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  <title>PHILING GOOD, l'anti-burnout des idées </title>
  <description><![CDATA[un blog sur l'actualité en philosophie et les sciences humaines, des articles accessibles sur certaines problématiques et surtout des petites astuces pour avoir le Phil-ing !]]></description>
  <link>https://www.wmaker.net/philobalade/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>Un remède pour les âmes ulcérées : le pessimisme</title>
   <pubDate>Sun, 05 Dec 2021 23:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marjorie Rafécas</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[LIVRES PHILous]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les Editions des instants ont eu la bonne idée de dépoussiérer des lectures oubliées du XIXème siècle, pourtant si actuelles : les écrits de Challemel-Lacour sur le pessimisme et ses plus dignes représentants tels que Schopenhauer et Pascal. Ce livre rassemble les textes publiés dans Etudes et réflexions d’un pessimiste publiés en 1901 et en 1993 chez Fayard, ainsi que l’article Un bouddhiste contemporain en Allemagne paru en 1870 dans la Revue des Deux mondes. Paul-Armand Challemel-Lacour a été académicien et normalien, reçu premier à l’agrégation de philosophie. Tout comme de nombreux de ses contemporains, il a connu l’exil politique. Et le sentiment d’exil que ressent tout être d’une extrême lucidité, car le pessimisme est un exil…     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/60807553-44453840.jpg?v=1638746496" alt="Un remède pour les âmes ulcérées : le pessimisme" title="Un remède pour les âmes ulcérées : le pessimisme" />
     </div>
     <div>
      Il faut savoir qu’au XIXème siècle, Schopenhauer n’était pas encore très connu en France. Notre philosophe allemand a néanmoins intrigué trois voyageurs français qui ont eu l’audace de le rencontrer et de se frotter à sa philosophie parabolique des « porcs-épics » : Frédéric Morin (en 1858), Foucher de Careil (en 1859) ainsi que Challemel-Lacour (également en 1859). Ce dernier n’a pas publié tout de suite les impressions de cette rencontre hallucinante, il a attendu dix ans avant de relater son voyage au sein du bouddhisme revisité dans une taverne schopenhauerienne. Il faut croire que la noirceur de l’inespoir met du temps à être digérée…       <br />
              <br />
       Le concept de l’inespoir, cette sagesse stoïcienne, demeure le fer de lance de la philosophie d’André Comte-Sponville qui a réalisé la préface de cette nouvelle édition. Rien de plus décevant dans la vie que de continuer à espérer… La pensée positive donne à Comte-Sponville le mal de mer qu’il compare à un excès de sucre. Il cite en écho de sa pensée cette phrase d’Aragon « C’est de leur malheur que peut fleurir l’avenir des hommes, et non pas de ce contentement de soi dont nous sommes perpétuellement assourdis » (La valse des adieux, Louis Aragon). Le bonheur nous rendrait-il trop mous ? Cela rappelle inévitablement le style aride et incisif de Cioran qui affirmait que seul l’échec nous dévoile à nous-même.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas anodin que Comte-Sponville ait souhaité introduire ces portraits de pessimistes, il partage un point commun crucial avec Schopenhauer : le suicide de l’un de ses parents. Le suicide du père pour Schopenhauer fut un traumatisme, comme le fût probablement celui de la mère de Comte-Sponville. Pourtant ce dernier affirme que les pessimistes se suicident rarement car l’espérance est la principale cause du suicide. Selon lui, c’est davantage l’illusion qui cause la souffrance que la vérité. Mais cette théorie sur le suicide vient d’être bousculée récemment par le suicide soudain de Roland Jaccard (en septembre 2021), un fervent défenseur des penseurs nihilistes, qui lui-aussi a eu l’amère expérience de connaître les suicides de son père et de son grand-père. A rebours de la vision optimiste de Comte-Sponville sur le pessimisme, on peut alors penser que le pessimisme provient d’une déchirure dont on ne se remet jamais…. Et qui nous ôte toute illusion, même sur la mort.       <br />
