<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>PHILING GOOD, l'anti-burnout des idées </title>
 <subtitle><![CDATA[un blog sur l'actualité en philosophie et les sciences humaines, des articles accessibles sur certaines problématiques et surtout des petites astuces pour avoir le Phil-ing !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wmaker.net/philobalade" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.wmaker.net/philobalade/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.wmaker.net/philobalade/</id>
 <updated>2026-04-12T18:49:56+02:00</updated>
  <geo:lat>48.8503936</geo:lat>
  <geo:long>2.3250843</geo:long>
  <entry>
   <title>Ces séparations qui nous font grandir</title>
   <updated>2020-11-10T21:23:00+01:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/philobalade/Ces-separations-qui-nous-font-grandir_a103.html</id>
   <category term="I phil good !" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/imagette/50499149-38963341.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-10-11T10:35:00+02:00</published>
   <author><name>Marjorie Rafécas</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
A chaque séparation, l’être humain ressent la perte d’un petit bout de soi. Ces séparations qui sont autant de deuils de soi-même. Oui, mais de quel « moi » s’agit-il ? Les séparations ne font-elles pas partie d’un long processus d’accouchement de soi ? Notre première séparation, nous la vivons à notre naissance : on est arraché du ventre de notre mère. Et pourtant, cette séparation laisse place à la vie. La vie démarre bel et bien dans la séparation. Ce livre d’Anne-Laure Buffet tente de transformer notre regard sur ces moments compliqués de la vie, qui sont autant de ponts nécessaires pour s’accomplir. Notre vie est un tissage de liens et de séparations pour nous aider à grandir.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/50499149-38963341.jpg?v=1602409219" alt="Ces séparations qui nous font grandir" title="Ces séparations qui nous font grandir" />
     </div>
     <div>
      Cette première déchirure qu’est la naissance fait écho à un roman de cette rentrée littéraire (très ordinaire), La vie ordinaire d’Adèle Van Reeth :       <br />
       « Je vais me séparer de toi. Toi qui n’as rien connu d’autre que l’intérieur de mon ventre, tu vas affronter l’air et l’espace. Tu vas sortir de moi ce sera le traumatisme initial ».        <br />
       « Ta naissance sera une rupture ».        <br />
       « De cette distance naîtra notre rencontre ».       <br />
              <br />
       C’est cette distance, cette rupture du cordon, qui permet à une mère de découvrir le visage de son bébé. Pas de rencontre sans séparation, telle est la vérité que nous avons du mal à accepter et que les poètes nous aident à surmonter. Comme l’écrit Laurence bouvet, « Être vivant c’est être séparé ».       <br />
       Anne-Laure Buffet souhaite démontrer dans cet essai résolument optimiste et au ton spinoziste que toutes les séparations, de quelque nature que ce soit, rupture amoureuse, déménagement, changement d’emploi etc., sont autant de renaissances. La séparation, bien que vécue comme une amputation de soi et une condamnation, ouvre la voie vers une plus grande liberté, celle d’être soi. L’auteur rend d’ailleurs un hommage aux poètes qui ont le talent et la lucidité pour transmettre ce qu’il y a de plus indicible dans une séparation.        <br />
              <br />
       <b>La rupture, la voie de la transformation</b>       <br />
       Refuser les séparations, cela revient à entretenir des relations de dépendance avec les autres. Et une relation distante avec soi-même. Être dépendant affectivement symbolise un refus de grandir. Ce lien entre dépendance et refus d’être soi rappelle le livre Guérir de nos dépendances, précédemment chroniqué dans La Cause Littéraire (2018) : les addictions sont souvent le refus de quitter le cocon maternel. La dépendance humaine repose sur un curieux paradoxe : « Je dépends d’un autre pour devenir moi-même…, mon autonomie dépend de son état mental » (Guérir de nos dépendances, Pascale Senk et Frédérique de Gravelaine). Dépendre pour être libre, telle est la situation de départ d’un enfant. On ne naît pas indépendant.       <br />
       D’ailleurs, comme le souligne Anne-Laure Buffet, plus on est confronté à la tyrannie d’un moi idéal, plus on cherche de l’aide dans des remèdes extérieurs. Or ces « colmatages », ces petites dépendances, accentuent la perte de l’estime de soi et conduisent à un cercle vicieux.        <br />
              <br />
       <b>Aimer, une manière de combler ses manques réciproques ? </b>       <br />
       Le vécu de la première séparation est assez déterminant… La première séparation avec sa mère détermine notre capacité à accepter les suivantes. Le schéma des répétitions amoureuses est souvent une conséquence d’un lien primaire mal enclenché. Une rencontre, ce sont deux inconscients qui se reconnaissent. On se choisit pour combler ses manques réciproques. Nous prenons alors des risques limités. Nous cherchons parfois à réparer le couple de nos parents que nous cherchons paradoxalement à fuir.        <br />
