Comment le Réferendum du 27 Avril 1969 sur la régionalisation et la réfome du Sénat a provoqué son départ: était-ce un referendum suicide ? Récit d'une tragédie en quatre actes


Tout est vrai...ou tout aurait pu l'être , dans cette rencontre entre le vieux général et le jeune anarchiste.


Mai 1968. L'Etat gaulliste est sur le point de sombrer. Partie de l'université de Nanterre, la révolte gagne l'ensemble du pays. Le 13 mai, un million de personnes défilent à Paris. En tête, l'étudiant allemand Daniel Cohn-Bendit, nouvelle idole de la jeunesse et des intellectuels. Derrière lui, tous les chefs de partis et syndicats de gauche scandent " Dix ans, ça suffit! De Gaulle, c'est fini!"  Le Général convoque chaque nuit des ministres affolés: " Mais qui est-il, ce Cohn-Bendit ? Qu'a-t-il pour entraîner les jeunes ?" De Gaulle va tenter un dernier coup de théâtre. Avant de partir pour Baden-Baden, il veut rencontrer le jeune insolent. Dans la nuit du 28 mai, Dany est introduit dans le bureau présidentiel. De Gaulle : " Votre rêve, c'est d'aller baisouiller dans les coins?" Cohn-Bendit: " Les jeunes étouffent dans le monde de tante Yvonne!"
Dans un récit vif, sensible, et très informé, Christine Clerc imagine un huis-clos criant de vérité entre le vieux chef et le jeune leader qui entrera dans l'Histoire pour avoir été le bras du destin: "le tombeur du Général".

On croyait connaître de Gaulle et tout savoir de l'homme comme du personnage public. L'image qu'il a fixée de son vivant - celle d'un "Connétable" que rien n'affecte- domine encore. Mais il est un autre de Gaulle, inconnu, secret, vulnérable.


« Depuis quelque chose comme trente ans que j’ai affaire à l’Histoire, il m’est arrivé quelquefois de me demander si je ne devais pas la quitter. Ce fut le cas en septembre 1940 à Dakar où, ayant essuyé le feu des forces françaises qui tiraient sur les Français libres, j’ai douté (…) Ce fut le cas en 1946, quand, submergé par le torrent stérile des partis et ne pouvant plus agir à la place où j’étais, je l’ai quittée. Ce fut le cas en 1954, quand je voyais le Rassemblement que j’avais formé se disloquer (…) C’a été le cas le soir du premier tour de l’élection présidentielle, où une vague de tristesse a failli m’entraîner au loin… » Lorsqu’il fait, le 7 juin 1968, cette confidence à la TV, de Gaulle a près de 78 ans. D’abord impuissant face à la tourmente de mai, il a réussi à renverser la situation. Mais il a entendu son propre fils, Philippe lui dire « Papa, votre règne est fini ! ». Il sait que cela se terminera « dans un abîme de chagrin ». Combien de fois, déjà, a-t-il connu, selon le mot de Georges Pompidou, de profondes « crises psychologiques » ? Combien de fois a-t-il songé à l’exil, voire au suicide ? Cette face inconnue du Général – ses « coups de blues »- c’était un grand secret, connu seulement de ses proches collaborateurs et de sa femme, Yvonne. L’évoquer quelques années seulement après sa mort, eut été une sorte de sacrilège. Christine Clerc lève le voile. Avec lucidité et sensibilité, elle fait revivre ces moments où de Gaulle désespéra de la France. Et de lui-même.

