Pourquoi ne parle-t-on plus dans les magazines que des "people"?


J’ai connu Eliane Victor au début des années 1980, alors qu’elle dirigeait le magazine ELLE. Je me souviens de sa gaieté («  l’élégance d’être gaie »…) de sa bienveillance, de sa curiosité d’esprit.
Elle m’encouragea à  écrire pour ELLE quelques grands portraits de femmes : Charlotte Perriand, l’architecte et designer qui n’était pas encore aussi célèbre que Le Corbusier, Bernadette Chirac, femme effacée du maire de Paris, à qui la presse ne s’intéressait pas encore ( « les « femmes de » n’occupaient, en ce  temps là, qu’un demi paragraphe dans les gros livres consacrés aux hommes politiques) . Bernadette s’étant révélée une « guerrière » en me racontant, sur les routes de Corrèze, son combat contre les « éminences grises » de son mari, et notamment contre Marie-France Garaud qui la prenait, confiait-elle, « pour une imbécile », la parution de ses premières confidences ( 1979 ) déclencha une tempête politique. Le camp Chirac  m’accusa d’avoir  œuvré pour le président Giscard d’Estaing et je fus mise « en quarantaine » par la mairie de Paris et la famille …  En dépit des appels de Jacques Chirac et des pressions de son entourage, le soutien d’Eliane fut indéfectible. Elle fit tirer et diffuser « notre » numéro de Elle à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.  
Mais c’est peut-être le souvenir de ses émissions télévisées «  Les Femmes aussi » qui m’a le plus marquée. Eliane donnait la parole à des agricultrices, des secrétaires, des infirmières, des employées – toutes ces représentantes d’une France qu’on n’appelait pas encore «  La France d’en bas ». Elle nous montrait leur intelligence, leur sensibilité et leur courage.  Sur ses pas, j’entamai un tour de France des fermes, des usines  et des hôpitaux à la rencontre de ces Françaises qui « faisaient la France », pour un livre intitulé «  Le Bonheur d’être Français ».
  Pourquoi ne parle-t-on plus  - ni  dans les magazines féminins ni dans les « News magazines »- de ces femmes-là ? Pourquoi ne voit-on plus que des « people » ? Et pourquoi, même dans la presse prétendue « féministe »,  les publicités ne nous montrent-elles que des « femmes objets » à moitié déshabillées, les cuisses ouvertes, la bouche ouverte, dans des positions de magazines pornos pour nous vendre des chaussures, parfums ou voitures de luxe ?  Comme si toute intelligence était de nouveau niée aux femmes. Comme si le comble de la « libération de la femme » était de redevenir un objet sexuel. Et comme si la « France d’en bas » ou « France périphérique » était devenue totalement invisible.
Cette dérive est sûrement l’une des causes de la profonde crise civique  que nous traversons. Nos dirigeants politiques et autres candidats présidentiels devraient méditer la leçon d’Eliane Victor. Nous, les femmes, ne l’oublierons pas. 
 
         
 

Magazine ELLE - 17 septembre 1979


Une femme effacée, Bernadette Chirac ? Pour en avoir le cœur net, Christine Clerc l’a rencontrée. Elle vous la présente aujourd’hui.
        
