</span>       <br />
              <br />
       Le signe se produit lors d'une réception de noces. On se voit volontiers dans l'entourage de Jésus avec sa mère et ses disciples. Ils sont parmi les invités à ces noces. Et en Palestine, en ce temps-là et encore aujourd'hui, les noces durent plusieurs jours. Il faut donc beaucoup de victuailles et de boisson pour satisfaire la faim et la soif de tous les invités. On a beau faire des réserves, il peut arriver, hélas! comme c'est le cas à Cana que l'on se retrouve à court de manger et de boire.       <br />
              <br />
       La mère de Jésus, Marie, s'en aperçoit et se permet de communiquer son inquiétude à son fils. "Ils n'ont plus de vin". La réponse abrupte est étonnante "Femme que me veux-tu?  Mon heure n’est pas encore venue". Quelle corde du cœur de son Fils, Marie a-t-elle touchée sans le savoir? La suite du texte nous donne la réponse.        <br />
              <br />
       On imagine qu'après la réponse intrigante de Jésus, un silence s'établit dans le groupe. C'est le temps pour Jésus de réfléchir sur la décision à prendre : ouvrir la porte ou non à cette demande.  Son heure serait-elle venue?       <br />
              <br />
       Son "heure" c'est la manifestation de sa filiation avec Dieu, de sa divinité. Cette manifestation commencée avec son Baptême par Jean-Baptiste doit se faire dans le temps sans précipitation suivant le plan de Dieu. Cette manifestation de la proximité de Jésus avec son Père se fera à travers des paroles, des gestes, des miracles même. Voilà pourrions-nous dire la programmation prévue.       <br />
              <br />
       Et maintenant, Jésus se trouve sollicité par sa Mère pour se manifester dès maintenant.  Que fait-il? Eh bien! Jésus s'exécute et plonge. Il ordonne de remplir d'eau les cuves vides. Et on en puise quelque peu. On le fait porter au maître du repas qui se félicite de ce bon vin alors qu'il pensait en manquer.        <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">La signification du premier des signes que fit Jésus</span>       <br />
              <br />
       Que s’est-il passé? Comment l’eau a-t-elle été transformée en vin? Comment cela s'est-il réalisé ? Le récit de saint Jean ne le dit pas. Il ne dit même pas que c'est un miracle, aussi surprenant que cela paraisse. Il écrit plutôt que ce fut à Cana le commencement des signes que Jésus accomplit,  que c’est là qu'il manifesta sa gloire et que ses disciples crurent en lui.       <br />
              <br />
       Voilà  la signification de ce geste de Jésus accompli à la demande de sa Mère : un signe que Dieu est avec Jésus pour susciter la foi.       <br />
              <br />
       Ce signe particulier de l’eau changée en vin prend place dans le cadre de noces humaines. Ce cadre peut nous aider à approfondir le sens de ce premier signe de Jésus qui sera suivi de plusieurs autres comme la tempête apaisée, la multiplication des pains, la transfiguration, la dernière Cène. Le récit du signe de Cana  nous amène à comprendre que Jésus vient manifester l'amour de Dieu qui épouse l'humanité en lui donnant son Fils bien-aimé en qui il a mis toutes ses complaisances.        <br />
              <br />
       Ainsi se réalisent ce que saint Jean appellera plus tard les "Noces de l'Agneau". C’est à Cana qu'elles commencent. Les noces de Cana sont "le porche que franchit Jésus quand il devance son heure" <!-- (revue Signes)-->. Il s'agit ici bien sûr d'un commencement. Les disciples, comme Marie aussi, ne comprennent pas tout, ils sont dans la foi et cette foi sera mise à l'épreuve lorsqu’ils verront d'autres signes encore plus percutants comme celui de la Résurrection.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       C'est sur ce terrain de la foi que nous sommes invités à cheminer à partir de ce premier signe que Jésus fait à Cana, une foi qui s'établit dans une confiance et un oui comme celui de Marie à l'Annonciation, une foi qui est en progression continuelle ouverte aux imprévus et aux remises en question, car comme le dit saint Thomas d'Aquin la foi est une adhésion qui n'exclut pas les questionnements. "Assensus cum cogitatione" écrit-il ((II-II, q.2 a.1).        <br />
              <br />
       Ce sera le cas des disciples dans la suite de la vie publique de Jésus. Ils le suivront sur les routes de Galilée, en Samarie, à Jérusalem et ils auront parfois bien des questionnements. Mais, lorsque Jésus leur demandera ce que les gens disent de lui et ce qu'eux disent, Pierre prendra la parole au nom de tous et confessera leur foi vibrante et engagée : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant" (Mathieu 16, 16).       <br />
              <br />
       Les signes qu'il avaient vus les avaient confirmés dans cette voie. Mais on sait qu'au moment de la Passion leur foi sera mise à rude épreuve. Elle s'obscurcira. C'est au matin de Pâques qu'elle renaîtra pour devenir cet élan qui les emportera, après la Pentecôte, jusqu'aux  extrémités du monde selon les paroles de Jésus : "Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde " (Mathieu 28, 19-20) .       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Nous sommes un peu dans la même situation que les disciples. Notre foi peut parfois avoir tendance à s’obscurcir. Les signes des noces de Dieu avec l'humanité, avec nous, sont là : dans le don et le partage, dans l'amour et la fidélité, dans l'accueil et l'ouverture à toute personne quelle qu'elle soit etc., mais les voit-on?       <br />
              <br />
       Demandons au Seigneur de mettre dans nos cœurs une ouverture aux signes de sa présence dans le monde, dans nos milieux et dans notre vie. Dieu qui a agi à Cana dans ce premier des signes que Jésus a donné de sa mission salvatrice continue de le faire encore aujourd'hui dans nos vies. Et Marie qui se tenait près de Jésus est là aussi près de nous. Regardons- la et n'ayons pas peur de lui demander avec confiance d'intercéder auprès de son Fils pour tous nos besoins matériels et spirituels.       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       14 janvier 2025       <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 12 janvier 2016 et 11 janvier 2022-->       <br />
              <br />
       <!--       <br />
       L’épisode des noces de Cana est un épisode très connu des évangiles. Il est raconté par saint Jean qui est le seul des évangélistes à le faire. S'agit-il d'un souvenir qu'il tient de Marie qui, selon la tradition, a passé les dernières années de sa vie près de lui à Éphèse en Turquie ? C'est possible, mais ce qui le rend précieux pour nous c’est qu’il contient un enseignement des plus importants concernant la mission de Jésus. C'est le "premier des signes" que fait Jésus dans son ministère public d'annoncer le Salut de Dieu qu'il apporte au monde. Regardons le signe lui-même puis sa signification.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Le signe de l'eau changée en vin</span>       <br />
              <br />
       Le signe se produit lors d'une réception de noces. On se voit volontiers dans l'entourage de Jésus avec sa mère et ses disciples. Ils sont parmi les invités à ces noces. Et en Palestine, en ce temps-là et encore aujourd'hui, les noces durent plusieurs jours. Il faut donc beaucoup de victuailles et de boisson pour satisfaire la faim et la soif de tous les invités. On a beau faire des réserves, il peut arriver, hélas! comme c'est le cas à Cana que l'on se retrouve à court de manger et de boire.       <br />
              <br />
       La mère de Jésus, Marie, s'en aperçoit et se permet de communiquer son inquiétude à son fils. "Ils n'ont plus de vin". La réponse abrupte est étonnante "Femme que me veux-tu?  Mon heure n’est pas encore venue". Quelle corde du cœur de son Fils, Marie a-t-elle touchée sans le savoir? La suite du texte nous donne la réponse.        <br />
              <br />
       On imagine qu'après la réponse intrigante de Jésus, un silence s'établit dans le groupe. C'est le temps pour Jésus de réfléchir sur la décision à prendre : ouvrir la porte ou non à cette demande.  Son heure serait-elle venue?       <br />
              <br />
       Son "heure" c'est la manifestation de sa filiation avec Dieu, de sa divinité. Cette manifestation commencée avec son Baptême par Jean-Baptiste doit se faire dans le temps suivant le plan de Dieu. Et maintenant, Jésus se trouve sollicité par sa Mère pour se manifester dès maintenant.  Que fait-il? Eh bien! Jésus s'exécute et plonge. Il ordonne de remplir d'eau les cuves vides. Et on en puise quelque peu. On le fait porter au maître du repas qui se félicite de ce bon vin alors qu'il pensait en manquer.        <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">La signification du premier des signes que fit Jésus</span>       <br />
              <br />
       Que s’est-il passé? Comment l’eau a-t-elle été transformée en vin? Comment cela s'est-il réalisé ? Le récit de saint Jean ne le dit pas. Il ne dit même pas que c'est un miracle, aussi surprenant que cela paraisse. Il écrit plutôt que ce fut à Cana le commencement des signes que Jésus accomplit,  que c’est là qu'il manifesta sa gloire et que ses disciples crurent en lui. Voilà  la signification de ce geste de Jésus accompli à la demande de sa Mère : un signe que Dieu est avec Jésus pour susciter la foi.       <br />
              <br />
       Ce signe particulier de l’eau changée en vin prend place dans le cadre de noces humaines.  Le récit du signe de Cana  nous amène à comprendre que Jésus vient manifester l'amour de Dieu qui épouse l'humanité en lui donnant son Fils bien-aimé en qui il a mis toutes ses complaisances.  Ainsi se réalisent ce que saint Jean appellera plus tard les "Noces de l'Agneau". C’est à Cana qu'elles commencent. Les noces de Cana sont "le porche que franchit Jésus quand il devance son heure". Il s'agit ici bien sûr d'un commencement. Les disciples, comme Marie aussi, ne comprennent pas tout, ils sont dans la foi et cette foi sera mise à l'épreuve lorsqu’ils verront d'autres signes encore plus percutants comme celui de la Résurrection.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       C'est sur ce terrain de la foi que nous sommes invités à cheminer à partir de ce premier signe que Jésus fait à Cana, une foi qui s'établit dans une confiance et un oui  constant, une foi qui est en progression continuelle ouverte aux imprévus et aux remises en question, car comme le dit saint Thomas d'Aquin la foi est une adhésion qui n'exclut pas les questionnements. "Assensus cum cogitatione" écrit-il ((II-II, q.2 a.1).        <br />
              <br />
       Ce sera le cas des disciples dans la suite de la vie publique de Jésus. Ils le suivront sur les routes de Galilée, en Samarie, à Jérusalem et ils auront parfois bien des questionnements. Mais, lorsque Jésus leur demandera ce que les gens disent de lui et ce qu'eux disent, Pierre prendra la parole au nom de tous et confessera leur foi vibrante et engagée : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant" (Mathieu 16, 16).       <br />
              <br />
       Nous sommes un peu dans la même situation que les disciples. Notre foi peut parfois avoir tendance à s’obscurcir. Les signes des noces de Dieu avec l'humanité, avec nous, sont là : dans le don et le partage, dans l'amour et la fidélité, dans l'accueil et l'ouverture à toute personne quelle qu'elle soit etc., mais les voit-on?       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Demandons au Seigneur de mettre dans nos cœurs et dans notre regard une ouverture aux signes de sa présence dans le monde, dans nos milieux et dans notre vie. Dieu qui a agi à Cana dans ce premier des signes que Jésus a donné de sa mission salvatrice continue de le faire encore aujourd'hui dans nos vies et dans la vie de l'Église. Et Marie qui se tenait près de Jésus est là aussi près de nous. N'ayons pas peur de lui demander avec confiance d'intercéder pour nous auprès de son Fils.       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       11 janvier 2022       <br />
       -->       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Comme la jeune mariée fait la joie de son mari » (Is 62, 1-5)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas,       <br />
       et pour Jérusalem, je n’aurai de cesse       <br />
       que sa justice ne paraisse dans la clarté,       <br />
       et son salut comme une torche qui brûle.       <br />
           Et les nations verront ta justice ;       <br />
       tous les rois verront ta gloire.       <br />
       On te nommera d’un nom nouveau       <br />
       que la bouche du Seigneur dictera.       <br />
           Tu seras une couronne brillante       <br />
       dans la main du Seigneur,       <br />
       un diadème royal       <br />
       entre les doigts de ton Dieu.       <br />
           On ne te dira plus : « Délaissée ! »       <br />
       À ton pays, nul ne dira : « Désolation ! »       <br />
       Toi, tu seras appelée « Ma Préférence »,       <br />
       cette terre se nommera « L’Épousée ».       <br />
       Car le Seigneur t’a préférée,       <br />
       et cette terre deviendra « L’Épousée ».       <br />
           Comme un jeune homme épouse une vierge,       <br />
       ton Bâtisseur t’épousera.       <br />
       Comme la jeune mariée fait la joie de son mari,       <br />
       tu seras la joie de ton Dieu.       <br />
              <br />
          – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 95 (96), 1-2a, 2b-3, 7-8a, 9a.10ac)       <br />
       R/ Racontez à tous les peuples       <br />
       les merveilles du Seigneur ! (Ps 95, 3)       <br />
              <br />
       Chantez au Seigneur un chant nouveau,       <br />
       chantez au Seigneur, terre entière,       <br />
       chantez au Seigneur et bénissez son nom !       <br />
              <br />
       De jour en jour, proclamez son salut,       <br />
       racontez à tous les peuples sa gloire,       <br />
       à toutes les nations ses merveilles !       <br />
              <br />
       Rendez au Seigneur, familles des peuples,       <br />
       rendez au Seigneur, la gloire et la puissance,       <br />
       rendez au Seigneur la gloire de son nom.       <br />
              <br />
       Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté.       <br />
       Allez dire aux nations : Le Seigneur est roi !       <br />
       Il gouverne les peuples avec droiture.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « L’unique et même Esprit distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier » (1 Co 12, 4-11)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           les dons de la grâce sont variés,       <br />
       mais c’est le même Esprit.       <br />
           Les services sont variés,       <br />
       mais c’est le même Seigneur.       <br />
           Les activités sont variées,       <br />
       mais c’est le même Dieu       <br />
       qui agit en tout et en tous.       <br />