Bibliographie

18 Décembre 2013

Avec Blanche de Richemont

Les Editions du Palais


A travers 50 couples légendaires, ce livre nous conte l’histoire des grandes passions françaises depuis 150 ans.
Poètes aux amours scandaleuses comme Verlaine et Rimbaud, scientifiques exemplaires comme Pierre et Marie Curie, stars de cinéma éclatantes de jeunesse come Alain Delon et Romy Schneider, vedettes sulfureuses de la chanson comme Serge Gainsbourg et Jane Birkin ou intellectuels austères comme Elisabeth et Robert Badinter, ces femmes et ces hommes ont incarné, à travers guerres et paix, croissance et récession, le talent, la beauté, la réussite ou les malheurs qui ont fait vibrer les Français.
Les modes ont passé, la morale a évolué. Colette, poussée par Willy à monter sur une scène de music-hall, pourrait-elle aujourd’hui s’exhiber nue et afficher ses liaisons féminines sans s’exposer à des manifestations de bien-pensants ?
Nos présidents de la République, parfois si prudes comme Charles de Gaulle, ont pour certains mené une double vie ce fut le cas de Mitterrand. On vit aussi des philosophes comme Sartre et Beauvoir prêcher l’union libre…et pratiquer l’adultère en cachette comme des petits bourgeois. On vit des pygmalions – Jean Cocteau, Pierre Bergé – dépassés par leur créature, Jean Marais ou Yves Saint-Laurent, et des artistes engagés à gauche come Yves Montand et Simone Signoret perdre la tête et se détruire pour une histoire de Marilyn…
Car face à l’amour, tous apparaissent aussi désarmés que George Sand et Chopin.

Christine Clerc et Blanche de Richemont ne se contentent pas de retracer le parcours de ces couples d’exception. Elles explorent leur intimité, plongent dans leur correspondance, révèlent des aspects méconnus de leur vie. Elles nous dévoilent leurs faiblesses attachantes, qui nous les rendent si proches.


Bibliographie

18 Novembre 2013

Dans le combat politique, les femmes n'ont plus rien à envier aux hommes


Elles arrivent ! Les femmes sont encore minoritaires dans le paysage politique français. Mais les voici partout en première ligne pour les prochaines batailles municipales, européennes et présidentielles. Libérées de leurs complexes, instruites par l’expérience de pionnières, elles ont appris à jouer de toutes les armes masculines : l’audace, le calcul, le mensonge…auxquels s’ajoute la séduction, qu’elles n’ont plus peur de déployer.

Avant d’affronter les hommes de leur camp et des partis adverses, elles ont dû se confronter à ceux de leur propre famille : un père autoritaire comme celui de Ségolène Royal ou de Marine Le Pen ; un mari supportant mal, comme ce fut le cas d’Antoine Veil, de voir son épouse faire la carrière dont il aurait rêvé. Car si les hommes de pouvoir ont eu longtemps la chance d’être soutenus par des compagnes dévouées, les femmes politiques ont dû composer. Elles ont puisé en elles une énergie hors du commun.

En douze portraits, nourris de vingt années d’observation et de confidences, Christine Clerc nous fait pénétrer dans leur intimité. Elle suit la route de ces femmes d’exception, met à nu leurs ambitions, leurs souffrances. Et leur férocité de tigresses.

Grand reporter à l’Express, puis au Point, à Elle, au Figaro et au Figaro-magazine, chroniqueur à RTL puis à Marianne ainsi qu’au Midi Libre et au Télégramme de Brest, Christine Clerc est l’une des premières lauréates du prestigieux prix Albert Londres. Elle a publié une vingtaine de livres, dont Les de Gaulle, une famille française (2000), Tigres et Tigresses, histoire intime des couples présidentiels (2006) et De Gaulle-Malraux, une histoire d’amour (2008).

Nil, 2009.


CARNETS INTIMES DE NICOLAS SARKOZY ( Récit romancé)
« Désormais, je suis le maître du jeu. Rien ni personne ne pourra s’imposer quoi que ce soit. J’élèverai ceux qu’on abaisse et j’abaisserai ceux qui s’élèvent. Un grand vent de modernisation doit souffler sur ce pays. Cela commence par le style. Louis XIV et Napoléon avaient compris ça. Je changerai le style vestimentaire, le style du Conseil des ministres, des voyages officiels, des réceptions, du gouvernement… Mais j’irai plus loin : je changerai la France. Et L’Europe. »
 
Quel président de la République française fut animé d’une telle volonté de puissance ? Comment Nicolas Sarkozy a-t-il opéré sa mue de président « bling-bling » en champion d’une gouvernance mondiale ?

Christine Clerc glisse dans sa peau. Au rythme haletant de ses joggings et innombrables voyages, elle retrace quatre années d’épreuves personnelles depuis le départ de Cécilia –quatre années, aussi, de colères, de grisantes victoires et de combats pathétiques contre l’impuissance du pouvoir. Nourris de confidences de l’entourage proche du Président et de scènes croquées sur le vif, ces carnets intimes nous font vivre les tourments d’un homme blessé par l’absence de son père, vulnérable devant les femmes, mais déterminé à prouver sa réussite au monde entier.

