Défendre l’eau comme bien commun et vital


Le conseil municipal du Kremlin-Bicêtre que j’ai convoqué ce 30 novembre 2017 s’est prononcé majoritairement contre la ré-adhésion au Syndicat des eaux d’Ile-de-France (SEDIF) pour l’année à venir. Une sortie étant envisageable depuis l’entrée en vigueur de la loi NOTRe, j’ai donc décidé de prendre part à l’initiative d’un groupe de maires de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne dans ce sens. Notre décision s’inscrit dans l’idée du service public qui est la mienne, en particulier s’agissant d’un bien commun vital qu’est l’eau.

Par cette intention, il s’agit de préserver une autonomie de choix qui serait amoindrie en cas de ré-adhésion. D’autant plus que le SEDIF confie aujourd’hui le service public de l’eau à un délégataire qui n’est autre qu’une société privée de grande envergure de ce secteur. Or, préserver le service public suppose de ne pas renoncer face à l’emprise que peuvent exercer de telles compagnies. Celles-ci répondant naturellement à des intérêts privés, il m’est inconcevable de déléguer au privé la gestion de l’ « or bleu ».

L’expérience de la gestion publique de l’eau tout particulièrement montre qu’elle s’avère plus efficace à la fois dans sa mise en œuvre opérationnelle et dans son coût pour les citoyens. Voilà un exemple pertinent des limites du marché et de la concurrence : le service public doit être là pour combler les lacunes inévitables, au nom de l’intérêt général.

Plus globalement, la ville du Kremlin-Bicêtre a toujours mis un point d’honneur à proposer à tous un service public de qualité, car nous l’avons toujours considéré comme incontournable. De fait, la restauration scolaire en est une autre illustration, puisque ce sont les services municipaux eux-mêmes qui produisent les repas des enfants, au lieu d’une sous-traitance à une entreprise privée. Cela a le grand mérite d’assurer autant la qualité du service que sa facilité d’accès quel que soit le niveau de ressource des usagers.

Loin d’être un bien privé, l’eau doit être évidemment accessible à tous compte tenu des besoins fondamentaux qu’elle recouvre. Une régie qui assure directement ce service public sera donc plus légitime dans sa mission qu’une délégation qui restreint le pouvoir décisionnel des communes et de leurs habitants. L’objectif n’est autre qu’émanciper la distribution d’eau d’enjeux économico-financiers et donc d’intérêts privés.

Précisons que la compétence de gestion de l’eau sera transférée aux établissements publics territoriaux (EPT) à partir du 1er janvier prochain 2018. Bien qu’obligatoire, cette compétence pourra être discutée quant au cadre dans lequel elle sera exercée.

Les quatre élus de la ville du Kremlin-Bicêtre siégeant également à l’EPT porteront justement cette vision, afin que le territoire engage les études nécessaires pour envisager tous les autres modes de gestion possibles. Dans un premier temps, nos quatre élus prendront part au vote en faveur d’une sortie du SEDIF lors du conseil de territoire. La question de la création d’une régie publique à l’échelle du territoire pourrait être entièrement posée.

Le périmètre intercommunal semble d’ailleurs le plus pertinent pour la déclinaison opérationnelle d’un véritable service public de l’eau. En dehors de l’Ile-de-France et toutes tendances politiques confondues, de nombreuses agglomérations ont opté pour des régies intercommunales. Cela assure la distribution publique de l’eau à l’échelle d’une agglomération, qui correspond ici à l’échelle du territoire Grand-Orly Seine Bièvre.

L’intérêt général que représente la gestion publique de ce service impose plus que jamais la mise en place d’une telle régie au niveau intercommunal. D’autant plus que ce périmètre est le plus à même de faire coïncider bassin de vie et bassin hydrographique.

Notre cap est fixé, à nous désormais d’étudier toutes les alternatives qui peuvent se présenter à l’appartenance au SEDIF, la garantie d’un service public fiable et consolidé en dépend.




Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Mercredi 6 Décembre 2017 à 18:23 | {0} Commentaires

Tags : eau Notre Sedif

Interview accordée au Journal du Grand Paris à découvrir en intégralité


Jean-Marc Nicolle, maire (MRC) du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), défend la métropole actuelle qui a selon lui fait ses preuves à travers l’appel à projets « Inventons la métropole du Grand Paris ». Il regrette par ailleurs le fond comme la forme des débats actuels sur son avenir et prône une « métropole vivante » sur la question du périmètre, en fonction des dynamiques de projets.

Etes-vous satisfait des résultats de l’appel à projets « Inventons la métropole du Grand Paris » ?