           À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit       <br />
       en vue du bien.       <br />
           À celui-ci est donnée, par l’Esprit,       <br />
       une parole de sagesse ;       <br />
       à un autre,       <br />
       une parole de connaissance,       <br />
       selon le même Esprit ;       <br />
           un autre reçoit, dans le même Esprit,       <br />
       un don de foi ;       <br />
       un autre encore, dans l’unique Esprit,       <br />
       des dons de guérison ;       <br />
           à un autre est donné d’opérer des miracles,       <br />
       à un autre de prophétiser,       <br />
       à un autre de discerner les inspirations ;       <br />
       à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ;       <br />
       à l’autre, de les interpréter.       <br />
           Mais celui qui agit en tout cela,       <br />
       c’est l’unique et même Esprit :       <br />
       il distribue ses dons, comme il le veut,       <br />
       à chacun en particulier.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée » (Jn 2, 1-11)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Dieu nous a appelés par l’Évangile       <br />
       à entrer en possession de la gloire       <br />
       de notre Seigneur Jésus Christ.       <br />
       Alléluia. (cf. 2 Th 2, 14)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
           il y eut un mariage à Cana de Galilée.       <br />
       La mère de Jésus était là.       <br />
           Jésus aussi avait été invité au mariage       <br />
       avec ses disciples.       <br />
           Or, on manqua de vin.       <br />
       La mère de Jésus lui dit :       <br />
       « Ils n’ont pas de vin. »       <br />
           Jésus lui répond :       <br />
       « Femme, que me veux-tu ?       <br />
       Mon heure n’est pas encore venue. »       <br />
           Sa mère dit à ceux qui servaient :       <br />
       « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »       <br />
           Or, il y avait là six jarres de pierre       <br />
       pour les purifications rituelles des Juifs ;       <br />
       chacune contenait deux à trois mesures,       <br />
       (c’est-à-dire environ cent litres).       <br />
           Jésus dit à ceux qui servaient :       <br />
       « Remplissez d’eau les jarres. »       <br />
       Et ils les remplirent jusqu’au bord.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       « Maintenant, puisez,       <br />
       et portez-en au maître du repas. »       <br />
       Ils lui en portèrent.       <br />
           Et celui-ci goûta l’eau changée en vin.       <br />
       Il ne savait pas d’où venait ce vin,       <br />
       mais ceux qui servaient le savaient bien,       <br />
       eux qui avaient puisé l’eau.       <br />
       Alors le maître du repas appelle le marié       <br />
           et lui dit :       <br />
       « Tout le monde sert le bon vin en premier       <br />
       et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon.       <br />
       Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »       <br />
              <br />
           Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.       <br />
       C’était à Cana de Galilée.       <br />
       Il manifesta sa gloire,       <br />
       et ses disciples crurent en lui.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/84961910-60626064.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-2e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Tel-fut-le-commencement-des-signes-que-Jesus-accomplit_a1228.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.wmaker.net/carrefourkairos,2026:rss-72201742</guid>
   <title>Homélie pour la Fête-Dieu, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ Année A : « Nous avons tous part à un seul pain »</title>
   <pubDate>Tue, 06 Jun 2023 18:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H., Séminaire de Québec. Homélie pour la la Fête-Dieu, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, Année A le 11 juin 2023. Textes: Genèse 14, 18-20, 1 Corinthiens 11, 23-26 et Jean 6, 51-58.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/72201742-50248987.jpg?v=1683635121" alt="Homélie pour la Fête-Dieu, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ Année A : « Nous avons tous part à un seul pain »" title="Homélie pour la Fête-Dieu, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ Année A : « Nous avons tous part à un seul pain »" />
     </div>
     <div>
      La fête du Corpus Christi, la Fête-Dieu, est une fête qui remonte au XIIIe siècle. Elle s’est développée pour mettre en valeur la dévotion à la Sainte Eucharistie. Elle s’est employée à célébrer la présence toute spéciale de Jésus à travers les signes que sont le pain et le vin qui deviennent à chaque messe le Corps et le Sang du Christ. Présence incroyable, présence mystérieuse, accessible dans la foi au Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ.       <br />
              <br />
       À partir des textes de l’Écriture qui nous ont été lus, essayons dans un court moment de nous laisser habiter par ce mystère de la présence eucharistique.       <br />
               <br />
       I –  <span style="font-style:italic">Une nourriture spéciale</span>       <br />
              <br />
       Le texte de la première lecture nous donne une clé intéressante pour comprendre ce mystère. Celui-ci est à situer dans le prolongement de l’Alliance de Dieu avec son peuple. Cette Alliance ne se résume pas à des mots. Elle est une façon de vivre, elle est une vie nouvelle. C’est pourquoi, Dieu ne se contente pas d’écouter et de protéger son peuple, il le nourrit. Il lui donne ce qui le fait vivre et cette nourriture est spéciale, elle n’est pas comme les autres nourritures, elle remplit non seulement le corps, mais elle remplit le cœur. Elle n’est semblable à aucune autre. Moïse l’appelle la « manne » « cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue, pour te faire découvrir que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. »       <br />
              <br />
       Voilà le don de Dieu à son peuple, celui d’une nourriture spirituelle qui vient apaiser nos faims de toutes sortes : faim d’amour, faim d’être reconnu et apprécié, faim d’absolu. La nourriture du ciel dont parle Moïse permet au peuple d’aller plus loin, de continuer son chemin à travers les embûches et les défis du désert vers la terre promise.        <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">La Chair et le Sang du Christ</span>       <br />
              <br />
       Le texte de l’évangile que nous venons de lire nous fait faire un pas de plus. La nourriture spirituelle que Dieu donne et que la « manne » dans le désert annonce c'est Jésus lui-même, son Corps et son Sang. Écoutons Jésus.       <br />
              <br />
       « Vous avez bien mangé, dit-il, mais attendez un peu avant de partir, je veux vous dire quelque chose d’important. Je suis le Pain de vie. Celui qui me mange vivra éternellement ».        <br />
              <br />
       C’est un peu fort se disent certains de ceux qui entendent ces paroles. Et en vérité, c’est un mystère profond que celui de la nouvelle Alliance inaugurée par Jésus où Dieu se fait tellement proche de nous qu’il prend un corps humain et qu’il verse son sang sur la croix pour le salut de tous. Le Corps crucifié et le Sang versé deviennent  la nourriture de nos vies.        <br />
              <br />
       « Ce dogme est donné aux chrétiens : le pain se change en chair, et le vin en sang » écrit saint Thomas d'Aquin dans la séquence <span style="font-style:italic">Lauda Sion Salvatorem</span> , Et il explique : «  Ce que tu ne comprends ni ne vois, une ferme foi te l'assure, hors de l'ordre naturel. Sous diverses espèces, signes seulement et non réalités, des réalités sublimes se cachent. La chair est une nourriture, le sang un breuvage, pourtant le Christ total demeure sous l'une et l'autre espèce. »       <br />
              <br />
       C’est ce mystère de la nouvelle Alliance qui est célébré dans le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ. « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel ». Dieu à travers Jésus descend dans nos vies. Il se fait proche de chacun et de chacune comme un Père pour ses enfants. Jésus, lui,  se fait nourriture spirituelle dans le pain et le vin que nous partageons. « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui ».        <br />
              <br />
       Quelle beauté que cette union si intime entre Jésus et moi. Les mots sont forts « mange ma chair » et « boit mon sang ». Il ne s'agit pas de cannibalisme. Ces mots ne sont pas à prendre au pied de la lettre quoiqu'ils signifient une présence réelle. Ils expriment, en effet,  la profondeur et la nouveauté de cette union avec Dieu que Jésus rend possible, qui accomplit les promesses de l’Ancienne Alliance.       <br />
               <br />
       III– <span style="font-style:italic">Une vie de communion</span>       <br />
              <br />
       La vie de Dieu en nous développée par la nourriture spirituelle qu’est le Christ lui-même dans son Corps et dans son Sang ne se limite pas à l’individu qui est rejoint. Bien sûr c’est l’individu qui s’avance pour recevoir le Corps du Christ à chaque messe, mais il y a quelque chose de plus dans cette démarche que nous faisons lorsque nous nous avançons pour communier.       <br />
              <br />
       Saint Paul dans la deuxième lecture nous ouvre les yeux sur les retombées communautaires de l’Eucharistie que nous partageons en groupe chaque dimanche : « Puisqu’il n’y a qu’un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain ».        <br />
              <br />
       Voilà! À chaque messe, à chaque célébration eucharistique, je me joins à une communauté de croyants et de croyantes qui forment le Corps mystique du Christ. Je ne suis pas isolé dans la vie et dans mon chemin vers Dieu. Je fais partie d’une multitude de gens qui se reconnaissent frères et sœurs, disciples d’un même Maître et serviteurs de leurs frères et sœurs.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Pour terminer ces quelques réflexions, disons qu’on comprend mieux que la Fête-Dieu ait parcouru tant de chemin depuis le temps où elle est apparue. Nous n’avons plus, sauf en de rares occasions, les processions que nous avons connues autrefois, mais le message reste toujours là : le Corps et le Sang du Christ présent dans l’Eucharistie nous sont données «  pour que le monde ait la vie ».       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
              <br />
       11 juin 2023       <br />
              <br />
       <!-- Reprise avec corrections de l'homélie du 13 juin 2017-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Dieu t’a donné cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue » (Dt 8, 2-3.14b-16a)       <br />
       Lecture du livre du Deutéronome       <br />
              <br />
       Moïse disait au peuple d’Israël :       <br />
           « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite       <br />
       pendant quarante années dans le désert ;       <br />
       le Seigneur ton Dieu te l’a imposée       <br />
       pour te faire passer par la pauvreté ;       <br />
       il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur :       <br />
       allais-tu garder ses commandements, oui ou non ?       <br />
           Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim,       <br />
       et il t’a donné à manger la manne       <br />
       – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue –       <br />
       pour que tu saches que l’homme       <br />
       ne vit pas seulement de pain,       <br />
       mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.       <br />
           N’oublie pas le Seigneur ton Dieu       <br />
       qui t’a fait sortir du pays d’Égypte,       <br />
       de la maison d’esclavage.       <br />
           C’est lui qui t’a fait traverser ce désert,       <br />
       vaste et terrifiant,       <br />
       pays des serpents brûlants et des scorpions,       <br />
       pays de la sécheresse et de la soif.       <br />
       C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau       <br />
       de la roche la plus dure.       <br />
           C’est lui qui, dans le désert, t’a donné la manne       <br />
       – cette nourriture inconnue de tes pères. »       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 147 (147 B), 12-13, 14-15, 19-20)       <br />
       R/ Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! (Ps 147, 12a)       <br />
              <br />
       Glorifie le Seigneur, Jérusalem !       <br />
       Célèbre ton Dieu, ô Sion !       <br />
       Il a consolidé les barres de tes portes,       <br />
       dans tes murs il a béni tes enfants.       <br />
              <br />
       Il fait régner la paix à tes frontières,       <br />
       et d’un pain de froment te rassasie.       <br />
       Il envoie sa parole sur la terre :       <br />
       rapide, son verbe la parcourt.       <br />
              <br />
       Il révèle sa parole à Jacob,       <br />
       ses volontés et ses lois à Israël.       <br />
       Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ;       <br />
       nul autre n’a connu ses volontés.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps » (1 Co 10, 16-17)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           la coupe de bénédiction que nous bénissons,       <br />
       n’est-elle pas communion au sang du Christ ?       <br />
       Le pain que nous rompons,       <br />
       n’est-il pas communion au corps du Christ ?       <br />
           Puisqu’il y a un seul pain,       <br />
       la multitude que nous sommes est un seul corps,       <br />
       car nous avons tous part à un seul pain.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       SÉQUENCE       <br />
       ()       <br />
       Cette séquence (ad libitum) peut être dite intégralement ou sous une forme abrégée à partir de : « Le voici, le pain des anges ».       <br />
              <br />
              <br />
       Sion, célèbre ton Sauveur,       <br />
       chante ton chef et ton pasteur       <br />
            par des hymnes et des chants.       <br />
              <br />
       Tant que tu peux, tu dois oser,       <br />
       car il dépasse tes louanges,       <br />
            tu ne peux trop le louer.       <br />
              <br />
       Le Pain vivant, le Pain de vie,       <br />
       il est aujourd’hui proposé       <br />
            comme objet de tes louanges.       <br />
              <br />
       Au repas sacré de la Cène,       <br />
       il est bien vrai qu’il fut donné       <br />
            au groupe des douze frères.       <br />
              <br />
       Louons-le à voix pleine et forte,       <br />
       que soit joyeuse et rayonnante       <br />
