Télégramme de Brest

25 Janvier 2020

On dirait parfois que " le nouveau monde " de Macron n'a d'autre ambition que de faire des économies.


«  L’espérance de vie des bûcherons, c’est 62 ans, rappelle Laurent Berger ( CFDT) . On ne peut pas leur imposer une retraite à 62 ans ! » Constat d’évidence. Et pourtant ! Face aux cortèges  qui n’en finissent pas ,  on dirait parfois que le  «  nouveau monde » de Macron n’a d’autre ambition, malgré de réels progrès proposés par sa réforme notamment en faveur des femmes,  que de faire des économies. Après s’être arc bouté sur l’âge pivot,  le gouvernement s’apprête à soumettre aux parlementaires un projet de 150 pages  accompagné d’une « étude d’impact » d’un millier de pages…Tout ça pour prolonger un «  vieux monde »  où la majorité des travailleurs exerce durant toute sa vie le même métier, fut-il pénible. Une évidence  devrait pourtant  sauter aux yeux de tous les politiques, syndicalistes et patrons  de bonne foi :  dans ce monde-là, né avec la révolution industrielle du 19ème siècle,  trop d’hommes et de femmes sont encore assignés  durant plus de 40 ans à des métiers pénibles . La question essentielle aujourd’hui n’est donc pas de savoir s’ils pourront  les exercer jusqu’à 64 ans grâce aux progrès de la médecine. Elle est d’ améliorer leurs conditions de travail – comme celles des conducteurs de train qui n’ont plus à charger le charbon dans la locomotive. Elle est aussi de  permettre à un nombre croissant de Français de changer de métier au tournant de la quarantaine en bénéficiant d’une solide formation . Au lieu de  finir épuisés devant leur TV , les jeunes futurs retraités seraient alors  heureux d’apprendre et  fiers de participer  à des révolutions technologiques  qui sont loin d’être toutes négatives. Une utopie ? Certes : n’est-ce pas cela, le «  nouveau monde » ? Le reste, si coûteux soit-il, ressemble à du rafistolage.