Je trouve d’abord que ce projet a été une très belle initiative, qui a crée de l’émulation dans toute la métropole du Grand Paris, il y a vraiment quelque chose qui s’est passé. Nous avons pu observer un fort effet d’entraînement et nous n’aurions pas réussi, en tant que maires chacun de notre côté, à faire naître de tels projets dans nos villes, avec un tel degré d’innovation et d’exigence architecturale. L’idée a été de se projeter collectivement dans le futur.

A titre local, je suis très satisfait de la consultation qui a abouti à un choix architectural très ambitieux. Nous avons fait le pari de la hauteur avec un immeuble de 15 étages comprenant du logement et de l’activité économique. Les trois projets auraient pu être retenus et c’est finalement un petit plus dans l’innovation dans l’usage qui a fait pencher la balance.

Quelle est votre position sur le débat quant à l’avenir de la MGP ?

Je crois en la métropole du Grand Paris. Et ce depuis le début car j’ai participé à sa création. Le fait métropolitain est là et je ne comprends pas bien qu’on le questionne aujourd’hui. Par ailleurs, je ne comprends pas non plus pourquoi le débat porte sur l’opposition entre les institutions et non leur complémentarité. Lorsque Bertrand Delanoë a réuni les élus et que ceux-ci, quelle que soit leur collectivité se sont retrouvés à Paris métropole, tous les échelons territoriaux étaient bien là, il s’agissait alors de trouver comment ils s’organisaient pour répondre aux enjeux propres à la zone dense. A savoir : le logement, la pollution et le transport.

Nous savions qu’il agissait de problématiques que nous ne pouvions traiter à la bonne échelle avec les institutions alors existantes, que ce soit au niveau de la ville, du département ou encore de la région.

Après, il est vrai que tout n’est pas rose. On a par exemple voulu rattraper tout le retard qui existait en termes d’intercommunalité en deux ans, ce qui ne se passe pas toujours bien et il existe de sérieux déséquilibres entre les établissements publics territoriaux. Par ailleurs, il y a certains sujets qui se sont transformés en de véritables usines à gaz, principalement sur la question des flux financiers.

Mais tout cela relève du technique, ce n’est pas un problème d’institution. Je ne comprends pas pourquoi il faudrait aujourd’hui qu’il y ait un mort.

L’argument de la simplification et de la rationalisation avancé par le gouvernement ne tient pas selon vous ?

Il y a surtout un vrai problème dans la méthode ! Nous sortons d’une réforme qui est toute jeune et que nous sommes encore en train de mettre en place et là le gouvernement réouvre la boîte de Pandore. Je pense qu’il est d’abord nécessaire de se poser, de faire un bilan. Oui, il y a des accrocs sur le plan technique mais cela ne remet pas pour autant en cause la pertinence de la MGP. De plus, le gouvernement vante une réforme concertée, mais nous sommes très loin d’une concertation bien menée, tout le monde s’écharpe et on attend que le gouvernement sonne la fin de la récré ! C’est vraiment dommage…

Ne serait-ce pas au Forum métropolitain du Grand Paris de se saisir du sujet à bras le corps ?

Le Forum métropolitain reste très important et la meilleure instance pour arriver à une position commune. Il y a dans ce sens un gros travail mené par Jean-François Vigier pour, dans un premier temps, établir un diagnostic partagé puis faire des propositions concertées. Je pense que le forum pourra, comme on l’a démontré par le passé, être un outil pertinent.

En tant que conseiller régional, vous vous opposez à la position de la présidente de Région, Valérie Pécresse ?

Valérie Pécresse n’est pas cohérente. Dans le budget régional 2017, elle a voulu supprimer les aides à la création de logement en petite couronne sous prétexte que cela relevait dorénavant de la compétence de la métropole du Grand Paris et en même temps elle lui tire dessus à boulets rouges. La région métropolitaine n’a pas de sens, les logiques entre grande et petite couronnes sont différentes. Je trouve cette idée stupide et surtout, qu’elle relève de débat du passé ! La présidente de Région est dans une posture politicienne et je pense qu’elle devrait plutôt voir le succès d’ « Inventons la métropole », par exemple, et le nombre de logements créés à cette occasion comme une réussite pour toute la région…

Je pense que tous ceux qui questionnent aujourd’hui la métropole sont bien souvent dans des jeux tactiques, ils se demandent comment sauver leur peau dans cette affaire. Encore une fois, c’est le résultat d’une concertation mal menée,

Etes-vous totalement contre l’idée d’une évolution du périmètre de la métropole ?

La question du périmètre relève des années 2000… Je pense que la zone dense est la bonne échelle et qu’il serait grave de penser la région comme une zone dense car il faut absolument lutter contre l’étalement urbain ! Cette question de périmètre ne peut en aucun cas se passer d’une écoute attentive du territoire. Par exemple je pense qu’il serait dangereux et contre productif d’imposer à Saclay d’intégrer la MGP.