C’était juste avant les vacances d’été, à la fin d’un déjeuner organisé au Pré Catelan pour couronner les plus belles roses de Bagatelle. Entre le poulet vallée d’Auge et la glace framboise-pistache, l’épouse du maire de Paris, Bernadette Chirac, 46 ans, répondait amicalement aux questions inquiètes de ses convives sur l’avenir de la France et sur la stratégie politique de Jacques Chirac. Pour la première fois, je la voyais de près, sans projecteurs officiels, ou plutôt, sans l’ombre portée de son époux. Et soudain, cette femme effacée dont les gros plans télévisés ne m’avaient révélé qu’une silhouette frêle, de grands yeux où la détermination ressemblait à  de l’angoisse, et un front dégagé comme offert aux blessures, m’apparaissait tout autre : forte, décidée, mais aussi épanouie. Heureuse au milieu des siens. En robe de soie fleurie, une coupe de champagne à la main, elle allait de table en table, se posant ici ou là pour évoquer des souvenirs de famille, d’amis… ou de roses. « Vous vous souvenez, Monsieur Delbard, de notre visite aux Floralies avec Anne-Aymone Giscard d’Estaing ? Lorsqu’elle s’est arrêtée si longuement devant vos rosiers, et que personne n’a osé lui dire que sa rose préférée s’appelait Bernadette Chirac ? » Brusquement, je m’interrogeai : et si nous, les femmes dites libérées, nous nous étions lourdement trompées sur le compte de Bernadette Chirac et sur celui de quelques autres épouses d’hommes célèbres ? Entre les femmes-mentors style Rosalyn Carter et les révoltées style Margaret Trudeau, la troisième espèce, celle des femmes en apparence effacées, serait-elle, une mine riche de fortes personnalités ? Peut-être est-il possible de sacrifier au devoir, à la fidélité et même au dévouement, et pourtant d’exister –fortement- par soi-même. Il se peut qu’elle ait bien raison Bernadette Chirac, de se mettre en colère, comme elle avoue le faire, lorsqu’un journal féministe (1) titre un article qui la concerne « Pauvre Bernadette ! ».
Juste avant les vacances d’été, dans les jardins de Bagatelle, j’ai donc décidé d’éliminer la nuance d’insupportable, de sot mépris qui se cache toujours sous les soupirs compatissants. Et j’ai pris rendez-vous avec Bernadette Chirac, dans son fief de Corrèze, à Sarran…
(1)  « F. Magazine ». Il s’agit d’un article paru en mars 79 sous la signature de Michèle Perrin.

Un matin d’août, sous la pluie battante. Le petit château de granit rose des Chirac apparaît gris à travers les frondaisons. C’est Jacques Chirac qui ouvre la porte et nous fait entrer dans le salon, le photographe de ELLE et moi. Très décontracté, le maire de Paris, en chemisette hawaïenne, pantalon de toile, mocassins indiens. Mais toujours ce besoin de commander : à peine assis sur le canapé de velours face à la cheminée monumentale, les ordres fusent : « Claude, tu nous donnes quelque chose à boire ! Vincent, la table de ping-pong est sous la pluie ! Mon pied au derrière si elle n’est pas rangée dans cinq minutes ! Christine, vous voulez bien aller voir au pavillon s’il reste du champagne ? »

La gentilhommière de Sarran.
A Sarran, la tribu sur laquelle règne le leader R.P.R. est familiale et amicale. Autour de sa fille cadette Claude, 16 ans (l’aînée Laurence, 21 ans, étudiante en médecine est restée à Paris) une demi-douzaine de garçons et filles en jeans. Une jeune Vietnamienne, Do, rescapée de Poulo-Bidong. Parfois une grand-mère : Madame de Courcel, la mère de Bernadette Chirac, Bernadette elle-même, bien sûr. Et enfin deux chiens remuants, dont Jasmine, braque d’Auvergne offerte aux beaux jours par Valéry Giscard d’Estaing. Politesses à l’heure du scotch : nous admirons les coffres de bois sombre, une tapisserie du XVIIe, et surtout l’armoire gothique, superbe. Une trouvaille du maître de céans. A Bruxelles, raconte-t-il, quand il était ministre de l’Agriculture. Les antiquaires ? Il adore, il connaît tous ceux de Paris, il les fréquente depuis l’âge de treize ans, etc. Régenterait-il tout, à la maison, comme au dehors ? Justement, on sonne au portail. Des habitants de la commune voisine venus voir leur maire adjoint-conseiller général : Bernadette Chirac. Bernadette ? Elle est au marché. Mais qu’à cela ne tienne ! Les électeurs, Jacques Chirac connaît. Ceux-là, ils ont élu sa femme, mais c’est lui qui les recevra dans le petit bureau voisin. Là où trône, dans un cadre d’argent, la grande photo dédicacée de Georges Pompidou. Comment ne pas être étouffée par un mari pareil ? Et pourtant elle a l’air à l’aise Bernadette, retour du marché. Bronzée par un bref séjour aux Seychelles, élégante dans sa jupe blanche et son chemisier à rayures bordeaux, elle respire la grande forme. Mais il est évident au premier regard que son rôle ici dépasse et de loin celui de la maîtresse de maison. Hôtesse parfaite, elle l’est bien sûr, ici comme à la mairie de Paris. Et passionnée par sa maison de Sarran, « une gentilhommière, dit-elle, comme il en existe des dizaines dans la région. Nous l’avons achetée en 1971. Dès que je l’ai vue, je suis tombée amoureuse de cet escalier de granit rose… ».