       Nous refusons souvent les séparations car nous sommes sous l’emprise de la société, du regard de notre famille. Il est nécessaire de prendre de la distance avec la stigmatisation de certains comportements et développer son esprit critique.        <br />
       Pour aimer de façon authentique sans reproduire nos liens primaires, il faut accepter l’imperfection. Le wabi-sabi, art japonais, consiste à célébrer la beauté des choses imparfaites. Oui, on peut être content, en se « contentant » de ce que l’on a. Savoir « se contenter » est une vertu, n’en déplaisent aux ambitieux égotiques. C’est une forme de bienveillance envers soi-même et envers les autres, du narcissisme « altruiste » (petit clin d’œil à Auguste Comte qui a inventé cette notion).       <br />
       En acceptant les séparations et notre « moi » encore inachevé et en devenir, il nous est alors possible de devenir ce que l’on est et de se préparer à des amours qui nous grandissent.       <br />
              <br />
       <b>La séparation semblable à l’angoisse de la mort </b>       <br />
       « Tout notre mal vient de ne pouvoir rester seuls » (Labruyère)       <br />
       La vie est construction de liens et lorsqu’ils se dénouent, l’angoisse de se retrouver seul nous confronte à l’idée de mort. Or comme le rappelle pertinemment l’auteur, il faut discerner la peur, de l’angoisse et de l’anxiété. Selon Heidegger, l’angoisse n’a pas d’objet. Elle se raccroche au non sens de l’existence, au vide. Il s’agit d’une perte de repère qui nous aliène. La peur est au contraire précise et a un objet, à la différence de l’angoisse qui est indéterminée. « L’angoisse nous rend étranger à nous même ». Ce vide existentiel peut s’exprimer de différentes façons : une quête de sens ou s’affirmer dans des formes très primaires comme la recherche du pouvoir, avec sa version la moins subtile qui est celle de gagner beaucoup d’argent. Se séparer revient alors à savoir gérer cette angoisse de la mort. Trouver du sens, ne pas céder à la satisfaction facile d’un désir éphémère, peuvent aussi nous mener vers la joie profonde que prône Spinoza. Eprouver la joie d’être soi affaiblit nos angoisses.       <br />
              <br />
       Comme nous le conseille Anne-Laure Buffet, pour affronter les séparations et mieux les accepter, rien de tel qu’aiguiser son esprit critique pour ne pas subir d’aliénations avec son vrai « moi ».        <br />
              <br />
       L’aliénation reste la pire forme des séparations…       <br />
              <br />
       Ces séparations qui nous font grandir, Anne-Laure Buffet, 2020, 170 pages, 18 €       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/philobalade/Ces-separations-qui-nous-font-grandir_a103.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le snobisme, une maladie incurable ?</title>
   <updated>2018-09-22T11:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.wmaker.net/philobalade/Le-snobisme-une-maladie-incurable_a73.html</id>
   <category term="LIVRES PHILous" />
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/imagette/8104969-12637932.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-08-05T07:28:00+02:00</published>
   <author><name>Marjorie Rafécas</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le snobisme d'Adèle Van Reeth et Raphaël Enthoven, ce petit livre subtil et ironique ne laisse pas indifférent et modifie instantanément le regard que l’on peut avoir sur le snobisme. Car même si on fuit le snobisme, il y a des grandes chances d’en être sévèrement atteint !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/8104969-12637932.jpg?v=1438752955" alt="Le snobisme, une maladie incurable ?" title="Le snobisme, une maladie incurable ?" />
     </div>
     <div>
      Dans une dialectique captivante et limite tournoyante, Adèle Van Reeth par ses questions qui piquent là où il fait bon d’appuyer et les éclairages sans tabou de Raphaël Enthoven, les différents visages du snobisme se dévoilent au fur et à mesure dans tout leur paradoxe. Le snobisme ne désigne pas un individu type, mais un comportement qui peut frapper n’importe quel commun des mortels, celui de croire que nos goûts (ou nos pensées) sont supérieurs aux autres. C’est ce qu’appelle R. Enthoven : l’anticartésianisme, soit l’absence de doute.       <br />
              <br />
       Mais n’est-il pas surprenant que ce soit un philosophe qui nous explique les rouages du snobisme, alors que cette discipline dégouline à foison de cette image de snobe bien trop intellectuelle ? Contrairement aux apparences, « la philosophie donne les moyens de penser le snobisme ». Alors que l’histoire présente le snobisme comme un phénomène ponctuel et que la sociologie le situe au niveau de la lutte des classes. La philosophie permet en effet d’aller plus loin dans le décorticage de ce type de comportement, qui consiste à vivre comme « indubitables des vérités qui n’en sont pas ».       <br />
