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  <title>PHILING GOOD, l'anti-burnout des idées </title>
  <description><![CDATA[un blog sur l'actualité en philosophie et les sciences humaines, des articles accessibles sur certaines problématiques et surtout des petites astuces pour avoir le Phil-ing !]]></description>
  <link>https://www.wmaker.net/philobalade/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-09T15:24:47+02:00</dc:date>
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   <title>Après « L’art d’avoir toujours raison », un petit traité des idées pour avoir raison à temps !</title>
   <pubDate>Sun, 08 Mar 2026 16:18:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marjorie Rafécas</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[LIVRES PHILous]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Puisque la punchline de mon blog s’intitule l’anti burn-out des idées, comment ne pas évoquer le « Petit traité des idées à l’usage de ceux qui veulent se faire entendre » de François Belley (Guy Trédaniel éditeur). Cet ouvrage s’appelle « Petit traité », mais il a plutôt le punch d’un manifeste en 50 recommandations, la vigueur des lettres capitales et des points d’exclamation, un côté clairement punk, avec l’instinct d’un pirate pour vous réveiller de votre hibernation, si jamais vous êtes encore engourdis... Je le rapprocherais plutôt d’une ode à la confiance en soi d’Emerson : OSEZ ! Doublée par l’esprit ironique d’Oscar Wilde : Osez, car les autres sont déjà pris !     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/95175291-66634029.jpg?v=1772991426" alt="Après « L’art d’avoir toujours raison », un petit traité des idées pour avoir raison à temps !" title="Après « L’art d’avoir toujours raison », un petit traité des idées pour avoir raison à temps !" />
     </div>
     <div>
      A l’époque de l’Antiquité et de Platon (encore lui, oui, ses idées sont invincibles !), les idées étaient soufflées par les divinités. Mais les muses de l’inspiration ne sont pas toujours au rendez-vous, le déclic est souvent capricieux. Le mot « idée » est sexy et sonne comme une déesse. Cependant, « l’enjeu consiste à passer de l’eidos chère à Platon à l’idea, c’est-à-dire d’une forme abstraite à un aspect concret ».          <br />
       La bonne nouvelle est qu’il n’est pas nécessaire d’attendre que les dieux viennent vous souffler une idée géniale, les idées germent en fait partout ! Il suffit de bouger pour les capter. La lutte contre la routine est la première révolution pour entrer dans le monde des idées.        <br />
       « Les idées viennent de tout », écrivait Hitchcock.        <br />
              <br />
       « L’artiste est un entonnoir » et doit se positionner à l’intersection des mondes.        <br />
       Les nouvelles idées peuvent naître d’idées détournées, d’incongrues associations, il est conseillé de jouer, s’amuser… Point de mal à devenir graphomaniaque, à la façon de David Lynch qui écrivait sur des boîtes d’allumettes.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/95175291-66634030.jpg?v=1772992262" alt="Après « L’art d’avoir toujours raison », un petit traité des idées pour avoir raison à temps !" title="Après « L’art d’avoir toujours raison », un petit traité des idées pour avoir raison à temps !" />
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     <div>
      <b>Ne pas craindre de rentrer en collision</b>       <br />
              <br />
       De la friction naît l’étincelle des idées. Il ne faut pas craindre de se frotter aux idées des autres. Il faut se « forcer » à devenir un agent provocateur. « L’époque est ainsi elle n’aime que les plats relevés ». C’est un peu l’art de la guerre ; lancer des hostilités comme des coups de foudre. C’est la partie du livre qui vous explique comment se faire entendre, car ce n’est pas tout d’avoir des idées et des supers pouvoirs dionysiaques «Eureka ». Encore faut-il savoir créer le buzz….        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/95175291-66634032.jpg?v=1772992301" alt="Après « L’art d’avoir toujours raison », un petit traité des idées pour avoir raison à temps !" title="Après « L’art d’avoir toujours raison », un petit traité des idées pour avoir raison à temps !" />
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     <div>
             <br />
       <b>Être le premier comme André Breton et non le meilleur</b>        <br />
              <br />
       Il est également recommandé de savoir tirer le premier, même si nous ne sommes pas complètement sûrs de la qualité d’une idée. Car la valeur d’une idée dépend de son utilisation. Il faut même oser se faire payer pour ses idées, pour prouver leur utilité.        <br />
       Les consultants de BCG ou autres marques de conseil en stratégie devraient bénir Bergson d’avoir écrit « il y a, en effet, depuis des siècles, des hommes dont la fonction est de voir, de nous faire voir ce que nous n’apercevons pas naturellement » (la Pensée et le Mouvant). En temps mouvant, il est apprécié de penser vite et loin. Les leaders n’ont-ils pas l’avantage d’être visionnaire ?        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/95175291-66634626.jpg?v=1772992262" alt="Après « L’art d’avoir toujours raison », un petit traité des idées pour avoir raison à temps !" title="Après « L’art d’avoir toujours raison », un petit traité des idées pour avoir raison à temps !" />
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     <div>
      <b>Entendez tout le monde et n’écoutez personne</b>       <br />
       Pour avoir des idées, il est essentiel de savoir écouter derrière toute les portes, tout en n'écoutant personne. Là est le paradoxe ! Cherchez des lieux inspirants, des clusters créatifs, tout en restant dans votre tour d’ivoire, personne ne doit ni voler vos idées, ni les influencer. Seul vous, avez le droit de les capturer et les remodeler !       <br />
       Le syndrome de l’imposteur est de donner un pouvoir incommensurable aux autres, oubliez cette posture…       <br />
              <br />
       <b>Etre infidèle à ses idées</b>       <br />
       Une fois vos idées lancées, il n’est point nécessaire d’être loyal. Il est possible de « bonnardiser » ses œuvres. Les idées ne sont jamais totalement achevées. Pour cette raison, il faut savoir en créer sans cesse des nouvelles. Tout est dans la nuance dans la philosophie des pirates des idées !        <br />
       Un côté assurément nietzschéen rugit dans cet essai.          <br />