Les salles de bains carrelées bleu ciel au premier étage, c’est elle qui les a fait aménager. Comme la grande pièce mansardée au second. Les petits salons de lecture dans les tourelles rondes, c’est elle qui en a eu l’idée. Et c’est elle aussi qui a déniché ces belles toiles damassées portugaises d’aspect rustique qui tapissent les murs des chambres d’amis. Les amis ? Les filles se chargent d’en amener. « L’an dernier, raconte Bernadette en riant, nous avons été jusqu’à dix-huit ! » Et d’ajouter : « Ils arrivaient en voiture. Maman (il s‘agit de Mme de Courcel) allait se poster au portail pour leur dire : « c’est complet ». Mais ils demandaient : »Madame, laissez-nous juste un coin pour camper ». Alors, comment résister ? ».

« … Moi, je dis la vérité. »
A table, Bernadette Chirac avoue qu’elle n’a guère de goût pour faire la cuisine elle-même. Mais elle sait faire honneur au gigot familial comme aux fameux jambons de ses électeurs. D’un bout à l’autre de la longue table de couvent, les plats se vident gaiment, rien de guindé dans le service. « Claude Chirac, ma fille, tu nous changes les assiettes ? Jacques Chirac, maire de Paris, vous m’entendez ? lance Bernadette d’une voix de stentor, avant d’attaquer la mousse au chocolat. Vous nous passez un peu de champagne, si vous nous en avez laissé ! » Le café aussitôt avalé, Madame le conseiller général part faire la tournée de son canton : neuf communes de Corrèze, enfouies dans les vallons verdoyants. Pierre roses sous les chênes et les châtaigniers. Halte à la Rebeyrotte, chez un couple d’agriculteurs retraités. A Vitrac, on s’arrête chez le jeune patron d’une petite entreprise de menuiserie. Partout, comme à Eyrin, chez un marchand e vin, l’accueil est chaleureux. A peine la 304 Peugeot beige métallisé de Bernadette Chirac immobilisée devant la barrière, voilà ses électeurs sur le pas de leur porte, sourire aux lèvres : « Vous prendrez bien un petit quelque chose, Madame Chirac ? ».

Pause-café, dans la salle à manger. « Non, non, pas de liqueur pour moi ! Je ne suis pas comme mon mari qui fait semblant de boire. Moi, je dis toujours la vérité ! » plaisante Bernadette, les coudes solidement plantés sur la toile cirée.

Une timide mais une battante.
Pas fière Madame Chirac, comme on dit par ici ! « Je vous présente Monsieur Champsey, le seigneur de Rebeyrotte. C’est lui qui m’a tout appris sur le canton. Oui, oui, ne dites pas le contraire, Monsieur Champsey ! » ou « Dites donc, les Malaurie, vous n’êtes pas encore allé voir mon exposition Vasarely au château de Sédières ? » « Hé, Monsieur Queyroux, ça ne va pas, remettez vos bottes. Vous n’allez tout de même pas ôter vos bottes pour vous faire photographier avec moi ! » Aisance naturelle de la châtelaine de Bity, née de Courcel, ou fausse familiarité ? Madame la conseillère générale donne parfois l’impression d’en « faire » un peu trop. Mais incontestablement, le courant passe. On parle des enfants, des voisins, de Jacques bien sûr, toujours lui, et d’élections. « Ah, le mari de la pharmacienne ! s’exclame Bernadette Chirac. Ce socialiste m’a coûté mon élection au premier tour à trois voix près. Notez bien, je ne le regrette pas. Ca m’a obligée à connaître encore plus de monde. Dès huit heures du matin, vous vous souvenez, Monsieur Champsey, je tapais aux volets avec ma canne basque ».