              <br />
       La famille des pessimistes est remarquablement bien organisée et soudée, c’est grâce à Cioran que Roland Jaccard a découvert le « bréviaire » pessimiste de Challemel-Lacour, « ce viatique pour âmes ulcérées » écrit-il dans son livre La tentation nihiliste. Le destin de Challemel-Lacour a d’ailleurs intrigué Roland Jaccard, par sa capacité d’embrasser à la fois les théories les plus nihilistes avec un engagement politique sans faille. On se demande en outre si le regard lucide et extraordinaire de Schopenhauer « avec son habit démodé, son jabot de dentelle et sa cravate blanche, sa figure ridée et sèche » que. R. Jaccard décrit dans Le cimetière de la morale n’a pas été inspiré par le portrait que dresse Challemel-Lacour dans ces portraits de pessimistes.        <br />
              <br />
       Cette nouvelle édition sur les écrits de Challemel-Lacour ouvre le bal avec l’apparition d’un jeune homme « d’une gravité au-dessus de son âge », qui n’est autre que le spectre d’Hamlet. Accoudé à côté de la cheminée, le narrateur écoute attentivement les mises en garde d’Hamlet et se laisse subjugué par ce logogriphe bizarre. Le pessimisme est assurément un langage atemporel, il ne prend aucune ride. Comme une enclume, il vous assure une stabilité sans faille. Les propos de Hamlet sont d’une troublante actualité : « Tu compares orgueilleusement la police de vos sociétés organisées pour la protection des fortunes, du bien-être et du repos, avec l’anarchie du passé (…). En échange de tant de bienfaits, que t’ont-elles demandé ? Tout au plus de renoncer à une agitation onéreuse, d’accepter qu’on te mesure prudemment l’air, l’espace, la parole, la pensée, la foi religieuse, l’enthousiasme, de consentir à trouver à l’entrée de toutes les routes un gardien qui te demande où tu vas ». Le pessimiste, contrairement à l’optimiste béat et bien organisé, refuse l’idée d’une destination. Selon Challemel-Lacour, la sérénité de Shakespeare provient de trois convictions : l’acceptation du sort, la fatalité des passions, et que paradoxalement sans passion, l’homme n’est rien. Aucune illusion chez Shakespeare, il ne croit pas comme Descartes que l’on puisse maîtriser ses passions.        <br />
              <br />
       Les portraits continuent avec Pascal, Byron et Shelley et Leopardi. Quel rapport entre le penseur janséniste Pascal et les insolents Byron et Shelley ? Ils ne daignent porter aucun masque. Ils sont lucides et fatalistes. Le philosophe Alain soutenait que l’optimisme était de volonté. Être pessimiste serait-il alors synonyme d’un « laisser-aller » ? Difficile d’imaginer les poètes romantiques et Pascal se laisser aller… Non, le pessimisme est une école plus subtile.        <br />
              <br />
       Le livre poursuit en consacrant la moitié de son épopée nihiliste à la pensée noire de Schopenhauer que Challemel eut l’audace de rencontrer à l’aube de ses 72 ans avec « les cheveux et la barbe entièrement blancs », avec « les yeux et le geste d’un jeune homme » et une bouche aussi sarcastique que sa pensée. Il avait appelé son chien « Atma » : âme du monde en sanscrit. Schopenhauer appréciait l’intelligence animale sans la dissimulation humaine. Toutes les illusions valsent au contact de cet intraitable « bouddhiste » allemand : L’amour ?  un leurre pour perpétuer l’espèce. Le progrès ? une chimère du XIXème siècle, tout comme l’était la résurrection des morts au Xème siècle. Le monde n’est pour lui qu’un phénomène cérébral. Seul salut : le nirvana, l’anéantissement volontaire.        <br />