              <br />
       Bertrand A. W. Russel y apporterait la nuance suivante : « La chose la plus difficile au monde n’est pas que les gens acceptent de nouvelles idées, mais qu’ils oublient les anciennes ».        <br />
       Ainsi, une idée met du temps à se répandre, tant les réflexes de la routine et les biais cognitifs sont puissants. La 1ère édition de <span style="font-style:italic">L'interprétation des rêves</span> de Freud a été un vrai flop au départ. Ainsi, une idée révolutionnaire peut avoir besoin de temps pour infuser...       <br />
              <br />
       François Belley est producteur d’idées, et rien d’autre. Il est tour à tour publicitaire, essayiste, romancier, conférencier et concepteur de jeu de société.       <br />
       <span style="font-style:italic">Petit traité des idées à l’usage de ceux qui veulent se faire entendre,</span> François Belley, (Guy Trédaniel éditeur, 2025).        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel</title>
   <pubDate>Mon, 30 Jun 2025 07:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marjorie Rafécas</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[PHIL-ANALYSE]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Auparavant, la notion de désir était bercée par le Banquet de Platon, on était exalté par l’idée de l’amour du beau, du désir qui élève, le mythe de l’âme sœur… Puis Freud a fini par broyer tout le romantisme des âmes sœurs avec le complexe d’Oedipe et en transformant la passion en une sorte d’hystérie… Et maintenant, nous voilà assaillis d’anglicismes qui formatent et détricotent les états amoureux : nanoship (relations fugaces sans engagement), situationship (une amitié avec des relations intimes, aussi appelée « sex friend »), ghosting, slowmance (prendre le temps de se découvrir et être plus « conscient »), sans oublier la « dark romance » qui fait fureur chez les jeunes filles… Pourquoi cette avalanche de novlangue ? Probablement le symptôme d’une volonté de coder les relations, d’un besoin irrépressible de « maîtriser » les émotions. Or les relations amoureuses et amicales ne sont-elles pas la meilleure façon de nous confronter à nos ombres, sans tenter de les refouler ? Désirer et maîtriser sont-ils compatibles ? Serions-nous passés en quelques décennies du concept de l’amour platonique à celui de l’amour plat… Eros, au temps des sites de rencontres et de l’IA, va-t-il survivre ?     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345446.jpg?v=1751261005" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Gaston Bachelard écrivait : « l’homme est une création du désir, non pas une création du besoin. ». Souvent réduit à la notion de besoin, le désir est mal perçu à cause de cette image d’un manque à combler, alors qu’il peut être au contraire une puissance, un moteur.        <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345452.jpg?v=1751262967" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
      L’ambivalence provient de son étymologie.  Le mot « désir » vient du latin « sidus » qui désigne une constellation d’étoiles, ce qui signifierait que le désir naît de la sidération d’être coupé des étoiles. Ce serait donc la nostalgie que ressent l’être humain de ne plus contempler les étoiles. Cependant, il peut y avoir une deuxième interprétation radicalement opposée, le désir peut être aussi perçu comme une libération de cet état de sidération, qui nous propulse vers l’action. Frédéric Lenoir, dans son livre <span style="font-style:italic">Le désir, une philosophie</span> (Flammarion 2022), explique bien cette ambivalence étymologique du mot « désir », à la fois considéré comme une faiblesse du corps, presque comme une souffrance (ce qui rejoint le pessimisme de Schopenhauer), comme à l’inverse, une puissance créatrice, à l’instar des conceptions défendues par Spinoza et Bergson. Spinoza nous invite à suivre nos « vrais » désirs pour augmenter notre puissance vitale et notre joie. « Diminuer le désir, c’est diminuer la vie. » Nietzsche et Bergson développeront la même philosophie que Spinoza autour du désir, l’un avec la volonté de puissance, l’autre avec l’élan vital. C’est comme un sentiment d’ivresse qui nous fait goûter au sentiment de plénitude, ce sentiment d’être relié à l’Univers.        <br />
              <br />
       La société de consommation a tendance à caricaturer nos désirs à des envies. Dans son ouvrage, <span style="font-style:italic">l’Homme unidimensionne</span>l, Herbert Marcuse philosophe américain, qualifie ce phénomène de marchandisation de notre désir de « désublimation répressive », qui consiste à déconnecter les désirs des individus de leur sublimation classique centré sur la vie de l’âme.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345465.jpg?v=1751262589" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
      <b>Ne serait-ce pas la peur de l’échec, plutôt que l’expérimentation du manque, qui nous ferait fuir la force du désir ?</b>       <br />
              <br />
       Voulons-nous donner raison au pessimisme de Schopenhauer et à Freud qui nous condamnent à demeurer des êtres de désir, englués dans le manque et la frustration, dans le déterminisme d'une souffrance certaine ? Ou au contraire, avoir raison avec Spinoza en réinterprétant et réinventant notre désir pour nous laisser porter par la spirale de la joie et la bonne humeur ?       <br />
              <br />
       Dans l’Anti-Œdipe, Deleuze le philosophe, et Guattari le psychanalyste, expliquent que le désir n’est pas fait pour avoir, mais pour produire et aller de l’avant. « Il n’est pas dans l’acquisition. Le désir est producteur de réalité. Le désir ne manque de rien quand il crée. Le désir étreint la vie. »       <br />
       Le désir est un voyage, et la joie, notre boussole. Parfois, nous pouvons ressentir de la tristesse, une perte d’énergie, mais il ne faut pas l’interpréter comme un échec, mais plutôt comme la nécessité de réinterpréter son désir. Le vrai désir crée une force, et non pas de la frustration et du manque. Le désir n’attend jamais, il crée.        <br />
       Notre société de l’avoir est un leurre. Notre quête devrait plutôt chercher le sentiment de plénitude : l’unité de notre être. Jung suggère que le bonheur est accessible lorsque notre conscience et notre inconscient ont enfin appris à vivre en paix : c’est ce que l’on appelle le processus d’individuation. Et l’amour participe à ce processus d’individuation.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345484.jpg?v=1751262879" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