Bien surprenante, cette image de « battante ». Jamais atteinte par le découragement ou le doute, Bernadette ? « Je suis timide, dit-elle, mais depuis mon enfance, j’ai toujours été habituée à faire face ». Et c’est vrai. La voilà petite fille, en plein guerre, élevée à la campagne, par sa grand-mère de Courcel. « J’avais seize kilomètres à faire à bicyclette pour aller à l’école. Et pas question de se plaindre ! Oui, j’étais une enfant que l’on forçait à faire des choses qu’elle n’avait pas envie de faire. On m’obligeait à jouer dans des concours de piano. A table, toute la famille se gaussait de ma timidité. »

La voilà à Sciences Po, quelques années plus tard, devenue parisienne. C’est là qu’elle va rencontrer Jacques Chirac. « Par un hasard heureux ou malheureux… » me dira Bernadette avec un de ses regards où se mêlent l’humour et la gravité. « Il était déjà formidablement accrocheur. Il m’a poursuivie jusqu’à ce que ça lâche ».

Bien domptée, Bernadette : à la sortie de Sciences Po, son ambition s’arrêtera à prendre des cours de secrétariat pour taper à la machine les exposés d’une jeune énarque prénommé Jacques.

Mais c’était il y a 15 ans de cela. Depuis, Bernadette a eu le temps d’apprendre qu’être l’épouse d’un homme politique, cela veut dire aussi être terriblement seule pour élever ses enfants. Que voulez-vous, « lui » n’est pas souvent disponible... »

« Il y a beaucoup de choses dont j’ai souffert, dit-elle vivement. Pas la peine de s’y arrêter ». Mais elle se souvient tout de même qu’elle a souvent eu du mal à les accepter, ces choses-là.

Face à nous, dans le virage, une camionnette vient de surgir. Brusque embardée vers les fougères et les bruyères du fossé. Habile, Bernadette redresse. Les petites routes sinueuses de Corrèze, elle les connaît comme personne. Dès 1966, quand le jeune loup Jacques Chirac décide de s’y faire élire député et prend chaque week-end le train pour Ussel –ce que toute la presse rapporte- elle vient chaque semaine – sans que personne en parle- par le même train de nuit qui la dépose à 4 heures du matin à la gare d’Ussel, avec sa petite fille de 4 ans. Ou bien elle descend en voiture, avec un paquet de cassettes de musique classique pour se tenir compagnie. Elle sillonne les routes désertes dans la brume, tient la permanence du député, assure son secrétariat, multiplie les visites aux futurs électeurs. Effacée, résignée ? Certes non. Ce choix d’une carrière politique, elle ne l’a pas accepté facilement. Jacques Chirac lui aurait donc demandé son avis ? Nouveau regard appuyé. « Avec le tempérament que j’ai, vous savez, si on ne discute pas avec moi, je prends la porte. Mais nous avons eu une belle bagarre. J’étais furieuse, car je me rendais compte qu’il entrait dans un engrenage et qu’il allait être bouffé. Mais je n’avais pas le choix : il fallait que je prenne le train en marche ou que je m’en aille. Si vous tenez à votre mari, il faut prendre le train. D’ailleurs, une fois dedans, j’y ai trouvé un certain plaisir. Au fond, j’ai toujours aimé rendre service. Et le travail sur le terrain m’a passionnée. Elle me lance un regard de défi. Et puis, vous en connaissez beaucoup de femmes d’hommes politiques qui peuvent dire comme moi qu’elles ont vendu leur propre savonnette ? Sur le plan humain, c’est une rude école ».