            l’allégresse de nos cœurs !       <br />
              <br />
       C’est en effet la journée solennelle       <br />
       où nous fêtons de ce banquet divin       <br />
            la première institution.       <br />
              <br />
       À ce banquet du nouveau Roi,       <br />
       la Pâque de la Loi nouvelle       <br />
            met fin à la Pâque ancienne.       <br />
              <br />
       L’ordre ancien le cède au nouveau,       <br />
       la réalité chasse l’ombre,       <br />
            et la lumière, la nuit.       <br />
              <br />
       Ce que fit le Christ à la Cène,       <br />
       il ordonna qu’en sa mémoire       <br />
            nous le fassions après lui.       <br />
              <br />
       Instruits par son précepte saint,       <br />
       nous consacrons le pain, le vin,       <br />
            en victime de salut.       <br />
              <br />
       C’est un dogme pour les chrétiens       <br />
       que le pain se change en son corps,       <br />
            que le vin devient son sang.       <br />
              <br />
       Ce qu’on ne peut comprendre et voir,       <br />
       notre foi ose l’affirmer,       <br />
            hors des lois de la nature.       <br />
              <br />
       L’une et l’autre de ces espèces,       <br />
       qui ne sont que de purs signes,       <br />
            voilent un réel divin.       <br />
              <br />
       Sa chair nourrit, son sang abreuve,       <br />
       mais le Christ tout entier demeure       <br />
            sous chacune des espèces.       <br />
              <br />
       On le reçoit sans le briser,       <br />
       le rompre ni le diviser ;       <br />
            il est reçu tout entier.       <br />
              <br />
       Qu’un seul ou mille communient,       <br />
       il se donne à l’un comme aux autres,       <br />
            il nourrit sans disparaître.       <br />
              <br />
       Bons et mauvais le consomment,       <br />
       mais pour un sort bien différent,       <br />
            pour la vie ou pour la mort.       <br />
              <br />
       Mort des pécheurs, vie pour les justes ;       <br />
       vois : ils prennent pareillement ;       <br />
            quel résultat différent !       <br />
              <br />
       Si l’on divise les espèces,       <br />
       n’hésite pas, mais souviens-toi       <br />
       qu’il est présent dans un fragment       <br />
            aussi bien que dans le tout.       <br />
              <br />
       Le signe seul est partagé,       <br />
       le Christ n’est en rien divisé,       <br />
       ni sa taille ni son état       <br />
            n’ont en rien diminué.       <br />
              <br />
       * Le voici, le pain des anges,       <br />
       il est le pain de l’homme en route,       <br />
       le vrai pain des enfants de Dieu,       <br />
            qu’on ne peut jeter aux chiens.       <br />
              <br />
       D’avance il fut annoncé       <br />
       par Isaac en sacrifice,       <br />
       par l’agneau pascal immolé,       <br />
            par la manne de nos pères.       <br />
              <br />
       Ô bon Pasteur, notre vrai pain,       <br />
       ô Jésus, aie pitié de nous,       <br />
       nourris-nous et protège-nous,       <br />
       fais-nous voir les biens éternels       <br />
            dans la terre des vivants.       <br />
              <br />
       Toi qui sais tout et qui peux tout,       <br />
       toi qui sur terre nous nourris,       <br />
       conduis-nous au banquet du ciel       <br />
       et donne-nous ton héritage,       <br />
            en compagnie de tes saints.       <br />
       Amen.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 51-58)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel,       <br />
       dit le Seigneur ;       <br />
       si quelqu’un mange de ce pain,       <br />
       il vivra éternellement.       <br />
       Alléluia. (Jn 6, 51.58)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
       Jésus disait aux foules des Juifs :       <br />
           « Moi, je suis le pain vivant,       <br />
       qui est descendu du ciel :       <br />
       si quelqu’un mange de ce pain,       <br />
       il vivra éternellement.       <br />
       Le pain que je donnerai, c’est ma chair,       <br />
       donnée pour la vie du monde. »       <br />
           Les Juifs se querellaient entre eux :       <br />
       « Comment celui-là       <br />
       peut-il nous donner sa chair à manger ? »       <br />
           Jésus leur dit alors :       <br />
       « Amen, amen, je vous le dis :       <br />
       si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,       <br />
       et si vous ne buvez pas son sang,       <br />
       vous n’avez pas la vie en vous.       <br />
           Celui qui mange ma chair et boit mon sang       <br />
       a la vie éternelle ;       <br />
       et moi, je le ressusciterai au dernier jour.       <br />
           En effet, ma chair est la vraie nourriture,       <br />
       et mon sang est la vraie boisson.       <br />
           Celui qui mange ma chair et boit mon sang       <br />
       demeure en moi,       <br />
       et moi, je demeure en lui.       <br />
           De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,       <br />
       et que moi je vis par le Père,       <br />
       de même celui qui me mange,       <br />
       lui aussi vivra par moi.       <br />
           Tel est le pain qui est descendu du ciel :       <br />
       il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.       <br />
       Eux, ils sont morts ;       <br />
       celui qui mange ce pain       <br />
       vivra éternellement. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/72201742-50248987.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-la-Fete-Dieu-la-fete-du-Saint-Sacrement-du-Corps-et-du-Sang-du-Christ-Annee-A-Nous-avons-tous-part-a-un_a1123.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.wmaker.net/carrefourkairos,2026:rss-70854779</guid>
   <title>Homélie pour le 2e dimanche de Pâques Année A :  « Mon Seigneur et mon Dieu »</title>
   <pubDate>Tue, 11 Apr 2023 18:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Homélie pour le 2e dimanche de Pâques Année A : Le dimanche de la miséricorde divine « Mon Seigneur et mon Dieu » 16 avril 2023 Textes: Actes des Apôtres 2, 42-47, I Pierre 1, 3-9 et Jean 20, 19-31.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/70854779-49375743.jpg?v=1489450798" alt="Homélie pour le 2e dimanche de Pâques Année A :  « Mon Seigneur et mon Dieu »" title="Homélie pour le 2e dimanche de Pâques Année A :  « Mon Seigneur et mon Dieu »" />
     </div>
     <div>
      Nous avons en ce dimanche la lecture de la fin de l’évangile selon saint Jean que je vous relis : « Il y encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont  été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. »       <br />
              <br />
       L’apparition à Thomas l’incrédule est le dernier des signes racontés par les évangélistes. Entrons avec les disciples  dans le lieu où ils se trouvaient depuis la mort de Jésus.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Une communauté tissée serrée autour de son Maitre</span>       <br />
              <br />
       Ce qui frappe ici c’est que les disciples sont réunis en communauté, ce qu’ils continueront de faire comme le décrit la première lecture.  Ils sont remplis du souvenir de leur Maître. Ils sont craintifs de leurs concitoyens parce qu’ils demeurent convaincus que Jésus a été crucifié injustement. Pour eux, il est vraiment le Messie attendu. Ils savent que Marie-Madeleine, Pierre et Jean ont vu le tombeau vide. Ils ne savent quoi penser.        <br />
              <br />
       Et voilà que Jésus est au milieu d’eux. Ce n’est pas une théophanie avec tonnerre et éclair.  C’est une présence douce et familière avec un bonjour usuel qui se disait ainsi : « la paix soit avec vous ». Pourquoi seraient-ils apeurés? Ils se retrouvent avec quelqu’un qu’ils connaissent bien.        <br />
              <br />
       Jésus leur donne une autorité nouvelle en soufflant sur eux et en leur disant « Recevez l’Esprit-Saint, les péchés seront remis à qui vous les remettrez ».  Il les envoie comme lui a été envoyé. Ils pourront compter sur la grâce de l’Esprit Saint. Ils devront toucher les cœurs, inviter au repentir et à la conversion. Toute une mission qui prendra forme après la Pentecôte.  Ils restent éblouis de cette visite et ils en parlent à Thomas.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">La profession de foi de Thomas</span>       <br />
              <br />
       Thomas, surnommé le Jumeau (Didyme en grec), est un homme au caractère bouillant. Lorsque Jésus s'apprête à partir pour Béthanie au moment de la mort de Lazare, il y a danger et les disciples le lui rappellent: « Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider ». Thomas dit alors aux autres disciples: « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui » (Jean 11, 16).        <br />
              <br />
       Ce qu’il n’a pas fait. Tous les apôtres, sauf Jean, ont abandonné Jésus durant sa Passion.       <br />
              <br />
       Thomas donc en entendant la nouvelle de la visite de Jésus ressuscité n’y croit pas. Pour y croire, il pose des conditions : « Si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non je ne croirai pas ».       <br />
              <br />
       Ces conditions ressemblent à celles que toute personne sensée poserait devant un phénomène comme celui de la résurrection de Jésus. C’est normal car l’esprit scientifique est complètement dérouté. Thomas est sur le même registre. Il parle au nom de tous ceux et celles que la résurrection de Jésus désarçonne.       <br />
              <br />
       Et c’est heureux que l’évangile de Jean nous propose ce récit qui est le dernier des signes que Jésus a fait, un signe à recevoir et à comprendre.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Le sens du signe à Thomas le Jumeau</span>       <br />
              <br />
       Essayons-nous en quelques mots. Si Thomas veut toucher Jésus, s’il veut mettre sa main dans son coté, c’est qu’il veut toucher le vrai Jésus qu’il a connu, parfaitement homme, avec un corps et une chair comme les nôtres. Il en va de la réalité même de Jésus. Le Jésus ressuscité n’est pas un héros de bande dessinée, un Superman ou un Homme-Araignée comme on les voit dans les vidéos clips. Non, le Jésus ressuscité est le même que celui avec qui Thomas a mangé, qu’il a touché, à qui il a parlé.       <br />
              <br />
       Voilà pourquoi Jésus lui dit : « Avance ton doigt, avance ta main… cesse d’être incrédule, sois croyant ». En d’autres mots, « Je suis le même que celui que tu as connu. Tu me vois différent mais je suis toujours le même. Désormais c’est dans la foi en moi que tu me rencontreras ».       <br />
              <br />
       « Mon Seigneur et mon Dieu » répond Thomas reconnaissant ainsi que le Ressuscité est bien le Jésus qu'Il a connu, le grand prédicateur, originaire de Galilée, fils de Marie et de Joseph et crucifié sous Ponce Pilate.        <br />
              <br />
       « Mon Seigneur et mon Dieu », C’est ce que nous sommes invités à dire et à redire tous les jours de notre vie. Nous sommes privés d’un contact physique avec Jésus, mais, avec Thomas et les disciples qui ont témoigné de la résurrection de Jésus et qui l’ont annoncée jusqu’aux extrémités de la terre,  nous pouvons dire « mon Seigneur et mon  Dieu ». Et ainsi, comme il est dit dans l'extrait de la lettre attribuée à saint Pierre que nous avons entendu  dans la seconde lecture, nous pouvons « renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure,  ni flétrissure. »       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion </span>       <br />
              <br />
       Nous sommes, ce matin, réunis en communauté autour de la table eucharistique pour «la fraction du pain » comme les disciples et les premiers chrétiens dont nous parle la première lecture tirée des Actes des Apôtres. Demandons au Seigneur que, par ce sacrement de l’Eucharistie qu'ils appelaient « fraction du pain », nous soyons toujours, comme eux, assidus à la fraction du pain, à l’enseignement des Apôtres,  à la communion fraternelle et aux prières.        <br />
              <br />
       Demandons aussi qu’en ce  deuxième dimanche de Pâques qui a été appelé le « Dimanche de la miséricorde » par le pape Jean-Paul II, nous soyons de plus en plus remplis de la miséricorde même de Dieu pour la partager à tous  nos frères et sœurs par des gestes et des paroles d'amour et de compassion.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec </span>       <br />
       `       <br />
       11 avril 2023       <br />
              <br />
       <!-- Reprise avec corrections de l'homélie du 18 avril 2017-->       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/70854779-49375744.jpg?v=1491332383" alt="Homélie pour le 2e dimanche de Pâques Année A :  « Mon Seigneur et mon Dieu »" title="Homélie pour le 2e dimanche de Pâques Année A :  « Mon Seigneur et mon Dieu »" />
     </div>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun » (Ac 2, 42-47)       <br />
       Lecture du livre des Actes des Apôtres       <br />
              <br />
       Les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres       <br />
       et à la communion fraternelle,       <br />
       à la fraction du pain       <br />
       et aux prières.       <br />
           La crainte de Dieu était dans tous les cœurs       <br />
       à la vue des nombreux prodiges et signes       <br />
       accomplis par les Apôtres.       <br />
              <br />
           Tous les croyants vivaient ensemble,       <br />
       et ils avaient tout en commun ;       <br />
           ils vendaient leurs biens et leurs possessions,       <br />
       et ils en partageaient le produit entre tous       <br />
       en fonction des besoins de chacun.       <br />
              <br />
           Chaque jour, d’un même cœur,       <br />
       ils fréquentaient assidûment le Temple,       <br />
       ils rompaient le pain dans les maisons,       <br />
       ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ;       <br />
           ils louaient Dieu       <br />
       et avaient la faveur du peuple tout entier.       <br />
       Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait       <br />
       ceux qui allaient être sauvés.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 117 (118), 2-4, 13-15b, 22-24)       <br />
       R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !       <br />
       Éternel est son amour !       <br />
       ou : Alléluia ! (Ps 117, 1)       <br />
              <br />
       Oui, que le dise Israël :       <br />
