Dans ce parcours du traitement vers la guérison, il existe trois acteurs : la molécule, le patient et le praticien.


1) Le Médicament : je n'ai personnellement aucun doute sur l'efficacité du Baclofene à hautes doses dans le traitement de l' addiction alcoolique et alimentaire (boulimie avec vomissement). Les études cliniques en cours démontreront scientifiquement ce qui est pour l'instant la conviction des malades en traitement et de leur médecin.


2) Le Patient. : de son côté, se trouvent la décision, la confiance, la persévérance et un certain équilibre psychique qui lui permettent de suivre le traitement. Celui-ci présentent en effet des effets secondaires gênants et même parfois pénibles pendant la première phase, celle de la montée progressive des doses. Ensuite, ils disparaîtront avec la guérison.

Les facteurs de Succès chez le patient

• la prise en charge, complètement autonome, de la décision et du traitement par lui-même,
• le fait qu’avant son traitement, il contrôlait socialement son alcoolisation : alcoolisation du soir à la maison, solitaire ou discrète,
• qu’il contrôlait son comportement, par exemple en ne conduisant plus,
• qu’il avait des projets de vie et un travail.

Les facteurs d'échecs. Sans doute, tous dus à la prise aléatoire ou insuffisante du traitement.

• l’absence de motivation personnelle, celle-ci vient des proches
• la gravité de la pathologie psychiatrique associée,
• la dégradation intellectuelle et physique,
• des ennuis avec la justice, conduites en état d'ivresse, violences,
• l’utilisation de l’alcoolisation massive dans des rapports conflictuels avec le conjoint,
• le fait que l’alcool soit toujours ressenti comme le meilleur anxiolytique,
• le fait de ne pas avoir « divorcé » de l’alcool et des comportements associés ; pour les jeunes patients surtout, la difficulté à renoncer à l’ivresse et au style de vie qui va avec,
• la peur des effets secondaires et le refus de devenir « dépendant » d’un médicament.


Conséquence : il n'y a pas de "miracle" ni de "magie" dans la molécule!
Les bons résultats sont le fait du patient lui-même qui est aidé par un traitement dans son projet de se libérer de l'addiction. Jusque là ses efforts avaient échoués devant la puissance du "craving", ce besoin compulsif de boire de l'alcool venu du corps. Quand il ressent qu'il n'a plus besoin de lutter contre ce désir et que se produit le fameux déclic d'indifférence à l'alcool, il a souvent l'impression d'un "miracle" après tant de souffrance et d'échecs.
C'est le même miracle que celui qui a été accompli par le passé grâce aux innovations médicamenteuses qui ont font passer un problème de fléau national à une simple maladie curable...

Encore faut-il que le patient prenne le traitement et le prenne correctement... Les mauvais résultats ne sont pas rédhibitoires. Ils indiquent que le patient a besoin d'une aide complémentaire, médico-psychiatrique, psychothérapeutique, sociale. Ou qu'il n'est "pas encore prêt" à envisager de se passer d'alcool.


3) Bien sur, le 3ème facteur de succès dépend du praticien et de son aisance à prescrire et à suivre le traitement avec le baclofene. D'où la nécessité de sécuriser, par une autorisation officielle, les médecins qui prescrivent et de les former.

Annie Rapp 16/03/2013
Annie Rapp: «Sous baclofène, les malades alcooliques retrouvent la liberté» Paris Match 2011
Pourtant, certains médecins sont passés outre : «Je peux enfin soigner des malades alcooliques», note Annie Rapp, psychiatre à Paris, qui ne travaillait plus avec les malades alcooliques depuis qu’elle avait quitté l’hôpital psychiatrique pour s’installer à son compte. «Je ne voyais pas comment je pouvais les aider. Ça ne marchait jamais, malgré les efforts des malades et des thérapeutes.» Quand elle a découvert l’existence du baclofène, elle a essayé, et n’a pas regretté. «Certains se sentent très soulagés par le médicament tout seul, y compris pour des alcoolismes sévères. Ils sont ahuris de voir tout d'un coup disparaître ce besoin d’alcool qui les a accompagnés toute leur vie! Pour d’autres, c’est plus long et difficile car ne plus absorber cet “alcool-médicament” qui anesthésie peut faire remonter à la surface certaines difficultés. Mais la plupart vont vraiment bien et rapidement! Au-delà de l’abstinence ou de l’indifférence, ils retrouvent la liberté.»
Annie Rapp 27/02/2013

Extrait du Colloque "Baclofene : quoi de neuf?" du 17 novembre 2012. Organisation : Association Baclofene.


« Place de la psychothérapie dans le traitement des addictions (Alcoolisme) avec le Baclofène »
Voir la video. Cliquer ici

« Place de la psychothérapie dans le traitement des Addictions avec le Baclofene" Annie Rapp

Pour les personnes "guéries" de leur addiction,
- certaines l'ont été avec le Baclofène seul : 43%
- et les autres l'ont été avec le Baclofène + des traitements psy (psychotropes et psychothérapie) : 57 %.




Historique personnel

• 1969 à 1981 : Psychiatrie publique. Internat et CES de psychiatrie, puis vacations dans des services de secteur psy. Peu d’intérêt pour alcoolisme et toxicomanies (infirmiers psychiatriques, Vie Libre) Psychanalyse lacanienne et freudienne.

• 1982 à 2009 : Pratique libérale. Psychothérapie verbale avec qq prescriptions d’anti-depresseurs et anxiolytiques. Une seule expérience longue avec une personne alcoolique : résultat ok dans tous les domaines sauf pour l’alcool ! Psychothérapies USA, mouvement du Potentiel Humain. Analyse Transactionnelle, PNL méthodes approfondies. Groupes et Individuels. Fréquente milieu des psychothérapeutes, plus du tout celui de la médecine et de la psychiatrie.

• 2009 : Baclofene : articles de presse, livre d’OA, forum internet. Devant la nouveauté, certains pensent « Trop beau pour être vrai ! » moi « Et si c’était vrai ! allons voir. » Contact avec OA, forum AUBES, premiers prescripteurs, Renaud de Beurepaire., Bernard Joussaume. Premiers patients pour le Baclofene.

• 2010 : 8 Mai : premier colloque réservé aux médecins. 26 Juin 2010 : colloque ouvert à tous. Video sur Internet. Demandes de rv directes par internet et après articles journaux.

• 2011/2012 : Suivi de nombreux patients. Tenue d’une base de données. Evaluation de mon travail..

• Mars 2012 création de RESAB (Reseau Alcool et baclofene) : association de médecins prescripteurs. Président : Patrick de la Selle. Secretaire Générale : Annie Rapp


Premières observations :


• Accepte tous les patients qui ressentent avoir « un pb d’alcool ».

• Diversité des patients : tous les types de personnalités et des pathologies. Qq personnes correspondant au stéréotype. Beaucoup quasi invisibles : contrôlent et cachent bien leur problème. Pour moi, les meilleurs cas !

• Nombreuses personnes à haut potentiel intellectuel (sur-doué). En fait pathologies bi-polaire et border-line accompagnée d’excès d’alcool et drogues.


Ce que j’ai pu faire avec mes moyens qui sont :

- prescription du baclofene et suivi de la progression des doses
- prescription de psychotropes (renouvellement ord ou inauguration du tt psy)
- psychothérapie d’accompagnement du tt biologique : bonne observance, motivation
- psychothérapie approfondie classique brève ou longue

Ce que je ne peux pas faire :
- suivi médical d’une pathologie physique : adressé à FF
- suivi psychiatrique lourd (avec hospitalisations multiples)
- suivi des personnes qui ne viennent pas aux rv !


