Télégramme de Brest

4 Janvier 2020

La légitimité même du pouvoir est mise en cause


Et maintenant, les avocats et les pilotes dans la rue ! Alors que le Président Macron  affirme  « la réforme des retraites sera menée à son terme » et presse en même temps  son Premier ministre de «  trouver la voie d’un compromis rapide », la situation, à la veille de la reprise des discussions  à Matignon, semble s’aggraver. Certes, les Macronistes veulent se rassurer :  la popularité présidentielle n’a-t-elle pas  remonté ? De 24% fin 2018, au début de la crise des Gilets Jaunes, à 33% après un mois  de  grève des conducteurs de trains . Lassés du désordre, 50% des électeurs d’une droite ex-filloniste ne soutiennent -ils pas désormais Emmanuel Macron ? Ainsi se constitue ce que Jérôme Fourquet, directeur à l’Ifop et auteur du célèbre « l’Archipel français » appelle  «  un bloc élitaire et bourgeois ». Mais,  loin de former la majorité dont le gouvernement a besoin pour poursuivre ses réformes, ce « bloc » ne fait qu’ illustrer voire renforcer les divisions françaises.   Sans concessions majeures aux syndicats « réformistes » on ne voit pas comment le gouvernement pourra résoudre la crise, même si la participation des conducteurs de train au baroud d’honneur mené par une CGT déclinante s’effiloche. Car au fil des jours, alors que les seuls hôtels et restaurants accusent  740 millions d’Euros de pertes, le pessimisme gagne. La légitimité même du pouvoir est mise en cause. Comment la retrouver, sinon par le suffrage universel ? Les municipales de mars  seront un signe. Mais le vrai test, ce serait des législatives. Chacun a évidemment en tête la dissolution manquée de Jacques Chirac en 1997.   Mais comment gouverner fut-ce avec  303 députés LREM ( sur 507 ) si cette majorité ne représente plus le pays ?