       Éternel est son amour !       <br />
       Que le dise la maison d’Aaron :       <br />
       Éternel est son amour !       <br />
       Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :       <br />
       Éternel est son amour !       <br />
              <br />
       On m’a poussé, bousculé pour m’abattre ;       <br />
       mais le Seigneur m’a défendu.       <br />
       Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;       <br />
       il est pour moi le salut.       <br />
       Clameurs de joie et de victoire       <br />
       sous les tentes des justes.       <br />
              <br />
       La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs       <br />
       est devenue la pierre d’angle ;       <br />
       c’est là l’œuvre du Seigneur,       <br />
       la merveille devant nos yeux.       <br />
       Voici le jour que fit le Seigneur,       <br />
       qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts » (1 P 1, 3-9)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre       <br />
              <br />
           Béni soit Dieu, le Père       <br />
       de notre Seigneur Jésus Christ :       <br />
       dans sa grande miséricorde,       <br />
       il nous a fait renaître pour une vivante espérance       <br />
       grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts,       <br />
           pour un héritage qui ne connaîtra       <br />
       ni corruption, ni souillure, ni flétrissure.       <br />
       Cet héritage vous est réservé dans les cieux,       <br />
           à vous que la puissance de Dieu garde par la foi,       <br />
       pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps.       <br />
           Aussi vous exultez de joie,       <br />
       même s’il faut que vous soyez affligés,       <br />
       pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ;       <br />
           elles vérifieront la valeur de votre foi       <br />
       qui a bien plus de prix que l’or       <br />
       – cet or voué à disparaître       <br />
       et pourtant vérifié par le feu –,       <br />
       afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur       <br />
       quand se révélera Jésus Christ.       <br />
           Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ;       <br />
       en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi,       <br />
       vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire,       <br />
           car vous allez obtenir le salut des âmes       <br />
       qui est l’aboutissement de votre foi.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Huit jours plus tard, Jésus vient » (Jn 20, 19-31)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Thomas, parce que tu m’as vu, tu crois,       <br />
       dit le Seigneur.       <br />
       Heureux ceux qui croient sans avoir vu !       <br />
       Alléluia. (Jn 20, 29)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
       C’était après la mort de Jésus.       <br />
               Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,       <br />
       alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples       <br />
       étaient verrouillées par crainte des Juifs,       <br />
       Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.       <br />
       Il leur dit :       <br />
       « La paix soit avec vous ! »       <br />
           Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.       <br />
       Les disciples furent remplis de joie       <br />
       en voyant le Seigneur.       <br />
           Jésus leur dit de nouveau :       <br />
       « La paix soit avec vous !       <br />
       De même que le Père m’a envoyé,       <br />
       moi aussi, je vous envoie. »       <br />
           Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux       <br />
       et il leur dit :       <br />
       « Recevez l’Esprit Saint.       <br />
           À qui vous remettrez ses péchés,       <br />
       ils seront remis ;       <br />
       à qui vous maintiendrez ses péchés,       <br />
       ils seront maintenus. »       <br />
              <br />
           Or, l’un des Douze, Thomas,       <br />
       appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),       <br />
       n’était pas avec eux quand Jésus était venu.       <br />
           Les autres disciples lui disaient :       <br />
       « Nous avons vu le Seigneur ! »       <br />
       Mais il leur déclara :       <br />
       « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,       <br />
       si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,       <br />
       si je ne mets pas la main dans son côté,       <br />
       non, je ne croirai pas ! »       <br />
              <br />
           Huit jours plus tard,       <br />
       les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,       <br />
       et Thomas était avec eux.       <br />
       Jésus vient,       <br />
       alors que les portes étaient verrouillées,       <br />
       et il était là au milieu d’eux.       <br />
       Il dit :       <br />
        « La paix soit avec vous ! »       <br />
           Puis il dit à Thomas :       <br />
       « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;       <br />
       avance ta main, et mets-la dans mon côté :       <br />
       cesse d’être incrédule,       <br />
       sois croyant. »       <br />
           Alors Thomas lui dit :       <br />
       « Mon Seigneur et mon Dieu ! »       <br />
           Jésus lui dit :       <br />
       « Parce que tu m’as vu, tu crois.       <br />
       Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »       <br />
              <br />
           Il y a encore beaucoup d’autres signes       <br />
       que Jésus a faits en présence des disciples       <br />
       et qui ne sont pas écrits dans ce livre.       <br />
           Mais ceux-là ont été écrits       <br />
       pour que vous croyiez       <br />
       que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,       <br />
       et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=http://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/70854779-49375743.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-2e-dimanche-de-Paques-Annee-A-Mon-Seigneur-et-mon-Dieu_a1114.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.wmaker.net/carrefourkairos,2026:rss-60107185</guid>
   <title>Homélie pour le 2e dimanche du temps ordinaire Année C : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit » </title>
   <pubDate>Wed, 11 Jan 2023 18:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie pour le pour le 2e dimanche du temps ordinaire Année C le 16 janvier 2022. Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P. H. du Séminaire de Québec. Textes: Isaïe 62, 1-5, 1 Co 12, 4-11 et Jean 2, 1-11.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/60107185-44032944.jpg?v=1636548984" alt="Homélie pour le 2e dimanche du temps ordinaire Année C : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit » " title="Homélie pour le 2e dimanche du temps ordinaire Année C : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit » " />
     </div>
     <div>
      L’épisode des noces de Cana est un épisode très connu des évangiles. Il est raconté par saint Jean qui est le seul des évangélistes à le faire. S'agit-il d'un souvenir qu'il tient de Marie qui, selon la tradition, a passé les dernières années de sa vie près de lui à Éphèse en Turquie ? C'est possible, mais ce qui le rend précieux pour nous c’est qu’il contient un enseignement des plus importants concernant la mission de Jésus. C'est le "premier des signes" que fait Jésus dans son ministère public d'annoncer le Salut de Dieu qu'il apporte au monde. Regardons le signe lui-même puis sa signification.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Le signe de l'eau changée en vin</span>       <br />
              <br />
       Le signe se produit lors d'une réception de noces. On se voit volontiers dans l'entourage de Jésus avec sa mère et ses disciples. Ils sont parmi les invités à ces noces. Et en Palestine, en ce temps-là et encore aujourd'hui, les noces durent plusieurs jours. Il faut donc beaucoup de victuailles et de boisson pour satisfaire la faim et la soif de tous les invités. On a beau faire des réserves, il peut arriver, hélas! comme c'est le cas à Cana que l'on se retrouve à court de manger et de boire.       <br />
              <br />
       La mère de Jésus, Marie, s'en aperçoit et se permet de communiquer son inquiétude à son fils. "Ils n'ont plus de vin". La réponse abrupte est étonnante "Femme que me veux-tu?  Mon heure n’est pas encore venue". Quelle corde du cœur de son Fils, Marie a-t-elle touchée sans le savoir? La suite du texte nous donne la réponse.        <br />
              <br />
       On imagine qu'après la réponse intrigante de Jésus, un silence s'établit dans le groupe. C'est le temps pour Jésus de réfléchir sur la décision à prendre : ouvrir la porte ou non à cette demande.  Son heure serait-elle venue?       <br />
              <br />
       Son "heure" c'est la manifestation de sa filiation avec Dieu, de sa divinité. Cette manifestation commencée avec son Baptême par Jean-Baptiste doit se faire dans le temps sans précipitation suivant le plan de Dieu. Cette manifestation de la proximité de Jésus avec son Père se fera à travers des paroles, des gestes, des miracles même. Voilà pourrions-nous dire la programmation prévue.       <br />
              <br />
       Et maintenant, Jésus se trouve sollicité par sa Mère pour se manifester dès maintenant.  Que fait-il? Eh bien! Jésus s'exécute et plonge. Il ordonne de remplir d'eau les cuves vides. Et on en puise quelque peu. On le fait porter au maître du repas qui se félicite de ce bon vin alors qu'il pensait en manquer.        <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">La signification du premier des signes que fit Jésus</span>       <br />
              <br />
       Que s’est-il passé? Comment l’eau a-t-elle été transformée en vin? Comment cela s'est-il réalisé ? Le récit de saint Jean ne le dit pas. Il ne dit même pas que c'est un miracle, aussi surprenant que cela paraisse. Il écrit plutôt que ce fut à Cana le commencement des signes que Jésus accomplit,  que c’est là qu'il manifesta sa gloire et que ses disciples crurent en lui.       <br />
              <br />
       Voilà  la signification de ce geste de Jésus accompli à la demande de sa Mère : un signe que Dieu est avec Jésus pour susciter la foi.       <br />
              <br />
       Ce signe particulier de l’eau changée en vin prend place dans le cadre de noces humaines. Ce cadre peut nous aider à approfondir le sens de ce premier signe de Jésus qui sera suivi de plusieurs autres comme la tempête apaisée, la multiplication des pains, la transfiguration, la dernière Cène. Le récit du signe de Cana  nous amène à comprendre que Jésus vient manifester l'amour de Dieu qui épouse l'humanité en lui donnant son Fils bien-aimé en qui il a mis toutes ses complaisances.        <br />
              <br />
       Ainsi se réalisent ce que saint Jean appellera plus tard les "Noces de l'Agneau". C’est à Cana qu'elles commencent. Les noces de Cana sont "le porche que franchit Jésus quand il devance son heure" <!-- (revue Signes)-->. Il s'agit ici bien sûr d'un commencement. Les disciples, comme Marie aussi, ne comprennent pas tout, ils sont dans la foi et cette foi sera mise à l'épreuve lorsqu’ils verront d'autres signes encore plus percutants comme celui de la Résurrection.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       C'est sur ce terrain de la foi que nous sommes invités à cheminer à partir de ce premier signe que Jésus fait à Cana, une foi qui s'établit dans une confiance et un oui comme celui de Marie à l'Annonciation, une foi qui est en progression continuelle ouverte aux imprévus et aux remises en question, car comme le dit saint Thomas d'Aquin la foi est une adhésion qui n'exclut pas les questionnements. "Assensus cum cogitatione" écrit-il ((II-II, q.2 a.1).        <br />
              <br />
       Ce sera le cas des disciples dans la suite de la vie publique de Jésus. Ils le suivront sur les routes de Galilée, en Samarie, à Jérusalem et ils auront parfois bien des questionnements. Mais, lorsque Jésus leur demandera ce que les gens disent de lui et ce qu'eux disent, Pierre prendra la parole au nom de tous et confessera leur foi vibrante et engagée : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant" (Mathieu 16, 16).       <br />
              <br />
       Les signes qu'il avaient vus les avaient confirmés dans cette voie. Mais on sait qu'au moment de la Passion leur foi sera mise à rude épreuve. Elle s'obscurcira. C'est au matin de Pâques qu'elle renaîtra pour devenir cet élan qui les emportera, après la Pentecôte, jusqu'aux  extrémités du monde selon les paroles de Jésus : "Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde " (Mathieu 28, 19-20) .       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Nous sommes un peu dans la même situation que les disciples. Notre foi peut parfois avoir tendance à s’obscurcir. Les signes des noces de Dieu avec l'humanité, avec nous, sont là : dans le don et le partage, dans l'amour et la fidélité, dans l'accueil et l'ouverture à toute personne quelle qu'elle soit etc., mais les voit-on?       <br />
              <br />
       Demandons au Seigneur de mettre dans nos cœurs une ouverture aux signes de sa présence dans le monde, dans nos milieux et dans notre vie. Dieu qui a agi à Cana dans ce premier des signes que Jésus a donné de sa mission salvatrice continue de le faire encore aujourd'hui dans nos vies. Et Marie qui se tenait près de Jésus est là aussi près de nous. Regardons- la et n'ayons pas peur de lui demander avec confiance d'intercéder auprès de son Fils pour tous nos besoins matériels et spirituels.       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       11 janvier 2022       <br />
              <br />
       <!--Reprise avec corrections de l'homélie du 12 janvier 2016-->       <br />
              <br />
       <!--       <br />
       L’épisode des noces de Cana est un épisode très connu des évangiles. Il est raconté par saint Jean qui est le seul des évangélistes à le faire. S'agit-il d'un souvenir qu'il tient de Marie qui, selon la tradition, a passé les dernières années de sa vie près de lui à Éphèse en Turquie ? C'est possible, mais ce qui le rend précieux pour nous c’est qu’il contient un enseignement des plus importants concernant la mission de Jésus. C'est le "premier des signes" que fait Jésus dans son ministère public d'annoncer le Salut de Dieu qu'il apporte au monde. Regardons le signe lui-même puis sa signification.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Le signe de l'eau changée en vin</span>       <br />
              <br />