       La conception du désir et de l’amour du philosophe allemand est ressentie comme un « souffle glacé » par le normalien français. Challemel n’est pas du tout convaincu par cette vision nihiliste de l’amour. Il pense que Schopenhauer pousse le vice trop loin. Challemel conclut à l’occasion d’un article rédigé sur Les Contemplations de Victor Hugo qu’il existe « une même loi pour la nature entière, vivre et souffrir, un même remède l’amour » (Schopenhauer en France un mythe naturaliste, René-Pierre Colin, 1979). Même Schopenhauer n’eut pas l’art d’avoir toujours raison…       <br />
              <br />
       Peut-être que Challemel serait finalement d’accord avec la confession de Houellebecq sur son premier coup de cœur philosophique En présence de Schopenhauer (Editions de l’Herne, 2017) : &quot;L'attitude intellectuelle de Schopenhauer reste un modèle pour tout philosophe à venir (…) même si l'on se retrouve au bout du compte en désaccord avec lui, on ne peut qu'éprouver à son égard un profond sentiment de gratitude&quot;.       <br />
              <br />
       Le pessimisme du XIXème siècle a une saveur particulière qui mérite que l’on y goûte, car le sourire de l’ironie n’est jamais très loin.        <br />
              <br />
       Portraits de pessimistes, 2021, 168 pages, 15 €       <br />
              <br />
       Paul-Armand Challemel-Lacour, Editions des instants       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Schopenhauer, la haine des femmes ou de sa mère ?</title>
   <pubDate>Sat, 03 Mar 2007 16:21:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marjorie Rafécas</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[PHILI-FLASH back]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   En 1996, Jean-Christophe Grellety ("voir son blog") m'a donné l'opportunité d'écrire un article sur Schopenhauer dans le magazine qu'il avait créé "Socrate&co", qui était pour l'époque un pari exceptionnel pour insuffler un nouveau souffle dans l'ère de la pensée unique… Malheureusement, faute d'avoir voulu rester indépendant, le magazine a disparu. La rediffusion de cet article est donc un petit clin d'œil à ce magazine… Il avait été rédigé suite à la lecture du livre "les femmes ? De leur émancipation" (Marc Sautet, 1998, Editions JC Lattès, pour en savoir plus sur Marc Sautet "http://www.philos.org/marc.html", que je vous recommande.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/577713-705353.jpg?v=1289487772" alt="Schopenhauer, la haine des femmes ou de sa mère ?" title="Schopenhauer, la haine des femmes ou de sa mère ?" />
     </div>
     <div>
      &quot;<span style="font-style:italic">Connaître, c'est s'éclater vers, par là soi, vers ce qui n'est pas soi…&quot;… Certes, mais notre for intérieur est parfois bien plus rusé que notre raison…</span>       <br />
              <br />
       Schopenhauer, dans &quot;les femmes ? De leur émancipation&quot;, est loin de s'arracher de son intimité pour connaître ce singe bizarre, qu'est la femme. Ecrire en toute impunité est une suprême liberté… Mais, cette liberté devrait-elle s'arrêter au moment où la pensée est capable de justifier le mal comme le mâle ?       <br />
              <br />
       On ne sait pas si Schopenhauer s'engage à démontrer l'infériorité de la femme ou s'il subit simplement la haine qu'il éprouve envers l'humanité. Il est obnubilé par une vision maligne de la femme. Dénigrant le culte de la beauté, il cherche à réduire la femme à un vulgaire animal dont le charme serait l'outil parfait de la torture.        <br />
       En bref, sa finalité est de briser l'image du deuxième sexe. Cependant, la fin peut-elle justifier les moyens ?        <br />
              <br />
       La haine ne devrait pas en principe tuer la raison. Et pourtant, cher Arthur, votre philosophie ressemble parfois à de la subjectivité rationalisée.        <br />
       Mettre du soi dans ses écrits, c'est se trahir. Et Schopenhauer excelle dans ce domaine, à sa grande perte peut-être… En fait, les défauts qu'il reproche aux femmes sont en fait les siens : manque de logique, compassion avec son propre malheur. Paradoxalement, ses arguments se retournent contre lui. Le mal semble être un éternel retour… Nous avons donc un effet boomerang, Schopenhauer est dévoilé.        <br />