Récapitulatif 353 dossiers
Nombre Pourcentage
Non suivis (1 à 2 rv) 73 21%
Suivis par Dr. F. Faisandier (pb médicaux) 14 4%
Suivis par autre médecin ou hospitalisé 9 2%
Suivis par Annie Rapp 257 73%

- Non suivis : simple conseil, ne prend pas le tt, est hospitalisé, retourne vers son précédent médecin ou centre d’alcoologie, peur des ES, effet NOCEBO, peur du tt à vie, méfiance vis à vis des médicaments en général, motivation externe (conjoint, parents, enfants, thérapeute…)


Récapitulatif 257 personnes suivies Nombre Pourcentage
En cours 47 personnes : 18%
Résultat ok 139 : 54%
Abandon échec (3 rv et plus) 71: 28%

En cours : viennent de commencer ou composante psychologique nécessitant psychothérapie

Résultats ok et Echecs : Bonheur et Déception !


Quel traitement ?

• Protocole de prescription de Baclofene : dans les premières années, progression rapide sur le modèle de celui d’OA : + 2 cp tous les 3 ou 4 jours. Ensuite différencié suivant les cas, + 1cp tous les 3 , 4 ou 7 jours (selon les ES). Au final le dosage permettant la suppression de la dépendance à l’alcool varie de 3 à 44cp/ jour.
• Pas de sevrage préalable. Consignes de modération de la prise d’alcool. Garder le tt psychotrope s’il y en a.
• RV individuels tous les 15 jours les premières années puis hebdomadaire depuis 2012 pendant les premières semaines. Quand le résultat est atteint, consultation mensuelle puis tous les 2 mois, et tous les 3 mois pour renouveler l’ordonnance. Renouvellement parfois assuré par médecin traitant ou par un parent, médecin ou pharmacien.
• Soit le résultat est rapidement atteint, en 2 mois ou moins, avec la seule prescription du baclofene soit il tarde à s’installer. Prescription de psychotropes (anti-depresseur, tranquillisant, régulateur de l’humeur, neuroleptiques). Evolution des consultations vers de séances de psychothérapie d’une demi-heure ou une heure.
• Depuis 2012 : RV collectifs : 4 personnes pendant une heure.


La part du biologique et du psychologique

• Guérison Baclo seul : en fait 3 protagonistes : le patient, la molécule, le médecin. La réussite repose d’abord sur le patient qui de façon autonome a décidé de guérir et qui prend le médicament. Un médicament réellement efficace sur le craving et parfois sur l’anxiété. Un médecin prescrit et accompagne le patient
• Guérison avec ajout psychotropes : le médecin devient psychiatre
• Guérison avec engagement psychothérapeutique : le médecin devient psychothérapeute
• Guérison grâce à un travail d’équipe médico-psycho-social : Centres spécialisés, Hospitalisation, Assoc.

Traitement avec le Baclofene seul

Dans beaucoup de cas, les patients qui guérissent le font en moins de 2 mois.

L'accompagnement psychologique consiste
• à établir un lien de confiance,
• à expliquer les effets du baclofene sur l’addiction à l’alcool; celui-ci ne peut plus déclencher les effets psychotropes habituels : d’ivresse, de détente, de déshinibition ou d’anesthésie-oubli,
• à adapter la progression de la posologie jusqu'à l'obtention du résultat positif,
• à répartir les doses dans la journée en fonction du craving, ce besoin irrésistible de boire de l’alcool,
• à répondre aux questions et aux craintes quant aux effets secondaires et à trouver les parades
Le patient est incité à accompagner le traitement en respectant les doses prescrites et faisant des efforts de modération vis-à-vis de l'alcool.

• Spécificité dans l’accompagnement psychologique à la prise de médicament et à la modération volontaire de la consommation : on retrouve les mêmes difficultés rencontrées dans les prises en charge par l’abstention, le suivi d’un régime, la prise au long cours d’un tt : Désir (besoin), Croyance (hypothèse, conviction, foi), Emotions, Intention, Valeurs, Prévoyance (présent/futur : plaisir et souffrance immédiate/bénéfices dans l’avenir), Habitudes et Rituels, Autonomie, Confiance en soi, « locus du contrôle» en soi, Connaissances, Compétences, « volonté » = s’inciter soi-même à l’action. Lecture « Pourquoi se soigne-t-on ? » Gérard Reach. Ed Le Bord de l’Eau.
• La PNL que j’utilise est une méthode de changement de soi-même particulièrement pertinente pour traiter ces questions.

Le résultat obtenu est une indifférence à l'alcool ou plutôt une liberté de consommer ou non, à l'instar des personnes non alcooliques.
• indifférence lorsque le ressenti du patient lui indique qu’il n’a plus du tout envie d’alcool et que le test de boire un verre d’alcool ne lui apporte aucun bénéfice, ni plaisir, ni sensation d’euphorie ou de détente.
• liberté lorsqu'il peut boire socialement sans ressentir l'envie de continuer à boire au delà de ce plaisir ni de continuer le lendemain.
• dégout ou plaisir conservé. Certains ne supportent plus l’odeur ou le gout de leur alcool favoris, un alcool fort, mais peuvent apprécier un verre de vin ou une bière. D’autres rejettent le vin mais boivent un bière de temps en temps ou s’ils étaient accro au vin ou à la bière, il boivent volontiers un apéritif à base d’alcool fort.

Avec l’arrêt de l’alcool, et parfois la sensation de détente apportée par la molécule baclofene, l'attitude du patient change spontanément, sans avoir suivi un processus psychothérapeutique. La personne alcoolisée chronique se présente souvent comme immature, irritable ou plaintive, victime des circonstances et des autres. Débarrassée de l’alcool, elle exprime sa personnalité adulte normale, se responsabilise naturellement, prend du recul par rapport
aux difficultés inhérentes à toute vie humaine et les résout par elle-même. Le changement qui a été rapide est spectaculaire, ce qui étonnent profondément ces personnes et leur font évoquer une sorte de « miracle »

Avec le baclofene, le dogme de l'abstinence absolue d'alcool pour ne pas rechuter n'est plus valable.
Un des repères qu’il n’y a pas de risque à boire un peu d'alcool pour un ancien alcoolique sous baclofene est, pour moi, le fait de le boire dans un contexte agréable de plaisir ou de convivialité et non pour gérer un stress. Dans ce second cas, le but n’est pas atteint. La personne est peut-être libérée de la dépendance biologique mais pas de la dépendance psychologique. Donc il convient :
• soit d'augmenter les doses quotidiennes de baclofene,
• soit de donner un traitement complémentaire psychotrope adapté au pb,
• ou de faire des interventions en psychothérapie.


Récapitulatif 139 guéris : quel traitement ?
Nombre Pourcentage
Baclofène seul 60 personnes : 43 %
Baclofène + traitements psy 79 : 57 %
Baclo + psychotropes seuls 27 : 19 %
Baclo + psychothérapie seule 24 : 17 %
Baclo + psychotropes + psychothérapie 24 : 17 %
Baclo + psy institutionnelle (psychiatrie/alcoologie/AA) 4 : 2%


Baclofene + psychotropes


Parfois l’arrêt de l'alcool fait resurgir un état dépressif ou une anxiété invalidante et paradoxalement le patient se sent beaucoup plus mal que lorsqu’il s’alcoolisait. Attribuant ce ressenti aux effets indésirables du baclofene, il peut interrompre son traitement et se tourner de nouveau vers l’alcool alors qu’un traitement spécifique de cette dépression ou de l’anxiété lui permettrait d’aller bien.