NIL, 2008.


DE GAULLE – MALRAUX, UNE HISTOIRE D’AMOUR (Document Histoire)
C’est l’histoire de deux hommes qui croyaient au pouvoir de l’esprit.

L’un est un militaire, homme de discipline, voué au service de la patrie. L’autre, un écrivain de gauche, fasciné par l’art, l’érotisme et les aventuriers. L’un croit en Dieu, l’autre n’y croit pas. Mais tous deux ont « épousé la France ».

Lorsque leurs chemins se croisent –en 1945-, c’est un « coup de foudre ». Malraux devient le Prophète qui annonce le Héros se relaie son action par des discours flamboyants. De Gaulle place à sa droite celui qu’il appelle « l’ami génial » et crée pour lui le ministère des Affaires culturelles.

Christine Clerc nous fait découvrir leur étonnante complicité. Elle retrace leur histoire d’amitié, d’amour, de souffrance et de gloire. Elle dessine là son plus saisissant « portrait intime » : celui de deux visionnaires unis dans une commune recherche de grandeur.

Bibliographie

25 Janvier 2011

PLON, 2006


Sous la façade immuable de l’Elysée, que de drames intimes !

Pour la première fois, ce livre nous plonge dans la vie familiale des cinq Présidents, en disséquant les liens obscurs et puissants qui unissent leur couple et le pouvoir. Il nous fait partager le combat quotidien des épouses de chefs d’Etat, un combat sans pitié. Trompées avec d’innombrables rivales, sacrifiées à la dévorante passion de la politique, épiées, déshabillées, critiquées, elles résistent pourtant. Par devoir. Par amour. Et parce qu’ils ont besoin d’elles.

Sait-on quel réconfort le Général puisa, dans ses moments de déprime, auprès d’une Yvonne de Gaulle amoureuse jusqu’au dernier jour et gardienne farouche de son intimité ?
Se souvient-on de la rage de tigre blessé de Pompidou lorsqu’on s’en prit à sa femme ? Et de l’étonnante complicité -malgré tout- de François Mitterrand avec Danielle ? Sait-on que Jacques Chirac téléphone dix fois, vingt fois par jour à Bernadette ? Femmes d’autrefois ?

Cécilia Sarkozy qui tourna les talons parce qu’elle voulait être heureuse, et Ségolène Royal, qui ravit à son compagnon sa place dans la course au pouvoir, annoncent peut-être une ère nouvelle.

En dépeignant les mœurs des grands fauves qu’elle suit depuis des années, Christine Clerc apporte, à travers une foison d’informations inédites, un éclairage nouveau sur leurs rapports tumultueux et leurs petits arrangements avec l’amour, l’ambition et le pouvoir. Jusqu’au bout, parfois, de la souffrance. Mais jamais jusqu’à la rupture.

PLON, 2004.


« Je me souviens du directeur de chantier du viaduc de Millau, une espèce de capitaine Haddock à barbe blanche. Nous arpentions, par grand vent, le premier tronçon, jeté au-dessus du vide, du pont géant. Soudain Jean-Pierre M. s’arrêta pour contempler les hautes piles de béton s’élançant vers le ciel. Sa cathédrale à lui.»
« Je me souviens de Fatima H., mère de famille marocaine qui vient d’obtenir la nationalité française.»

« Avant, me confia-t-elle, j’étais une immigrée qui parlait à d’autres immigrées. Maintenant, je suis la France qui leur ouvre les bras. »

Parce qu’elle en avait assez d’entendre parler du « déclin français », Christine Clerc a repris la route. Du Pas-de-Calais au Lot-et-Garonne, en passant par la Lorraine, elle a visité des usines, des fermes, des hôpitaux, des collèges. Elle a rencontré des centaines de Français sur leurs lieux de travail ou de loisirs et chez eux, en famille.

Comme il y a vingt-deux ans, quand son premier ouvrage déjà intitulé Le Bonheur d’être français (Grasset, 1982) lui valait le prix Albert-Londres, elle revient avec un livre de colères et d’émerveillements. Un livre tonique. Ah ! Si les Français savaient quel est leur bonheur !

Bibliographie

25 Janvier 2011

PLON, 2002.