       Le signe se produit lors d'une réception de noces. On se voit volontiers dans l'entourage de Jésus avec sa mère et ses disciples. Ils sont parmi les invités à ces noces. Et en Palestine, en ce temps-là et encore aujourd'hui, les noces durent plusieurs jours. Il faut donc beaucoup de victuailles et de boisson pour satisfaire la faim et la soif de tous les invités. On a beau faire des réserves, il peut arriver, hélas! comme c'est le cas à Cana que l'on se retrouve à court de manger et de boire.       <br />
              <br />
       La mère de Jésus, Marie, s'en aperçoit et se permet de communiquer son inquiétude à son fils. "Ils n'ont plus de vin". La réponse abrupte est étonnante "Femme que me veux-tu?  Mon heure n’est pas encore venue". Quelle corde du cœur de son Fils, Marie a-t-elle touchée sans le savoir? La suite du texte nous donne la réponse.        <br />
              <br />
       On imagine qu'après la réponse intrigante de Jésus, un silence s'établit dans le groupe. C'est le temps pour Jésus de réfléchir sur la décision à prendre : ouvrir la porte ou non à cette demande.  Son heure serait-elle venue?       <br />
              <br />
       Son "heure" c'est la manifestation de sa filiation avec Dieu, de sa divinité. Cette manifestation commencée avec son Baptême par Jean-Baptiste doit se faire dans le temps suivant le plan de Dieu. Et maintenant, Jésus se trouve sollicité par sa Mère pour se manifester dès maintenant.  Que fait-il? Eh bien! Jésus s'exécute et plonge. Il ordonne de remplir d'eau les cuves vides. Et on en puise quelque peu. On le fait porter au maître du repas qui se félicite de ce bon vin alors qu'il pensait en manquer.        <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">La signification du premier des signes que fit Jésus</span>       <br />
              <br />
       Que s’est-il passé? Comment l’eau a-t-elle été transformée en vin? Comment cela s'est-il réalisé ? Le récit de saint Jean ne le dit pas. Il ne dit même pas que c'est un miracle, aussi surprenant que cela paraisse. Il écrit plutôt que ce fut à Cana le commencement des signes que Jésus accomplit,  que c’est là qu'il manifesta sa gloire et que ses disciples crurent en lui. Voilà  la signification de ce geste de Jésus accompli à la demande de sa Mère : un signe que Dieu est avec Jésus pour susciter la foi.       <br />
              <br />
       Ce signe particulier de l’eau changée en vin prend place dans le cadre de noces humaines.  Le récit du signe de Cana  nous amène à comprendre que Jésus vient manifester l'amour de Dieu qui épouse l'humanité en lui donnant son Fils bien-aimé en qui il a mis toutes ses complaisances.  Ainsi se réalisent ce que saint Jean appellera plus tard les "Noces de l'Agneau". C’est à Cana qu'elles commencent. Les noces de Cana sont "le porche que franchit Jésus quand il devance son heure". Il s'agit ici bien sûr d'un commencement. Les disciples, comme Marie aussi, ne comprennent pas tout, ils sont dans la foi et cette foi sera mise à l'épreuve lorsqu’ils verront d'autres signes encore plus percutants comme celui de la Résurrection.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Application</span>       <br />
              <br />
       C'est sur ce terrain de la foi que nous sommes invités à cheminer à partir de ce premier signe que Jésus fait à Cana, une foi qui s'établit dans une confiance et un oui  constant, une foi qui est en progression continuelle ouverte aux imprévus et aux remises en question, car comme le dit saint Thomas d'Aquin la foi est une adhésion qui n'exclut pas les questionnements. "Assensus cum cogitatione" écrit-il ((II-II, q.2 a.1).        <br />
              <br />
       Ce sera le cas des disciples dans la suite de la vie publique de Jésus. Ils le suivront sur les routes de Galilée, en Samarie, à Jérusalem et ils auront parfois bien des questionnements. Mais, lorsque Jésus leur demandera ce que les gens disent de lui et ce qu'eux disent, Pierre prendra la parole au nom de tous et confessera leur foi vibrante et engagée : "Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant" (Mathieu 16, 16).       <br />
              <br />
       Nous sommes un peu dans la même situation que les disciples. Notre foi peut parfois avoir tendance à s’obscurcir. Les signes des noces de Dieu avec l'humanité, avec nous, sont là : dans le don et le partage, dans l'amour et la fidélité, dans l'accueil et l'ouverture à toute personne quelle qu'elle soit etc., mais les voit-on?       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Demandons au Seigneur de mettre dans nos cœurs et dans notre regard une ouverture aux signes de sa présence dans le monde, dans nos milieux et dans notre vie. Dieu qui a agi à Cana dans ce premier des signes que Jésus a donné de sa mission salvatrice continue de le faire encore aujourd'hui dans nos vies et dans la vie de l'Église. Et Marie qui se tenait près de Jésus est là aussi près de nous. N'ayons pas peur de lui demander avec confiance d'intercéder pour nous auprès de son Fils.       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       11 janvier 2022       <br />
       -->       <br />
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     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Comme la jeune mariée fait la joie de son mari » (Is 62, 1-5)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas,       <br />
       et pour Jérusalem, je n’aurai de cesse       <br />
       que sa justice ne paraisse dans la clarté,       <br />
       et son salut comme une torche qui brûle.       <br />
           Et les nations verront ta justice ;       <br />
       tous les rois verront ta gloire.       <br />
       On te nommera d’un nom nouveau       <br />
       que la bouche du Seigneur dictera.       <br />
           Tu seras une couronne brillante       <br />
       dans la main du Seigneur,       <br />
       un diadème royal       <br />
       entre les doigts de ton Dieu.       <br />
           On ne te dira plus : « Délaissée ! »       <br />
       À ton pays, nul ne dira : « Désolation ! »       <br />
       Toi, tu seras appelée « Ma Préférence »,       <br />
       cette terre se nommera « L’Épousée ».       <br />
       Car le Seigneur t’a préférée,       <br />
       et cette terre deviendra « L’Épousée ».       <br />
           Comme un jeune homme épouse une vierge,       <br />
       ton Bâtisseur t’épousera.       <br />
       Comme la jeune mariée fait la joie de son mari,       <br />
       tu seras la joie de ton Dieu.       <br />
              <br />
          – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 95 (96), 1-2a, 2b-3, 7-8a, 9a.10ac)       <br />
       R/ Racontez à tous les peuples       <br />
       les merveilles du Seigneur ! (Ps 95, 3)       <br />
              <br />
       Chantez au Seigneur un chant nouveau,       <br />
       chantez au Seigneur, terre entière,       <br />
       chantez au Seigneur et bénissez son nom !       <br />
              <br />
       De jour en jour, proclamez son salut,       <br />
       racontez à tous les peuples sa gloire,       <br />
       à toutes les nations ses merveilles !       <br />
              <br />
       Rendez au Seigneur, familles des peuples,       <br />
       rendez au Seigneur, la gloire et la puissance,       <br />
       rendez au Seigneur la gloire de son nom.       <br />
              <br />
       Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté.       <br />
       Allez dire aux nations : Le Seigneur est roi !       <br />
       Il gouverne les peuples avec droiture.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « L’unique et même Esprit distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier » (1 Co 12, 4-11)       <br />
       Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           les dons de la grâce sont variés,       <br />
       mais c’est le même Esprit.       <br />
           Les services sont variés,       <br />
       mais c’est le même Seigneur.       <br />
           Les activités sont variées,       <br />
       mais c’est le même Dieu       <br />
       qui agit en tout et en tous.       <br />
           À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit       <br />
       en vue du bien.       <br />
           À celui-ci est donnée, par l’Esprit,       <br />
       une parole de sagesse ;       <br />
       à un autre,       <br />
       une parole de connaissance,       <br />
       selon le même Esprit ;       <br />
           un autre reçoit, dans le même Esprit,       <br />
       un don de foi ;       <br />
       un autre encore, dans l’unique Esprit,       <br />
       des dons de guérison ;       <br />
           à un autre est donné d’opérer des miracles,       <br />
       à un autre de prophétiser,       <br />
       à un autre de discerner les inspirations ;       <br />
       à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ;       <br />
       à l’autre, de les interpréter.       <br />
           Mais celui qui agit en tout cela,       <br />
       c’est l’unique et même Esprit :       <br />
       il distribue ses dons, comme il le veut,       <br />
       à chacun en particulier.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée » (Jn 2, 1-11)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Dieu nous a appelés par l’Évangile       <br />
       à entrer en possession de la gloire       <br />
       de notre Seigneur Jésus Christ.       <br />
       Alléluia. (cf. 2 Th 2, 14)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
           En ce temps-là,       <br />
           il y eut un mariage à Cana de Galilée.       <br />
       La mère de Jésus était là.       <br />
           Jésus aussi avait été invité au mariage       <br />
       avec ses disciples.       <br />
           Or, on manqua de vin.       <br />
       La mère de Jésus lui dit :       <br />
       « Ils n’ont pas de vin. »       <br />
           Jésus lui répond :       <br />
       « Femme, que me veux-tu ?       <br />
       Mon heure n’est pas encore venue. »       <br />
           Sa mère dit à ceux qui servaient :       <br />
       « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »       <br />
           Or, il y avait là six jarres de pierre       <br />
       pour les purifications rituelles des Juifs ;       <br />
       chacune contenait deux à trois mesures,       <br />
       (c’est-à-dire environ cent litres).       <br />
           Jésus dit à ceux qui servaient :       <br />
       « Remplissez d’eau les jarres. »       <br />
       Et ils les remplirent jusqu’au bord.       <br />
           Il leur dit :       <br />
       « Maintenant, puisez,       <br />
       et portez-en au maître du repas. »       <br />
       Ils lui en portèrent.       <br />
           Et celui-ci goûta l’eau changée en vin.       <br />
       Il ne savait pas d’où venait ce vin,       <br />
       mais ceux qui servaient le savaient bien,       <br />
       eux qui avaient puisé l’eau.       <br />
       Alors le maître du repas appelle le marié       <br />
           et lui dit :       <br />
       « Tout le monde sert le bon vin en premier       <br />
       et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon.       <br />
       Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »       <br />
              <br />
           Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.       <br />
       C’était à Cana de Galilée.       <br />
       Il manifesta sa gloire,       <br />
       et ses disciples crurent en lui.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/60107185-44032944.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-2e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Tel-fut-le-commencement-des-signes-que-Jesus-accomplit_a1045.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Homélie pour Noël : "Le chemin des bergers"</title>
   <pubDate>Tue, 20 Dec 2022 18:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie pour la messe de la fête de Noël à Chapelle de la Desserte du Lac Poulin le 24 décembre 2022 à 16 heures par Mgr Hermann Giguère, "curé" du Lac Poulin. Textes de l'Écriture: Isaïe 9, 1-6, Tite 2, 11-14, Lc 2, 1-14.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/69502207-48595071.jpg?v=1670641073" alt="Homélie pour Noël : "Le chemin des bergers"" title="Homélie pour Noël : "Le chemin des bergers"" />
     </div>
     <div>
      Je vous invite ce soir à faire avec moi une randonnée avec les bergers, à suivre le chemin des bergers vers la crèche.        <br />
              <br />
       Que fait-on dans une randonnée? On marche, on avance à pied, en vélo, en auto? On s’arrête, on fait des pauses plus ou moins longues et on jouit du paysage, des rencontres, des monuments, que sais-je?       <br />
              <br />
       Hé bien! Ce soir en suivant le chemin des bergers nous nous nous arrêterons à trois moments qui sont comme des étapes. Certains resteront à la première étape, peut-être, d’autres continueront vers la deuxième et certains iront jusqu’à la troisième et dernière étape. Trois mots pour les retenir : magie, nostalgie et mystère.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Première étape : la magie de Noël</span>       <br />
              <br />
       La première étape est remplie de magie et de merveilleux. Les bergers sont enveloppés d’une grande lumière. L’Ange du Seigneur leur apparaît. Quelle surprise et quelle merveille!  Ils sont remplis de la magie de Noël à laquelle ils ne s’attendaient pas.       <br />
              <br />
       Si nous nous regardons, Noël, pour nous, comme pour les bergers est rempli de magie : c’est le regard et la joie d’un enfant devant ses cadeaux sous l’arbre de Noël, c’est la visite qui arrive pour le réveillon, ce sont tous les préparatifs où on laisse aller son imagination et sa créativité. Oui! Noël c’est un moment magique de l’année. Et il est bon de pouvoir le vivre à fond.        <br />
              <br />
       Cependant, à Noël, il y a plus que de la magie et du merveilleux, pour plusieurs cette fête est pleine de belle nostalgie.        <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">Deuxième étape : la nostalgie de Noël</span>       <br />
              <br />
       Regardons de nouveau les bergers. Les juifs espéraient un Messie, un Sauveur. Après avoir entendu l’Ange du Seigneur, les bergers se retrouvent devant une nouvelle qu’ils attendaient depuis longtemps. Le peuple qui vivait dans les ténèbres, dont parle la première lecture, voit ses espoirs comblés. Ils se rappellent leurs prières d’autrefois. Leurs souvenirs des promesses de Dieu se réveillent. Le Sauveur qu’ils attendaient est arrivé. Leurs cœurs vibrent au rythme d’une nostalgie qui se voit comblée.         <br />
              <br />