Pour les patients présentant un trouble psychiatrique, le traitement est centré, outre le baclofene, sur la prise en charge médicale spécifique de ces pathologies avec des médicaments antidépresseurs, des anxiolytiques, éventuellement des antipsychotiques, et des régulateurs de l’humeur. J’ai constaté alors que, le plus souvent, cette prise en charge double aboutissait également à la guérison du malade et à son retour à une vie tout à fait normale.


Baclofene + psychothérapie


Des personnes, débarrassées du craving grâce au médicament, continuent cependant de s'alcooliser car il reste des envies d'alcool. Celles-ci sont plus psychologiques que biologiques, liées aux habitudes et à la croyance que l'alcool leur est indispensable en cas de stress ou quand elles ont besoin de se détendre, de se dynamiser etc. Je propose des séances de psychothérapie avec la PNL (Programmation Neuro-Linguistique).

Caractéristiques de la psychothérapie avec ces patients :

• Peu de différence avec les autres types de patients en psychothérapie. Parfois la demande de psychothérapie est posée d’emblée en même temps que la demande de prescription. Elle porte non pas sur le problème d’alcool mais sur les problèmes de vie : conflit relationnel, stress au travail, manque de confiance en soi etc. (séance d’une heure hebdomadaire ou tous les 15 jours).
• Ma préférence serait que le pb d’alcool soit traité en priorité. La résolution des autres problèmes me semblant tout à fait facilitée si la personne n’est plus sous l’emprise de l’addiction. Cependant cela n’est pas l’avis des personnes qui préfèrent en général se centrer sur l’expression de leurs autres soucis. Elles veulent garder encore un temps le recours à l’alcool. Bien qu’elles veuillent prendre aussi le baclofene qui bloque le besoin physiologique.
• Je me suis résolue accepter et respecter cette ambivalence et à accompagner le patient dans sa démarche telle qu’il la veut !

Psychothérapie = travail sur « la demande », la demande c’est ce dont le patient a conscience et qu’il veut changer ou obtenir.
Et non pas ce que la famille, la société et le thérapeute estiment être le problème.
Sans demande de la part du patient : pas d’énergie et pas d’efficacité…
Viser l’autonomie de la personne, plutôt que sa soumission à un tt.
Baclofene + autres traitements (psychiatrique, institutionnel, social etc.)

Enfin, dans certains cas, le patient a un lourd passé d’hospitalisations et de suivi en alcoologie classique.
Chez certains, l’alcoolisme est un élément d’une pathologie psychiatrique. Ces personnes arrivent en général avec déjà une grande ordonnance de psychotropes et parfois des antécédents d’hospitalisation psychiatrique.
Les pathologies psychiatriques qui ont presque systématiquement une composante alcoolique sont les troubles bipolaires et borderline. Elles sont un obstacle sérieux à la bonne observance du traitement au baclofene et au comportement de modération dont je parlais plus haut.
J'ai constaté chez des patients borderline un comportement de toxicomane avec des prises excessives de baclofene associées à l’alcool, aux benzodiazépines, aux autres drogues etc. Un de mes premiers patients, à qui j'avais prescrit le baclofene a avalé dès le lendemain une boîte entière pour en tester l'effet ! Sans conséquence autre que deux jours de sommeil comateux, heureusement !

D’autres ont eu besoin d’une prise en charge médicalisée et psycho-sociale avec abstinence totale, participation assidue à des réunions dans des associations d’entraide, tout en poursuivant leur traitement avec le baclofene qui leur permet de vivre l’abstinence de façon confortable.
Certains ont en outre suivis par différents conseillers et parfois par la justice.
A l’issue de ce parcours médical et de ce soutien humain intensif, j’ai vu de grands buveurs très déstructurés se stabiliser et ne plus boire ou modérément, et ils le font sans effort contrairement à leurs compagnons abstinents qui ne prennent pas de baclofene.


Récapitulatif : « psy institutionnelle » 28 personnes
Résultat ok sur l’alcool (mais 1 cas grave dépression) 4: 14%
En cours 1 : 4%
Non suivis (abandon précoce : 1 ou 2 rv) 10 : 36%
Echec (de 3 à 20 rv) 13 : 46%


Accompagnement par des proches

J’ai également suivi avec succès quelques cas où l’accompagnement a été effectué par un proche, préparant les médicaments et restreignant les ressources financières pour acheter de l’alcool ! Ces « guérisons » sont fragiles, mais elles sauvent la vie du patient et rendent une vie normale à leurs proches. Parfois l’implication des proches est de mauvais pronostic.

Récapitulatif. Aide d’un proche : 28 personnes
Résultats ok 14 :50%
Echecs 9 : 32%
En cours 5 :18%



Polémique stupide du « tout biologique » opposé au « tout psychologique »

On voit que, dans la maladie alcoolique, à coté de la prise en charge simple par le médecin traitant en cabinet il reste que les prises en charges institutionnelles et psychiatriques sont indispensables, de même que l’accompagnement psychologique et psychothérapeutique. La molécule Baclofene apporte une immense chance de guérison mais ne fait pas disparaître les approches classiques.



Les échecs


Récapitulatif : 71 Echec (3 rv ou plus) Facteurs d’échec (plusieurs réponses)
:
Effets Secondaires 27 : 38%
Psychose (bi-polaire, border-line) 14 : 20%
Névrose (dépression ) 16 : 23%
Ambivalence (ne prend pas le tt, rate et annule rv) 20 : 28%
Motivation des proches seulement 9: 13%
Démence. Dégradation physique et psychique 3 : 4%

Le défi à relever, maintenant ? diminuer le nombre d’abandons précoces et d’échecs du traitement par une meilleure prise en compte des facteurs de personnalités chez le patient et une meilleur efficacité des interventions médicales et psychiatriques.


Annie Rapp 04/12/2012

Ecrit pour une publication.


J’ai commencé à prescrire le baclofene à des alcooliques à l'automne 2009. J’étais intriguée et intéressée par cette molécule annoncée comme permettant aux alcooliques d’être indifférents à l’alcool et d’avoir une relation redevenue « normale » avec ce produit. Plusieurs mois après avoir lu le livre d’Olivier Ameisen (Le dernier verrre. Edition Denoel), apprenant par la presse les réticences des milieux de l’alcoologie à prescrire ce médicament, j’ai décidé de proposer mes services dans un souci "compassionnel" suivant le terme consacré. Je pensais également qu’un traitement associant un médicament efficace et une psychothérapie serait une bonne réponse aux problèmes de l’alcoolisme. J’avais déjà constaté que l’association d’un antidépresseur, de type Prozac et ses dérivés, aux entretiens de psychothérapie donnait de résultats plus rapides que la psychothérapie seule, le travail psychologique étant facilité par le confort émotionnel apporté par le médicament. Après quelques mois de psychothérapie, la plupart des personnes pouvaient diminuer puis supprimer les médicaments.

J'ai ouvert quelques 216 dossiers de patients (2009/2010/2011) demandant de prendre le baclofene pour se libérer de leur alcoolisme et j’ai suivi régulièrement la moitié de ces personnes. Je n’ai pas fait de sélection et accepté de recevoir tous ceux qui en faisaient la demande. Je n’ai pas établi de critères : il me suffisait que la personne affirme avoir un problème d’alcool, ce qui était toujours objectivement le cas… Au début, les patients m'étaient adressé par le professeur Olivier Ameisen, le découvreur du traitement, par AUBES, une association de malades soutenant la prescription du baclofene, ou par un confrère Renaud de Beaurepaire qui a été l'un des premiers à prescrire ce médicament aux alcoolique. A partir de juin 2010, la plupart des patients sont venus sans intermédiaire car ils avaient vu les video du colloque et trouvé mes coordonnées sur Internet.

