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PSYRESO. Informations sur les Psychothérapies. Réseau de Psys. Conférences, Ateliers de Développement Personnel et Formations. PARIS 16ème. Présidente Annie Rapp.

Frères et sœurs à l’âge adulte. Enrichissons nos liens ! Par July Rapp. Avec la collaboration de Marie-Rose Paillère.

Pris par le temps ou freinés par des souvenirs d’enfance douloureux, nous négligeons parfois les relations avec nos frères et sœurs. Pourtant, nous avons tout à gagner à les cultiver.



C’est bien connu, on ne choisit pas sa famille, frères et sœurs compris. On est pourtant contraint, pendant des années, de partager notre vie (voire notre chambre !) avec eux. Même si nous « détestons » ce minus qui s’approprie sans cesse nos affaires ou cette grande gigue qui nous donne le doux surnom de « pot de colle ». Dans le même temps, heureusement, on apprend à s’entraider, à s’apprécier… Bref, à vivre ensemble. Et si les relations fraternelles sont toujours marquées par ce qui s’est passé dans l’enfance, elles ne sont pas figées pour autant. Parvenus à l’âge adulte, nous pouvons les faire évoluer et les enrichir.

D’abord rivaux.
L’expérience de la fratrie commence en général dans la douleur. Car hériter d’un frère ou d’une sœur signifie qu’il faut, du jour au lendemain, partager l’amour de ses parents. Et cela n’a rien de facile ! Inconsciemment, tous les enfants à qui cela arrive se demandent : « Pourquoi mes parents ont-ils ressenti le besoin d’avoir un autre bébé ? » et risquent d’en conclure : « Je ne suis donc pas assez aimable pour les satisfaire pleinement. ».
On ne s’étonnera donc pas que le premier sentiment qui naît de cette déception soit la jalousie. On envie le petit dernier, ce « chouchou » que maman protège et câline si souvent, ou notre aînée, qui a tellement plus de liberté et que papa encense tout le temps. Cependant, la jalousie a cela de positif qu’elle pousse aussi frères et sœurs à s’améliorer et à devenir différents les uns des autres.
Ce qui n’est pas le cas quand ils se perçoivent comme des rivaux. Chacun se bat alors, non pour obtenir l’amour de son père ou de sa mère, mais pour s’approprier ce que l’autre possède. Dans ces circonstances, comme l’explique Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste (1), l’enfant qui désire le cheval à bascule de son frère ne souhaite pas tant cet objet, que prendre la place de son frère. Lequel, sur son destrier, est forcément plus heureux que lui !
S’il continue de ressentir cette rivalité à l’âge adulte, cela donnera un homme insatisfait, toujours persuadé que son frère a un meilleur travail que lui, un appartement plus confortable, une compagne plus jolie… Car il n’aura pas eu la possibilité, étant enfant, d’identifier ses propres désirs.

Complices aussi !
Heureusement, les relations fraternelles ne sont pas qu’un champ de mines ! Avoir un frère ou une sœur, c’est aussi posséder un allié de poids au sein de la famille comme à l’extérieur. Bien content d’avoir un grand frère pour nous défendre dans la cour de récréation ou sécher nos larmes quand les parents nous ont réprimandés ! Cette complicité laisse elle aussi des traces durables. Denise, 63 ans, se souvient : « Je suis l’aînée, et je me suis toujours sentie responsable de ma cadette ! Quand, récemment, elle a eu des problèmes de santé, je me suis beaucoup occupée d’elle. Je reste sa grande sœur ! ».
Les aléas de la vie, même s’ils peuvent les mettre à mal, se chargent aussi de renforcer les liens fraternels. Par exemple, lors d’un divorce, frères et sœurs s’épaulent et se réconfortent le plus souvent. « Nos parents se disputaient beaucoup et ils ont fini par se séparer, raconte Frédéric, 34 ans. Pendant ces moments difficiles, mon frère et moi nous sommes serrés les coudes. Aujourd’hui, nous sommes restés très proches, au point de travailler ensemble et d’habiter dans la même ville. »
Enfin, avec les familles recomposées ou élargies, de nouvelles complicités se créent avec les demi-frères ou sœurs (réels ou par alliance). Car, au-delà du lien biologique, c’est surtout le fait de partager du temps et des souvenirs ensemble qui fait que l’on se sent frère et sœur. A condition, précise Marcel Rufo*, pédopsychiatre, que les rencontres n’aient pas été trop tardives.

A l’âge adulte, des liens mis à l’épreuve.
« La solidité du lien entre frères et soeurs à l’âge adulte est généralement déterminée par la qualité de leurs relations dans le passé », explique Marcel Rufo. Mais certains événements importants de la vie peuvent fortement renforcer ou au contraire atténuer les affinités au sein d’une fratrie.
L’arrivée d’une « pièce rapportée » compte parmi ceux-là. « J’avais de bonnes relations avec mon frère, se rappelle Nathalie, 33 ans. Mais depuis qu’il est avec sa compagne, on se voit moins. Elle m’agace, nous ne sommes d’accord sur rien. Et comme mon frère est toujours de son côté… ». En effet, le conjoint est parfois perçu comme un intrus qui vient nous prendre l’affection d’un frère ou d’une soeur. Difficile, dans ce cas-là, de s’entendre !
L’arrivée des enfants est une autre grande étape dans l’évolution des relations fraternelles. Imaginons qu’une femme, l’aînée dans sa famille, tente désespérément d’avoir un bébé et que sa cadette en a déjà plusieurs. Non seulement, elle se dira : « Pourquoi elle et pas moi ? », mais elle pourra aussi se sentir flouée de n’avoir pas été la première à avoir un enfant, ce qui affectera le lien avec la plus jeune des deux. Mais devenir mère peut aussi permettre à deux sœurs de devenir plus complices. On se raconte ses joies et ses moments de détresse, on s’échange des trucs pour endormir les enfants ou les allaiter…