Disons que la métropole doit être vivante et qu’au fur et à mesure des projets, lorsque les intérêts convergent, elle puisse absorber des territoires. Mais toujours dans une dynamique de projet ! Si aujourd’hui ce n’est pas le cas, rien ne nous dit qu’un jour le projet porté par Saclay n’aura pas plus de sens en s’intégrant à la métropole. Il faut laisser la place à ce genre d’évolutions.

Source : https://www.lejournaldugrandparis.fr/jean-marc-nicolle-sommes-tres-loin-dune-concertation-bien-menee/


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Dimanche 12 Novembre 2017 à 22:45 | {0} Commentaires

Ce mercredi 27 septembre, le conseiller régional et métropolitain que je suis a appris par voie de presse les propos lapidaires et irresponsables de Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France, au sujet de la Métropole du Grand Paris.


Voilà presque deux ans depuis l’entrée en fonction du nouvel exécutif régional que Madame Pécresse cultive avec un zèle inégalé une confrontation aberrante entre les échelons régional et métropolitain. « La Métropole du Grand Paris ne sert à rien » : la messe est dite.
D’un point de vue institutionnel, il semblerait que la majorité régionale craigne un empiètement sur son champ d’intervention et donc sur son influence politique. Rappelons que les compétences de la MGP sont spécifiques aux enjeux de sa zone urbaine dense et tendue. Or la Région recouvre un périmètre bien plus vaste qui comprend aussi des zones péri-urbaines et rurales ; du cœur de Paris jusqu’à Etampes, Provins ou encore Rambouillet. Le territoire de la MGP est compris dans la région Ile-de-France : cela signifie que la région renvoie à un espace plus vaste, composé de territoires si différents que les problématiques pour chacun sont structurellement singulières.
Au contraire, la raison d’être de la MGP se fonde sur sa cohérence géographique, d’où la pertinence de politiques ciblées qu’elle doit conduire. Tel n’est pas le rôle du Conseil régional censé élaborer une vision stratégique globale en matière d’aménagement du territoire, d’offre de logements, de transports et d’aménagement économique, exprimée dans le SRDIF adopté en 2013, au nom de la cohésion de l’ensemble du territoire dans sa diversité. C’est pourquoi il ne saurait y avoir une quelconque contradiction entre la Région et la Métropole, bien au contraire, les deux institutions ont vocation à travailler en complémentarité.
Face à l’interrogation quant à la répartition des compétences, la loi MAPTAM de janvier 2014 a institué les Conférences territoriales de l’action publique (CTAP). Celles-ci donnent l’opportunité dans chaque région de clarifier les compétences entre chacune des collectivités selon leur chef de filat. En Ile-de-France, Valérie Pécresse n’a pas daigné mettre sérieusement en œuvre une telle conférence qui aurait pourtant permis de mettre fin à une certaine confusion institutionnelle. Sa critique de la MGP sur le flou et la superposition des compétences paraît donc difficilement recevable tant les efforts sur ce point n’ont même pas été initiés. Le potentiel de coopération entre l’ensemble des collectivités se heurte hélas au rejet dogmatique de la droite régionale, qui bloque volontairement toute avancée sur la gouvernance du Grand Paris, au détriment de tous les Franciliens.
Un autre exemple des contradictions ostensibles de Madame Pécresse est à puiser dans la présentation du budget 2017 du Conseil régional. Alors que des coupes sensibles dans le budget alloué au logement ont été décidées, sa seule justification a été de rappeler la compétence prioritaire de la Métropole en la matière. Nous pouvons néanmoins remercier la présidente de ce double aveu : en plus d’être pertinente dans l’action menée en matière de logement, la MGP sert de prétexte aux renoncements de l’exécutif régional. « La Métropole du Grand Paris ne sert à rien », voilà qui est finalement démenti par Madame Pécresse elle-même.
Arrêtons de considérer le Grand Paris comme une énième strate territoriale qui s’ajouterait aux autres déjà existantes. Les discours emprunts de démagogie et de simplisme tendent justement à défendre certains échelons au détriment d’autres, en condamnant d’avance la MGP sans lui donner le temps de faire ses preuves. C’est un jugement à l’emporte-pièce. En réalité, chaque collectivité ou établissement public territorial dispose d’un rôle spécifique selon le périmètre et les enjeux qui lui correspondent. La MGP est avant tout une intercommunalité, au même titre d’ailleurs que des dizaines d’autres en Ile-de-France situées en grande couronne.
Le travail de complémentarité entre la Métropole et la Région ne tient pas que dans leur différence de nature institutionnelle, mais aussi dans la déclinaison de leurs schémas stratégiques respectifs. Ceux-ci ne sont pas élaborés unilatéralement sans concertation avec l’autre, et pour preuve, le plan métropolitain et autres schémas structurants qui sont adoptés doivent être impérativement compatibles avec le SRDIF, défini par la Région. La MGP doit naturellement prendre en compte la vision d’ensemble régionale, de sorte que le déséquilibre est tout simplement impossible.
D’une manière générale, le Conseil régional doit dialoguer avec tous ses territoires, qu’ils soient métropolitains ou de grande couronne. Ensemble, ils construisent une vision globale et d’équilibre des territoires. La Région, les départements et les intercommunalités – dont la MGP – contribuent à définir une stratégie de développement et d’aménagement en accord avec cet équilibre général, alors que les établissements publics territoriaux et les communes mettent en œuvre de manière opérationnelle.
Dans ses prérogatives actuelles, gardons à l’esprit que la Métropole est une institution récente qui nécessite du temps pour faire ses preuves. Nous ne sommes aujourd’hui qu’à l’acte I à ce sujet, un perfectionnement est évidemment envisageable et souhaitable. La relation financière entre la MGP et les EPT, les compétences et éventuellement le périmètre sont autant de points sur lesquels il faudra progresser avec toutes les contributions.
Un acte II permettra de clarifier certains sujets tels que l’attribution définitive de la CFE aux territoires, ou encore le mode de désignation des conseillers métropolitains pour plus de représentativité et de démocratie à cette échelle. Cette marge de progression n’empêche toutefois pas la Métropole d’agir à l’heure actuelle, à travers les plans et les schémas stratégiques, mais aussi par une politique ambitieuse de terrain avec des appels à projet comme « Inventons la Métropole », d’ailleurs repris par la Région sous le nom de « Dessine-moi le Grand Paris ».
La Métropole a donc fondamentalement sa raison d’être, elle le prouve par son action et son rôle au milieu des autres échelons territoriaux. Par conséquent, élus locaux franciliens comme citoyens, restons vigilants face aux postures irresponsables de l’exécutif régional. Satisfaire un égo politique ou contribuer à la réussite de notre territoire face à ses nombreux défis, pourvu que Valérie Pécresse fasse le bon choix.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Lundi 2 Octobre 2017 à 15:13 | {0} Commentaires