Pour ce traitement avec le baclofene, j'ai reçu les patients tous les 15 jours pendant deux mois afin d’établir et d’adapter le traitement en augmentant les doses rapidement (+2cp tous les 3/4 jours) jusqu'à l'obtention de l'indifférence à l'alcool. Je n'ai pas demandé de sevrage ni d'abstinence d'emblée. Cette progression rapide étaient conseillée par celui à qui l'on doit cette importante découverte, le Pr. Olivier Ameisen.
Au départ, j'accompagnais le suivi de la prise du médicament avec des entretiens de psychothérapie portant sur les problèmes du patient.

J'ai constaté plusieurs choses :

Plusieurs catégories d’alcooliques

En suivant un grand nombre de personnes alcoolo-dépendantes, je me suis rendu compte que toutes les catégories sociales, psychologiques et psychopathiques étaient représentées mais qu’il existait deux groupes de patients, certains correspondant aux stéréotypes de l’alcoolique et d’autres non, à tel point qu’ils sont invisibles" pour la société. Parfois leurs proches et leur médecin ne reconnaissent pas leur problème et même le dénient : « tu n’es (vous n’êtes) pas un alcoolique ! » Certains, certaines, n'avaient même jamais consulté pour ce problème et personne ne le connaissait.
J'ai appris depuis que ces patients sont appelés "patient naïfs" par les spécialistes.
Est-ce que les personnes qui guérissent facilement se trouvent en majorité dans cette dernière catégorie ? Oui en effet, mais j'ai constaté que des patients gravement perturbés depuis des années par une consommation extrême pouvaient guérir eux aussi en quelques semaines ou mois.

Dans une première conférence retransmise en video et visible sur Internet je faisais part de mon étonnement devant le grand nombre de personnes présentant des caractéristiques de l’adulte sur-doué parmi ces patients alcooliques demandant le baclofene. Il sont beaucoup plus nombreux que la statistique le voudrait. En fait, j'ai découvert depuis qu'il s’agissait de personnes pouvant être diagnostiquées bi-polaires ou border-lines. L’alcoolisme et la toxicomanie font partie des symptômes fréquents associés à ces maladies. La caractéristique « sur-douée » favoriserait-elle le génie, mais aussi la folie et les addictions?


Traitement avec le Baclofene seul

Dans la majorité des cas, les patients qui guérissent le font en moins de 2 mois.

L'accompagnement psychologique consiste
• à établir un lien de confiance,
• à expliquer les effets du baclofene sur l’addiction à l’alcool; celui-ci ne peut plus déclencher les effets psychotropes habituels : d’ivresse, de détente, de déshinibition ou d’anesthésie-oubli,
• à adapter la progression de la posologie jusqu'à l'obtention du résultat positif,
• à répartir les doses dans la journée en fonction du craving, ce besoin irrésistible de boire de l’alcool,
• à répondre à leurs questions et à leurs craintes quant aux effets secondaires et à trouver les parades
Le patient est incité à accompagner le traitement en respectant les doses prescrites et faisant des efforts de modération vis-à-vis de l'alcool.

Le résultat obtenu est une indifférence à l'alcool ou plutôt une liberté de consommer ou non, à l'instar des personnes non alcooliques.
indifférence lorsque le ressenti du patient lui indique qu’il n’a plus du tout envie d’alcool et que le test de boire un verre d’alcool ne lui apporte aucun bénéfice, ni plaisir, ni sensation d’euphorie ou de détente.
liberté lorsqu'il a plaisir à boire sans ressentir l'envie de continuer à boire au delà de ce plaisir ni de continuer le lendemain.

Cela voudra dire que le baclofene a permis de supprimer les effets psychotropes de l’alcool; celui-ci n’a plus le pouvoir d’enclencher le circuit de la récompense et de le faire "s'emballer" en faisant sécreter la dopamine. Des études scientifiques devront nous donner l'explication du mode d'action de cette molécule aux effets étonnants...

Avec le baclofene, le dogme de l'abstinence absolue d'alcool pour ne pas rechuter n'est plus valable.
Un des repères de la non dangerosité de la prise d'alcool pour un ancien alcoolique sous baclofene est, pour moi, le fait de le boire dans un contexte agréable de plaisir ou de convivialité et non pour gérer un stress. Dans ce second cas, il y a un risque certain de rechute. Donc il convient soit d'augmenter les doses quotidienne de baclofene soit de donner un traitement complémentaire, anti-depresseur ou tranquillisant.

Est-ce un traitement à vie? Dans mon expérience, certains patients qui n'ont plus de problème d'alcool, cessent de prendre le médicament. Plusieurs ont rechuté et ont repris le traitement. D'autres, aux dernières nouvelles vont toujours bien.


Baclofene + psychothérapie

Dans le cas où la suppression de l’alcoolisation tardait à se manifester malgré l'augmentation des doses du médicament, ou l'impossibilité d'augmenter les doses compte-tenu des effets indésirables, j’ai poursuivi en psychothérapie classique pour tenter de résoudre les problèmes psychiques considérés comme « cause » de l’alcoolisation par le patient. Croyance largement partagée par le public et les professionnels.
Les progrès ont été lents. Pour un petit nombre de cas, l'indifférence ou la liberté vis à vis de l’alcool a fini par s’installer en même temps qu'arrivait leur prise de conscience des obstacles psychologiques à l’arrêt de l’alcoolisme et leur résolution.

Pour d’autres, comme le disait Eric Berne, l’inventeur de l’Analyse Transactionnelle, méthode que j’ai approfondie autrefois, le malade fait des progrès mais ne change pas ! J’ai compris alors que la priorité de la démarche de psychothérapie devait être donnée à l’arrêt de l’alcoolisation, mettant de côté le « travail » sur les autres aspects.

Des personnes, débarrassées du craving grâce au médicament, continuent cependant de s'alcooliser car il reste des envies d'alcool. Celles-ci sont plus psychologiques que biologiques, liées aux habitudes et à la croyance que l'alcool leur est indispensable en cas de stress ou quand elles ont besoin de se détendre, de se dynamiser etc. J'ai alors travaillé en psychothérapie orientée solution, visant le comportement d’alcoolisation.
La priorité doit être de se débarrasser de l'alcool. Quels que soient les stress vécus et qui "justifient" aux yeux du patient la prise d'alcool, l'objectif est, non pas de faire disparaître les causes de stress, mais le lien automatique qu’il fait entre stress et solution par l’alcool. C’est une approche centrée sur l'alcoolisation actuelle et non sur le passé.
Je propose des séances avec la PNL (Programmation Neuro-Linguistique), l’une des méthodes que j’utilise. Dans ce cadre-là, elle vise à changer les habitudes et les rituels et à apprendre à faire face psychologiquement et non chimiquement aux stress de la vie. Elle permet de renforcer la motivation et la décision de guérir complètement de l’alcoolisme.
Avec cette nouvelle attitude de ma part, plusieurs patients, en psychothérapie depuis plusieurs mois, ont résolu en une ou deux semaines leur problème d’alcool!