« Il y a les baisers d’oiseaux qui se picorent, se goûtent, jouent à s’attendre et à retarder leur plaisir, et les baisers où l’on se boit, où l’on voudrait donner toute son âme… »

Comment parler d’amour à un petit garçon qui entre dans un monde où sexe rime trop souvent avec violence ? D’abord, en lui montrant que la tendresse n’est pas une faiblesse : il faut être fort pour savoir être tendre. Apprendre à connaître les femmes, à respecter leur différence, à les apprivoiser, c’est une initiation au bonheur : « l’Amour, si tu savais ! »

L’amour, avec ses rites, ses caresses, ses mensonges aussi, et ses ruptures. Car Christine Clerc n’élude rien : ni la guerre des sexes, ni la prostitution, ni le viol. Là, la grand-mère attentive retrouve sa plume de pamphlétaire : comment, s’indigne-t-elle, est-on passé de la libération sexuelle à un véritable « totalitarisme porno » ?

Au-delà d’une éducation sentimentale, c’est une réflexion sur notre « meilleur des mondes », où l’on transmet si peu le respect de l’autre et l’amour de la vie, que propose Christine Clerc. A tous les petits garçons d’aujourd’hui, mais aussi à toutes les jeunes filles qui lui ont confié leurs rêves, elle adresse ce message : « Aimer, c’est faire acte de résistance ».

Nil, 2000.


On connaît Geneviève de Gaulle-Anthonioz, l’héroïque et tendre nièce du Général, arrêtée à vingt-trois ans par les Allemands, déportée à Ravensbrück. Mais sait-on que la sœur aînée de Charles de Gaulle, « Tante Marie-Agnès », fut, elle aussi, déportée, après avoir intimé aux Allemands qui venaient l’arrêter l’ordre d’attendre la fin du repas de famille ? Sait-on que Madeleine, la femme de Pierre de Gaulle, une féministe avant l’heure, franchit à trente-cinq ans les Pyrénées à pied avec cinq petits enfants pour échapper à la Gestapo ?
 
La petite Anne, l’enfant « pas comme les autres », nous révéla la tendresse enfouie du Général. Mais une autre petite Anne, blonde et ravissante, sut émouvoir en lui le grand-père. Charles, le petit-fils aîné, est devenu tristement célèbre en s’alliant à le Pen. Mais avant lui une armée de jeunes gens –cousins et neveux- s’étaient engagés à seize, dix-sept ans, dans la Résistance. Pendant soixante ans, tous ces héros, toutes ces héroïnes, souvent sans décoration, s’étaient tus. Pour la première fois, une quarantaine d’entre eux parlent. De leurs confidences, Christine Clerc a fait une saga souvent bouleversante, parfois très drôle. A travers ce récit apparaît un Charles de Gaulle différent, chef de famille attentif et soucieux de ses proches.
 
Dans cette famille très française, parfois aisée, plus souvent fauchée, l’on méprisait l’argent, mais l’on cultivait l’amour de la patrie et une foi religieuse profonde. Tel le professeur Henri de Gaulle, le père du Général (qui fut dreyfusard), les parents ont toujours eu à cœur de transmettre à leurs enfants une solide culture mais aussi le sens du service et un esprit libre. C’est ce qui donne à cette fresque –où passent des soldats, des artistes, des politiques, des religieux, des séductrices et des croyantes passionnées, sa force singulière.

Bibliographie

25 Janvier 2011

Grasset, 2000.


Nous sommes dans la France de l’après-1968.
Bérénice, fraîche journaliste politique à l’air d’enfant, s’approche du pouvoir. De trop près ? Charles Maubrac, ministre gaulliste dont la courte taille est compensée par l’énergie intense qu’il déploie à conquérir les cœurs, veut la séduire. En serait-il vraiment amoureux ? Robert Monfort, le premier secrétaire du parti socialiste, fin manœuvrier, la fascine par son éloquence de jouisseur. Se moquerait-il de sa proie trop naïve ?