La droite en rêvait, Emmanuel Macron et Edouard Philippe l’ont fait. Les ordonnances visant à « réformer » le Code du travail poursuivent avec zèle ce qui a été initié par la loi El Khomri en 2016.


La hiérarchie des normes en matière de droit du travail s’en trouve encore davantage remise en cause, sur les recommandations de la Commission européenne toujours prompte à prescrire le choléra pour soigner la peste.

L’esprit qui anime le gouvernement et l’UE repose sur une éternelle et désespérante croyance en la création d’emploi par l’allègement des normes et le gain de flexibilité. Et peu importe si la protection des salariés doit être sacrifiée. C’est d’ailleurs la cible centrale de cette suite de réformes qui franchit un cap inquiétant. La protection des salariés à travers le droit du travail se trouve de nouveau sur le banc des accusés en matière de chômage, puisque considérée comme une rigidité décourageante à l’embauche. Tant pis si la précarité doit devenir structurelle sur le marché du travail, car elle est bel et bien la contrepartie directe et évidente de la refonte du Code du travail.

Autour de ce projet se développent des éléments de langage récurrents, avec pour objectif premier de persuader les citoyens qu’il n’y a pas d’alternative pour lutter efficacement contre le chômage de masse. L’exécutif actuel n’hésite d’ailleurs pas à draper sa politique d’une audace « réformatrice », à s’enorgueillir de poursuivre des objectifs en assumant un risque d’impopularité. « Libérer les énergies » est la nouvelle formule qui sert de sous-titre aux ordonnances, employée à répétition par les différents ministres chargés de défendre piteusement le projet. L’énergie créatrice de richesses et d’emplois serait donc étouffée par les droits des salariés, voilà l’idée sous-jacente…

C’est pourquoi les ordonnances prévoient notamment de restreindre drastiquement le socle commun des normes qui s’appliquent aux entreprises par la loi. Elles pourront désormais y déroger par accord d’entreprise, alors même que les rapports de forces entre employeurs et salariés se prêteront encore moins à une négociation d’égal à égal. De plus, la nature des contrats de travail a été revue de manière à rendre plus facile un licenciement au nom de la flexibilité, mais que l’on se rassure, il s’agit ici de s’« adapter aux besoins nouveaux» ! Les besoins du Medef et des dirigeants des grandes entreprises n’ont pourtant rien de nouveau. La nouveauté se trouve dans le dévouement du gouvernement à servir leurs intérêts au détriment des salariés, qui n’y trouveront que précarité et appauvrissement.

