Midi Libre

19 Janvier 2020

Mais parfois, vous vous égarez: " ambassadrice des pôles"! Qu'alliez-vous faire dans cette galère ?


J’ai admiré votre « bravitude » quand tant d’autres en riaient.  Cela me valut  de figurer, parmi des  féministes comme la chanteuse «  Diam’ » ( qui  ne portait pas encore le voile ), sur la liste de vos soutiens présumés à la présidentielle de 2007. Vous plaidiez  pour un « ordre juste » et pour la défense de l’environnement . Sur bien des sujets comme les «  foyers monoparentaux » -   2 millions de femmes seules avec enfants - vous étiez en avance . N’aviez- vous pas aussi,  jeune ministre, ordonné que les enseignants pédophiles ne soient plus  mutés dans d’autres écoles pour y violer d’autres enfants, mais renvoyés de l’Education nationale ?  Cela n’empêchait pas ces messieurs de droite et de gauche de vous traiter avec une ironie méprisante lorsque vous clamiez «  Je suis une maman ! » Le père de vos enfants, François Hollande, sabotait votre campagne tandis que Laurent Fabius rigolait «  Qui va garder les enfants ? »  Je me souviens  des railleries, au soir de votre défaite présidentielle, quand vous rendiez grâces aux 17 millions de Français qui  avaient déposé dans l’urne un bulletin à votre nom. Je me souviens d’une nuit de congrès socialiste à Lille, lorsque des votes arrivés in extremis  d’Outre mer  permirent  à Martine Aubry de vous doubler pour être élue Première Secrétaire du PS . Je me souviens encore du terrible ciel bleu de la Rochelle, lorsque tomba comme un coup de tonnerre un tweet de la propre compagne du Président Hollande , Valérie Trierweiler, soutenant votre adversaire aux législatives. Une seule fois, je vous ai vue au bord des larmes, lorsque vous avez appris que  7% seulement des socialistes vous soutenaient encore. Mais chaque fois, vous avez  redressé la tête avec fierté, comme vous l’ont enseigné un père colonel intraitable  et une mère courage de huit enfants.  En grande dame, vous avez même fait campagne  pour Hollande, qui  vous avait trahie. Mais parfois , vous vous égarez. «  Ambassadrice des pôles ! » Qu’alliez-vous faire dans cette galère ? Et pourquoi, alors que vous deviez ce poste à Emmanuel Macron , fustiger aujourd’hui sa «  frénésie de brutalité » ? Vous avez mieux à faire. Candidate à la prochaine présidentielle  contre Le Pen  et  Macron ? Pas sûr. Mais bâtisseuse d’une  «  troisième voie »  écologique et sociale : voilà, à 66 ans, un beau rôle. Celui de l’apaisement.