Entre ces deux fauves qui s’entre-dévorent, Bérénice, la fausse ingénue, joue de l’orgueil des hommes, se brûle sous les ors des palais nationaux, apprend le langage de la raison d’Etat. Est-on libre d’aimer qui l’on souhaite quand on commande au pays ? Bérénice, malgré elle, malgré eux, se sacrifie, demeure dans l’ombre, mais bien des années et une cohabitation plus tard, elle aura sa revanche…

Christine Clerc a écrit ici un roman à clefs, tout en portraits cruels : choses vues sur la scène du théâtre des vanités que fut toujours le monde politique. Le lecteur reconnaîtra sans peine, dans le silence de l’Elysée, un président qui se meurt en fin de règne, un gaulliste à l’ambition fiévreuse, un leader socialiste concupiscent, un Corse comploteur, un aristocrate à la parole assassine, et d’autres encore, les comparses d’une tragi-comédie dont Bérénice reste la plus émouvante figure.

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25 Janvier 2011

Albin Michel, 1998.


 Une droite qui a succombé à la crise de nerfs. Un président de la République qui ne décolère pas contre les « nains politiques » qui dirigent l’UDF et le RPR. La haine palpable qui oppose Jean-Marie Le Pen à Jacques Chirac. Dans cette course au suicide, débutée il y a un an avec la dissolution de l’Assemblée nationale et accélérée par les propositions d’alliance lancées par le Front national lors des élections régionales, le chef de l’Etat tente désespérément de survivre.

« Je ne me laisserai pas étrangler dans une des sombres coursives de l’Elysée, écrit-il, avec la plume mordante de Christine Clerc. Je les sens tous rôder, qui avec sa dague, qui avec sa fiole, qui avec sa cordelette, mais je n’ai rien de l’agneau mené au sacrifice. Ma mission n’est pas achevée. »

Christine Clerc, en se glissant une nouvelle fois dans la peau du président de la République, rend compte, sans complaisance, d’un monde ubuesque, soudain saisi d’une forme de folie et attaché, semble-t-il, à sa seule perte.

Albin Michel, 1997.


« Bernadette et Claude ont au moins ce point en commun : elles craignent toujours que je pardonne trop facilement. Elles veulent me protéger de moi-même. Depuis le temps, pourtant, elles devraient savoir ! Combien d’ennemis n’ai-je pas étouffés sous les baisers ?
J’observe Claude et Thierry Rey, curieux couple de copains, tellement plus modernes mais pas plus tendres l’un avec l’autre que Bernadette et moi. C’est de famille, cette incapacité à s’extérioriser entre nous.
La nostalgie n’est pas mon genre. Je n’ai jamais été fait pour le bonheur béat. A peine franchi un obstacle, il m’en faut un autre. Je m’ennuie dans les situations trop planes. Je me sens prisonnier. J’ai toujours eu besoin d’escapades, de fugues. En dépit –ou à cause- de mon père. « Quand on va se fourrer dans des mauvais coups, me répétait-il, il faut s’attendre à prendre des sales coups ».

Un bien sale coup, en effet, que le résultat imprévu des élections législatives ! Jacques Chirac, suite à sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale, se voit désormais contraint de cohabiter avec un Premier ministre socialiste, deux ans seulement après avoir conquis la magistrature suprême. Du jamais vu !

Christine Clerc, en prêtant une nouvelle fois sa plume au Président, révèle les secrets et les rebondissements de cette année terrible : de la solidarité sans faille avec Alain Juppé aux recettes politiques soufflées par Ambroise Roux, des altercations avec Bernard Pons à Jean-Louis Debré pleurant la mort de son père, de la guerre entre les différents courants de la droite à sa débâcle.
Une défaite et un exil à l’Elysée qui, paradoxalement, ont peut-être libéré Jacques Chirac.

Bibliographie

25 Janvier 2011

Albin Michel, 1996.


« C’est un état étrange, m’avait prédit Mitterrand : comparable à nul autre. On se sent comme dans une bulle, en apesanteur. De là-haut, on se regarde au milieu d’une France rêvée où les visages sont souriants, où tout s’enchaîne, obéit au doit et à l’œil. Cependant, tout vous assaille : le franc est attaqué, le ministre des Finances exige des décisions immédiates, les chancelleries réclament des précisions rapides pour rassurer les chefs d’Etat amis, le Premier ministre, pris entre deux feux, se demande déjà s’il est bien raisonnable de réaliser vos promesses…. Vous êtes bombardé de notes, de requêtes, d’avis pressants. C’est une atmosphère d’angoisse folle et en même temps de bonheur inouï. Et vous, vous planez, intouchable, en état de grâce et en même temps d’une parfaite et terrible lucidité ».