      <b>Selon Jung, l’amour est un voyage à la découverte de soi. Mais l'est-il encore avec l'IA ? </b>       <br />
              <br />
       L’amour est un pont vers l’inconscient, un voyage qui nous mène vers nous-mêmes. L’amour agit dans le processus d’individuation. D’où le grand risque de rendre l’amour, le désir artificiel, digitalisé… S’il n’y a plus de doute, plus de prise de risque, on ne chemine plus, on ne vit plus… C’est presque la mort de notre chemin de transformation.        <br />
              <br />
       Elsa Godart, psychanalyste et philosophe, intervenait il y a peu, sur le thème « IA pas de mal à se faire du bien » au festival Solidays. Il y était question de la romance digitale (exemple du site Replika qui permet de créer des partenaires virtuels, voire de communiquer avec des proches décédés en créant un double numérique en analysant toutes les données laissées par la personne décédée…). Elsa Godart voit dans ce phénomène d’agent conversationnel incarnant un confident ou un prétendant, une façon de se prémunir contre la dimension tragique de l’existence. L’IA ne nous contredira jamais, ne demande rien en échange, le risque d’être abandonné ou rejeté s’éclipse subitement. C’est comme du « narcissisme algorithmique ». Pourtant, le doute fait vivre ! Un membre de l’auditoire l’interpelle en lui demandant si ce nouveau mode de relation ne revient pas à pratiquer l’onanisme. Elsa Godart ne partage pas ce point de vue, car dans la masturbation, il y a un appel aux fantasmes, ce que détruit l’IA, car elle phagocyte l’espace à la rêverie.       <br />
              <br />
       Si on revient à la conception jungienne de l’amour, est-ce qu’une IA peut aider un individu dans son processus d’individuation ? Dans la conception jungienne, lorsque nous sommes attirés par quelqu’un, c’est souvent par projection d’un aspect de notre personnalité dont nous n’avons pas encore conscience sur l’autre. Une sorte de miroir de nos ombres (l’ombre pouvant être positive). Pouvons-nous réellement nous projeter sur une IA ? Il faut plutôt voir l’IA comme un doudou, un coach, mais certainement pas comme un alter ego. L’IA peut nous aider à mieux comprendre les situations, à nous suggérer comment y faire face, mais la laisser se substituer à nos amis, nos proches ou notre amoureux est un jeu dangereux. Cela reviendrait à refuser l’idée de toute séparation.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345493.jpg?v=1751261895" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
      <b>L’épreuve de l’éros noir </b>       <br />
              <br />
       Lors d’une conférence sur le thème « Désir et plaisir » organisé par l'Institut CG Jung le 24 mai 2025 (https://cgjungfrance.com/events/desir-et-plaisir-journee-detudes-jungiennes), Sophie Seale, psychothérapeute jungienne, a rappelé l’importance de l’œuvre au noir, principe alchimique qui nous aide dans notre transformation. L’œuvre au noir nous oblige à nous confronter à notre ombre et nos démons. Elle est comme une destruction créatrice. Ce qui rappelle d’ailleurs la théorie de Schumpeter en économie. Elle nomme ce phénomène, « sadien », à ne pas confondre avec le sadisme.  Il faut apprendre à connaître son éros noir pour évoluer.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345505.jpg?v=1751263535" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
      <b>La sexualité peut-elle être dénuée de sentiment ?</b>       <br />
              <br />
       Pour les jungiens comme Marie-Laure Colonna ou Bertrand de la Vaissière, la sexualité est une énergie créatrice, quasi divine. La sexualité sans sentiment a un « goût de cendre ». Il est important de sortir d’une conception mécanique de la sexualité,  ce qui est en fait le cas du « situationship ».        <br />
       Est-ce que la sexualité sans sentiment, ou du moins sans émotion, existe vraiment ? Peut-être confondons-nous « sans sentiment » et « sans attachement ». Mais du point de vue des neurosciences, si l’acte charnel provoque du plaisir, le cerveau va générer de l’ocytocine, qui est l’hormone de l’attachement. Le corps a donc ses raisons, que la raison ignore…       <br />
              <br />
       Vouloir maîtriser une relation intime revient à tuer le mystère du désir. La sexualité est une ouverture, elle est poétique et noétique, comme l’explique Bertrand de la Vaissière. Elle fait partie des multiples voies qui ouvrent la connaissance. On peut même voir dans la sexualité, le secret de la matière, ce qui n’est pas anodin. Ce qui confère des racines plutoniennes à la sexualité.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345512.jpg?v=1751262589" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
      <b>Les relations amoureuses, une expérience du dépassemen</b>t        <br />
              <br />
       Rappelons que l’étymologie grecque du mot « extase » signifie sortir de soi. Il faut savoir sortir de soi pour mieux se connaître…La libido est le désir de conjonction des opposés, d’une quête de l’entièreté. L’extase est à l’opposé du narcissisme et des tentatives de coder les relations. Certaines expériences sexuelles peuvent être « numineuses » et avoir un effet thérapeutique. L’amour est une danse entre l’anima et l’animus. Ce qui rejoint aussi l’harmonie entre nos deux cerveaux, gauche et droit.       <br />
       Marie-Laure Colonna, dans son livre L’aventure du couple aujourd’hui (Dervy, 2011), suggère que le couple est une école de sagesse, car « en se frottant à l'autre », nous mûrissons.        <br />
       L’autre nous révèle notre inconnu. Ce qui rejoint la théorie du philosophe Merleau Ponty, pour qui la perception d’autrui est une rencontre avec soi-même.       <br />
              <br />
       Marie-Laure Colonna, dans son ouvrage « Les facettes de l’âme » (Editions du Dauphin 2014) explique que cette perception de l’amour transformateur reste une notion très occidentale. Dans les hexagrammes du Yi Jing, nous avons la demande en mariage, le développement, l’Epousée… Mais, nous ne trouvons pas de référence à la passion transformatrice, comme dans le Phèdre de Platon. L’amour qui inspire et métamorphose l’âme est une conception plutôt occidentale. Mais peut-être que l'esprit chinois millénaire du Yi Jing rencontrant l'esprit occidental va connaître aussi des développements nouveaux grâce à cette fécondation réciproque.        <br />