« … Je lui ai dit : écoutez mon vieux. »
De belles bagarres, les Chirac en ont connu d’autres. Celle de 1972, par exemple, lorsque Bernadette décide de s’inscrire à la faculté pour préparer une licence d’archéologie : « J’en avais un peu ras le bol d’être toujours dans l’ombre de mon mari, explique-t-elle, je voulais faire quelque chose pour moi ». Mais le mari en question est alors ministre de l’Agriculture, promis à une belle carrière gouvernementale. Il n’a aucune envie de voir sa femme aux prises avec des étudiants, sur le campus de Nanterre. « Il m’a dit que j’allais provoquer des scandales, que Georges Pompidou serait mécontent, que j’allais lui briser sa carrière. Moi, j’étais décidée à préserver son jardin secret. Je lui ai répondu : « Ecoutez, mon vieux (nous nous disons toujours vous, même dans ces cas-là) je suis assez grande pour me débrouiller ». Cette fois, c’est lui qui cède. Sous son nom de jeune fille, Bernadette de Courcel ira au bout de sa licence, elle effectuera même sa fouille à Vaison-la-Romaine, comme épouse de Premier Ministre. « Il m’est arrivé d’avoir à réviser mes examens la nuit au retour d’une réception, se souvient-elle. Mais quand je n’avais pas envie d’aller quelque part, je n’y allais pas. J’ai toujours réglé ma vie comme je l’ai voulu. Il est faux de dire qu’une femme de chef de gouvernement ne fait pas ce qu’elle veut. Au contraire, on a une vie passionnante. On voit défiler le monde entier, chaque jour des gens différents ».

Méfions-nous des femmes effacées.
Mais déjà une autre grande bagarre couve : celle qui va opposer Bernadette Chirac à Pierre Juillet et surtout à Marie-France Garaud. Quand les deux conseillers politiques de Jacques Chirac le poussent à démissionner avec éclat de son poste de Premier ministre, Bernadette, qui a vécu de près tous les tiraillements entre l’Elysée et Matignon, le comprend. Mais lorsqu’ils entraînent Jacques Chirac dans une escalade verbale contre le chef de l’Etat et l’U.D.F., elle voit le danger. Pour son mari, pour la majorité, et peut-être surtout pour la France. Car s’il est une fidélité qu’elle ne remet jamais en cause, elle qui repousse les questions trop indiscrètes d’un provocant « qui vous dit que je suis fidèle ? » c’est bien la fidélité à son pays. Soutenue par l’affection de « très bons amis » dont elle parle souvent sans jamais les citer, Bernadette Chirac se lance donc dans une bataille sans merci contre Marie-France Garaud. « C’est une femme très intelligente et pleine de charme, dit-elle aujourd’hui de celle qui fut successivement la conseillère de Georges Pompidou et de Jacques Chirac. Mais elle a beaucoup de mépris pour les gens. Elle les utilise, puis elle les jette. Moi, elle me prenait pour une parfaite imbécile ». Un silence, puis : »Enfin, quelle importance, du moment qu’on le sait ».

En avril, la guerre qui couvait depuis longtemps est ouvertement déclarée. Le soir du 11 juin, Bernadette Chirac pose un ultimatum : « Quel que soit le résultat des élections, ces gens-là s’en iront. Ou bien c’est moi qui partirai ».

Et le 12 juin, Bernadette a gagné : on apprend que Pierre Juillet et Marie-France Garaud quittent les bureaux de la rue de Lille pour regagner leurs domaines respectifs de la Creuse et du Poitou, où tous deux élèvent des moutons.

Un nouveau chapitre s’ouvre dans la carrière politique de Jacques Chirac.

De Marie-France Garaud, Bernadette Chirac dit : « Son tort a été de ne pas se méfier assez de moi. On ne se méfie jamais assez des bonnes femmes ». Ni surtout des femmes effacées.