Du pénible démarrage de l’équipe Juppé aux conflits sociaux, des obsèques de son prédécesseur aux heurts entre partenaires européens, des attentats islamiques aux pilotes français retenus en otages en Bosnie, de l’art de devenir grand-père aux lourdes satires contre Bernadette, la première année de Jacques Chirac à l’Elysée aura été quelque peu mouvementée. Et quand Christine Clerc lui prête sa plume, le président de la République a toujours l’œil aussi vif et la dent dure.

Albin Michel, 1995.


« Je sais que rien ne me sera épargné : ni les évènements internationaux qui changent les équilibres, ni les épreuves personnelles, ni les trahisons. Comme si un dieu impitoyable n’en finissait pas de me faire payer une facilité supposée de ma jeunesse : Les fées sur le berceau… »
Je me demande parfois si je n’aurais pas suscité moins d’obstacles en étant petit et laid. Ou simplement affecté d’un double menton comme Edouard. La graisse les rassure. Moi, il paraît que j’ai une gueule d’acteur de cinéma - « Une gueule d’amour », a écrit un jour une romancière qui croyait me flatter. Ca marche aux Etats-Unis, mais en France ça ne fait pas « président naturel ».

De quelles secrètes blessures s’est construite la destinée du président de la République ? Comment a-t-il appris à goûter cette solitude qui est désormais son lot ? Au fil des ans, de témoignages en confessions, Christine Clerc a reconstitué l’intimité d’un cheminement, cette lente ascèse qui, parfois, fait d’un simple chef de parti un homme d’Etat. Passant de la chronique aux vérités de l’âme, elle dévoile un portrait intime de Jacques Chirac, sans doute le plus subtil jamais brossé.

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25 Janvier 2011

Plon, 1994.


Comme des milliers de Français, qui foncent sur les routes, dévalent les pistes de ski ou s’éclatent à moto, Christine Clerc se croyait invulnérable. Jusqu’au jour de printemps 1993 où son cheval s’emballe en forêt et tombe sur elle. Bilan : quatre mois à l’hôpital.

Christine Clerc découvre alors la vie couchée et l’univers hospitalier. Pour y avoir effectué de nombreuses quêtes comme journaliste, elle croyait le connaître. Mais il faut avoir attendu cinq heures allongé sur un brancard, parqué dans un sous-sol, pour savoir jusqu’où va l’inhumanité des grands hôpitaux modernes à l’organisation… soviétique.

Il faut avoir sonné en vain, la nuit, dans un service dit « de pointe » pour mesurer la pénurie d’infirmières et les risques de mort qu’elle fait peser sur les malades hospitalisés.

Il faut avoir réclamé en vain un calmant efficace pour comprendre à quel point les médecins français sont ignorants de la douleur et souvent, hélas, indifférents. Il faut avoir été une « personne dépendante » pendant des mois pour savoir que les infirmières ne sont pas toutes des saintes.

Avec indignation souvent –mais aussi avec humour et tendresse- Christine Clerc tient la chronique de ses journées et de ses nuits.

Albin Michel, 1994


« Le prochain Président sera RPR. » La prédiction vient d’un spécialiste : François Mitterrand. Seulement les gaullistes sont désormais plusieurs à pouvoir aspirer aux responsabilités suprêmes.

 

Jacques Chirac et Edouard Balladur sont-ils vraiment des amis de trente ans ? Et quel jeu, nécessairement complexe, mène en réalité Charles Pasqua ? A quoi peut bien songer du haut de son « perchoir » Philippe Séguin, l’ombrageux président de l’Assemblée nationale ? Voilà vingt ans que ces hommes, qui se sont connus à l’ombre de Georges Pompidou, bataillent pour reconquérir l’Elysée. Vingt ans qu’ils se déchirent, complotent et se trahissent. Vingt ans qu’ils s’aiment et se haïssent tour à tour.