              <br />
       Tout d'abord, Monsieur Schopenhauer, de quelle femme parlez-vous ? Avez-vous considéré la femmes in concreto ou in abstracto ?        <br />
              <br />
       Schopenhauer a une cible : sa mère, cette femme qui l'exaspère. La philosophie devient alors le siège de la rancune. La &quot;dame en Europe&quot; n'est en fait qu'inspirée du portrait hypocrite et égoïste de sa mère. Ainsi lorsqu'il oppose &quot;l'homme intelligent et prudent&quot; à la femme &quot;arrogante&quot;, il ne fait que reproduire le couple disparate qu'étaient son père, un commerçant dépressif et sa mère, une femme frivole, dépensière, voleuse d'héritage. Cette irruption de détails autobiographiques vient troubler l'objectivité. S'agit-il alors d'œuvres philosophiques ou autobiographiques ?       <br />
              <br />
       Mais, vous n'avez pas encore vu à quel point Schopenhauer peut être acerbe. Continuons donc à parcourir ses pensées. Il prive la femme de sa liberté en soutenant qu'elle est déterminée par sa nature. Selon lui, tous les défauts des femmes sont innés et toutes ses qualités inventées par la société. Mais n'aurait-il pas lui-même été déterminé par la nature ? Par ses gênes ? Atteint d'une sorte de symptômes dépressifs ? Ses oncles furent internés dans un hôpital psychiatrique et son père, rappelons-le, s'est suicidé. La mélancolie, le pessimisme, la dépression, seraient-ils héréditaires ?           <br />
              <br />
       Il se permet de juger aussi du QI des femmes, comme si d'ailleurs l'intellect pouvait servir de rempart à la bêtise humaine… Mais, amusons-nous nous-aussi à juger son sens de la logique, car ses arguments sont parfois de véritables calembredaines…       <br />
              <br />
       Voici l'énoncé posé par Schopenhauer… A vos stylos !       <br />
              <br />
       <b>&quot;l'homme peut sans peine engendrer en une années plus de 100 enfants, s'il a sa disposition un nombre égal de femmes, tandis qu'une femme, même avec un pareil nombre d'hommes ne pourrait toujours mettre au monde qu'un enfant dans l'année&quot;. </b>       <br />
              <br />
       Cela pourrait ressembler de loin à un problème d'algèbre… Mais, c'est plutôt un argumentaire malhonnête. En effet, il part de l'hypothèse  de 100 femmes. On en déduit corrélativement un nombre égal de 100 hommes. Si un seul d'entre eux féconde 100 femmes, alors les 99 restants sont alors inutiles… Dès lors la puissance des hommes reste subordonnée aux capacités des femmes. Les femmes rendent donc l'homme impuissant…       <br />
              <br />
       Pour Schopenhauer, l'homme est par définition un être rationnel et intelligent. Acceptons alors négligemment un tel principe. Deux contradictions surviennent encore :        <br />
       -	Première contradiction : &quot;<span style="font-style:italic">elles excitent constamment ce qu'il y a de moins noble en nous ; elles sont faites pour commercer avec notre faiblesse, notre folie, mais avec notre raison</span>&quot;. Pourquoi l'homme si rationnel, n'arrive-t-il pas à maîtriser ses pulsions ? D'ailleurs, ne serait-ce pas quelques peu idéaliste, cartésien de dissocier le corps de la raison ? Il ose en plus énoncer qu'il &quot;faut aux femmes sans cesse un tuteur&quot;. Mais, c'est l'homme l'incapable ! C'est lui qui n'a aucun pouvoir sur ses désirs. C'est donc lui qui a besoin d'être protégé par un tuteur contre lui-même. Schopenhauer, oserait-il imputer la faute aux femmes lorsqu'elles sont violées ?        <br />
              <br />