Avec l’arrêt de l’alcool, et peut-être grâce à l’effet psychotrope anxiolytique de la molécule baclofene, l'attitude du patient change. La personne alcoolisée chronique se présente souvent comme immature, irritable ou plaintive, victime des circonstances et des autres. Débarrassée de l’alcool, elle exprime sa personnalité adulte normale, se responsabilise naturellement, prend du recul par rapport aux difficultés inhérentes à toute vie humaine et les résout par elle-même. En psychothérapie, elle collabore activement plutôt que de rester sur le mode passif et plaintif.

Quelques personnes libérées du problème d'alcool, ont décidé de poursuivre leur psychothérapie avec moi ou un autre thérapeute.


Baclofene + autres traitements (psychiatrique, institutionnel, social etc.)

Enfin, dans certains cas, le baclofene seul ou associé à la psychothérapie ne donne pas les résultats attendus.

Parfois l’arrêt de l'alcool fait resurgir un état dépressif ou une anxiété invalidante et paradoxalement le patient se sent beaucoup plus mal que lorsqu’il s’alcoolisait. Attribuant ce ressenti aux effets indésirables du baclofene, il peut interrompre son traitement et se tourner de nouveau vers l’alcool alors qu’un traitement spécifique de cette dépression ou de l’anxiété lui permettrait d’aller bien.

Chez certains, comme l’ont montré les autres études, l’alcoolisme est un élément d’une pathologie psychiatrique. Ces personnes arrivent en général avec déjà une grande ordonnance de psychotropes et parfois des antécédents d’hospitalisation psychiatrique.
Les pathologies psychiatriques qui ont presque systématiquement une composante alcoolique sont les troubles bipolaires et borderline. Elles sont un obstacle sérieux à la bonne observance du traitement au baclofene et au comportement de modération dont je parlais plus haut.
J'ai même constaté chez des patients borderline un comportement de toxicomane avec des prises excessives de baclofene associées à l’alcool, aux benzodiazépines, aux autres drogues etc. Un de mes premiers patients, à qui j'avais prescrit le baclofene a avalé dès le lendemain une boîte entière pour en tester l'effet ! Sans conséquence autre que deux jours de sommeil comateux, heureusement !

Pour les patients présentant un trouble psychiatrique, le traitement est centré, outre le baclofene, sur la prise en charge médicale spécifique de ces pathologies avec des médicaments antidépresseurs, des anxiolytiques, éventuellement des antipsychotiques, et des régulateurs de l’humeur. J’ai constaté alors que, le plus souvent, cette prise en charge double aboutissait également à la guérison du malade et à son retour à une vie tout à fait normale.

D’autres auront besoin d’une prise en charge médicalisée et psycho-sociale ; ils devront être hospitalisés, rechuteront souvent à la sortie malgré le baclofene…
S’ils n’abandonnent pas leur projet de guérir de leur alcoolisme, ils finiront par choisir l’abstinence totale, avec ou non la participation assidue à des réunions dans des associations d’entraide, tout en poursuivant leur traitement avec le baclofene qui leur permet de vivre l’abstinence de façon confortable.
Certains seront en outre suivis par différents conseillers et parfois par la justice.
A l’issue de ce parcours médical et de ce soutien humain intensif, j’ai vu de grands buveurs très déstructurés se stabiliser et ne plus boire ou modérément, et ils le font sans effort contrairement à leurs compagnons abstinents qui ne prennent pas de baclofene.

Les antécédents de vécu d’abandon dans l’enfance et la dépendance affective sont au premier plan chez ces patients : sur le plan psychologique, ils nécessitent plus qu’une simple thérapie individuelle.

J’ai également suivi avec succès quelques cas où l’accompagnement a été effectué par un proche, préparant les médicaments et restreignant les ressources financières pour acheter de l’alcool ! Ces « guérisons » sont fragiles, mais elles sauvent la vie du patient et rendent une vie normale à leurs proches.



Les facteurs de succès et d’échecs sont d’après mes premières conclusions :


Succès


• la prise en charge, complètement autonome, de la décision et du traitement par la personne elle-même,
• le fait qu’avant son traitement, elle contrôlait socialement son alcoolisation : alcoolisation du soir à la maison, solitaire ou discrète,
• qu’elle contrôlait son comportement, par exemple en ne conduisant plus,
• qu’elle avait des projets de vie et un travail.


Echecs (sans doute, tous dus à la prise aléatoire ou insuffisante du traitement)

• l’absence de motivation personnelle,
• la gravité de la pathologie psychiatrique associée,
• la dégradation intellectuelle et physique,
• des tendances à la délinquance
• l’utilisation de l’alcoolisation massive dans des rapports conflictuels avec l’entourage,
• le fait que l’alcool soit toujours ressenti comme le meilleur anxiolytique,
• le fait de ne pas avoir « divorcé » de l’alcool et des comportements associés ; pour les jeunes patients surtout, la difficulté à renoncer à l’ivresse et au style de vie qui va avec.
• la peur des effets secondaires et le refus de devenir « dépendant » d’un médicament.



Conclusions sur la prise en charge des malades alcooliques

Suivant mes réflexions d’aujourd’hui, dans l’avenir je pense que :
• beaucoup de ces personnes pourront être suivies en ambulatoire et guéries grâce à la prise du baclofene prescrit suivant un protocole personnalisé adapté à chacun, par des médecins formés à cette prescription.
• certains auront besoin, en plus, d’une psychothérapie brève de soutien et de motivation ou d’une psychothérapie approfondie, assurées par des spécialistes.
• d’autres, présentant une pathologie psychiatrique, recevront le traitement adapté en ambulatoire ou en suivant le parcours en centres de soin, en cure et post-cure et avec des associations de malades abstinents.
• quand la santé physique des patients est perturbée, les pathologies médicales devront être prises en charge par des médecins avertis des interactions du baclofene avec les autres prescriptions.

J’ai constaté qu’en France, un grand effort a été fait pour prendre en charge les alcooliques. Il existe de nombreuses consultations d’alcoologie et des lits d’hospitalisation. Ajouter systématiquement le baclofene à cet arsenal résoudrait enfin efficacement les conséquences de l’alcoolisme.

Une des raisons de mon investissement dans ce traitement a été que je ne comprenais pas pourquoi tous ces centres spécialisés ne s'emparaient pas de cette molécule pour la tester et découvrir ou non son potentiel de guérison. Il ont laissé aux médecins généralistes et aux psys le soin de le faire. J'ai appris que le même phénomène s'était produit en France au début de la prescription de traitement substitutifs des drogues.

Tout cet arsenal de l'alcoologie et de l'addictologie est-il menacé de disparition par l’arrivée du baclofene ? On se rappelle que les sanatoriums ont tous fermés avec la découverte de la pénicilline… Il est bien possible en effet que des services d’alcoologie ferment avec l'introduction du baclofene dans le traitement de l'alcoolisme.

Cependant, le simple traitement ambulatoire avec un médecin isolé ne peut suffire à tous les patients. J'ai moi-même été confrontée à cette difficulté et j'ai adressé beaucoup de ces personnes à des services spécialisés et à des cliniques.