Le cynisme de cette politique consiste justement à se plier à de tels désidératas tout en martelant la nécessité irrévocable de ce qui est entrepris, qui plus est « avec courage » alors qu’il est question d’une grande lâcheté. Le modèle allemand pris à tort comme exemple de ce qu’il faut faire est paradoxalement la meilleure illustration de l’échec annoncé de ces réformes. Malgré l’apparence des indicateurs macroéconomiques (5,9% de chômage), on ne compte pas moins de 9,7% de la population allemande dotée d’un emploi qui vit en dessous du seuil de pauvreté… Et pour cause, les réformes visant à flexibiliser le marché du travail ont abouti à un recours massif aux mini-jobs, par nature plus précaires et faiblement rémunérés.

Ceci ne présente donc rien d’enviable pour les salariés français. Il serait également bon de ne pas mépriser ces derniers qui défendent des acquis sociaux figurant jusqu’ici dans le Code du travail. Ils ne sont pas dupes d’une prétendue modernité à laquelle il faudrait s’adapter. Le travail n’est effectivement pas voué à la précarisation et à l’ « uberisation », d’autres modèles économiques mettent à mal la crédibilité des politiques fondées sur l’austérité et les « réformes structurelles ». Parmi eux, le Portugal depuis 2 ans a pris le contre-pied des recommandations de la Commission européenne, refusant un « assouplissement » des droits des salariés et les coupes budgétaires dans le domaine social. Le taux de chômage a largement chuté, de 14,4% en 2014 à 8,8% au deuxième trimestre 2017, quand bien même la protection sociale a été préservée voire renforcée.

La véritable modernité n’est donc pas celle qui semble inspirer la réforme du Code du travail. Bien au contraire, ces ordonnances marquent un net retour en arrière et un contresens économique et social.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Lundi 18 Septembre 2017 à 20:31 | {0} Commentaires

Il aurait été souhaitable que l’annonce le 22 juillet dernier par le gouvernement d’une diminution de 5 euros des APL reste une déclaration sans lendemain après la polémique justifiée qui s’en est suivie. Bien au contraire, ce sinistre feuilleton se poursuit avec un nouveau rebondissement la semaine dernière.


L’appel du président de la République aux propriétaires de baisser les loyers de 5 euros s’apparente à une grotesque rustine de communication, dont personne (ni même lui) ne peut croire qu’elle sera suivie des faits… Les locataires ne semblent visiblement pas dupes de ces paroles faussement apaisantes. Le pire reste à venir avec la confirmation par l’exécutif de projets de révision plus importante encore du montant des aides au logement.

Dans l’élan de cette dernière annonce, M. Jacques MEZARD, ministre de la Cohésion des territoires, en charge du logement, a déclaré ce mardi : « Nous devons aussi favoriser une diminution des loyers dans le parc social. » En tant que maire du Kremlin-Bicêtre et président de son Office Public de l’Habitat (OPH), je suis en mesure de pouvoir illustrer très concrètement la signification et les effets d’une baisse des loyers du parc social à l’échelle de ma commune. Si l’on se réfère ne serait-ce qu’à la diminution préalable de 5 euros, la perte pour les loyers des 689 foyers bénéficiaires des APL équivaudra à environ 41 400 euros. Cela représente 6 mois de loyers pour une résidence classique, et correspond aussi au budget 2017 de transformation de 4 bureaux en logements, aux travaux de requalification des halls de résidences.

A travers ce coup de rabot, le manque à gagner pour les bailleurs sociaux s’avère non négligeable. Ces exemples ont le mérite de démontrer que les loyers versés par les locataires à l’OPH constituent de fait le seul revenu pour ce dernier. Les sommes perçues servent effectivement à financer des travaux de construction ou de réaménagement des logements sociaux. Il en va de l’intérêt premier des personnes qui y vivent pour leur garantir des logements décents et salubres. Or, par définition, ces personnes constituent les foyers les plus modestes et donc les plus « fragiles », que M. MEZARD prétend pourtant défendre en priorité.

Une pierre de plus dans l’édifice libéral et antisocial que le gouvernement persiste à vouloir bâtir. Diminuer les loyers des logements sociaux pour contrebalancer la baisse envisagée des APL, voilà l’objectif. Cela relève au mieux d’un amateurisme naïf en matière de logement social, au pire d’une opération démagogique visant à faire payer aux collectivités les égarements de l’exécutif. Au premier rang de ces collectivités se trouvent les communes, les plus proches de nos concitoyens par les services qu’elles proposent.