       -	Seconde contradiction… &quot;<span style="font-style:italic">L'homme rationnel est victime de son éducation</span>&quot;. Remarquons la mauvaise foi de Schopenhauer. Lorsque la femme dissimule, c'est inné, purement biologique. Elle est assimilable à une &quot;sépia&quot;. Par contre, lorsque les hommes dissimulent, attention, NUANCE : c'est l'œuvre de l'éducation. Oui, mais voilà, l'homme a le privilège de pouvoir choisir entre sa véritable nature et son éducation. Et pourtant il se conduit en vrai lâche. &quot;La femme a besoin d'un maître&quot;, et l'homme est esclave de son surmoi. Nous voilà, donc bien partis, à moins que la dialectique hégélienne vienne à notre secours…        <br />
              <br />
       Pour un maître du désespoir, Schopenhauer ne s'est pourtant pas totalement libéré de ses illusions, telles que la polygamie, le mythe de Don Juan, Iseult, la femme fidèle… Selon lui, l'homme a besoin de changement, or nous savons aujourd'hui que seule la femmes est sujette aux variations hormonales…       <br />
              <br />
       Pour Arthur, la femme doit satisfaire le désir primaire de l'homme. Elle est ainsi réduite à un produit de consommation. &quot;Le génie de l'espèce est un industriel qui ne veut que produire&quot;.        <br />
       On en revient alors au mythe de Rome, fusionné avec la pensée de Hobbes : la femme est une louve pour l'homme. Elle ne cherche que la perpétuation de l'espèce à travers sa coquetterie.        <br />
       En fait, Schopenhauer hait la femme, le foyer de l'existence, parce qu'il hait la vie. &quot;<span style="font-style:italic">L'ascète sauve de la vie des générations entières; les femmes ne l'ont pas voulu; c'est pourquoi je les hais</span>&quot;.        <br />
              <br />
       L'odeur de pessimisme qui s'en dégage est assez proche de la conception fataliste de la chrétienté du moyen âge : la vie est une souffrance et la mort sa délivrance. Il fait indirectement référence au péché originel.        <br />
              <br />
       Il reproche à la femme de susciter l'amour. &quot;L'amour, c'est le mal&quot;. La femme n'est pourtant pas l'unique responsable de la reproduction de l'espèce.        <br />
              <br />
       Schopenhauer est donc aveuglé par ses sentiments de misanthrope invétéré. Mais pourquoi n'a-t-il pas nommé comme Flaubert, ses écrits torturés de désillusion &quot;Mémoires d'un fou&quot;…       <br />
              <br />
       A sa décharge, il a quand même reconnu qu'il existait &quot;quelques individualités, et quelques exceptions&quot;, qui se démarquaient de la femme en général. Mais, fidèle à lui-même, il rajoutera que ceci ne changerait rien… Et bien, le temps, l'évolution, lui donneront tort.        <br />
              <br />
       &quot;Deviens ce que tu es&quot; ou &quot;Connais-toi toi-même&quot;, ne l'ont décidément par marqué. Pourtant, mieux vaut encore suicider ses aspérités de caractère, que d'enterrer les autres dans un cercueil.        <br />
              <br />
       Et même si les femmes étaient comparables aux fleurs du mal, comme disait Baudelaire &quot; La sensibilité de chacun, c'est son génie&quot;. Ne méprisons donc aucune sensibilité…       <br />
              <br />
       Pour cela, Arthur, nous respectons ta sensibilité et tes mauvaises pensées… et ce,  sans rancune!        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Le paradoxe d'être une femme (2ème partie)</title>
   <pubDate>Mon, 26 Feb 2007 21:25:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Marjorie Rafécas</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[PHIL-ANALYSE]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pourquoi ne pourrait-on pas avoir une femme "sainte" dans un corps de seins?     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.wmaker.net/philobalade/photo/art/default/573634-700333.jpg?v=1289487772" alt="Le paradoxe d'être une femme (2ème partie)" title="Le paradoxe d'être une femme (2ème partie)" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Si j’ai cherché à décrire brièvement la nature masculine, c’est non pas pour la critiquer, mais juste pour mieux cerner la dialectique dans laquelle la nature féminine est emportée. L’homme a voulu satisfaire son désir de puissance en créant une nature féminine inoffensive. Il a refusé et refuse encore dans certains pays une nature immatérielle pour les femmes. Elle est soit blanche soit noire, mais jamais grise…       <br />
