Télégramme de Brest

15 Février 2020

Sans savoir encore d'où vient le coup, on comprend que sa véritable cible est Macron


 « L’honneur d’un homme jeté aux chiens ! »s’écrie-t-on ( comme Mitterrand aux obsèques de Beregovoy ) en voyant Benjamin Griveaux , accablé, abandonner sa campagne pour la Mairie de Paris afin de protéger sa famille. Il y avait jusque là une exception française : au pays du « Vert Galant », les affaires de sexe étaient  propagées… avec indulgence. Sinon, que seraient devenus Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy puis  Hollande ?  Mais les réseaux sociaux  et l’américanisation de notre société ont tout changé. Les images se propagent trop vite, engendrant le dégoût voire  la haine. Voilà pourquoi, après avoir été « Tous Mila », nous étions hier  « Tous Griveaux ».
L’émotion, pourtant, n’empêche pas les questions : pourquoi  Griveaux, se sachant si vulnérable, s’est-il engagé si loin ? Et pourquoi l’ « affaire » éclate-t-elle – curieuse coïncidence-  juste après qu’Edouard Philippe, qui aurait pu être le meilleur candidat  de la Macronie dans la capitale, a annoncé, faute d’encouragement  de l’Elysée, sa candidature au Havre ? Juste après, aussi, que Cédric Villani a été imprudemment exclu du parti présidentiel ?  Sans savoir encore d’où vient le coup  porté via un délinquant russe, on comprend que sa véritable cible  est Macron. Au moment même où, conforté par la baisse du chômage, le Président entre en campagne pour sa réélection,  il est  touché , comme lors de l’affaire Benalla, en la personne d’un proche. Même si LREM trouve  un  candidat ou une candidate  pour affronter Anne Hidalgo et  Rachida Dati, Paris semble perdu . Ce sera un échec personnel. Et déjà, les devins prédisent la suite :  Edouard Philippe, élu Maire du Havre, est poussé à devenir un rival  pour Emmanuel Macron… Ce ne sont là qu’élucubrations. Mais cela dit que « le nouveau monde » prend l’eau.