L’acharnement méthodique du gouvernement à l’encontre des collectivités territoriales se heurtera de toute évidence au bon fonctionnement des services publics. Ceux-là même qui garantissent aux citoyens les plus modestes des besoins essentiels tels que le logement décent.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Lundi 11 Septembre 2017 à 10:27 | {0} Commentaires

Tags : APL KBH loyer OPH
Les flux migratoires de ces dernières années qui résultent des guerres et des régimes répressifs concernent directement les pays européens, avec urgence pour maître-mot. Les populations fuyant les conflits, les régimes dictatoriaux – parfois les deux à la fois – cherchent l’asile sur nos terres où s’est instaurée la paix depuis plus d’un demi-siècle.

Notre nation, par ses valeurs et son histoire, est une terre d’accueil séculaire. Il est de notre devoir de tendre la main à ces personnes en difficulté, mais cela ne peut se faire que dans le respect du droit et avec responsabilité, c’est-à-dire en garantissant des conditions d’accueil décentes à toutes celles et ceux qui remplissent les conditions d’obtention du statut de réfugié.

En octobre dernier, j’ai co-signé avec des collègues maires de la Métropole du Grand Paris une tribune intitulée « Mobilisons-nous pour accueillir les migrants » et appelant à la responsabilité des élus locaux pour épauler les services de l’Etat en créant les conditions d’un accueil digne des réfugiés sur nos territoires tout en prenant en compte les réalités locales.

Il serait en effet impossible de proposer des solutions d’hébergement individuel à ces réfugiés alors même que nous ne parvenons pas à satisfaire les demandes en attente des personnes à revenus modestes, notamment dans les villes de la petite couronne parisienne. Ce serait opposer les solidarités locales aux solidarités internationales.

Cependant nous pouvons agir localement pour faciliter un accueil provisoire et endiguer la concentration de réfugiés dans des campements sauvages où les institutions et les associations sont dépassées et peinent à apporter une réelle prise en charge, comme l’ont tristement montré les exemples de Sangatte, de Calais et plus récemment encore, du camp de Porte de la Chapelle à Paris.

Garantir la décence de l’accueil à ces personnes et à ces familles doit passer par une répartition de l’effort d’hébergement : d’une part, en limitant le nombre de place par infrastructure d’accueil, et d’autre part, en fixant un délai maximal d’occupation avant une orientation vers des lieux de vie plus adéquats et durables.

Parce que ces deux conditions étaient remplies, j’ai répondu favorablement à la sollicitation de la préfecture du Val-de-Marne afin d’accueillir durant deux semaines une centaine de personnes au gymnase Jacques Ducasse, avant que ceux-ci ne soient orientés vers des structures d’accueil pérennes.

Ce délai permettra un accompagnement social individualisé par l’association Emmaüs Solidarité et une prise en charge administrative par l’Etat adaptée à chacun d’entre eux, avant leur installation durable dans d’autres structures sur le territoire national.

Notre ville et ses habitants s’inscrivent ainsi dans l’effort global de notre pays tout en perpétuant notre tradition d’ouverture et de solidarité locale.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Vendredi 18 Août 2017 à 17:51 | {0} Commentaires

L’écran de fumée « ni gauche ni droite » est définitivement dissipé : En Marche ! nous avait promis « le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche », on aura pour l’instant le pire de la droite, et rien que la droite.


Samedi dernier, le gouvernement a annoncé une diminution uniforme de 5 euros par mois et par foyer des aides au logement, qui rentrera en vigueur dès le mois d’octobre. Trois jours après, le Ministère de la Cohésion des Territoires, en charge du Logement, promet une « réforme globale » en dénonçant un système « pervers » à ce même sujet. Ce projet suit une droite ligne austéritaire déjà engagée, que j’ai dénoncée dès les premières semaines du quinquennat.

Il s’agit de priver 5 euros d’aides mensuelles aux ménages les plus modestes en considérant cette somme comme insignifiante à l’échelle d’un budget individuel. Or, la majeure partie de ces aides est versée aux 30 % ayant le niveau de vie le plus faible, c’est-à-dire qui vivent avec moins de 14 820 euros par an, à peine plus que le seuil de pauvreté. Au Kremlin-Bicêtre, ville dont je suis à la fois le maire et le président de l’Office Public de l’Habitat, 59,5 % des allocataires de la CAF bénéficient de l’aide au logement (ALF, ALS et APL), sachant que plus de la moitié des 5 000 allocataires vivent avec des ressources qui équivalent à moins d’un SMIC mensuel. Pareille décision du gouvernement n’est pas étrangère à la rhétorique bien connue de l’« assistanat »…

