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PSYRESO. Informations sur les Psychothérapies. Réseau de Psys. Conférences, Ateliers de Développement Personnel et Formations. PARIS 16ème. Présidente Annie Rapp.

Pour protéger vos enfants des abus sexuels. Donnez-leur les moyens de se défendre ! Par July Rapp. Avec la collaboration du Dr B, pédopsychiatre

Le meilleur moyen pour protéger vos enfants des pédophiles : les informer sur la sexualité et leur apprendre à faire respecter leur intimité.



Il nous semble bien naturel de mettre nos enfants en garde contre les dangers de la route. Cela nous est beaucoup moins facile quand il s’agit de les informer des risques d’abus sexuel. Pourtant, il ne suffit pas de répéter : « Ne parle pas aux inconnus dans la rue ! » Parce qu’il n’y a pas que des inconnus parmi les pédophiles. Ils existent aussi parmi les adultes supposés bienveillants (enseignants, éducateurs…) et ceux présumés « au dessus de tout soupçon » (membres ou amis de la famille). Donc, sans tomber dans une peur excessive, avertissons calmement nos enfants de ces dangers, en leur apprenant à détecter les situations à risques et à s’en prémunir.

L’éducation sexuelle avant tout.
Avant de sensibiliser nos enfants aux problèmes de violence sexuelle, il est préférable de leur expliquer ce qu’est la sexualité saine et autorisée. Il faut leur dire qu’il s’agit des relations sexuelles entre deux adultes consentants. Et que, le plus souvent, c’est le cas. Car si nos enfants commencent à s’imaginer que la sexualité est toujours dangereuse, il sera moins facile de leur faire comprendre par la suite qu’elle peut être aussi agréable et épanouissante.
D’ailleurs, ce sont bien souvent nos enfants qui, dès l’âge de deux ou trois ans, nous mettent sur le gril, avant même que nous ayons décidé d’aborder le sujet. Et pourquoi Mathis a un zizi et pas moi ? Et pourquoi les grands s’embrassent sur la bouche ? Et comment on fait les bébés ? Etc. Il est évidemment bien naturel qu’ils soient de plus en plus intrigués par ce qui différencie les filles et les garçons, ainsi que par les émois sexuels qu’ils ressentent.
Même si nous ne sommes pas toujours à l’aise avec ce sujet, il est de notre devoir de parents de répondre à leurs questions. Car les pédophiles savent identifier les enfants qui se posent des questions sur la sexualité auxquelles leurs parents n’ont pas répondu. Et ils savent ensuite jouer de leur curiosité pour les attirer. Il faut donc instruire franchement nos tout-petits sur les différentes parties de leur corps, sur la reproduction mais aussi sur les notions d’amour et de plaisir liées à la sexualité.
Et si on surprend son enfant en train de « jouer au docteur » avec un camarade, n’hésitons pas à lui dire : « Tu as le droit, si cela te fait plaisir, mais jamais avec les grands. » Et si notre fillette nous dit : « Un jour, je me marierai avec papa. », c’est l’occasion de lui expliquer que les relations sexuelles sont impossibles entre membres de la même famille. Car le pédophile qui tente de séduire un enfant est toujours un peu, aux yeux de ce dernier, un « parent ». C’est-à-dire quelqu’un à qui on ne peut pas dire « non », puisqu’il vous aime… L’enfant à qui on a expliqué que l’inceste est interdit sera ainsi plus capable de se défendre car il saura que ce n’est pas ainsi qu’un père ou une mère doit aimer son fils ou sa fille.

Respectons le corps de nos enfants.
Nous souhaitons que jamais personne ne se serve de sa force et de son ascendant pour abuser nos enfants. Mais encore faut-il, pour cela, que nous les aidions à prendre conscience que leur corps leur appartient et que les adultes ne peuvent pas en disposer comme ils le souhaitent.
En effet, trop d’enfants pensent qu’ils doivent se soumettre aveuglément à l’autorité des plus grands. Et c’est bien compréhensible puisqu’on leur apprend, depuis tout petit, à obéir aux adultes. Mais un enfant qui est excessivement soumis à la volonté des adultes sera aussi plus exposé au risque d’une agression sexuelle. C’est le cas de celui qui dort contre son gré avec ses parents, mais aussi de celui dont la personnalité est toujours niée de mille manières (on lui impose vêtements, lectures…).
C’est donc en respectant l’intimité et le besoin d’autonomie de nos enfants que nous leur apprendrons à se faire respecter. Et cela dès qu’ils sont en âge de dire «non » ou « je ne veux pas ». Notre petite fille exprime sa gêne d’avoir été vue toute nue ? Prenons en compte sa pudeur et autorisons-la à fermer la porte de la salle de bains. Notre petit garçon veut se laver tout seul ? Au lieu de prétexter « qu’il n’y arrivera pas tout seul », encourageons-le !
Donnons-leur aussi le droit de dire « non » aux câlins et aux bisous forcés. Ils comprendront que l’on n’est pas obligé d’accepter une marque d’affection ou un contact physique si on ne le veut pas. Et cela, même s’il s’agit de son papi ou de son parrain. Parce qu’il ne faut pas oublier que les agressions sexuelles s’opèrent le plus souvent dans l’environnement familial ou proche de l’enfant.