La psychiatrie manque de lits, d'après ce que je sais. Les services d'alcoologie et d'addictologie devraient être recyclés en services de psychiatrie accueillant les patients présentant ou non un alcoolisme et en leur offrant une prise en charge multiple médico-psycho-sociale. De tels services devraient également être proposés dans les prisons afin de faire bénéficier les alcooliques incarcérés de ce traitement pendant leur mise à l’écart forcée…


***



Mon parcours avant le baclofene

J’exerce en pratique libérale la psychothérapie depuis 1982, après dix années d’exercice en psychiatrie publique comme interne puis médecin vacataire.
D’abord formée en psychanalyse classique et lacanienne, je me suis orientée vers les psychothérapies dites humanistes issues du Mouvement du Potentiel Humain venu des Etats-Unis dans les années 70/80.
Dans ma définition, psychiatrie et psychothérapie diffèrent par le type de patients qui sont suivis et le type de traitement :
- maladies mentales et recours à des médicaments, des hospitalisations, des mises en invalidité, un soutien social et matériel, dans le premier cas,
- troubles plus légers et traitement par « la parole » lors de rendez-vous au cabinet du thérapeute, hebdomadaires ou tous les quinze jours, dans le deuxième, avec parfois, pour les personnes en dépression la prescription, quand le psy est médecin, d’un antidépresseur, d’un tranquillisant et d’un arrêt de travail.

Avant le baclofene, j'évitais de prendre en psychothérapie des personnes alcooliques. Du temps de mon internat en psychiatrie, je me contentais d'appliquer le traitement médical à ces malades, en laissant aux infirmiers et infirmières psychiatriques le soin de suivre le patient dans ses efforts d’abstinence et de l’adresser au représentant de Vie Libre de l’hôpital.
En pratique libérale, sauf exception, je n'en ai pas suivi. Et dans les quelques cas dont je me souvienne, le travail n’a pas abouti à la sobriété, même s’il avait amené des changements intéressants dans la vie du patients et la résolution de ses problèmes de l’enfance.
Ceci n'est que mon expérience. Il se peut que l'on trouve ou que l'on ait trouvé des traitements purement psychothérapeutiques efficaces pour libérer les patients de leur alcoolisme.
Annie Rapp 10/10/2012

Extrait du Guide de Prescription de Baclofene.


La prescription d’un médicament en dehors de ses indications reconnues et habituelles est largement pratiquée en médecine quelle que soit la spécialité considérée (Médecine Générale, Pédiatrie, Psychiatrie, ...). Il est souvent arrivé que l’on découvre qu’une molécule puisse avoir des propriétés insoupçonnées dans un champ thérapeutique inattendu (aspirine en cardio, carbamazépine comme stabilisateur de l’humeur, antidépresseurs dans les douleurs chroniques, etc.).

Le législateur a prévu cette situation et l’a encadrée (13,14). La prescription hors AMM (hors autorisation de mise sur le marché) est permise sous conditions :
- de données scientifiques pouvant justifier cette prescription
- de nécessité thérapeutique motivée par des échecs des traitements 
conventionnels bien conduits
- d’information complète du patient sur les bénéfices et risques 
potentiels du traitement
- de consentement éclairé du patient et de son acceptation écrite à 
prendre ce traitement en toute connaissance
- de suivi médical approprié
- de possibilité de non remboursement de la prescription 




13. Paoletti O. La prescription hors AMM. Neurologie, 2003 ; 6 :46-48


14. Rolland B, Deheul S, Danel T, Bordet R et Cottencin O. Un dispositif de
prescriptions hors-AMM : exemple du baclofène. Thérapie 2010; 65 (6): 511– 518
Annie Rapp 23/04/2012

Infographie
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Neurotransmetteur essentiel au bon fonctionnement cérébral, le gaba se fixe sur deux types de récepteurs, gaba A et gaba B. Quand une personne consomme de l’alcool, celui-ci se fixe sur les gaba A. En cas de déficience au niveau des gaba, une mauvaise conformation des molécules par ex ou un défaut dans leur production, cela se traduirait par des troubles du système nerveux, comme une anxiété pathologique. Trouble que le malade soignerait par la prise d’alcool afin d’occuper les récepteurs gaba A laissés vacants. Sans alcool, l’anxiété reviendrait car tous les récepteurs ne seraient plus occupés. Le baclofène aurait une action unique en se fixant sur les récepteurs gaba B. Pour des raisons encore inconnues, la dépendance à l’alcool mais également semble-t-il à certains stupéfiants comme les opiacés ou les benzodiazépines, entretiendrait un lien étroit avec ce récepteur B des gaba.

Annie Rapp 23/04/2012

En 2009, Annie Rapp, psychothérapeute, découvre les effets positifs du Baclofène sur les personnes souffrant d'alcoolisme. Ce myorelaxant, à l'origine réservé aux patients atteints de sclérose en plaques, a déjà convaincu une partie du corps médical.


Pourtant, sa mise sur le marché n'a toujours pas été autorisée pour cette vertu curative. Le Dr Rapp fait front à cette interdiction en continuant depuis deux ans de prescrire ce « médicament-miracle ».

Rue89 : Comment décide-t-on de devenir médecin-prescripteur du Baclofène ?
Annie Rapp : J'ai commencé à prescrire le Baclofène à l'automne 2009. J'avais lu quelques mois avant un article sur ce médicament. Jusqu'alors, je n'avais jamais vu, avec les traitements existants, de résultat positif sur les personnes alcooliques.
Pour un médecin, une telle découverte ne peut être qu'une bonne nouvelle. J'ai donc pris contact avec l’association AUBES et le docteur Olivier Ameisen [cardiologue qui a établi que le Baclofène est le seul médicament qui supprime complètement la dépendance à l'alcool, ndlr *], qui cherchaient des médecins-prescripteurs.

A quelles sanctions professionnelles vous exposez-vous en prescrivant un médicament qui n'a pas obtenu l'autorisation de mise sur le marché (AMM) contre l'alcoolisme ?
Prescrire hors-AMM n'est pas interdit en France. C'est même une pratique courante dans le traitement de l'alcoolisme. Personne ne s'en offusque. Cependant, dés le début, des médecins faisant autorité ont exprimé leur réserve vis-à-vis du Baclofène dans le traitement de l'alcoolisme, ce qui fait que beaucoup de médecins hésitent à le prescrire.
Quant à moi, j'ai estimé que je ne risquais pas grand-chose à le faire. Il suffit de bien superviser les patients et surveiller les effets secondaires gênants. A mon âge, je pourrais être à la retraite. Donc si j'ai des ennuis, je m'arrêterai simplement de travailler. Ce n'est pas comme si j'étais au début de ma carrière professionnelle.

Quels sont les arguments des médecins qui refusent de prescrire le Baclofène ?
Je n'en ai pas rencontré personnellement, mais j'ai eu plusieurs échos de patients. Ces médecins s'appuient sur le fait que le Baclofène n'a pas encore été testé officiellement. D'autres ne croient simplement pas à son efficacité. Ils pensent que si un médicament-miracle existait, ça se saurait. Ils préfèrent croire à l'abstinence.
Lors du colloque du 14 mai 2011 « Baclofene, pour ou contre » les principaux arguments des « contre » insistaient sur les effets secondaires du traitement. Effets pourtant réversibles quand on adapte la dose du médicament. Et bien peu dangereux, comparés aux effets de l'alcoolisation chronique !

Quels sont ces effets secondaires dont vous parlez ?
La plupart du temps, ce sont des effets de somnolence. Une envie irrésistible de fermer les yeux et de s'endormir. Mais c'est une sensation qui disparaît en quelques minutes, puis s'estompe avec le temps.
Il y a aussi divers effets transitoires : perte d'équilibre, troubles digestifs… S'ils ne disparaissent pas, il faut alors baisser la dose prescrite pour adapter le corps à ces changements. Puis une fois habitué, on augmente à nouveau jusqu'à ce que la personne ne ressente plus l'envie de boire. Le traitement est réussi quand elle devient libre de boire ou pas.