       Le désir est comme une danse. D’ailleurs, le tango semble être une jolie métaphore de cette musique du désir, du destin… Ne pas craindre de traverser la tristesse, les ombrages de la passion, pour atteindre le firmament créateur de la joie…        <br />
              <br />
       L’amour doit être créatif et curieux. Mais certainement pas factice et algorithmique, sinon c’est la mise à mort du désir.        <br />
       « Il faut porter en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante », cette célèbre citation de Nietzsche rejoint finalement les principes alchimiques du désir tels que définis par Jung.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345524.jpg?v=1751262513" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
      <b>A propos des auteurs cités dans cet article</b>       <br />
              <br />
       Marie-Laure Colonna et Elsa Godart font partie des experts interviewés dans le livre La revanche du cerveau droit (2022, Edition du Dauphin), Marie-Laure Colonna pour son savoir et sa passion pour Jung, et Elsa Godart, sur les effets de l’hypermodernité. Philosophes et psychanalyste toutes les deux, Elsa Godart est plutôt d’influence freudienne, contrairement à Marie-Laure Colonna qui est reconnue comme jungienne.        <br />
       Frédéric Lenoir, que l’on ne présente plus…       <br />
       Bertrand de la Vaissière est également psychanalyste jungien.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345538.jpg?v=1751262572" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
      <b>Livres à lire pour aller plus loin </b>       <br />
              <br />
       Les facettes de l’âme (Editions du Dauphin), L’aventure de couple aujourd’hui (Dervy Editions), de Marie-Laure Colonna       <br />
       Je selfie donc je suis, Les métamorphoses du moi à l’ère du virtuel, La psychanalyse va-t-elle disparaître (Albin Michel), Les vies vides (Armand Colin 2023) de Elsa Godart        <br />
       Le désir, une philosophie (Flammarion), de Frédéric Lenoir.        <br />
       Les énergies du mal en psychothérapie jungienne (Editions du dauphin), Bertrand de la Vaissiere.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/89633282-63345557.jpg?v=1751262867" alt="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" title="Nanoship, situationship, slowmance, le désir à l’heure de l’amour artificiel" />
     </div>
     <div>
      La revanche du cerveau droit, une ouverture pour demain (Editions du Dauphin 2022), Ferial Furon et Marjorie Rafécas-Poeydomenge
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/imagette/89633282-63345446.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/philobalade/Nanoship-situationship-slowmance-le-desir-a-l-heure-de-l-amour-artificiel_a118.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Avez-vous déjà été traversé par un "sentiment océanique" ?</title>
   <pubDate>Sun, 09 Feb 2025 18:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marjorie Rafécas</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[FLASH-INFO pour ne pas perdre le PHIL]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ce concept de "sentiment océanique", qui donne la sensation de « faire corps avec le grand tout », a été décrit à l’origine par l’écrivain Romain Rolland. Cette sensation d'éternité, d'infini, peut rappeler la joie de Bergson ou de Spinoza, ou encore le numineux de Jung. Elle est cette émotion qui nous libère de la Caverne et nous met en communion avec le beau, l'âme du monde.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/86342090-61430576.jpg?v=1739125871" alt="Avez-vous déjà été traversé par un "sentiment océanique" ?" title="Avez-vous déjà été traversé par un "sentiment océanique" ?" />
     </div>
     <div>
      Martin Legros dans un article récemment paru dans <span style="font-style:italic">Philosophie Magazine </span> rappelle que c’est dans une lettre à Sigmund Freud, du 5 décembre 1927, que Romain Rolland forge la notion de “sentiment océanique”.  A la parution de <span style="font-style:italic"> L’Avenir d’une illusion</span> de Freud, Romain Rolland lui écrit : « Votre analyse des religions est juste. Mais j’aurais aimé vous voir faire l’analyse du sentiment religieux spontané ou, plus exactement, de la sensation religieuse, qui est toute différente des religions proprement dites, et beaucoup plus durable. J’entends par là : – tout a fait indépendamment de tout dogme, de tout Credo, de toutes organisations d’Église, de tout Livre Saint, de toute espérance en une survie personnelle, etc. –, le fait simple et direct de la sensation de l’’éternel’ (qui peut très bien n’être pas éternel, mais simplement sans bornes perceptibles et comme océanique).”        <br />
              <br />
       Cela interpellera Freud. Mais il réduira ce sentiment océanique à un simple transport mystique, lui qui était totalement hermétique à la musique. Faut-il d'ailleurs se méfier au passage des personnes non mélomanes ? Leurs visions ne manquent-elles pas de fluidité ? Freud et Picasso se montraient fuyants face à cet art de l’ineffable.        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       Pourtant la musique tel l’océan, comme aussi mêler son corps à l’être aimé, peuvent faire jaillir cette sensation d’éternité.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/86342090-61430623.jpg?v=1739126728" alt="Avez-vous déjà été traversé par un "sentiment océanique" ?" title="Avez-vous déjà été traversé par un "sentiment océanique" ?" />
     </div>
     <div>
      Romain Rolland a écrit de nombreux ouvrages sur les musiciens et les artistes. Dans son livre « Vie de Beethoven » (1903), l’on se sent submergé par cette « divine frénésie » que la musique ou la Nature savent faire jaillir, « le feu de l’esprit des hommes ».  Beethoven écrivait « Il n’y a rien de plus beau que de s’approcher de la divinité, et d’en répandre les rayons sur la race humaine ».       <br />
              <br />
       Faut-il écouter Beethoven pour ressentir ce sentiment océanique ?        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       Entre Freud et Romain Rolland, vers où penche votre cœur ? Faut-il négliger ces transports mystiques ou au contraire les célébrer ?        <br />
              <br />
       Schopenhauer a déjà tranché...       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vie de Beethoven</span>, Romain Rolland       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/imagette/86342090-61430576.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/philobalade/Avez-vous-deja-ete-traverse-par-un-sentiment-oceanique_a117.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Point de joie sans créativité, selon Bergson</title>
