Télégramme de Brest

14 Décembre 2019

Macron tient à entrer dans l'Histoire comme un réformateur plus courageux que Chirac, Sarkozy et bien sûr Hollande.


A pied, à trottinette, bloqués au volant de leur voiture ou prenant d'assaut des bus bondés pour se rendre  à leur travail...Comment les non-grévistes, victimes épuisées bien que présumées consentantes des grèves SNCF  et RATP , ne s'interrogeraient-ils pas ? Combien de temps va durer ce qu'un proche de Macron appelle " la chorégraphie habituelle" des mouvements sociaux en France ? " Chorégraphie": voilà qui en dit long sur une forme de cynisme du Président. Il sait bien qu'il devra puiser encore des milliards dans les caisses , que chaque jour qui passe aggrave les pertes des commerçants et artisans et, peut-être, les licenciements. Mais il tient à entrer dans l'Histoire comme un réformateur plus courageux que Chirac, Sarkozy et, bien sûr, Hollande. Alors tant pis pour la casse! En face, le patron de la CGT, Philippe Martinez, a deux objectifs: doubler la CFDT qui lui a ravi la première place et absorber le mouvement des Gilets Jaunes qui l'a déstabilisé, l'an dernier. Il y parvient provisoirement en s'appuyant sur les conducteurs de train. ceux-ci, bien payés et bien lotis en matière de retraite, disposent du pouvoir exorbitant de bloquer le pays. Alors, tant pis pour les vraies "misérables" - femmes de ménage, aide soignantes - qui risquent,  elles, d'y perdre leur santé et leur emploi. Quant au patron de la CFDT, Laurent Berger, il avait une raison de protester quand le Premier ministre a "franchi la ligne rouge" en fixant à 64 ans " l'âge d'équilibre" de la retraite: le haut commissaire Jean-Paul Delevoye ne lui avait pas dit cela ! Mais en rejoignant la manif annoncée, Berger défend-il les oubliés? Ou cherche-t-il à reprendre l'avantage sur Martinez et à se faire respecter par Macron ?