              <br />
       Dans l’inconscient collectif, il y a comme deux natures de femme qui se battent en duel : d’un côté la femme mère reliée à un foyer et à des gros gâteaux en chocolat… Et d’un autre côté, la femme objet, objet de désir, un peu plus lunaire. Si vous voulez en grossissant le cliché, c’est l’opposition entre une femme à l’allure &quot;jupe écossaise&quot;, cheveux bien tirés par un serre tête et une diablesse, à la lingerie noire, rouge pulpeux, regard félin… Bien sur cette opposition est une fausse opposition, et l’objectif de cet essai serait de démontrer que ces deux femmes font partie de la même nature.       <br />
              <br />
       Beaucoup d’intellectuelles femmes critiquent celles qui sont plongées dans leurs pots de crème et maquillage… Elles ont le même réflexe masculin envers leurs semblables : &quot;les femmes aiment trop les accessoires, la futilité, elles sont comme des fleurs végétatives…&quot;. Mais le leurre c’est de croire que l’apparence en soi est dénuée d’intérêt. Ce qui est néfaste c’est de ne vivre qu’à travers l’apparence, mais jouer avec l’apparence fait partie de la vie. La vie est apparence aussi. &quot;la vie est femme&quot; comme dirait Nietzsche.       <br />
              <br />
       Pour illustrer ce faux combat inspirons nous de la démarche marketing &quot;Apple&quot; : cette marque vient de sortir un nouveau design d’ordinateur plus rond, plus féminin, moins austère… On pourrait y voir à première vue l’opposition classique goût masculin (symbole de puissance et d’agressivité) et goût féminin plus sensuel. Mais une journaliste a cherché à être plus fine dans son analyse, elle pense que ce peut être aussi une rupture avec la tradition protestante ( toujours sombre et sobre par souci d’efficacité et de refus de futilité) pour un sens de l’esthétique plus latin.       <br />
              <br />
       Dès lors la futilité n’est pas qu’un attribut féminin, mais l’aboutissement d’un choix esthétique.       <br />
              <br />
       Par ailleurs tout en restant dans le domaine esthétique, pourquoi dans la haute couture, une mode filiforme, squelettique, plate s’est imposée à l’image de la femme. Comme si la mode cherchait à remplacer l’éthique des ascètes en sacralisant un état anorexique de la femme. Oui ce n’est qu’une mode, mais peut-être pas une mode sans signification…       <br />
              <br />
       Toute la confusion vient des seins…       <br />
              <br />
       La femme est la seule femelle du monde mammifère à avoir une glande permanente proéminente et supérieure. Par conséquent sa poitrine n’a pas qu’une fonction nourricière comme chez les autres femelles. Certains psychologues pensent que comme l’ étymologie du terme &quot;sein&quot;, &quot;sinus&quot; en latin qui signifie le petit espace entre les seins, les seins pourraient aussi représenter une nidation externe. Mais retenons l’idée d’une multifonctionnalité du sein.       <br />
              <br />
       Les seins reflètent le paradoxe féminin, à la fois connotés de lait maternel et de rondeur sensuelle, ils ne forment qu’une nature. Donc pourquoi les hommes cherchent-ils à diviser ces seins en des seins &quot;saints&quot; et des seins aussi dangereux que des pointes d’oursins.. Peut-être parce que les hommes ont peur de l’attrait qu’ils ont pour les femmes, et que la meilleure façon de briser une attirance ou de &quot;rompre un charme&quot; c’est de classer les femmes en les dénaturant, les bonnes et les mauvaises… J’ai même vu récemment un site anglophone virtuel créé par des &quot;machos&quot; ayant pour finalité de résister à la &quot;sexploitation&quot; de la femme&quot;!       <br />