   <pubDate>Wed, 01 Jan 2025 21:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marjorie Rafécas</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[I phil good !]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Et si la vie était une œuvre d’art en perpétuelle évolution, une création infinie ? C’est ainsi qu’Henri Bergson, philosophe du XXe siècle, voyait notre existence. Selon lui, chacun de nous porte en soi une force créatrice capable de transformer le monde. Bergson, plutôt connu pour son essai sur « Le rire » (texte le plus facile à lire de ses œuvres), est le théoricien de l’élan vital, de l’énergie spirituelle et de la joie comme signe que la vie a triomphé. Il est aussi le premier philosophe à avoir étudié les phénomènes métapsychiques comme la télépathie. À travers l’élan vital, l’intuition et la joie, il nous invite à devenir les artisans de notre propre vie. Dans un monde en quête de sens, sa pensée résonne comme un appel à la liberté, à la créativité, et à la métamorphose de l’humanité.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/85265578-60794438.jpg?v=1735766297" alt="Point de joie sans créativité, selon Bergson" title="Point de joie sans créativité, selon Bergson" />
     </div>
     <div>
      <b>L’élan vital : une force de vie créative</b>       <br />
              <br />
       Pour Bergson, la vie est animée par un élan vital, une impulsion créative qui traverse chaque être. Contrairement aux idées reçues, la vie ne se résume pas à des cycles répétitifs ou à des mécanismes figés. Depuis les premières formes de vie sur Terre, cet élan vital n’a cessé de produire des nouveautés, imprévisibles et uniques. C’est ce que les scientifiques comme Darwin ont nommé la théorie de l’évolution. Cet élan se manifeste en nous comme une exigence de création : écrire, peindre, inventer, aimer. La vraie vie, selon Bergson, n’est pas une routine. Elle est une danse, un élan qui nous pousse à dépasser les cadres et à enrichir le monde. Loin du prêt-à-penser et du prêt-à-sentir que nous infuse la société, en nous laissant croire que nous sommes originaux, Bergson nous invite à nous reconnecter à nos émotions profondes. Notre intelligence ne peut se contenter de moules grammaticaux pour comprendre la vie et saisir son évolution créatrice.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/85265578-60794443.jpg?v=1735766646" alt="Point de joie sans créativité, selon Bergson" title="Point de joie sans créativité, selon Bergson" />
     </div>
     <div>
      <b>La joie : signe du triomphe de la vie</b>       <br />
              <br />
       Comment savoir si nous sommes en phase avec cet élan vital ? De la même façon que Spinoza, Bergson considère que la joie est notre boussole. Selon lui, chaque grande joie est le signe que la vie a triomphé. Elle indique que nous avons créé, innové, ou simplement écouté notre véritable nature. Contrairement au plaisir, souvent passager et lié aux désirs immédiats, la joie est profonde et durable. Elle naît de la création : plus riche est la création, plus intense est la joie.       <br />
        « Les philosophes qui ont spéculé sur la signification de la vie et sur la destinée de l’homme n’ont pas assez remarqué que la nature a pris la peine de nous renseigner là-dessus elle-même. Elle nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte. Ce signe c’est la joie. La joie annonce toujours que la vie a réussi, qu’elle a gagné du terrain, qu’elle a remporté une victoire : toute grande joie a un accent triomphal. Partout où il y a joie, il y a création : plus riche est la création, plus profonde est la joie. » <span style="font-style:italic">(L’énergie spirituelle</span>, Bergson).        <br />
       La pure joie est toujours celle qui naît à l’intérieur d’un esprit créateur. Au passage, je tiens à vous partager une synchronicité, qui fera plaisir à Jung, mais aussi peut-être à Bergson, intervenue en ce jour du 1er janvier 2025, jour où j’ai rédigé cet article et où j’ai entamé la lecture d’un livre sur un sujet complètement différent, le Yoga Kundalini (<span style="font-style:italic">Kundalini des saisons, yoga du vivant</span> de Marion Sebih), et où le destin a créé une rime, car je suis tombée sur la même citation de Bergson sur la joie. Le hasard est créatif !       <br />
              <br />
       Pour parvenir à cet élan vital et à atteindre la joie, Bergson nous propose un outil précieux : l’intuition. Contrairement à l’intelligence qui analyse, calcule et divise, l’intuition nous connecte directement à la fluidité de la vie. En écoutant notre intuition, nous pouvons vivre plus pleinement, en harmonie avec notre élan vital. Cela demande parfois du courage, car la société nous pousse souvent à nous conformer. Mais selon Bergson, c’est dans cette authenticité que se trouve la véritable richesse.       <br />
       La vie est comparable à une mélodie fluide, un temps vécu qui échappe aux catégories rigides de l’intelligence. Contrairement au temps mesuré, linéaire et figé, la durée bergsonienne est un mouvement continu, reflétant la profondeur de notre vie intérieure.       <br />
       « Une mélodie que nous écoutons, les yeux fermés, en ne pensant qu’à elle, est tout près de coïncider avec ce temps qui est la fluidité même de notre vie intérieure » (<span style="font-style:italic">Durée et simultanéité</span>, Bergson). La musique est donc une excellente pédagogue pour concevoir le temps autrement.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/85265578-60794449.jpg?v=1735766646" alt="Point de joie sans créativité, selon Bergson" title="Point de joie sans créativité, selon Bergson" />
     </div>
     <div>
      <b>Point de création sans émotion</b>       <br />
              <br />
       Pour Bergson, toute création – qu’elle soit artistique, scientifique ou sociale – naît d’une émotion profonde. L’émotion agit comme un stimulant, déclenchant des idées nouvelles et des transformations. Les émotions, pour Bergson, ne sont pas de simples réactions passives. Elles sont des forces créatrices, des déclencheurs de transformation. Une émotion profonde peut bouleverser nos certitudes. « Création signifie, avant tout, émotion » (<span style="font-style:italic">Les deux sources de la morale et de la religion</span>, Bergson).        <br />
              <br />