L’hypocrisie de ce même gouvernement, dans le prolongement de cette rhétorique, veut faire porter la responsabilité de l’endettement public aux bénéficiaires des prestations sociales. A travers la diminution de 5 euros, l’objectif affiché est d’économiser 400 millions d’euros par an. Quel crédit apporter à cet objectif comptable alors qu’il est prévu parallèlement une déduction d’impôt de 4,5 milliards d’euros pour les foyers les plus riches, avec 2 milliards pour le seul ISF ? En somme, sous couvert de rabotage budgétaire global, nous avons bel et bien affaire à une mesure que l’on peut qualifier sans détour d’ « anti-pauvres », à défaut d’anti-pauvreté. Le peu d’économie réalisé dans cette coupe à l’aide au logement servira à financer les cadeaux fiscaux concédés aux plus aisés : la mesure est politiquement on ne peut plus claire.

Les rares arguments de fond déployés pour appuyer cette annonce relèvent d’une forme de lâcheté. Si l’idée selon laquelle les APL font augmenter le prix des loyers, notamment sur le logement privé, est en partie valable, quelle est la pertinence d’une réduction de 5 euros ? Il est complètement illusoire de croire qu’elle aura un effet sur les loyers, si bien que cela pèsera sur le locataire uniquement et en rien sur le propriétaire. Quant au logement social, le raisonnement de base n’est en aucun cas valable, car on fragilise aveuglement les allocataires : les ménages obtiennent leur logement en calculant leur reste à charge avec l’APL.

Quelques jours après l’annonce d’une cure d’austérité pour les collectivités territoriales, et donc pour les services publics de proximité, cette décision est plus qu’inquiétante. Elle relègue la lutte contre la pauvreté et le mal-logement au rang des dernières priorités de ce nouveau gouvernement, ce dont je m’alarme particulièrement en tant qu’élu local. L’écran de fumée « ni gauche ni droite » est définitivement dissipé : En Marche ! nous avait promis « le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche », on aura pour l’instant le pire de la droite, et rien que la droite.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Jeudi 27 Juillet 2017 à 15:11 | {0} Commentaires

Ce lundi 17 juillet au Sénat, Le Président de la République et le Premier ministre ont dévoilé les grandes orientations du quinquennat à propos des politiques territoriales et du rôle des collectivités.


Sans surprise mais avec consternation, les élus locaux dont je fais partie savent désormais que l’austérité s’imposera à eux de manière implacable .

Par rapport à ce qui a été annoncé durant la campagne présidentielle, ce ne sont finalement pas 10 mais 13 milliards d’euros auxquels devront renoncer les collectivités. 13 milliards d’euros qui seront amputés aux services publics de proximité : transports, crèche, logement social, voirie, et tant d’autres services déjà mis à mal par des restrictions budgétaires aussi absurdes qu’illégitimes, car directement issues des recommandations de Bruxelles. Le peuple grec a déjà pu apprécier l’efficacité du « remède »…

Pourtant, pas de baisse des dotations prévues au programme pour l’année 2018 : en évoquant un « contrat de confiance » avec les élus locaux, Emmanuel Macron conditionne ce maintien à l’effort budgétaire des collectivités dans le sens de ses propres exigences comptables. La libre administration des collectivités territoriales, principe constitutionnel, ne s’en portera que plus mal.

Avec la suppression confirmée de la taxe d’habitation pour 80% des foyers, nous ne pouvons en outre que déplorer la perte prochaine d’un levier de financement autonome essentiel pour les communes. Quand bien même le manque à gagner serait dans un premier temps compensé par l’Etat sur d’autres sources fiscales, l’expérience nous a hélas révélé la futilité de tels bricolages immédiats. La béquille qui accompagne la mesure choc a bien souvent tendance à être retirée…

En guise d’argumentaire usé et rafistolé, voilà donc de nouveau le fameux « Les collectivités doivent prendre part à l’effort budgétaire » ! Particulièrement éprouvées financièrement, les communes devront une fois de plus se mettre au régime sec. Elles atteignent pourtant déjà un point de non-retour. Ajoutées à la démagogie anti-fonctionnaire ambiante, des restrictions budgétaires supplémentaires mettront d’autant plus en difficulté le maintien des services publics essentiels. Ceux-là n’ont pas à être une variable d’ajustement, car ils sont vitaux pour la cohésion sociale au sein de notre territoire.

A-t-on d’ores et déjà oublié les raisons pour lesquelles des millions d’électeurs ont placé Marine Le Pen au second tour du scrutin présidentiel le 23 avril dernier ? Une fracture territoriale aggravée, avec la destruction des services publics, serait la pire des conduites à adopter.