       Nous sommes peut-être un peu comme les bergers. Nous connaissons la bonne nouvelle de la venue du Sauveur. Nous nous rappelons les Noëls d’autrefois. Ce soir la chapelle s’est faite belle pour que nous y retrouvions un peu de cette ambiance religieuse si caractéristique des Noëls d’autrefois. Pourquoi, venir ici à la Messe de Minuit au Lac Poulin si ce n’est pour aller plus loin que la magie de Noël? Plusieurs, dont je suis, y trouve un brin de nostalgie. Les souvenirs des Noëls d’autrefois refont surface. Un Noël rempli de symboles religieux et de chants de Noël qui nous vont droit au cœur. Que c’est beau Noël au Lac Poulin!        <br />
              <br />
       Denise Bombardier, cette commentratice de la télévision québécoise bien connue disait il y quelque temps : " Les gens vont à la messe même s’ils ont perdu leurs rêves d’enfance, cette époque lointaine où l’on pouvait croire, dans sa naïveté d’enfant.  On y va quand même, pour la nostalgie."  (fin de la citation). C'était quand même bien, se dit-on.       <br />
              <br />
       Vous pouvez arrêter à ces deux étapes de notre randonnée avec les bergers, et en rester à la magie et à une belle nostalgie, mais en les suivant, je vous invite à une troisième et dernière étape, celle du mystère de Noël       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Troisième étape : le mystère de Noël</span>       <br />
              <br />
       En effet, si la fête de Noël est magique et si elle peut engendrer une certaine nostalgie, elle n’est pas complète si nous ne venons pas, comme les bergers, vers le nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. Voilà le mystère si déroutant.       <br />
              <br />
       Les attentes nostalgiques des bergers sont déjouées. Le Sauveur qui arrive, n’arrive pas accompagné d’une escorte en grande pompe. Il prend les traits d’un petit enfant, faible et impuissant, réchauffé par sa mère qui le tient dans ses bras. C’est tout un signe et un mystère que cet abaissement d’un Dieu qui se fait l’un de nous : « Emmanuel » qui veut dire « Dieu avec nous! »       <br />
              <br />
       Nous ne comprenons rien de ce mystère si nous ne croyons pas que cet enfant est le même que l’adulte qui mourra sur la croix et qui ressuscitera pour vivre pour toujours et nous entraîner à sa suite. Le monde sera changé pour toujours. Un immense chemin nous sera ouvert par celui qui deviendra le premier-né d'une multitude de frères et soeurs et grâce à lui le Fils bien-aimé de Dieu, nous devenons nous aussi par le baptême fils et filles de Dieu par adoption  comme le dit saint Paul.       <br />
              <br />
       Arrêtons-nous à cette troisième et dernière étape et unissons nos cœurs et nos voix au chant des anges « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime »       <br />
              <br />
       Oui! Le mystère de Noël que nous découvrons, si nous acceptons de nous rendre à cette étape du chemin des bergers, c’est celui d’une bonne nouvelle et d’une grande joie pour tout le peuple encore aujourd’hui et même encore plus, je dirais. Quelle belle nouvelle de se savoir aimé de Dieu       <br />
              <br />
       Dans un monde qui s’arrête trop souvent à la magie de Noël avec le magasinage, les Pères Noëls, les cadeaux, notre rassemblement nous permet une pause où nous rencontrons Celui qui est plus grand que notre cœur, Celui qui nous aime comme nous sommes et qui ne veut que notre bonheur. La nostalgie et la magie de Noël ne peuvent cacher le mystère de Noël qui s'est accompli hier et qui demeure pour toujours, car Dieu est fidèle et ne nous enlève pas son amour, quoique nous fassions, même si nous l'oublions.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Chers frères et sœurs, continuons notre chemin comme les bergers et reconnaissons sous les espèces du pain et du vin que nous partageons, le corps et le sang de cet enfant devenu le Christ Jésus Seigneur à qui appartient la puissance et la gloire pour les siècles des siècles.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       24 décembre 2022       <br />
              <br />
       <!-- Messe à 16 h au Lac Pouin Reprise de l'homélie du 24 décembre 2009-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      MESSE DE LA NUIT       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Un enfant nous est né » (Is 9, 1-6)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Le peuple qui marchait dans les ténèbres       <br />
       a vu se lever une grande lumière ;       <br />
       et sur les habitants du pays de l’ombre,       <br />
       une lumière a resplendi.       <br />
           Tu as prodigué la joie,       <br />
       tu as fait grandir l’allégresse :       <br />
       ils se réjouissent devant toi,       <br />
       comme on se réjouit de la moisson,       <br />
       comme on exulte au partage du butin.       <br />
           Car le joug qui pesait sur lui,       <br />
       la barre qui meurtrissait son épaule,       <br />
       le bâton du tyran,       <br />
       tu les as brisés comme au jour de Madiane.       <br />
           Et les bottes qui frappaient le sol,       <br />
       et les manteaux couverts de sang,       <br />
       les voilà tous brûlés :       <br />
       le feu les a dévorés.       <br />
              <br />
           Oui, un enfant nous est né,       <br />
       un fils nous a été donné !       <br />
       Sur son épaule est le signe du pouvoir ;       <br />
       son nom est proclamé :       <br />
       « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort,       <br />
       Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. »       <br />
           Et le pouvoir s’étendra,       <br />
       et la paix sera sans fin       <br />
       pour le trône de David et pour son règne       <br />
       qu’il établira, qu’il affermira       <br />
       sur le droit et la justice       <br />
       dès maintenant et pour toujours.       <br />
       Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 95 (96), 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a, 13bc)       <br />
       R/ Aujourd’hui, un Sauveur nous est né :       <br />
       c’est le Christ, le Seigneur. (cf. Lc 2, 11)       <br />
              <br />
       Chantez au Seigneur un chant nouveau,       <br />
       chantez au Seigneur, terre entière,       <br />
       chantez au Seigneur et bénissez son nom !       <br />
              <br />
       De jour en jour, proclamez son salut,       <br />
       racontez à tous les peuples sa gloire,       <br />
       à toutes les nations ses merveilles !       <br />
              <br />
       Joie au ciel ! Exulte la terre !       <br />
       Les masses de la mer mugissent,       <br />
       la campagne tout entière est en fête.       <br />
              <br />
       Les arbres des forêts dansent de joie       <br />
       devant la face du Seigneur, car il vient,       <br />
       car il vient pour juger la terre.       <br />
              <br />
       Il jugera le monde avec justice       <br />
       et les peuples selon sa vérité.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « La grâce de Dieu s’est manifestée pour tous les hommes » (Tt 2, 11-14)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Tite       <br />
              <br />
       Bien-aimé,       <br />
           la grâce de Dieu s’est manifestée       <br />
       pour le salut de tous les hommes.       <br />
           Elle nous apprend à renoncer à l’impiété       <br />
       et aux convoitises de ce monde,       <br />
       et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable,       <br />
       avec justice et piété,       <br />
           attendant que se réalise la bienheureuse espérance :       <br />
       la manifestation de la gloire       <br />
       de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ.       <br />
           Car il s’est donné pour nous       <br />
       afin de nous racheter de toutes nos fautes,       <br />
       et de nous purifier       <br />
       pour faire de nous son peuple,       <br />
       un peuple ardent à faire le bien.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Je vous annonce une grande joie :       <br />
       Aujourd’hui vous est né un Sauveur       <br />
       qui est le Christ, le Seigneur !       <br />
       Alléluia. (cf. Lc 2, 10-11)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Luc       <br />
              <br />
           En ces jours-là,       <br />
       parut un édit de l’empereur Auguste,       <br />
       ordonnant de recenser toute la terre       <br />
           – ce premier recensement eut lieu       <br />
       lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.       <br />
           Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.       <br />
           Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth,       <br />
       vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem.       <br />
       Il était en effet de la maison et de la lignée de David.       <br />
           Il venait se faire recenser avec Marie,       <br />
       qui lui avait été accordée en mariage       <br />
       et qui était enceinte.       <br />
              <br />
           Or, pendant qu’ils étaient là,       <br />
       le temps où elle devait enfanter fut accompli.       <br />
           Et elle mit au monde son fils premier-né ;       <br />
       elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire,       <br />
       car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.       <br />
           Dans la même région, il y avait des bergers       <br />
       qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs       <br />
       pour garder leurs troupeaux.       <br />
           L’ange du Seigneur se présenta devant eux,       <br />
       et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.       <br />
       Ils furent saisis d’une grande crainte.       <br />
           Alors l’ange leur dit :       <br />
       « Ne craignez pas,       <br />
       car voici que je vous annonce une bonne nouvelle,       <br />
       qui sera une grande joie pour tout le peuple :       <br />
           Aujourd’hui, dans la ville de David,       <br />
       vous est né un Sauveur       <br />
       qui est le Christ, le Seigneur.       <br />
           Et voici le signe qui vous est donné :       <br />
       vous trouverez un nouveau-né       <br />
       emmailloté et couché dans une mangeoire. »       <br />
           Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable,       <br />
       qui louait Dieu en disant :       <br />
           « Gloire à Dieu au plus haut des cieux,       <br />
       et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/69502207-48595071.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-Noel-Le-chemin-des-bergers_a1097.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.wmaker.net/carrefourkairos,2026:rss-68335906</guid>
   <title>Homélie pour le 3e dimanche de l'Avent Année A : « Es-tu celui qui doit venir? »</title>
   <pubDate>Tue, 06 Dec 2022 18:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélie par Mgr Hermann Giguère P.H., Séminaire de Québec, pour le 3e dimanche de l'Avent le 11 décembre 2022 Année A. Textes: Isaïe 35, 1-6a.10, Jacques 5, 7-10 et Mathieu 11, 2-11.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/68335906-48099170.jpg?v=1667222413" alt="Homélie pour le 3e dimanche de l'Avent Année A : « Es-tu celui qui doit venir? »" title="Homélie pour le 3e dimanche de l'Avent Année A : « Es-tu celui qui doit venir? »" />
     </div>
     <div>
      Nous retrouvons ce matin Jean, le Baptiste, qui nous a interpellé la semaine dernière dans l’évangile du 2e dimanche de l’Avent par une prédication inspirante et dérangeante. Nous le retrouvons aujourd'hui alors qu’il est en prison, enfermé parce que son franc-parler lui a mis à dos les autorités politiques représentées par le roi Hérode.        <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Un questionnement légitime</span>       <br />
              <br />
       Dans ces moments à l’écart, ses pensées flottent et les doutes l’assaillent : « Jésus qu’il a baptisé dans le Jourdain, est-il bien le Messie qui doit venir? » Il va s’en ouvrir à ses disciples qui le visitent et ceux-ci vont se charger d’aller poser la question à Jésus lui-même. Au nom de Jean, le Baptiste, ils demandent à Jésus « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre? » Une question qui nous rejoint tous et toutes car nous sommes souvent « emprisonnés » dans nos habitudes, nos péchés, nos limites et notre foi en souffre. Les doutes nous assaillent comme dans le cas de Jean, le Baptiste. Comment les  surmonter?        <br />
              <br />
       Revenons à la réponse de Jésus qui nous éclairera. Jésus ne répond pas directement à la question des disciples de Jean. Il les renvoie à eux-mêmes. « Prenez la peine de regarder autour de vous. Examinez les signes qui accompagnent mon ministère » leur dit-il. Et en toute humilité il les énumère : « Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. »        <br />
              <br />
       Les envoyés de Jean ont leur réponse. Ils s’en vont le retrouver dans sa prison.        <br />
              <br />
        II- <span style="font-style:italic">Reconnaître les signes de la promesse</span>       <br />
              <br />
       Qu’est-ce qui se passe alors? L’évangile ne le dit pas explicitement. Mais on peut penser que Jean, le Baptiste, est plus que rassuré, il voit se confirmer ce qu’il avait entrevu au baptême de Jésus : « Celui-ci est bien l’Envoyé du Père ». Pourquoi? Parce que les signes donnés par Jésus sont ceux que les prophètes donnaient. Il se rappelle les paroles du prophète Isaïe qu’il connait bien et que la première lecture nous a présentées : Quand la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu se manifestera, dit Isaïe,  « alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ».       <br />
              <br />
       Tels sont les signes de la Venue du Sauveur, de la Manifestation de Dieu, qu’Isaïe donne et ce sont les mêmes signes que Jésus manifeste aux disciples de Jean. Car il est le Sauveur annoncé qui est là maintenant, il n’est plus seulement entrevu et attendu, il est venu. En Lui, Dieu s’est manifesté définitivement comme le Dieu bon et miséricordieux qui veut que toutes les personnes soient sauvées et se retrouvent dans son Royaume, dans sa maison.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">L’inclusion dans le Royaume</span>       <br />
              <br />
       Un temps nouveau est commencé avec la Venue du Sauveur annoncé. Le Royaume de Dieu est arrivé. Il inclut tout le monde à commencer par les plus petits, les pauvres, les exclus. « Bienheureux les pauvres, les doux, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix ceux qui sont persécutés pour la justice» dira Jésus dans sa prédication, dans ces béatitudes que vous connaissez bien qui sont comme la charte du Royaume de Dieu (Mathieu 5, 3-12).       <br />
              <br />