              <br />
       De la masse comme de l’élite, le snobisme est partout, et surtout là où on ne l’attend pas. C’est dans cette description peu courante du snobisme que réside l’originalité de cet essai. Il nous sort de sentiers battus. « Pour parodier Schopenhauer, on pourrait dire que la vie est une oscillation perpétuelle entre le snobisme du snob (snobisme de classe, snobisme clanique, snobisme de l’intelligence, de la culture…) et le snobisme de l’antisnob (snobisme de la marquise de gauche, snobisme du libertaire qui fait fortune en dénonçant l’économie de marché, etc.) ».       <br />
              <br />
       Le livre commence par une entrée en matière assez classique du snobisme, à travers les univers de Proust, d’Oscar Wilde et de certaines scènes de théâtre de Marivaux, puis élève le débat avec les voix de Pascal, de Tocqueville à propos du snobisme du « peuple », de Kant, de Hume et de Nietzsche. Puis vers la fin, Raphaël Enthoven change de rythme en adoptant un ton plus caustique envers certains snobismes comme l’art contemporain ou des snobs célèbres « obséquieux » comme Sartre ou Bourdieu. Le snobisme serait un « rêve d’immuable ». Nous retiendrons la formule fort subtile : « le snobisme est un conservatoire, plus qu’un conservatisme », « un conservatoire de certitudes ponctuelles, d’évidences fragmentaires, de private jokes, de gestes, d’usages et d’attitudes ». Même la démocratie peut être tyrannique par le biais de sa majorité. C’est la théorie de Tocqueville. Le snobisme collectif est d’ailleurs très redoutable.       <br />
              <br />
       Prendre son goût pour le bon goût, voilà l’un des travers les plus irritants du snobisme. « Le snob cherche à brandir une étiquette comme révélatrice de son identité, aux dépens de ce qu’il pense vraiment ». Mais le snob n’est pas que celui qui écoute du slam ou de l’opéra, c’est aussi celui « qui déclare, haut et fort, qu’il ne va au cinéma que pour manger du blockbuster, admirer les biceps de Van Damne et revoir Matrix pour la vingtième fois ». Difficile par conséquent de s’extirper des rouages du snobisme…       <br />
              <br />
       Raphaël Enthoven n’épargne personne, même pas lui-même. Car qui mieux qu’un snob pour décrire le snobisme ? Il s’en prend aux dérives du goût démocratique pour l’égofiction : « la littérature est de partir de soi non de parler de soi ». Sinon, « il suffirait de vomir ou de chier pour produire quelque chose ». Mais le point culminant de la critique arrive quand le philosophe évoque l’art contemporain, cette pépite du snobisme qui avait déjà été quelque peu égratignée par Luc Ferry en 2014. « S’il suffisait de mettre tout objet en cage, pour qu’il éveille librement le sentiment du beau » ou « traiter le banal comme s’il était unique »… Tout le monde serait artiste ! « Le retour à l’inutile est une condition nécessaire mais non suffisante à la création que l’art contemporain réduit à la créativité et la promotion du n’importe quoi ». « L’extase qu’éveille un monochrome est à la mesure du néant qu’il représente ». Pour R. Enthoven, l’art contemporain est victime d’une spéculation financière qui masque sa nudité et qui s’appuie sur une « conception régalienne de l’individu ». Bref, c’est « du niveau d’un micro-trottoir ».       <br />
              <br />
       Le procès ne s’arrête pas là, il s’en prend également (ce qui est moins courant dans le petit monde de la philosophie) aux snobs « du ressentiment » : Bourdieu et Sartre. « Bourdieu croit dire vrai mais il mathématise le ressentiment ». Tout comme Michel Onfray qui s’en est pris violemment au snobisme de Sartre le bourgeois envers le modeste Camus, R. Enthoven donne également un dernier petit coup de marteau à la réputation du père de l’existentialisme. Il rappelle cette phrase d’une présomption écœurante écrite par Sartre à Camus : « Je n’ose vous conseiller de vous reporter à la lecture de l’Etre et le Néant, la lecture vous en paraîtrait inutilement ardue : vous détestez les difficultés de penser ».       <br />
              <br />
       Bref, un livre qui ne manque pas de panache pour nous aider à sortir de l’engrenage du snobisme et d’en rire ! Mais, vouloir tuer le snob qui est en nous, « c’est comme l’athéisme militant qui est encore une religion ». Adèle Van Reeth et Raphaël Enthoven nous auront avertis…       <br />
              <br />
              <br />
       Le snobisme, mars 2015, 157 pages, 12,50 €       <br />
       Ecrivain(s): Adèle Van Reeth et Raphaël Enthoven Edition: Plon       <br />
       Le snobisme, Adèle Van Reeth et Raphaël Enthoven       <br />
              <br />
       (Article rédigé pour la Cause littéraire)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.wmaker.net/philobalade/Le-snobisme-une-maladie-incurable_a73.html" />
  </entry>
</feed>
