Télégramme de Brest

18 Janvier 2020

Une fois de plus, l'ex-présidente de la région Poitou-Charentes a montré un certain flair


On peut reprocher à Ségolène Royal bien des erreurs , depuis son échec à la présidentielle de 2007  (où elle rassembla tout de même  17 millions de Français).  Sa façon très personnelle d’interprêter le rôle d’ambassadrice des pôles qui lui fut attribué en 2017 par Emmanuel Macron  a dérouté. Sans même attendre  d’être « virée » lors du prochain conseil des Ministres, sa violente contre attaque ciblant  le président de la République, son « manque d’écoute » et sa « frénésie de brutalité », a choqué. Mais une fois de plus, l’ex présidente de la région Poitou - Charentes ,  première à réagir aussitôt diffusée jeudi  la candidature présidentielle de Marine Le Pen, a montré un certain flair. Citer  Mitterrand sur «  les forces de l’argent », affirmer que «  le reste à vivre diminue quand les financiers s’enrichissent »et qu’une politique libérale «  fait s’effondrer le modèle social français » , c’est  parler, en termes clairs, loin du charabia « paradigmique » ou « systémique » du débat sur les retraites, à l’électorat de gauche. Enoncer trois priorités- le modèle social français, la question écologique et la question démocratique,- c’est s’adresser aussi à une droite en quête de discours social, à des Verts qui s’interrogent sur leurs alliances  et même  à certains élus LREM qui désertent  les bancs de l’Assemblée. Entre Macron et Le Pen, Ségolène Royal se voit- elle donc en sauveur providentiel ? Elle est sans doute la seule à y croire . Mais un Bernard Cazeneuve, socialiste à la fois modéré et  doué d’autorité, aujourd’hui en tournée en Bretagne , un  Yannick Jadot, conscient de la nécessité de rassembler au-delà d’EELV,  méditeront son message : un nombre grandissant de  Français aspire à l’apaisement par « une troisième voie ».