 

Christine Clerc, éditorialiste au Figaro Magazine et à RTL, dont les précédents livres consacrés aux péripéties de la vie politique ont connu un grand succès, a suivi les multiples épisodes de cette histoire à rebondissements. Du souper d’huîtres chaude des « barons » au goûter des cadets, en passant par un mémorable déjeuner de bœuf Kobé à Matignon, elle nous fait pénétrer dans les palais et les officines, et surprend les « enfants de Pompidou » au vif de leurs querelles comme de leurs moments d’abandon.

 

Un récit qui donne les clés de la prochaine bataille présidentielle. L’an prochain… ou avant.

L’Archipel, 1993


Lundi en campagne dans les Yvelines avec Michel Rocard, mardi déambulant sous les lustres du Palais du Luxembourg aux côtés de René Monory, mercredi reçue à déjeuner par Edouard Balladur… Christine Clerc côtoie chaque jour les vedettes de notre classe politique.

Issu de ses chroniques de RTL, ce « bestiaire » politique en quatre vingt-un portraits réunit les ténors d’aujourd’hui (Giscard, Chirac, Rocard, Delors, etc.) et les voix de demain (Lalonde, Sarkozy, Villiers), les patrons de choc (Tapie, Bourges, Lagardère) et les porte-parole de la Société civile (Bernard Kouchner, Pierre-Gilles de Gennes, l’abbé Pierre). Christine Clerc y décrit leur parcours, leurs ambitions, leurs goûts… et, souvent, leurs blessures secrètes. Sous ces « choses vues » apparaît le vrai visage de femmes et d’hommes que les médias, à trop les montrer, ont fini par rendre opaques.

A la veille du « rendez-vous » électoral de mars 1993, ces Rendez-vous politiques nous font entrer dans l’intimité de ceux qui détiennent le pouvoir… ou aspirent à la conquérir.

Robert Laffont, 1992


« Giscard s’apprête à répondre. Mais Mitterrand consulte la grosse montre posée sur son bureau – un cadeau de l’explorateur Jean-Louis Etienne.

- Déjà 17h 35, s’exclame-t-il, soudain changé, presque primesautier. Et Jacques Chirac qui attend depuis une demi-heure !

Il se lève, très souriant.

- Eh bien, monsieur le Premier ministre…
Giscard esquisse un mouvement, comme pour regarder derrière lui. Combien de fois, pourtant, s’était-il répété ce titre, « Monsieur le Premier ministre », pour s’y habituer ou forcer le destin. Mais c’est plus fort que lui : ça l’a totalement surpris. La joie l’envahit. D’un seul coup, il oublie le supplice du chat et de la souris que lui a fait subir Mitterrand.

- A plus tard, lui dit celui-ci en lui tendant la main. J’attends votre liste. Mais j’aurai la mienne, hein ?
- A plus tard, monsieur le Président, dit Giscard, comme en rêve.

Il sort. 

Dix-neuf ans après leur premier affrontement, voici de nouveau Giscard et Mitterrand face à face. Pour une réconciliation inattendue ou une ultime bataille ? Au fil de ce récit souvent féroce, le lecteur entre dans les coulisses de la nouvelle cohabitation qui se prépare.

Bibliographie

25 Janvier 2011

Christine CLERC et Josette ALIA, O. Orban, 1991


Un monument d’investigation. Deux journalistes, Josette Alia du Nouvel Observateur et Christine Clerc du Figaro-Magazine ont suivi quotidiennement, jusque dans les coulisses, les grands acteurs qui ont fait entrer la France dans la guerre du Golfe.

Tractations occultes pour négocier la libération de nos otages, envoyés très spéciaux auprès de Saddam Hussein pour sauver la paix, conversations téléphoniques du président de la République, en pleine nuit, avec Bush et Gorbatchev, débats houleux aux conseils des ministres entre Jean-Pierre Chevènement et les partisans de la guerre, rapport « confidentiel défense » sur la technologie française et les SCUD irakiens : autant de faits, autant de secrets et de rebondissements qui, pour la première fois, sont portés à la connaissance du public.

Le héros de cette incroyable fresque, François Mitterrand, ambigu et souverain comme jamais, joue là le rôle le plus dramatique de sa carrière. Avec une poignée de soldats, il réussit malgré tout à préserver l’image d’une France qui fait encore l’Histoire.

Mais l’Histoire ne s’écrit pas impunément. La guerre du Golfe aura-t-elle été la dernière grande illusion d’une nation qui ne veut pas abdiquer ?