       Et n’est-ce pas l’amour, cette émotion par excellence, qui inspire les plus grandes œuvres d’art, les découvertes scientifiques ou les gestes héroïques ? Bergson affirme que l’émotion est à l’origine de toutes les grandes créations humaines. C’est toujours une émotion neuve qui est « à l’origine des grandes créations de l’art, de la science et de la civilisation » (<span style="font-style:italic">Les deux sources de la morale et de la religion</span>, Bergson)       <br />
              <br />
       Même l’intelligence du savant est mue par une émotion. Dans le cas des héros, c’est une volonté de communiquer leur élan aux autres hommes, de telle sorte que chacun, puisse tendre à l’ouverture de son âme et à la transformation de la société.       <br />
              <br />
       Ce concept est particulièrement pertinent à l’heure du développement de l’intelligence artificielle et des agents conversationnels. L’IA peut-elle véritablement être créative, alors qu’elle est totalement dénuée d’émotions ? Toutes ces créations sont issues d’algorithmes sans émotion. Si l’on reprend la définition de Bergson, l’IA n’est pas en mesure de « créer » véritablement…       <br />
              <br />
       Pour Bergson, l’art véritable révèle l’unique, l’irréductible. L’artiste voit au-delà des apparences pour capturer l’essence d’un être ou d’un objet. Il rend visible ce que l’œil ordinaire ne perçoit pas : le mouvement, l’intention fondamentale, et l’aspiration profonde de la vie.       <br />
              <br />
       Les émotions suscitées par l’art sont singulières. Chaque œuvre génère des sentiments nouveaux, impossibles à réduire à des mots généraux comme « joie » ou « tristesse ». Bergson explique que l’art agit comme une forme d’hypnose, introduisant en nous des émotions créées par l’artiste, mais révélant aussi une vérité profonde sur nous-mêmes et le monde. Cela rejoint le concept de l’ineffable de Jankélévitch.        <br />
              <br />
       « L’émotion créatrice qui soulevait ces âmes privilégiées, et qui était un débordement de vitalité, s’est répandue autour d’elles : enthousiastes, elles rayonnaient un enthousiasme qui ne s’est jamais complètement éteint et qui peut toujours retrouver sa flamme. » (<span style="font-style:italic">Les deux sources de la morale et de la religion</span>, Bergson). Il ne dépend que de nous de rallumer ce feu mystique !       <br />
              <br />
       Bergson a développé une conception originale des émotions, celles-ci ne naissent pas nécessairement en nous, elles nous traversent, nous sommes pris par elles. L’émotion est tel un élan, un souffle qui nous bouscule. Les émotions nous font entrer dans une danse cosmique enjoué ; « à vrai dire, elle n’introduit pas ces sentiments en nous ; elle nous introduit plutôt en eux, comme des passants qu’on pousserait dans une danse. ». « Quand la musique pleure, c’est l’humanité,  c’est la nature entière qui pleure avec elle » (<span style="font-style:italic">Les deux sources de la morale et de la religion</span>, Bergson)       <br />
              <br />
       Et si c’était ça, la vraie réussite : non pas adopter des résolutions, se fixer des objectifs, mais vibrer avec la mélodie imprévisible de la vie ?       <br />
              <br />
       Bergson nous invite à devenir les créateurs de nos propres vies, à embrasser nos émotions et à écouter notre intuition. C’est dans cette liberté que réside notre plus grande richesse.       <br />
              <br />
       Cette philosophie trouve une résonance contemporaine : dans un monde souvent marqué par l’uniformisation et la routine, l’appel de Bergson à la créativité, à la joie, et à la spiritualité nous emporte comme l’hymne à joie de la neuvième symphonie de Beethoven.       <br />
              <br />
       « Je voudrais maintenant vous dire quelques mots de ce que j’appellerai la puissance créatrice de l’effort ; c’est une puissance merveilleuse. Elle métamorphose tout ce qu’elle touche. Elle fait que le plomb le plus vil se change en or le plus pur. » (<span style="font-style:italic">Mélanges</span>, Bergson).        <br />
              <br />
       A vous de jouer !       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/85265578-60794450.jpg?v=1735766498" alt="Point de joie sans créativité, selon Bergson" title="Point de joie sans créativité, selon Bergson" />
     </div>
     <div>
      <b>Pour en savoir plus sur la philosophie de Bergson</b>       <br />
              <br />
       Je vous conseille le livre très synthétique, Bergson, La création de soi par soi, de Karl Sarafidis (Eyrolles, 2013).        <br />
              <br />
       <b>Principaux livres de Bergson pour découvrir sa pensée :</b>       <br />
              <br />
       Essai sur les données immédiates de la conscience (1889), thèse de doctorat de Bergson sur l’idée de durée       <br />
              <br />
       Matière et Mémoire (1896) : Sur l’union de l’âme et du corps.       <br />
              <br />
       Le rire, essai sur la signification du comique (1900)       <br />
              <br />
       L’Évolution Créatrice (1907) : Exploration de l’élan vital et de la dynamique de la vie.       <br />
              <br />
       L’Énergie Spirituelle (1919) : Réflexions sur la conscience, l’intuition, et les phénomènes psychiques.       <br />
              <br />
       Les Deux Sources de la Morale et de la Religion (1932) : Sur les sociétés fermées et ouvertes.       <br />
              <br />
       La Pensée et le Mouvant (1934) : Synthèse de sa méthode philosophique.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/imagette/85265578-60794438.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.wmaker.net/philobalade/Point-de-joie-sans-creativite-selon-Bergson_a116.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?</title>
   <pubDate>Tue, 30 Jul 2024 15:23:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marjorie Rafécas</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[PHIL-ANALYSE]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'utérus artificiel n’est plus une chimère d'Aldous Huxley, pressenti dans son roman "Le meilleur des mondes" paru en 1932. La science progresse et les médecins ont bon espoir de pouvoir sauver grâce à cette technique de nombreux bébés prématurés. Rappelons qu'encore 70 femmes par an décèdent en France des suites d'un accouchement. Ainsi que les accouchements atroces qui se sont déroulés depuis des millénaires. L'utérus artificiel pourrait-il libérer les femmes ?     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/81876238-58890701.jpg?v=1777089481" alt="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" title="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" />
