Impressions

8 Novembre 2016

Le refuge de tous les lâches au visage masqué


Par hasard il y a une quinzaine de jours, en consultant Google, je tombe sur  la rubrique que me consacre Wikipedia, et que je n’avais jamais  eu la curiosité  de consulter auparavant. J’y découvre  que mon itinéraire de journaliste et écrivain, successivement à l’Express, au Point, au Figaro , mais aussi à Elle, Valeurs Actuelles , Marianne, RTL ,Le Club de la Presse d’Europe 1, Midi Libre et Le Télégramme de Brest se résumerait, pratiquement,  à un  incident survenu lors d’un Club de la Presse en 1986 dont  le leader cégétiste Henri Krasucki  était l’invité.
Comme il avait, pendant 45 minutes, décrit une France injuste, ravagée par le chômage, les inégalités et les atteintes aux droits des citoyens, je lui demandai s’il regrettait d’avoir choisi ce pays plutôt qu’un autre en quittant la  Pologne.
J’ignorais alors dans quelles conditions il avait dû fuir son pays, en proie à l’antisémitisme. Krasucki l’expliqua. Ce fut un grand moment d’émotion. Immédiatement après, la CGT du Figaro m’accusa d’avoir « insulté »  son Secrétaire général. Un journal de gauche prétendit même «  Christine Clerc réclame le retour de l’étoile jaune ! ».  Certains intellectuels comme Bernard- Henri Lévy prirent ma défense en arguant  que ma question n’avait rien d’antisémite. Krasucki lui-même me téléphona pour me dire qu’il allait faire cesser cette campagne – ce qu’il fit – et nous nous revîmes pour un déjeuner et une interview à propos de  sa passion pour le théâtre, publiée par France-Soir …
J’explique tout cela dans ma rubrique Wikipedia, corrigée le mois dernier. Mais voilà que, quinze jours plus tard, les accusations nauséabondes reparaissent : on m’accuse cette fois d’avoir écrit ou dit ( dans l’Express ou à la télévision, l’accusateur ne sait plus…) que Krasucki était « un Français de fraîche date ». Trente cinq ans de journalisme, une quinzaine de livres – dont quatre consacrés à de Gaulle, un à Victor Hugo et deux au «  Bonheur d’être Français » ( ce qui me valut d’être l’une des toutes premières femmes à recevoir le Prix Albert Londres)  seraient résumés en une phrase en tout cas hors contexte et que je n’ai sans doute pas prononcée ni même écrite ! C’est de la pure diffamation – surtout quand l’accusateur masqué ajoute que je serais «  proche du FN » !
Me confondrait-il avec Eric Zemmour, que je n’ai cessé de contredire lorsque nous partagions le même bureau au Figaro ? Pour ma part, je suis et demeure gaulliste «  C’est pas la gauche, la France ! C’est pas la droite, la France ! » disait le Général.
 Il m’est arrivé de voter au centre et même à gauche, jamais pour le FN. Je comprends que certains Français découragés, oubliés, puissent le faire, mais je ne donnerai jamais ma voix à un parti issu de l’OAS qui a cherché à assassiner de Gaulle, à un parti, fut-il «  dédiabolisé » par Marine Le Pen, dont le programme économique mènerait le pays dans le mur, comme celui de Tsipras en Grèce, et ne ferait qu’aggraver la situation des modestes salariés et particulièrement des femmes seules avec enfants dont cette campagne pour les primaires de droite ne parle, hélas, jamais
Je vais donc, à nouveau, corriger ma rubrique Wikipedia . Tout en sachant que des internautes mal intentionnés et qui ont du temps à perdre s’amuseront à nouveau à me salir par leurs mensonges.
J’en retiens la leçon : jusqu’alors, j’avais naïvement confiance en Wikipedia, que je consultais lorsque je voulais vérifier une date ou un fait. Désormais, je sais que c’est devenu, comme beaucoup de sites Internet, le moyen d’expression de tous les envieux , de tous les lâches au visage masqué.