La réduction annoncée du nombre d’élus locaux contribue également à nourrir mes inquiétudes. La démocratie locale, notamment à travers l’échelon communal, garantit la proximité du citoyen avec le lieu de décision. La tendance à l’éloignement a pourtant été lancée par les précédentes réformes territoriales : métropoles et « super-régions » illustrent ce phénomène institutionnel. Les échelons de proximité que sont les départements et les communes sont sans ambiguïté la cible des annonces de l’exécutif. Réduire le nombre d’élus, véritables représentants du peuple souverain, c’est aussi donner plus d’importance aux bureaucrates et technocrates non issus du suffrage démocratique, et d’ainsi déséquilibrer cette balance nécessaire mais fragile.

S’agissant enfin de la tenue programmée d’une « conférence territoriale du Grand Paris » à l’automne prochain, je me satisfais que l’enjeu institutionnel ait été mesuré, tout en restant vigilant sur les orientations qui seront prises dans les prochains mois.

D’une manière générale, ce premier rendez-vous aura aggravé l’inquiétude des élus locaux, en plus de confirmer définitivement l’ancrage libéral et austéritaire du nouvel exécutif. Souhaitons à Emmanuel Macron et Edouard Philippe une prise de conscience rapide des conséquences qu’engendrerait leur projet à l’égard des collectivités, des territoires et des citoyens qui y vivent.



Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Jeudi 20 Juillet 2017 à 15:55 | {0} Commentaires

La région Ile-de-France vient de dévoiler les noms des 11 lauréats de son appel à projet. C’est la confirmation que Le Kremlin-Bicêtre participera à « Dessine-moi le Grand Paris de demain ».


Depuis mon élection en tant que maire, je m’engage à ce que ma ville du Kremlin-Bicêtre soit résolument tournée vers le Grand Paris et participe pleinement aux enjeux de la métropolisation. L’isolement est pire que la stagnation, il est un repli, un rétrécissement de la ville que je ne souhaite pas pour Le Kremlin-Bicêtre. La métropolisation est un phénomène qui s’impose à nous et que nous devons accompagner en reliant les communes, les habitants, les activités. La métropolisation nous renforce, nous devons la saisir.

Le Kremlin-Bicêtre pensé par ses habitants dans le Grand Paris

Ce parcours vers le futur qui contribue à dessiner Le Kremlin-Bicêtre de demain ne peut se faire sans les habitants. La concertation en est la clef. C’est ce que je m’efforce de mener quotidiennement avec les Kremlinois en organisant des réunions publiques, des rendez-vous dans les quartiers, des réunions d’appartement ou encore avec la démarche ADN KB La Fabrique pour dessiner le Kremlin-Bicêtre à l’horizon 2030 et enfin le budget participatif que j’ai mis en place en janvier dernier.

Relier les communes entre-elles, leurs habitants et les activités c’est favoriser l’installation d’ouvrage de toute sorte qui sont de véritables ponts permettant les échanges au sein de la métropole. Les Kremlinois en ont bien saisi les enjeux comme je le constate lors de chacune de mes réunions. Le Kremlin-Bicêtre a une opportunité historique d’être l’un des points d’encrage de la métropole en accueillant l’une des futures stations de l’extension de la ligne 14 qui parcourra le Val-de-Marne jusqu’à l’aéroport d’Orly.

Saisir les opportunités pour faire rayonner Le Kremlin-Bicêtre

La Métropole du Grand Paris, puis la région Ile-de-France ont lancé chacun un appel à projets auprès des maires pour contribuer au financement de projets d’aménagement d’intérêt métropolitain. Le premier est « Inventons la Métropole du Grand Paris », le second est « Dessine-moi le Grand Paris de demain ».

J’ai décidé de saisir cette opportunité en travaillant avec ces deux partenaires institutionnels. J’ai ainsi présenté un projet portant sur l’aménagement du futur quartier de la gare et un autre qui s’inscrit dans notre projet de Ruban vert et prévoit la construction d’une passerelle au dessus du périphérique permettant de relier le Kremlin-Bicêtre au Parc Kellerman à Paris. Ces deux projets ont convaincu les jurys de la métropole et de la région. L’un et l’autre accorderont à la ville du Kremlin-Bicêtre des subventions pour mener à bien l’aménagement que nous souhaitons pour multiplier les connexions avec la métropole.

Associer les habitants et saisir les opportunités que nous offrent les partenaires institutionnels, ce sont, à mon sens, des obligations pour réussir la métropole, en respectant les communes et la volonté des habitants. C’est ce à quoi j’aspire et c’est ce que je réalise depuis le 1er jour de mon élection.




Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Jeudi 4 Mai 2017 à 11:43 | {0} Commentaires

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