     </div>
     <div>
      Au premier abord, l'utérus artificiel paraît instantanément une bonne nouvelle pour la société : sauver des vies, n'est-ce pas l'objectif de la médecine ? Libérer les femmes des contraintes de la maternité n'est-ce pas le prolongement de la révolution de la contraception ? Néanmoins, derrière l'utérus artificiel, se cachent des enjeux sociétaux importants : est-ce que l'utérus artificiel ne va pas indirectement favoriser l'eugénisme ? Peut-il remettre en question les liens de maternité et paternité ? Qu'en sera-t-il de l'amour maternel ? La place des émotions et de l'humain dans la gestation ?        <br />
              <br />
       Certains scientifiques pensent qu'en 2100, il existera une totale déconnexion entre le plaisir, la sexualité, l'amour et la reproduction. Ce qui risque de provoquer des sacrés chamboulements dans notre façon d'imaginer la société et notamment la sphère privée. L'utérus artificiel pourrait quant à lui provoquer la déconnexion entre la grossesse et le corps de la mère. Ce qui rapprocherait le statut des femmes à celui des hommes.           <br />
       Faut-il alors s'inquiéter de la possibilité de grossesses artificielles pour des femmes qui n'auraient aucun problème de fertilité ou de santé ?  Autrement dit, la grossesse naturelle participe-t-elle au bien de l'humanité et de la société ?        <br />
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      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/81876238-58890702.jpg?v=1722348140" alt="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" title="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" />
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      <b>Le symbole de l'utérus</b>       <br />
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       Avant de s'interroger sur le rôle de la grossesse dans la société, arrêtons-nous quelques instants sur le symbole de l'utérus dans notre inconscient collectif. Le terme « hystérie », qui a été souvent une façon de discriminer les femmes excessives, voire de les accuser d'être des sorcières, vient du grec, qui signifie matrice, soit utérus. A l'époque de Platon, la théorie était que l'utérus est &quot;un animal qui désire ardemment engendrer des enfants&quot;, et que lorsque la femme n'arrive pas à enfanter, la matrice &quot;parcourt tout le corps (...) jetant le corps dans des dangers extrêmes, (...), jusqu'à ce que le désir et l'amour, réunissant l'homme et la femme, fassent naître un fruit et le cueillent comme sur un arbre ». L'hystérie chez Platon pourrait donc se confondre avec la passion. L'utérus n'est donc pas anodin, il apparaît comme une sorte de matrice du désir, avant d'être le réceptacle d'un embryon. N'est-ce pas l'utérus qui rattache la femme à la terre ?        <br />
              <br />
       <b>Dans l'ectogénèse, faut-il y voir une dérive transhumaniste ? </b>       <br />
       Plus scientifiquement, l'utérus artificiel permet l'ectogénèse, une grossesse menée hors du corps de la femme. L'ectogénèse n'est pas obligatoirement associée à une procréation médicalisée. Elle peut prendre le relais d'une fécondation spontanée. La grossesse est la relation qu'entretient le foetus avec la mère, ce qui n'est pas neutre. L'utérus artificiel reviendrait à couper le cordon ombilical entre la mère et l'embryon. Cette technique ne modifierait en rien la sexualité, contrairement à la procréation assistée. Mais permet, en sortant l'embryon de l'utérus de la mère, de libérer les corps des femmes des contraintes de la grossesse. Ce qui revient à modifier indirectement une des fonctions d'un organe du corps et finalement l'usage du corps de la femme. Faut-il y voir une dérive transhumaniste qui cherche à rendre nos corps plus puissants, en le coupant de son déterminisme biologique ? La question étant finalement : est-ce que notre corps d'homo sapiens doit déterminer ce que nous sommes ? Est-ce que la grossesse permet à la femme d'atteindre un autre stade ? Comme le serait par exemple une initiation pour passer à un stade supérieur ?         <br />
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      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/81876238-58890709.jpg?v=1722348140" alt="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" title="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" />
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      <b>La grossesse rend-elle les femmes vertueuses ? </b>       <br />
              <br />
       Si la grossesse (qui porte déjà mal son nom) est associée spontanément à une image de lourdeur et de contraintes, elle a quelques avantages que n'ont pas les pères : les mères qui portent leurs enfants sont au moins sûres que ce sont les leurs. En dehors de cet argument factuel, la grossesse permet aussi de transmettre à son bébé ses goûts culinaires, transmettre ses émotions en temps réel, l'accoutumer à sa voix etc.       <br />
       Autre point qui peut paraître romantique et naïf, porter un enfant revient à engendrer la vie dans son ventre. Ce qui est absolument magique comme image. Cela revient presque à avoir un corps de déesse. Passé le stade euphorique de cette belle image de la maternité, nous savons aussi que la grossesse est synonyme de prise de poids, nausées, contraintes dans son alimentation, limitation de certaines de ses activités, accroissement de son émotivité, gonflement des jambes, voire obligation de rester alitée. Sans compter le passage obligé de l'accouchement (qui heureusement est moins douloureux grâce à la péridurale) et le corps changé à l'issue de la grossesse, qu'il faut s'empresser de re-muscler. Cela reste néanmoins moins grave que les décès des femmes mortes en couches.        <br />
       La grossesse permet aux femmes de faire acte d'altruisme, en louant en quelque sorte leur corps à un petit être qui a besoin d'être cocooné. De créer un lien avec ce bébé qu'elles ne connaissent pas encore. Le fait de ne plus porter son bébé peut modifier le lien originel que les femmes ont toujours eu avec la grossesse naturelle. <b>Retenons que l'utérus crée le lien</b>. Cette vie intra-utérine a probablement des incidences importantes sur le bien être psychologique du nouveau né. Sans la grossesse, les femmes pourraient percevoir leur enfant comme un étranger. Dans tous les cas, il faut tenir compte des échanges physiologiques et psychologiques qui sont indispensables entre une mère et son enfant.          <br />