Qu'est-ce qui freine aujourd'hui la reconnaissance du Baclofène par les institutions médicales ?
Jusqu'à aujourd'hui, les laboratoires pharmaceutiques ont refusé de faire des études sur le Baclofène et ses vertus sur la dépendance à l'alcool. J'imagine que comme le Baclofène est déjà « génériqué », ils n'ont aucun intérêt à faire des recherches pour le développer. Ils ne gagneraient pas d'argent avec un tel produit. C'est la logique financière qui prime.
Les pouvoirs publics sont ceux qui devraient financer ce projet. Beaucoup de choses ont été faites pour soutenir la recherche sur le cancer, Alzheimer… mais pas pour l'alcoolisme.

Comment prescrivez-vous ce médicament ?
J'ai décidé de le prescrire à tous ceux qui me le demandent et qui ont un réél problème avec l'alcool. J'observe ensuite l'évolution du patient. Dans l'ensemble, il y a de bons résultats. Il faut savoir que c'est un traitement à vie, mais qu'il est généralement bien accepté. Si le patient arrête, le besoin d'alcool revient.
Ce médicament n'agit que sur une partie du problème, le besoin d'alcool, de drogue, ce que l'on appelle le « craving ». Mais il n'a pas systématiquement d'effets sur les composantes psychologiques, surtout psychiatriques, de la maladie.

Les demandes sont-elles nombreuses ?
J'ai dû avoir au moins 80 demandes de prescriptions sur deux ans. Mais tous les patients n'ont pas été suivis. Certains ont abandonné pour des raisons diverses, d'autres en sont pleinement satisfaits.
Les médecins-prescripteurs sont-ils nombreux ?
Je rencontre d'autres médecins-prescripteurs, on se concerte, on compare les résultats. J'ai obtenu beaucoup de conseils de personnes plus expérimentées. Mais il est difficile de savoir exactement le nombre de professionnels qui prescrivent aujourd'hui du Baclofène. Nous ne nous sommes pas tous déclarés.
En 2010, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a recensé à peu près 20 000 prescriptions de Liorésal [appellation commerciale du Baclofène, ndlr] de plus qu'en 2009. Et elles seraient, compte tenu des posologies utilisées, probablement en rapport avec l'alcoolo-dépendance.


* "Le dernier verre" d'Olivier Ameisen. Ed Denoël.
Annie Rapp 28/05/2011

Depuis la sortie du livre, en 2004, du Dr. Olivier Ameisen, relatant son expérience ce guérison d'un alcoolisme sévère grâce à la prise de Baclofène à haute dose, les études cliniques tardent à être mises en place dans notre pays. Aussi, un certain nombre de médecins français, constatant les excellents résultats de ce traitement dans cette indication, ont commencé de prescrire ce médicament sans attendre l'autorisation de mise sur le marché dans l'indication de l'alcoolisme. Avec le Dr. Ameisen, ils ont exposé leur expérience lors de deux colloques qui se sont tenus à Paris en mai et en juin 2010.
Lire : « Le dernier verre » Dr. Olivier Ameisen. Edition Denoël


Annie Rapp a expliqué qu'elle pratiquait la psychothérapie en libéral et qu'elle avait débuté en tant que médecin en psychiatrie.
Comme praticienne elle a choisi la psychothérapie plutôt que la psychiatrie mais prescrit des médicaments en parallèle à la thérapie verbale. Elle pratique une thérapie interprétative, humaniste, cognitivo-émotionnelle avec de la Programmation Neuro Linguistique (PNL).

C'est elle même qui s'est proposée comme prescripteur après avoir lu le livre d'Olivier Ameisen.
Jusque là, ses tentatives de traitement de l'alcoolisme s'étaient toutes soldées par des échecs à l'exception d'un cas, si bien que comme beaucoup, elle avait renoncé à prendre en charge des patients alcoolo-dépendants.

Le baclofène lui a apporté l'espoir de pouvoir enfin soulager ces malades, quitte à être éventuellement désavouée par les instances ordinales. Mais sachant que ce médicament était prescrit depuis plus de 40 ans à haute dose sans présenter de danger sérieux, elle n'a pas hésité à se lancer dans la prescription, cette donnée étant une garantie pour la sécurité de ses patients.
C'est le propre de la démarche compassionnelle, (cf intervention de Renaud de Beaurepaire.)
A partir de novembre 2009 , elle a commencé à traiter au baclofène quelques patients sur le mode psychothérapeutique d'une séance par semaine en adaptant ses tarifs afin de n'exclure personne du traitement pour des raisons financières.

Ses premières conclusions sont que les résultats positifs sont réels et enthousiasmants.
Certains ayant atteint , avec une facilité déconcertante, la sobriété et l'indifférence à l'alcool, retrouvant ainsi la santé et reprenant leur vie en main.
Pour d'autres, les effets secondaires à certains paliers ont été intenses, mais en persévérant sur une durée plus longue, ils ont finit par, eux aussi, atteindre l'objectif de l'indifférence.
Le postulat d' Annie Rapp est que certains doivent cesser toute activité et être en arrêt de travail pendant un mois ou deux, afin d'être sans autre obligation que de se consacrer entièrement à leur guérison pour éviter les inconvénients des somnolences, lorsqu'elles sont trop handicapantes en activité.

Selon elle, la motivation joue un rôle majeur dans la réussite du traitement. D'un point de vue psychologique, pour parvenir au succès, il faut avoir fait le « deuil » de l'alcool et des anciennes raisons qui avaient motivées sa consommation comme :
-les effets festifs et transgressifs
-la suppression de la timidité
-l'appartenance à un milieu de consommateurs
-le goût du flirt avec la mort
-la révolte et le défi.
(Une pathologie psychiatrique associée peut également empêcher l’observance du traitement et l’obtention du résultat désiré.)

La demande de prescription doit donc être réfléchie et volontaire, une fois sorti du déni, la prise de conscience de la maladie et de la perte de contrôle étant admises.
Le patient doit s'être informé, avoir lu le livre d'Olivier Ameisen et compris la méthode.
Parmi ses patients, qui tous se reconnaissaient alcooliques, certains étaient des buveurs plus « modérés » que d'autres mais ayant besoin d'une consommation quotidienne et d'autres des buveurs excessifs ayant besoin de très fortes alcoolisations de façon plus ponctuelle.
Dans la première catégorie, l'entourage familial ou même médical ne reconnaissait pas forcément la maladie, car ces personnes buvaient seules et n'incarnaient pas l'image stéréotypée de l'alcoolique.
Certains ont quitté la thérapie sans donner de nouvelles, sans doute culpabilisés par des rechutes et l’arrêt du traitement.
Certains autres ont fait une ou plusieurs rechutes avec alcoolisation massive pendant plusieurs jours avant d'atteindre la dose-seuil et l'indifférence.

Tous ont perdu le goût et le plaisir de boire de l'alcool et ne boivent plus que pour accompagner des moments conviviaux. Un seul verre leur suffit, ils ne touchent plus au second, la vue des bistrots ou des rayons alcools ne leur fait plus aucun effet.

La thérapie proposée par Annie Rapp peut être une simple psychothérapie de soutien pour accompagner le traitement jusqu'à obtention de l'indifférence ou se poursuivre après la guérison pour accompagner le retour à la lucidité, parfois difficile et à un état physique et psychique satisfaisant.
Dans le premier cas, le psychothérapeute est le témoin bienveillant de la reprise en main de sa vie par le patient. Dans le deuxième, (outre la poursuite des médicaments, anti-dépresseurs ou anti-psychotiques,) c'est une psychothérapie classique qui traite les cas de dépressions sous-jacentes, liées aux traumas d'enfance, qui peuvent refaire surface lorsque l'effet anesthésiant procuré par l'alcool a disparu.
Selon elle, le baclofène traite essentiellement la compulsion mais ne procure pas forcement bien-être et euphorie, ce qui témoigne du fait qu'il n'est donc pas un produit addictif.
Contrairement à l'expérience racontée par Olivier Ameisen, tous ses patients n'ont pas vu disparaître leur anxiété et leur mal-être. (Dans les questions-réponses, Olivier Ameisen propose dans ce cas de continuer à augmenter les doses même si l'indifférence est atteinte afin de vaincre l'anxiété persistante).

