« J’ai raison ! » (Galilée) par François Delivré

Galilée avait raison contre le dogme catholique et pourtant ...



« J’ai raison ! » (Galilée)  par François Delivré
Si je pense que la terre est ronde, j’ai raison.
Et si quelqu’un prétend que la terre est plate comme le coiffeur de l’un de mes amis, il a tort : « ces savants, monsieur… ils n’ont pas leur bon sens. Comment les gens de l’autre côté pourraient-ils vivre la tête en bas ? »
(Note : En France, 10 % de la population n’est pas tout à fait sûre que la Terre est ronde.)

C’est là que le vrai problème commence. « Avoir raison » lorsque c’est prouvé objectivement, scientifiquement, logiquement, ne devrait pas en effet poser de difficulté à l’autre pour « entendre raison ».
Mais le couple raison/tort est dangereux : avoir raison, cela veut aussi dire… que l’autre a tort. Cela induit facilement un sentiment de triomphe et une position de « dominant ». A l’inverse, s’entendre dire qu’on a tort peut mener au sentiment d’être « dominé » avec la peur de perdre la face et aussi celle (inconsciente) de devoir changer son « cadre de référence ».
Lorsqu’on a raison « sur le fond », on peut donc avoir tort sur la façon dont on le dit.

Ce fut le cas de Galilée. A côté de la légende où l’on ne voit de lui qu’une victime, il y eut en effet un homme orgueilleux qui prenait de haut ses interlocuteurs. Redoutable polémiste, il pourfendait ceux qui ne pensaient pas comme lui, par l'invective grossière ou la satire subtile.

Savant reconnu, Galilée fut d’abord adulé par l’Eglise, les jésuites astronomes, les cardinaux et même le pape urbain VIII (celui du procès) avec lequel il eut plusieurs entretiens amicaux. On lui disait qu'il pouvait présenter ses thèses à partir du moment où elles n'étaient que des hypothèses, et surtout qu’il ne se mêlait pas de théologie.

Mais Galilée accablait ses contradicteurs sur le plan personnel. Il se mit à dos d’abord les jésuites, puis les dominicains. Enfin, il ridiculisa Urbain VIII dans l’ouvrage qui lui valut son procès : le « dialogue des deux mondes ».

Or, lorsque l’on a « raison », l’enjeu relationnel consiste dire à l’autre que notre vision des choses est plus conforme à la réalité que la sienne, preuves à l’appui bien sûr mais surtout en position « + + ». Et seulement cela. Surtout pas qu’il est idiot ou ignorant.

Affirmer que l’on a raison est ainsi un art délicat. Cela nécessite… du respect.
Galilée n’y parvint pas et cela pesa lourdement sur le raidissement de l’Eglise au procès, ce qui le mena à son (indéfendable) condamnation finale.


(publié sur LinkedInIn le 11/9 et vu 29784 fois)


François Delivré

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François Delivré a écrit un récit imaginaire de « l’affaire Galilée » raconté par le pape Urbain VIII et récité par un comédien.
Pour l’écouter (25 mn) : https://lnkd.in/gWTcQw9H


Qui est François Delivré

« J’ai raison ! » (Galilée)  par François Delivré
Dans les années 90, j’ai rencontré François Delivré, en consultation de PNL. Il souhaitait changer d’orientation professionnelle. Polytechnicien, ingénieur, il avait exercé d’importantes responsabilités dans une grande entreprise française et ne s’y retrouvait plus.
A ma question sur ce qu’il désirait faire maintenant, je crois me souvenir qu’il a répondu Poète ou peut-être Conteur. Un peu surprise, j’ai pensé que cela lui allait bien …
En effet, il s’est engagé dans cette voie et il y a trés bien réussi.

En savoir plus

http://www.delivre.fr/fr/

https://www.academie-coaching.fr/equipe/francois-delivre/


Samedi 2 Octobre 2021
Annie Rapp