              <br />
       C’est le même paradoxe que l’on retrouve dans une oeuvre de Prospère Mérimée &quot; Il y a deux vénus sous mon toit, l’une je l’ai trouvée dans la terre comme une truffe; l’autre descendue des cieux…&quot;. Cette méthode de classer chère à la démarche scientifique est comme une construction abstraite salvatrice qui permet d’échapper aux ruses de la nature.       <br />
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       Mais il est temps de prendre conscience qu’il n’existe pas de femmes pures ou femmes impures. Sein ou pas sein, la femme ne devrait pas changer de nature.       <br />
              <br />
       La femme n’a jamais vraiment eu une place privilégiée dans la métaphysique parce qu’elle a été jugée trop impure, trop charnelle, trop proche de la vie finalement. C’est d’ailleurs pour cela que Schopenhauer a écrit à ce sujet &quot; l’ascète sauve de la vie. Les femmes ne l’ont pas voulu c’est pourquoi je les hais.&quot;       <br />
              <br />
       Nietzsche bien que misogyne, dans son combat contre la morale chrétienne, a conçu une philosophie qui dévoile un &quot;dieu&quot; plus féminin, plus proche de la terre. A-t-il vraiment tuer dieu ou le dieu des hommes pour le remplacer par Dionysos un dieu plus féminin?       <br />
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       Dionysos : une métaphysique au féminin?        <br />
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       Chez Nietzsche, on retrouve grossièrement une vénération de la beauté et une reconnaissance de la fertilité. La femme rassemble ces deux attributs en elle : belle et fertile. Dionysos, tout comme l’ivresse, est double. Le buveur est incapable de se libérer de cette dualité, entre le sublime et l’abîme. Il y a donc une dialectique dans l’ivresse dionysienne, une solidarité des contraires.       <br />
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       On retrouve paradoxalement dans Dionysos l’envie de terre, de vignes, de fertilité et en même temps une quête du sentiment d’apesanteur. L’ivresse cherche à nier les lois de la gravité tout en restant dans les limites d’un corps humain. Finalement avec Nietzsche on change de diable, pour lui le diable c’est la pesanteur, un monde bloqué dans l’espace et dans le temps. Il oppose à une vérité mécanique une vérité esthétique qui prône pour plus de futilité, d’apparence. Donc dans Dionysos il y a une volonté inlassable d’échapper à un monde abstrait où tout est prévisible.       <br />
              <br />
       Ainsi la femme n’est ni la vie, ni une beauté éternelle, elle est double. Elle est un rythme. On a trop demandé à la femme de s’immobiliser, de se sédentariser. A travers Isadora Duncan, cette danseuse passionnée par la culture grecque antique, on peut pressentir en elle une femme dionysiaque. Mais les hommes pourraient nous rétorquer qu’elle est morte de son trop plein de futilité: morte étranglée par sa propre écharpe si longue, qu’elle s’est accrochée à la roue de sa voiture… Mort tragique ou comique, cette défunte aura laissé les traces d’un rythme. A travers la musique, on pressent une &quot;pulsation transparente du monde&quot;. La femme lorsqu’elle est enceinte a deux rythmes dans son corps : les battements de son cœur et ceux du bébé. Et Dionysos est une sorte de dieu du cœur.       <br />
              <br />
       Comme on n’imagine pas une ivresse carrée, on n’imagine pas le corps d’une femme carré, mais plutôt hyperbolique, souple. La conception du temps échappe aussi à la linéarisation du temps, il devient un retour à l’identique, un rythme renaissant sans cesse.       <br />
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       Donc s’il devait exister une métaphysique au féminin, je pense que ce serait à la fois cette quête de la vie à travers le rythme et cet amour de l’apparence qui embellit la vie. Il est clair que la métaphysique d’un ascète parait peu compatible avec une éthique dionysiaque. Il ne s’agit pourtant pas de détruire le dieu mathématique ou un dieu abstrait qui légifère, mais simplement de cohabiter avec une métaphysique du rythme et d’apparence.       <br />