Expliquer sans effrayer.
Puis arrive l’âge (environ 4 ans) où nous pouvons commencer à expliquer ce qu’est l’abus sexuel à notre enfant. Mais, progressivement, selon sa capacité d’écoute et de compréhension. On peut saisir une occasion (un livre, une information entendue à la télé…) pour en parler, ou bien la provoquer. Comme l’a fait Gwenaëlle, mère de Tiphaine, 6 ans : «Un soir, pendant son bain, j’ai insisté pour qu’elle lave elle-même ses parties intimes. J’en ai profité pour lui dire que les adultes n’avaient pas le droit de la toucher à ces endroits. Mais sans aller plus loin. ».
Trouver les mots appropriés, expliquer sans effrayer, toute la difficulté est là ! Pour ne pas inquiéter nos enfants, parlons en le plus calmement possible. En utilisant des mots simples mais exacts pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté : « Un abus sexuel, c’est quand un grand veut te montrer ou te montre son sexe, quand il t’invite à toucher son pénis (ou sa vulve) (…) C’est aussi quand il se colle et se frotte à toi d’une manière qui t’embarrasse. » (1) En insistant sur le fait que c’est interdit par la loi et qu’un adulte qui se comporte ainsi avec un enfant sera sévèrement puni. Et que cela vaut pour tous les adultes, sans exception. Même ceux qui ont l’air gentil ou qui font partie de la famille.
Mais il ne s’agit pas pour autant de les conduire à se méfier de tout le monde. Pour qu’ils ne perdent pas la confiance qu’ils ont en l’adulte, rassurons-les : « Très peu de « grands » agressent les enfants ! ». Il faut surtout leur apprendre à détecter les situations et les comportements à risques. Et si on n’y parvient pas seul, on peut recourir à des bandes dessinées, des livres, des jeux… (2)

A l’écoute de nos enfants.
Il est également important d’accorder à nos enfants l’attention et les câlins qu’ils réclament. D’une part, parce que les marques d’affection sont importantes pour leur épanouissement. Mais aussi parce que les pédophiles repèrent les enfants en quête de tendresse. Ils sont plus faciles à abuser et ils croient l’adulte qui leur dit : « C’est parce que je t’aime que je fais cela » ou encore, « Si tu m’aimes vraiment, tu en feras autant ». C’est pourquoi nous devons aussi préciser à nos enfants que ce n’est pas parce que quelqu’un dit aimer une autre personne qu’il a le droit d’avoir une relation sexuelle avec elle.
Malheureusement, même si nous éduquons nos enfants et prenons de multiples précautions, le risque zéro n’existe pas. La route de nos enfants peut croiser celle d’un abuseur. Soyons donc attentives à leur comportement. Notre fils trouve toutes les excuses possibles pour échapper à ses cours de natation ? Tentons de découvrir pourquoi. Et s’il vient spontanément nous parler d’un problème qui le tracasse, ne repoussons pas toujours le moment de l’écouter. Ce ne sera probablement qu’une banale histoire de dispute dans la cour de récré. Mais si, un jour, il est confronté à un problème plus grave tel que l’abus sexuel, il saura qu’il peut trouver en nous une confidente.

(1) « Te laisse pas faire ! Les abus sexuels expliqués aux enfants » de Jocelyne Robert (Editions de l’homme).
(2) Par exemple : « Abus sexuels… non ! » de Delphine Saulière et Bernadette Desprès,( Editions Bayard jeunesse), « Lili a été suivie » ou « Lili s’est fait piéger sur Internet » de Dominique de Saint Mars et Serge Bloch (Editions Calligram).

2 questions à Dr B., pédopsychiatre.
Pourquoi est-ce si difficile d’expliquer l’abus sexuel à nos enfants ?
Parler de sexualité avec ses enfants met souvent mal à l’aise. Cela renvoie à sa propre sexualité avec son lot de pudeur et de non-dits. Quant à l’abus, c’est encore plus compliqué puisqu’on aborde la sexualité sous l’angle de la violence. Et l’idée même que son enfant puisse être victime d’une agression est intolérable. Certains pensent, inconsciemment, que si on n’en parle pas cela n’arrivera pas. Alors que protéger ses enfants, c’est justement les mettre en garde.
Pourquoi tant d’enfants se taisent quand ils sont victimes d’une agression ?
Parce qu’ils ont honte et se sentent coupables. Alors, n’hésitez pas à leur répéter que les enfants agressés ne sont pas fautifs. Certains craignent aussi de faire de la peine à leurs parents. Ou encore, que l’agresseur mette ses menaces à exécution. Rappelez à votre enfant que vous êtes des parents assez forts pour tout entendre et pour le protéger. Enfin, les pédophiles utilisent souvent le secret pour faire taire les enfants. Insistez donc sur le fait que tous les secrets ne sont pas bons à garder et particulièrement ceux qui le font souffrir. Il doit alors vite le dire à une ou plusieurs personne(s) en qui il a confiance.

6 conseils à donner à votre enfant.
• Tu ne dois pas t’approcher d’un inconnu (même s’il t’appelle par ton prénom), répondre à ses questions ou accepter de cadeau de lui.
• Et s’il te demande de l’aider (à chercher son chien perdu par exemple), il faut refuser, même s’il semble gentil ou très triste. Un adulte doit s’adresser à un autre adulte pour obtenir de l’aide ou des informations.
• Face à ces situations, le mieux est de s’en aller ou de demander de l’aide à un autre adulte.
• En aucun cas, tu ne dois suivre une personne sans la permission de tes parents. - S’il tente de te forcer à l’accompagner, tu peux crier de toutes tes forces.
• Mémorise bien les numéros de téléphone à appeler en cas de problème.
• Ne divulgue pas ton nom, adresse ou numéro de téléphone à un inconnu. Cela vaut aussi pour les conversations sur Internet.


Paru dans Maxi n°1059
julyrapp@free.fr

Mardi 27 Novembre 2007
Annie Rapp
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