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      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/81876238-58890716.jpg?v=1722348140" alt="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" title="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" />
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      <b>La pénibilité, voire la souffrance, a-t-elle une vertu éthique ? </b>       <br />
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       Echapper à la souffrance d'une grossesse et d'un accouchement ne paraît pas nuire au Bien de la société. Car quelle est l'utilité de la souffrance sur le plan éthique ? Cela paraît contestable. La grossesse, par sa durée de 9 mois, favorise en revanche l'attente et donc la maïeutique. La grossesse est donc la métaphore de la pensée socratique. Peut-on réellement appréhender une naissance sans passer par cette étape ? N'est-il pas nécessaire de travailler, d'attendre pour accoucher de soi-même ? Notons que les femmes ont mis du temps à conquérir certains postes dans la société, comme si les hommes essayaient de s'accaparer un autre type de maïeutique.        <br />
       La société a encore du mal à admettre que les mères ont le droit de ne pas souffrir quand elles sont enceintes ou accouchent. On parle encore de l'abus de césariennes de confort. Pourquoi les césariennes ne pourraient pas être un choix de la femme, si celle-ci ne supporte pas l'idée de l'accouchement par voie basse ? Il semblerait que l'enfantement dans la douleur reste une idée tenace même dans le corps médical.        <br />
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      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/81876238-58890725.jpg?v=1722348140" alt="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" title="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" />
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       L'utérus artificiel, même débat que sur l'allaitement ?  </b>       <br />
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       L'ectogénèse permettrait de libérer le corps de la femme, comme l'a déjà fait la pilule contraceptive, voire l'avortement. La contraception a été une révolution pour la femme, tout comme l'a d'ailleurs été la machine à laver pour les tâches domestiques. Le statut de la femme s'est bien modernisé dans notre pays grâce à ces avancées techniques. Même le congé paternité existe. La société reconnaît déjà l'importance de la place du père dans l'éducation des enfants.       <br />
       Mais, ce qui reste surprenant est le débat sur l'allaitement. Entre ceux qui prônent que c'est meilleur pour l'enfant et celles qui souhaitent disposer librement de leurs seins, on sent un terrain houleux. Comment être certain de ce qui est bien pour l'enfant ? Jusqu'où faut-il aller dans le bien être dans l'enfant au détriment du bien-être de la mère ? La femme a toujours connu cette aliénation, cette fêlure entre le devoir d'être une bonne mère et son envie d'être une femme libre et épanouie. L'homme semble moins connaître ce paradoxe (cf. article Le paradoxe d’être une femme, https://www.wmaker.net/philobalade/Le-paradoxe-d-etre-une-femme-1ere-partie_a2.html ). Ajoutons aussi que l'utérus artificiel permettrait également aux hommes de pouvoir porter un enfant, ce qui serait totalement révolutionnaire et changerait littéralement notre vision de la maternité. Cela bousculerait le stéréotype d'une société patriarcale. Les hommes et les femmes seraient à égalité dans l'enfantement, ce qui modifierait en profondeur le rôle de l'homme. Allons-nous trop loin ? Etre maître et possesseur de la nature est-ce sans dérive ?        <br />
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      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/81876238-58890731.jpg?v=1722348081" alt="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" title="Utérus artificiel : le « meilleur des mondes » ou dérive transhumaniste ?" />
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      <b>       <br />
       L'utérus artificiel, source d'un bel optimisme</b>       <br />
       Malgré toutes ces dérives possibles évoquées, l'utérus artificiel peut nous rendre optimiste : permettre aux enfants prématurés de survivre, permettre aux femmes qui ont des problèmes de fertilité de procréer (ou à des couples homosexuels grâce à la procréation médicalisée sans recourir à une mère porteuse), rétablir l'égalité homme / femme. D'ailleurs, les femmes passées un certain âge n'ont plus la possibilité de procréer, alors que les hommes le peuvent, alors que bizarrement ils meurent plus tôt que les femmes... Il semblerait que la nature soit mal faite sur ce plan. Là aussi, l'utérus artificiel pourrait apporter de l'égalité entre l'âge de procréer des hommes et des femmes. Et ainsi de mettre un terme à l'image des femmes &quot;périmées&quot; (et les débats incessants sur les « cougars » mariées à des hommes plus jeunes).        <br />
              <br />
       <b>Mais ce sera aussi une modification de notre perception de l’origine du monde.</b>       <br />
              <br />
       Avec l'utérus artificiel, l'origine du monde du tableau de Gustave Courbet sera bientôt dépassée. Le corps de la femme ne sera plus un passage obligé pour la naissance d'un bébé. Or dans la symbolique de la genèse du monde, la terre a toujours été associée à la femme, comme le réceptacle, au contraire du ciel créateur. En créant l'utérus artificiel, les scientifiques modifient complètement notre mythologie de la création du monde et de la vie. Ce qui n'est pas anodin. Si l'idée d'accroître le bien-être des mères et des enfants est tout à fait défendable, l'utérus artificiel ne fait-il pas sauter le dernier verrou de la sélection des gènes ? En effet, une fois que l'embryon sera en dehors du ventre de la mère, n'est-il pas plus facile de l'analyser et de le manipuler ? La mère protège naturellement son bébé. Qu'en sera-t-il de l'utérus artificiel ? N'est-ce pas un boulevard pour les tentatives eugénistes ? De la démesure ? Un encadrement sera donc nécessaire pour faire face à la folie humaine de la perfection. Car <b>la perfection c'est la mort de l'être humain… de l’homme et de la femme.  </b>
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