       Dans ce Royaume, il a un renversement total de nos perceptions. Même un grand prophète comme Jean, le Baptiste, cède le pas devant le pauvre et le petit parce, lui, il a été le Précurseur, annonçant le Royaume, sans hélas! y entrer directement,  tandis que, comme le dit Jésus,  maintenant tous peuvent y entrer et « le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui, [Jean, le Baptiste] » parce que ce « plus petit » est devenu enfant de Dieu, héritier de Dieu, héritier du Royaume avec Jésus (Romains 8, 16-17). Ce qui est une belle nouvelle pour chacun et chacune d’entre nous. En effet, la mesure de l’amour de Dieu est d’aimer sans mesure toutes les personnes avec leurs limites, qui qu’elles soient, de les aimer pour elles-mêmes pour les faire grandir.       <br />
              <br />
       Pour chacun et chacun d’entre nous, ce qui est important c’est la réponse à cet amour sans mesure. L’apôtre saint Jacques dans la deuxième lecture, en fin connaisseur de l’âme humaine, nous recommande la patience et l’endurance. Il nous donne l’image du cultivateur qui attend les fruits de la terre avec patience jusqu’à la récolte précoce ou tardive. C’est ce qui est important : tenir ferme dans la foi en l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ à travers les événements et les situations de toutes sortes dans nos vies, dans l’Église et dans notre monde.          <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Réunis autour de la table du Seigneur, en ce 3e dimanche de l’Avent qui est appelé le « Dimanche de la joie » (en latin "Gaudete"), n’ayons pas peur de laisser éclater notre joie d’être appelés à vivre de nouveau la Venue du Seigneur. Préparons-nous-y le mieux possible pendant le temps de l’Avent par une fidélité plus grande à la prière et à l’entraide fraternelle.        <br />
              <br />
       Comme le dit le chant d’entrée liturgique dont les premiers mots ont servi pour qualifier le 3e dimanche de l’Avent de « Dimanche "gaudete" ou dimanche de la joie » : « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche » (Philippiens 4, 4-5).       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère  P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses       <br />
       de l'Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec</span>       <br />
              <br />
       6 décembre 2022       <br />
              <br />
       <!--Reprise de l'homélie du 6 décembre 2016-->
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      LECTURES DE LA MESSE       <br />
       PREMIÈRE LECTURE       <br />
       « Dieu vient lui-même et va vous sauver » (Is 35, 1-6a.10)       <br />
       Lecture du livre du prophète Isaïe       <br />
              <br />
       Le désert et la terre de la soif,       <br />
       qu’ils se réjouissent !       <br />
       Le pays aride, qu’il exulte       <br />
       et fleurisse comme la rose,       <br />
           qu’il se couvre de fleurs des champs,       <br />
       qu’il exulte et crie de joie !       <br />
       La gloire du Liban lui est donnée,       <br />
       la splendeur du Carmel et du Sarone.       <br />
       On verra la gloire du Seigneur,       <br />
       la splendeur de notre Dieu.       <br />
           Fortifiez les mains défaillantes,       <br />
       affermissez les genoux qui fléchissent,       <br />
           dites aux gens qui s’affolent :       <br />
       « Soyez forts, ne craignez pas.       <br />
       Voici votre Dieu :       <br />
       c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu.       <br />
       Il vient lui-même et va vous sauver. »       <br />
           Alors se dessilleront les yeux des aveugles,       <br />
       et s’ouvriront les oreilles des sourds.       <br />
           Alors le boiteux bondira comme un cerf,       <br />
       et la bouche du muet criera de joie.       <br />
           Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent,       <br />
       ils entrent dans Sion avec des cris de fête,       <br />
       couronnés de l’éternelle joie.       <br />
       Allégresse et joie les rejoindront,       <br />
       douleur et plainte s’enfuient.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       PSAUME       <br />
       (Ps 145 (146), 7, 8, 9ab.10a)       <br />
       R/ Viens, Seigneur, et sauve-nous !       <br />
       ou : Alléluia ! (cf. Is 35, 4)       <br />
              <br />
       Le Seigneur fait justice aux opprimés,       <br />
       aux affamés, il donne le pain,       <br />
       le Seigneur délie les enchaînés.       <br />
              <br />
       Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,       <br />
       le Seigneur redresse les accablés,       <br />
       le Seigneur aime les justes.       <br />
              <br />
       Le Seigneur protège l’étranger,       <br />
       il soutient la veuve et l’orphelin.       <br />
       D’âge en âge, le Seigneur régnera.       <br />
              <br />
       DEUXIÈME LECTURE       <br />
       « Tenez ferme vos cœurs car la venue du Seigneur est proche » (Jc 5, 7-10)       <br />
       Lecture de la lettre de saint Jacques       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
       en attendant la venue du Seigneur,       <br />
       prenez patience.       <br />
       Voyez le cultivateur :       <br />
       il attend les fruits précieux de la terre avec patience,       <br />
       jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive.       <br />
           Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme       <br />
       car la venue du Seigneur est proche.       <br />
           Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres,       <br />
       ainsi vous ne serez pas jugés.       <br />
       Voyez : le Juge est à notre porte.       <br />
           Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience       <br />
       les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE       <br />
       « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)       <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       L’Esprit du Seigneur est sur moi :       <br />
       il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.       <br />
       Alléluia. (cf. Is 61, 1)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison,       <br />
       des œuvres réalisées par le Christ.       <br />
       Il lui envoya ses disciples et, par eux,  lui demanda :       <br />
           « Es-tu celui qui doit venir,       <br />
       ou devons-nous en attendre un autre ? »       <br />
           Jésus leur répondit :       <br />
       « Allez annoncer à Jean       <br />
       ce que vous entendez et voyez :       <br />
           Les aveugles retrouvent la vue,       <br />
       et les boiteux marchent,       <br />
       les lépreux sont purifiés,       <br />
       et les sourds entendent,       <br />
       les morts ressuscitent,       <br />
       et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.       <br />
           Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »       <br />
              <br />
           Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient,       <br />
       Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean :       <br />
       « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ?       <br />
       un roseau agité par le vent ?       <br />
           Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ?       <br />
       un homme habillé de façon raffinée ?       <br />
       Mais ceux qui portent de tels vêtements       <br />
       vivent dans les palais des rois.       <br />
           Alors, qu’êtes-vous allés voir ?       <br />
       un prophète ?       <br />
       Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.       <br />
           C’est de lui qu’il est écrit :       <br />
       Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,       <br />
       pour préparer le chemin devant toi.       <br />
           Amen, je vous le dis :       <br />
       Parmi ceux qui sont nés d’une femme,       <br />
       personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ;       <br />
       et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux       <br />
       est plus grand que lui. »       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
              <br />
              <br />
       <Script type="text/javascript" src=https://www.hgiguere.net/docs/javascripts/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet Carrefour Kairos, site internet  d'Hermann Giguère www.hgiguere.net</div>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/imagette/68335906-48099170.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/carrefourkairos/Homelie-pour-le-3e-dimanche-de-l-Avent-Annee-A-Es-tu-celui-qui-doit-venir_a1094.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.wmaker.net/carrefourkairos,2026:rss-22541057</guid>
   <title>Homélie pour le 17e dimanche du temps ordinaire Année B « Donnez-leur vous-mêmes à manger »  </title>
   <pubDate>Tue, 24 Jul 2018 20:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Homélies dominicales pour les temps liturgiques par Mgr Hermann Giguère P.H. du Séminaire de Québec. Homélie du 29 juillet 2018 Année B. Homélie à la Chapelle du Lac Poulin et de la Chapelle du Lac Raquette par Mgr Hermann Giguère P.H., du Séminaire de Québec, recteur de ces dessertes. Textes: 2 Rois 4, 42-44 , Éphésiens 4, 1-6 et Jean 6, 1-15.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/22541057-25195546.jpg?v=1527538412" alt="Homélie pour le 17e dimanche du temps ordinaire Année B « Donnez-leur vous-mêmes à manger »  " title="Homélie pour le 17e dimanche du temps ordinaire Année B « Donnez-leur vous-mêmes à manger »  " />
     </div>
     <div>
      J’ai eu la chance il y a quelques années de visiter le site de Tabgha, un site situé sur la rive nord-ouest de la mer de Galilée (ou Lac de Tibériade) en Terre Sainte, où la tradition place le miracle de la multiplication des pains telle que racontée dans notre évangile de ce matin.       <br />
              <br />
       Une chose étonnante m’a frappé dans cette visite. C’est le plancher de la petite église qui a été élevée sur le site. Plusieurs fois détruite, elle a été restaurée et ce qui a retenu mon attention c’est la mosaïque dans le plancher sous l’autel principal.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Une vieille mosaïque significative</span>  (Image à la fin)       <br />
              <br />
       Je vous la décris.  On y voit deux poissons assez gros et au centre un panier avec des pains. Ce qui est étonnant c’est que, contrairement à ce qui est écrit dans l'évangile où on présente à Jésus le  jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, ici dans la représentation sur la mosaïque, il n’y a que quatre pains au lieu des cinq auxquels on se serait attendu.       <br />
              <br />
       Pourquoi me suis-je demander? Et la réponse est venue tout de suite car j’ai noté que la mosaïque était située sous l’autel où se célèbre l’Eucharistie. Vous me voyez venir. La réponse que j’ai trouvée et qui est celle que l’auteur de la mosaïque voulait qu’on retienne c’est que le cinquième pain qu’il n’a pas mis dans sa représentation, se trouve sur l’autel, c’est le pain eucharistique, l'hostie,  le pain consacré par le prêtre qui est Jésus lui-même       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Explication du signe de la multiplication des pains</span>       <br />
              <br />
       Il me semble que le message de cette représentation est des plus intéressants pour nous encore aujourd’hui. Pourquoi?       <br />
              <br />
       La multiplication des pains que raconte saint Jean est un signe fort de ce que Jésus  vient faire dans son ministère. Il est décentré de lui-même et se préoccupe de donner à manger à ceux et celles qui le suivent. Il le fait ici de façon matérielle, mais sa mission est de les nourrir par sa parole, son exemple et ses enseignements.        <br />
              <br />
       Quand il dit à ses apôtres « donnez-leur vous-mêmes à manger », ils les invitent à faire eux aussi ce que lui fait. On comprend qu’ils se demandent comment ils feront devant cette foule nombreuse. Pourtant ils le font dans la confiance en Jésus. C’est le message que nous laisse le cinquième pain sur l’autel dans nos célébrations eucharistiques.        <br />
              <br />
       Nous nous demandons comment faire pour rejoindre à nos frères et sœurs nombreux qui ont faim non seulement de pain matériel mais de sens à leur vie. Le cinquième pain est la réponse. La nourriture dont ils ont besoin c’est Jésus lui-même. À nous de les inciter à s’ouvrir à une rencontre personnelle avec Jésus. Ce qui n’est pas toujours facile, même pour ceux et celles qui sont déjà baptisés et disciples de Jésus. Mais cela vaut la peine, croyez-moi.       <br />
              <br />
       Il s’ajoute à cette merveilleuse réalité de l’action de Jésus toujours vivant  au cœur de notre monde, l’assurance que son action dépasse tout ce qu’on peut imaginer. C’est ce que signifient les douze paniers de surplus. L’action de Dieu n’est jamais limitée. Ses voies ne sont pas nos voies. Quand il agit, il le fait avec largesse et en abondance. Pour ceux et celles qui apportent leur contribution, qui lui laissent ce qui les attachent loin de lui, il donne le centuple même dans cette vie. (cf. Marc 10, 30)       <br />
              <br />
       C’est ce qui arriva à Élisée, l’homme de Dieu,  comme nous le raconte la première lecture. Faisant confiance à Dieu avec vingt pains d’orge et du grain frais dans un sac cent personnes sont nourries « car ainsi parle le Seigneur : ‘On mangera, et il en restera.’ »  (2 R 4, 42-44)       <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Le miracle, un signe</span>       <br />
              <br />
       Vous voyez que ce beau récit de la multiplication des pains peut servir à nous motiver dans notre vie chrétienne aujourd’hui. Plutôt que de rester accroché au merveilleux qui est présenté dans ce beau récit, il est important d’aller au message qu’il apporte. Il en est ainsi de tous les miracles de l’évangile qui sont dit saint Jean des signes.        <br />
              <br />
       Un signe pointe vers autre chose. On ne regarde pas le signe en lui-même. On regarde vers où il nous conduit. Vous connaissez cette anecdote qui l’illustre bien. Deux amis se promènent le soir et à un moment donné, l’un d’eux lève la main et dit à son compagnon « regarde la beauté de la lune ce soir » et l’autre de répondre, parce qu’il ne regardait que la main de son compagnon, « je ne vois rien, je ne vois que ta main ».       <br />
              <br />
       « Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt. » dit le proverbe. L’idiot ne sait pas voir ce que le signe qui lui est fait indique. Ne faisons pas la même chose avec les miracles de l’évangile qui sont toujours pour nous des signes à déchiffrer bien sûr, mais signes qui nous révèlent des vérités essentielles de notre foi.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion  </span>       <br />
