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ER=EPR


Rédigé le Mercredi 14 Janvier 2015 à 13:53 | Lu 690 commentaire(s)



UNE NOUVELLE HYPOTHÈSE

Et c’est là qu’une nouvelle hypothèse apparaît proposée par Maldacena et Susskind. Selon eux, les fabuleux tunnels spatio-temporels et l’étrange connexion supraluminique seraient les deux faces d’un même phénomène.
 
Les chercheurs se placent dans un univers simplifié, où l’espace lui-même produit la gravitation et donne naissance à un trou noir. Puis, conformément aux équations de la cosmologie, ils laissent ce trou s’évaporer progressivement en irradiant de la chaleur sous forme de particules lumineuses. Une énergie qui peut se concentrer en un point infime et donner naissance à un second trou noir.
 
En déroulant scrupuleusement les lois quantiques, les chercheurs montrent que les deux trous noirs sont liés par une intrication, « ce qui est théoriquement possible, car les trous noirs ne sont rien d’autre que des objets localisés dans l’espace, précise Juan Maldacena. Aussi, comme les particules, ont-ils des paramètres quantiques ».
 
Enfin, les théoriciens éloignent leurs deux monstres astrophysiques l’un de l’autre et observent la naissance… d’un trou de ver. En clair : ils ont posé les équations d’une intrication quantique, et sont tombés sur les formules qui décrivent un tunnel d’espace-temps.
 
« Nous spéculons que même la plus simple intrication est connectée par un pont de ce type, notent-ils. Nous souhaitons attirer l’attention sur cette similarité. En fait, nous sommes en train de prendre une position radicale : EPR et ER sont liés irrémédiablement. » « Nous avons montré l’égalité dans un univers simplifié, mais les leçons que nous en tirons sont bien plus générales, tranche Leonard. »
 
Confirmée par d’autres
D’autant que d’autres physiciens, dont Kristian Jensen de l’université Victoria au Canada, viennent de renforcer leur découverte. Prenant le problème par l’autre bout, ils se sont demandé si des particules intriquées ne formeraient pas, entre elles, des trous de ver…
 
Ils commencent donc par intriquer un quark et un antiquark. Puis ils auscultent leur comportement à l’aune des équations du trou de ver. Les physiciens parviennent rapidement à la même conclusion : les formules du trou de ver décrivent exactement le comportement des particules intriquées. « La description quantique de l’intrication et la géométrie classique du trou de ver mènent aux mêmes corrélations entre le quark et l’antiquark, précise le physicien. Nous trouvons que l’intrication à une description équivalente mathématiquement en géométrie classique : le trou de ver. »

CONCLUSION

Bref, le lien quantique instantané et la pliure spatio-temporelle peuvent être vus comme deux descriptions équivalentes d’une même réalité. L’intrication pourrait être décrite de manière réaliste comme un tunnel spatio-temporel, comme un chemin dans une cinquième dimension, qui relie deux points de l’Univers. Deux particules intriquées, même distantes de milliards de milliards de kilomètres, ne seraient en réalité qu’un seul grain de matière situé sur le pas d’une porte spatio-temporelle qui le fait apparaître à deux endroits distincts. Il ne faudrait alors plus s’étonner qu’une action sur l’un se répercute sur l’autre. De quoi bouleverser notre vision de l’Univers.


À chaque particule intriquée serait ainsi associée une pliure de la trame de l’Univers rapprochant des régions éloignées pour n’en faire qu’un seul et même lieu. Chaque atome, chaque proton et chaque électron deviendraient ainsi une porte potentielle vers une cinquième dimension.

On pourrait expliquer la chute des pommes et le mouvement des planètes à partir d’une déformation spatio-temporelle élémentaire : la gravité quantique, ce Graal des physiciens, serait simplement ce minuscule trou de ver qui se cache derrière chaque particule.
 
L’intrication se retrouverait au centre de la réalité. « La géométrie de l’espace-temps dépendrait des intrications quantiques, poursuit Maldacena. La gravité pourrait être vue comme une propriété émergente. »
 
« Réfléchir à l’émergence de la gravité en termes d’intrication est une approche très prometteuse, renchérit Julian Sonner. Je crois que continuer dans cette voie pourrait aider à distiller le contenu essentiel de l’espace-temps et amener à une meilleure compréhension de la façon dont il émerge. »
 
Certains, comme Joseph Polchinski, à l’Institut de physique théorique de Californie, sont déjà à la tâche : « C’est certainement l’une des idées les plus intéressantes qui ait été produite récemment, dit-il. Je suis en train d’essayer de comprendre comment la compléter. »

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