Reprendre le flambeau.
Tant que nos parents sont en vie, c’est eux qui font le lien entre notre fratrie et nous, puisque c’est habituellement chez eux que tout le monde se retrouve, régulièrement ou à l’occasion de fêtes de famille. Avec leur disparition, il existe un risque que les liens fraternels se distendent. Surtout si des différends, noués dans l’enfance, n’ont pas été réglés. Pour essayer d’arranger les choses, il est possible d’évoquer avec son frère ou sa sœur certaines souffrances. Et de demander, par exemple : « Pourquoi étais-tu si dur avec moi quand nous étions petits ? ». En échangeant ses souvenirs, on découvre parfois un autre point de vue. Et le frère ou la sœur « tyran » de répondre : « Papa était très sévère avec moi, alors que toi, tu étais sa petite fille chérie. J’étais jaloux de votre relation et je voulais te faire souffrir. Mais je le regrette aujourd’hui. »
Mais si la relation est vraiment trop toxique (disputes systématiques, reproches incessants, agressivité…), on a le droit de prendre ses distances ou de ne plus voir un frère ou une sœur, sans en ressentir de culpabilité. Après tout, personne n’est obligé d’aimer son aîné ou son cadet !
Mais même quand tout va bien, il arrive que, pris par le tourbillon de la vie ou freinés par l ‘éloignement géographique, nous négligions nos frères et sœurs. C’est dommage car on peut essayer d’enrichir nos relations avec eux en les interrogeant sur leurs goûts musicaux, leurs appréhensions, leurs engagements associatifs… Tout cela permet de découvrir les adultes qu’ils sont devenus et de s’en faire des… amis !
De plus, comme l’explique Marie-Rose Paillère, psychothérapeute, quand les parents ne sont plus là, frères et sœurs deviennent les dernières personnes qui nous relient à notre histoire familiale et avec qui nous pouvons perpétuer le souvenir de notre enfance. C’est à eux que l’on peut dire : « Tu te souviens… ? ». Des bêtises faites ensemble, de la cabane construite au fond du jardin, du divorce des parents… Donc, il est bon qu’un frère ou une sœur au moins « prenne la relève » et se charge de réunir les autres, de transmettre certaines traditions… Cultiver le lien fraternel, c’est garder le contact avec nos origines. Et lorsque nos racines sont solides, on se sent plus fort pour affronter la vie et ses difficultés.

2 questions à Marie-Rose Paillère
Peut-on craindre que les frères et soeurs qui se disputent souvent dans l’enfance aient, plus tard, des relations conflictuelles ?
Les altercations entre frères et sœurs sont normales et, bien souvent, saines. Elles leur donnent la possibilité d’exprimer leurs émotions, de s’affirmer et de construire leur personnalité en se confrontant les uns aux autres. Dans ces conditions, frères et soeurs devenus adultes peuvent très bien s’entendre. C’est différent si les disputes sont violentes ou injurieuses, ou encore s’il y a une domination systématique d’un enfant sur l’autre. Dans ce cas, celui qui aura été le souffre douleur de son frère ou de sa sœur pourra nourrir toute sa vie une rancœur tenace vis à vis de lui.
En tant que parents, que peut-on faire pour que nos enfants s’entendent ?
Quand frères et sœurs s’affrontent, ne préjugez pas d’emblée qui a tort ou qui a raison. Par exemple, en rappelant systématiquement à l’ordre l’aîné pour qu’il protège le plus jeune. Tâchez de savoir ce qui s’est passé, en laissant chacun donner sa version des faits. Mais, surtout, évitez de comparer vos enfants. Il est bon de valoriser chacun d’entre eux pour ses qualités personnelles et de les encourager à progresser pour leur propre compte, et non en fonction d’un frère ou d’une sœur.

Comment éviter les conflits lors d’une succession ?
- Le partage des biens après la mort des parents est un moment très délicat. En effet, les enfants perçoivent parfois l’héritage comme l’ultime preuve d’amour donnée par leurs parents. Et si l’un d’entre eux est favorisé, ce sera l’occasion de voir resurgir d’anciennes rancœurs : ainsi, son frère ou sa sœur affirmera que, déjà petit, il était le « préféré » ! « Les règlements de comptes financiers sont souvent des règlements de comptes affectifs » explique Marie-Rose Paillère, psychothérapeute.
- Même s’il n’est pas facile d’envisager sa mort, l’idéal serait donc que les parents organisent leur succession de leur vivant en opérant un partage équitable. Ils peuvent ainsi réunir leurs enfants et demander à chacun d’entre eux quels objets de famille ils souhaitent conserver. Cela n’exclut pas que les parents prennent en compte les conditions sociales et financières de chacun de leurs enfants. Mais ils doivent en informer tous les frères et sœurs. Dans tous les cas, il est préférable d’exclure les conjoints de ce débat, car ils pourraient être à l’origine de pressions supplémentaires.
- Enfin, si de telles dispositions n’ont pas été prises par les parents, les frères et sœurs devront seuls trouver un terrain d’entente. Si cela s’avère difficile, on peut toujours recourir à l’aide d’un notaire. Mais, de toute façon, l’expérience montre qu’il vaut mieux faire des compromis sur certains objets (souvent symboliques), que se lancer dans des discussions conflictuelles. Car, à bien y réfléchir, quel bijou ou quel meuble vaut-il que l’on rompe, pour lui, avec son frère ou sa sœur ?

* auteur de « Frères et sœurs, une maladie d’amour » avec la collaboration de Christine Schilte (livre de poche)

julyrapp@free.fr


Mardi 27 Novembre 2007
Annie Rapp
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