              <br />
       Le cinquième pain qui manque dans la mosaïque de l’église de Tabgha est le Christ présent sur l’autel. Ne serait-il pas aussi chacun et chacune de nous? Ne sommes-nous pas, en effet,  appelés à être nous aussi nourriture pour nos frères et sœurs, pour notre entourage, pour le monde?       <br />
              <br />
       La personne baptisée ne s’isole jamais. Elle accepte d’être mangée par ceux et celles qui ont besoin de sa présence et de son amour. Ce n’est pas toujours évident, ni toujours facile, mais  Jésus nous redit ce matin à chacun et chacune « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.        <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval        <br />
       Séminaire de Québec </span>       <br />
              <br />
       24 juillet 2018       <br />
              <br />
              <br />
       <!-- Lectures de la messe       <br />
       Première lecture       <br />
       « On mangera, et il en restera » (2 R 4, 42-44)       <br />
              <br />
       Lecture du deuxième livre des Rois       <br />
              <br />
       En ces jours-là,        <br />
           un homme vint de Baal-Shalisha        <br />
       et, prenant sur la récolte nouvelle,        <br />
       il apporta à Élisée, l’homme de Dieu,        <br />
       vingt pains d’orge et du grain frais dans un sac.        <br />
       Élisée dit alors :        <br />
       « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent. »        <br />
           Son serviteur répondit :        <br />
       « Comment donner cela à cent personnes ? »        <br />
       Élisée reprit :        <br />
       « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent,        <br />
       car ainsi parle le Seigneur :        <br />
       ‘On mangera, et il en restera.’ »        <br />
           Alors, il le leur donna, ils mangèrent, et il en resta,        <br />
       selon la parole du Seigneur.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Psaume       <br />
       (Ps 144 (145), 10-11, 15-16, 17-18)       <br />
              <br />
       R/ Tu ouvres la main, Seigneur :       <br />
       nous voici rassasiés. (Ps 144, 16)       <br />
              <br />
       Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce       <br />
       et que tes fidèles te bénissent !       <br />
       Ils diront la gloire de ton règne,       <br />
       ils parleront de tes exploits.       <br />
              <br />
       Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :       <br />
       tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;       <br />
       tu ouvres ta main :       <br />
       tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.       <br />
              <br />
       Le Seigneur est juste en toutes ses voies,       <br />
       fidèle en tout ce qu’il fait.       <br />
       Il est proche de tous ceux qui l’invoquent,       <br />
       de tous ceux qui l’invoquent en vérité.       <br />
       Deuxième lecture       <br />
       « Un seul Corps, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Ep 4, 1-6)       <br />
              <br />
       Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens       <br />
              <br />
       Frères,       <br />
           moi qui suis en prison à cause du Seigneur,        <br />
       je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation :       <br />
           ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience,        <br />
       supportez-vous les uns les autres avec amour ;        <br />
           ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit        <br />
       par le lien de la paix.        <br />
           Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance,       <br />
       de même il y a un seul Corps et un seul Esprit.        <br />
           Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,        <br />
           un seul Dieu et Père de tous,        <br />
       au-dessus de tous, par tous, et en tous.       <br />
              <br />
           – Parole du Seigneur.       <br />
       Évangile       <br />
       « Ils distribua les pains aux convives, autant qu’ils en voulaient » (Jn 6, 1-15)       <br />
              <br />
       Alléluia. Alléluia.       <br />
       Un grand prophète s’est levé parmi nous :       <br />
       et Dieu a visité son peuple.       <br />
       Alléluia. (Lc 7, 16)       <br />
              <br />
       Évangile de Jésus Christ selon saint Jean       <br />
              <br />
       En ce temps-là,       <br />
           Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée,        <br />
       le lac de Tibériade.        <br />
           Une grande foule le suivait,        <br />
       parce qu’elle avait vu les signes        <br />
       qu’il accomplissait sur les malades.        <br />
           Jésus gravit la montagne,        <br />
       et là, il était assis avec ses disciples.        <br />
           Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.       <br />
           Jésus leva les yeux        <br />
       et vit qu’une foule nombreuse venait à lui.        <br />
       Il dit à Philippe :        <br />
       « Où pourrions-nous acheter du pain        <br />
       pour qu’ils aient à manger ? »        <br />
           Il disait cela pour le mettre à l’épreuve,        <br />
       car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.        <br />
           Philippe lui répondit :        <br />
       « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas        <br />
       pour que chacun reçoive un peu de pain. »        <br />
           Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :        <br />
           « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge        <br />
       et deux poissons,        <br />
       mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »        <br />
           Jésus dit :        <br />
       « Faites asseoir les gens. »        <br />
       Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit.        <br />
       Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.        <br />
           Alors Jésus prit les pains        <br />
       et, après avoir rendu grâce,        <br />
       il les distribua aux convives ;        <br />
       il leur donna aussi du poisson,        <br />
       autant qu’ils en voulaient.        <br />
          Quand ils eurent mangé à leur faim,        <br />
       il dit à ses disciples :        <br />
       « Rassemblez les morceaux en surplus,        <br />
       pour que rien ne se perde. »        <br />
           Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers        <br />
       avec les morceaux des cinq pains d’orge,        <br />
       restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.       <br />
              <br />
           À la vue du signe que Jésus avait accompli,        <br />
       les gens disaient :        <br />
       « C’est vraiment lui le Prophète annoncé,        <br />
       celui qui vient dans le monde. »        <br />
           Mais Jésus savait qu’ils allaient l’enlever       <br />
       pour faire de lui leur roi ;        <br />
       alors de nouveau il se retira dans la montagne,        <br />
       lui seul.       <br />
              <br />
           – Acclamons la Parole de Dieu.       <br />
       -->       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Homélie pour le 2e dimanche de Pâques 2017  (Année A) :  Le dimanche de la miséricorde divine « Mon Seigneur et mon Dieu »</title>
   <pubDate>Tue, 18 Apr 2017 20:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hermann Giguère</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Homélies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour le fête de saint Thomas, apôtre (3 juillet). Texte de l'homélie pour le 2 dimanche de Pâques (Année A) : Le dimanche de la miséricorde divine « Mon Seigneur et mon Dieu » 23 avril 2017 par Mgr Hermann Giguère P. H., Séminaire de Québec Textes: Actes des Apôtres 2, 42-47, I Pierre 1, 3-9 et Jean 20, 19-31.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/carrefourkairos/photo/art/default/11367044-18954507.jpg?v=1489450798" alt="Homélie pour le 2e dimanche de Pâques 2017  (Année A) :  Le dimanche de la miséricorde divine « Mon Seigneur et mon Dieu »" title="Homélie pour le 2e dimanche de Pâques 2017  (Année A) :  Le dimanche de la miséricorde divine « Mon Seigneur et mon Dieu »" />
     </div>
     <div>
      Nous avons en ce dimanche la lecture de la fin de l’évangile selon saint Jean que je vous relis : « Il y encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont  été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. »       <br />
              <br />
       L’apparition à Thomas l’incrédule est le dernier des signes racontés par les évangélistes. Entrons avec les disciples  dans le lieu où ils se trouvaient depuis la mort de Jésus.       <br />
              <br />
       I – <span style="font-style:italic">Une communauté tissée serrée autour de son Maitre</span>       <br />
              <br />
       Ce qui frappe ici c’est que les disciples sont réunis en communauté, ce qu’ils continueront de faire comme le décrit la première lecture.  Ils sont remplis du souvenir de leur Maître. Ils sont craintifs de leurs concitoyens parce qu’ils demeurent convaincus que Jésus a été crucifié injustement. Pour eux, il est vraiment le Messie attendu. Ils savent que Marie-Madeleine, Pierre et Jean ont vu le tombeau vide. Ils ne savent quoi penser.        <br />
              <br />
       Et voilà que Jésus est au milieu d’eux. Ce n’est pas une théophanie avec tonnerre et éclair.  C’est une présence douce et familière avec un bonjour usuel qui se disait ainsi : « la paix soit avec vous ». Pourquoi seraient-ils apeurés? Ils se retrouvent avec quelqu’un qu’ils connaissent bien.        <br />
              <br />
       Jésus leur donne une autorité nouvelle en soufflant sur eux et en leur disant « Recevez l’Esprit-Saint, les péchés seront remis à qui vous les remettrez ».  Il les envoie comme lui a été envoyé. Ils pourront compter sur la grâce de l’Esprit Saint. Ils devront toucher les cœurs, inviter au repentir et à la conversion. Toute une mission qui prendra forme après la Pentecôte.  Ils restent éblouis de cette visite et ils en parlent à Thomas.       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">La profession de foi de Thomas</span>       <br />
              <br />
       Thomas, surnommé le Jumeau (Didyme en grec), est un homme au caractère bouillant. Lorsque Jésus s'apprête à partir pour Béthanie au moment de la mort de Lazare, il y a danger et les disciples le lui rappellent: « Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider ». Thomas dit alors aux autres disciples: « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui » (Jean 11, 16).        <br />
              <br />
       Ce qu’il n’a pas fait. Tous les apôtres, sauf Jean, ont abandonné Jésus durant sa Passion.       <br />
              <br />
       Thomas donc en entendant la nouvelle de la visite de Jésus ressuscité n’y croit pas. Pour y croire, il pose des conditions : « Si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non je ne croirai pas ».       <br />
              <br />
       Ces conditions ressemblent à celles que toute personne sensée poserait devant un phénomène comme celui de la résurrection de Jésus. C’est normal car l’esprit scientifique est complètement dérouté. Thomas est sur le même registre. Il parle au nom de tous ceux et celles que la résurrection de Jésus désarçonne.       <br />
              <br />
       Et c’est heureux que l’évangile de Jean nous propose ce récit qui est le dernier des signes que Jésus a fait, un signe à recevoir et à comprendre.       <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Le sens du signe à Thomas le Jumeau</span>       <br />
              <br />
       Essayons-nous en quelques mots. Si Thomas veut toucher Jésus, s’il veut mettre sa main dans son coté, c’est qu’il veut toucher le vrai Jésus qu’il a connu, parfaitement homme, avec un corps et une chair comme les nôtres. Il en va de la réalité même de Jésus. Le Jésus ressuscité n’est pas un héros de bande dessinée, un Superman ou un Homme-Araignée comme on les voit dans les vidéos clips. Non, le Jésus ressuscité est le même que celui avec qui Thomas a mangé, qu’il a touché, à qui il a parlé.       <br />
              <br />
       Voilà pourquoi Jésus lui dit : « Avance ton doigt, avance ta main… cesse d’être incrédule, sois croyant ». En d’autres mots, « Je suis le même que celui que tu as connu. Tu me vois différent mais je suis toujours le même. Désormais c’est dans la foi en moi que tu me rencontreras ».       <br />
              <br />
       « Mon Seigneur et mon Dieu » répond Thomas reconnaissant ainsi que le Ressuscité est bien le Jésus qu'Il a connu, le grand prédicateur, originaire de Galilée, fils de Marie et de Joseph et crucifié sous Ponce Pilate.        <br />
              <br />
       « Mon Seigneur et mon Dieu », C’est ce que nous sommes invités à dire et à redire tous les jours de notre vie. Nous sommes privés d’un contact physique avec Jésus, mais, avec Thomas et les disciples qui ont témoigné de la résurrection de Jésus et qui l’ont annoncée jusqu’aux extrémités de la terre,  nous pouvons dire « mon Seigneur et mon  Dieu ». Et ainsi, comme il est dit dans l'extrait de la lettre attribuée à saint Pierre que nous avons entendu  dans la seconde lecture, nous pouvons « renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure,  ni flétrissure. »       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion </span>       <br />
              <br />
       Nous sommes, ce matin, réunis en communauté autour de la table eucharistique pour «la fraction du pain » comme les disciples et les premiers chrétiens dont nous parle la première lecture tirée des Actes des Apôtres. Demandons au Seigneur que, par ce sacrement de l’Eucharistie qu'ils appelaient « fraction du pain », nous soyons toujours, comme eux, assidus à l’enseignement des Apôtres,  à la communion fraternelle et aux prières.        <br />
              <br />
       Demandons aussi qu’en ce  deuxième dimanche de Pâques qui a été appelé le « Dimanche de la miséricorde » par le pape Jean-Paul II, nous soyons de plus en plus remplis de la miséricorde même de Dieu pour la partager à tous  nos frères et sœurs par des gestes et des paroles d'amour et de compassion.        <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       Faculté de théologie et de sciences religieuses        <br />
       de l’Université Laval       <br />
       Séminaire de Québec </span>       <br />
              <br />
       18 avril 2017       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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