Télégramme de Brest

11 Janvier 2020

Les 305 députés LREM sont saisis par le doute. Certains songent même à rejoindre leur famille d'origine gauche ou à droite...


Enfin ! Ils ont souri !  Ils ont même dit qu’ils allaient s’écrire ! A 18h 20 hier, après 37 jours de grève et à la veille d’un nouveau samedi de manifs, on pouvait, en voyant le Secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger , sortir de Matignon épuisé mais ayant «  senti une volonté d’ouverture » , puis en entendant le Premier ministre Edouard Philippe annoncer, souriant, « On a bien avancé », espérer un accord . Puisque la CFDT en a fait sa pomme de discorde , le gouvernement devrait céder un peu  sur le fameux «  âge pivot » de la retraite…à la condition que des moyens de financement soient trouvés  lors d’une longue « conférence ». Ce serait le prix à payer pour que le syndicat réformiste soutienne le projet  gouvernemental sans  perdre trop d’adhérents : certains d’entre eux  étaient en effet tentés de rejoindre le front des «  Nous ne lâcherons rien » mené par une CGT  qui  joue là, appuyée sur ses derniers bastions,  son va tout . La concession d’ Emmanuel Macron  serait aussi le prix à payer  pour que la majorité présidentielle n’éclate pas , alors que les  305 députés LREM ,  pris à partie par leurs électeurs sur les marchés du samedi, sont saisis par le doute, certains songeant même à rejoindre leur famille d’origine, à gauche ou à droite . Avant de faire les comptes des millions d’Euros perdus par la SNCF mais aussi par des centaines de PME contraintes d’envisager fermeture ou  licenciements,  on devrait donc  pousser un soupir de soulagement. Mais comment  ne pas s’interroger sur ce formidable gâchis qui fait de la France le mauvais élève européen pour le dialogue social ? Comment ne pas songer qu’un peu moins de vanité du chef de l’Etat et un peu plus de vraie concertation auraient évité à des millions de Français une véritable « galère » ?