Quoiqu'il en soit le traitement apporte un éclairage nouveau sur les comportements addictifs qui ne sont donc pas soumis à la volonté des patients mais au fonctionnement de leurs neurones. L'alcool étant perçu comme un « médicament » pouvant soulager une souffrance.
Le protocole pratiqué par Annie Rapp, est encore plus progressif que celui de Renaud de Beaurepaire, pourtant dit « lent ».Elle augmente les doses d'un ou deux comprimés de 10mg par semaine, proposant des paliers plus longs jusqu'à disparitions des effets secondaires si ils sont persistants.
Elle a noté que les effets secondaires étaient souvent majorés par une alcoolisation massive concomitante.
Les réussites les plus spectaculaires et rapides ont eu lieu chez des patients déjà sobres, volontairement, avant le début du traitement et qui ont vu leur efforts se transformer très vite en indifférence.

A l'inverse du docteur Renaud de Beaurepaire, Annie Rapp a finit par demander à ses patients qui continuaient à s'alcooliser massivement, de faire un effort de volonté pour réduire ou même arrêter l'alcool le temps que la molécule fasse effet. Ce sont d'ailleurs souvent les patients eux-mêmes, qui après certaines « cuites » prenaient la décision de la sobriété volontaire pendant 8, 15 ou 20 jours.
Annie Rapp a rappelé qu'il est important pour l'estime de soi que le patient contribue ainsi à sa propre guérison.

Elle a ensuite fait des suggestions pour les actions à venir en proposant d'organiser des formations de médecins prescripteurs pour apprendre à gérer le protocole, les effets secondaires et ceux du sevrage alcoolique. Sans cela, il est normal selon elle, que certains n'osent pas se lancer dans la prescription. Elle se propose en tant que psychothérapeute de former ses confrères à l'accompagnement psychologique du traitement.
Elle souhaiterait que l'on ouvre des centres de jours ou des cliniques spécialisées dans l'accompagnement des patients sous baclofène ou que les structures déjà existantes puissent le faire : en effet, pour certains patients dont la dérive alcoolique entraîne une dé-socialisation de type « SDF » qui nuit forcément à la prise correcte du traitement, l'hospitalisation est nécessaire et il est à noter que quelques structures s'y mettent d'ailleurs.

Voir les vidéo du Colloque de juin sur le site Alcool et Baclofene.
http://www.forum-baclofene.fr/portail.html

Site d'Olivier Ameisen : http://www.olivierameisen.com/fr
Annie Rapp 12/11/2010

En ce qui me concerne, je suis arrivée à la conclusion qu’une dérive sectaire est à l’oeuvre quand le groupe fonctionne sur le mode de la violence (psychologique, verbale, sociale, financière, sexuelle etc.) entrainant des phénomènes d’emprise chez les membres du groupe et leur isolement du reste de la société.


Outre la violence, l’intimidation et la peur, une forte idéologie, quelle soit politique, religieuse ou autre est un facteur grandement facilitant pour le maintien au pouvoir de quelques uns sur les autres.
Comme on le voit dans les violences conjugales, même l’amour et les valeurs familiales peuvent soutenir des dérives ressemblant trait pour trait aux dérives sectaires telles qu’elles sont décrites par les mouvements anti-sectes.

Faire de la non-scientificité et de l’irrationnel l’indicateur principal de la dérive sectaire est une erreur de jugement qui sert surtout les intérêts d’une certaine médecine académique occidentale.
Je crois pour ma part que, dans les approches actuellement non reconnues, il y a déjà des solutions thérapeutiques précieuses même si elles ne sont pas comprises scientifiquement. Il est possible également qu'elles contiennent en germe des avancées pour la science.

Pour répondre à la question “Comment éviter les dérives sectaires...?” posée par le GEMMPPI, je pourrais dire qu’il faudrait, avant tout, sensibiliser les gens aux dangers de supporter des comportements violents ou irrespectueux de leurs droits élémentaires, sous couvert de bons sentiments ou d’idéologies, et les mettre en garde contre une soumission à une autorité dans la mesure où celle-ci met en danger leur vie ou leur intégrité et qu'elle les coupe des autres.

En fait il faudrait fonder la prévention sur la responsabilisation des citoyens pour leur propre protection et la répression sur des faits avérés avec les moyens de la justice.
Annie Rapp 23/12/2008

Lire un article qui rend compte d'une enquête sur les répercussions des violences conjugales sur la santé des femmes des Côtes-d’Armor. Ces femmes sont atteintes d'une véritable "maladie mentale" liée à ces violences et maltraitances. Il est temps de le reconnaître.
Cependant le même constat devra être fait concernant les auteurs de ces violences car eux-aussi sont atteints d'une véritable "maladie mentale" dont le traitement devra être psycho-socio-judiciaire.
Il faudra reconnaître également qu'un couple et une famille structurés par cette violence constituent un système pathologique grave à traiter. La solution n'est pas seulement dans la séparation du couple.
Les enfants sont les victimes en première ligne de cette pathologie de leurs parents avec des conséquence évidentes sur les générations futures.



Violences conjugales. La santé des femmes prise en compte

Le centre d’information sur les droits des femmes des Côtes-d’Armor (Cidf) a dévoilé, jeudi, les résultats d’une enquête réalisée de septembre 2007 à février 2008 afin d’évaluer les répercussions des violences conjugales sur la santé des femmes costarmoricaines. « On s’était aperçu que les problèmes de santé des femmes victimes de violences n’étaient pas assez pris en compte », indique Bernadette Vanden Driessche, chargée de mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité, et animatrice de la commission départementale de lutte contre les violences faites aux femmes qui a diligenté cette enquête.

Etat dépressif persistant
Sur les 52 femmes du département interrogées, 17 ont évoqué leur dépression, 28 la crainte pour leur propre vie et 24 pour la sécurité de leurs enfants. Plus troublant : sur les 35 femmes qui ne sont plus victimes aujourd’hui de violences conjugales, il apparaît que les séquelles traumatologiques sont importantes, que l’anxiété et l’auto-dévalorisation persistent et sont difficiles à traiter.
Les troubles digestifs s’avèrent les troubles psychosomatiques les plus récurrents, du fait de l’angoisse et de l’état de pression dans lesquels elles se trouvent. Près de la moitié de ces femmes souffrent de fatigue intense, de troubles du sommeil, de difficultés de concentration et d’attention et reconnaissent avoir recours à des médicaments. Plus de la moitié d’entre elles s’avouent, même encore aujourd’hui, dépressives.

Mise en réseau de professionnels
La commission départementale de lutte contre les violences faites aux femmes souhaite que cette enquête « serve de tremplin à un travail sur la santé de ces femmes ; permette une meilleure connaissance des problématiques de santé de ces femmes ; une mise en réseau des professionnels de santé ainsi qu’une mise en lien entre eux, les travailleurs sociaux, les associations qui accompagnent les femmes victimes et le réseau judiciaire », explique Bernadette Vanden Driessche.

Source


Annie Rapp 20/09/2008
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