Télégramme de Brest

26 Novembre 2019

Comment espérer des résultats sans un profond changement de mentalités?


Enfin ! Douze ans après l’Espagne – pays réputé «  macho »- la France se mobilise  contre les violences familiales. A Brest, Bordeaux, Paris,etc, ce samedi, des dizaines de milliers de femmes vont manifester  sous la banderole «  Nous toutes » à l’appel d’une quarantaine d’ organisations dont «  Les Chiennes de Garde » mais aussi la CGT, la CFDT, la CFTC, EELV, le PC et FI . On peut regretter que les partis du centre et de droite ( craignant  d’être débordés ? ) n’aient pas cru bon de s’y joindre . Mais la condamnation des comportements criminels  qui font chaque année dans notre pays plus de 122 morts chez les femmes et 72 parmi les enfants – sans compter  200 000 blessés -  est unanime. Dès lundi, le gouvernement  annoncera donc, après deux mois de réflexions menées, selon la bonne vieille méthode française, par  onze groupes de travail, un plan évalué par la Secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, à un milliard d’Euros. Il prévoit la formation  des policiers , l’ouverture de places d’hébergement et une modification du Code pénal permettant aux soignants de dénoncer des blessures suspectes . C’est un progrès, même si l’on est  loin du modèle espagnol comprenant la généralisation du bracelet électronique pour  les hommes violents et  la création de 106 tribunaux «  dédiés » où les juges doivent boucler leur instruction en moins de 72 heures .  Comment espérer, pourtant, des résultats sans un profond changement des mentalités ? Cela passe par l’école mais aussi par les journaux et la publicité. Tant qu’un grand quotidien national présumé de gauche publiera, dans son  magazine du week-end, 20 pages de photos sado-masos montrant des femmes à quatre pattes ou les cuisses ouvertes,  les beaux discours humanistes resteront vains.