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       Par ailleurs cette nature métaphysique n’est pas réductible à un corps de femme, les hommes peuvent aussi se complaire dans cette conception du monde, tels les poètes, les artistes en règle général. Tout comme les femmes, les poètes (exclus du monde platonicien) ont été ridiculisés.       <br />
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       Grâce à l’image de la femme, on pourrait enfin reconnaître le caractère essentiel d’une éthique de la création, qui s’opposerait au caractère nihiliste de l’instinct de domination. On ne devrait pas déprécier les littéraires ou les artistes par rapport aux scientifiques, les uns sont aussi nécessaires que les autres, bien qu’ils ne participent pas à la même métaphysique, ils se complètent, comme les femmes ont complété les hommes. Et j’insiste particulièrement sur le fait que la reconnaissance d’une nature féminine permettrait d’éviter un deuxième Hiroshima.       <br />
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       J’ai préféré insister sur le côté métaphysique et non sur le côté politique mais il a existé et existe encore une telle confusion entre la métaphysique et la politique, qu’en modifiant la conception immatérielle de la femme, on peut changer son rôle social. Je suis convaincue que le progrès d’une société dépend de l’émancipation de la femme, qui n’est autre que la reconnaissance de sa vraie nature.       <br />
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       Même si la beauté de la femme est un de ses attributs, elle n’est pas réductible à un objet et on ne peut pas lui dire comme Dalí :       <br />
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       &quot;la moindre chose que l’on peut demander à une statue c’est de ne pas bouger&quot;.       <br />
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       De quel droit l’homme déprécierait la femme ou la répudierait lorsqu’elle s’avère trop vieille?!       <br />
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       On ne peut pas lui demander non plus un rôle d’esclave inintéressant à l’heure de la technique avancée, la femme ménagère est dorénavant remplacée par des petits robots.       <br />
              <br />
       Par ailleurs si ces arguments ne sont pas convaincants, on peut aussi rajouter que dans l’éducation de l’enfant, la mère a toujours eu un rôle important. Donc pour le bien de l’enfant, il est préférable d’avoir une mère cultivée, ouverte au monde, souple. C’était déjà l’argument invoqué par Stendhal au XIXème siècle &quot;Comme mères elles donnent aux enfants males, la première éducation, et cette influence&quot; à 4 ou 5 ans est assez déterminante. Donc quel intérêt l’humanité aurait-elle à dévaloriser la femme?       <br />
              <br />
       Après le paradis d’Eden, le paradis artificiel de Baudelaire ne serait-il pas la femme?       <br />
              <br />
       &quot; je sais que je te dois la vie. Je sais ce qu’il t’en a coûté de labeur et de soleil sur les épaules. Tu m’as donné la vie, je t’en récompenserai (…) car j’éprouve une joie extraordinaire.&quot;        <br />
              <br />
       A la question de Virginia Woolf &quot;pourquoi les hommes boivent-ils du vin et les femmes de l’eau?&quot;        <br />
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       Baudelaire répond :       <br />
              <br />
       &quot; un homme qui ne boit que de l‘eau a un secret à cacher à ses semblables&quot;…        <br />
              <br />
       La femme a caché en effet pendant des siècles une belle nature source d’optimisme.       <br />
       
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