Baclofene et Addictions

Un article de Cerveau et Psycho "Le poids des mauvaises habitudes" nous explique comment le faire.


Dans l'alcoolisme, plusieurs facteurs sont en jeu : l'intention consciente, la motivation, les habitudes, la biologie etc.
Le médicament agit sur le dernier facteur.
Le patient lui-même agit sur les premiers facteurs.

Souvent quand le résultat du traitement tarde à se manifester, les patients invoquent la force des habitudes et les tentations liées à la présence d'alcool dans les événements de leur vie quotidienne.

Les chercheurs en neurosciences nous donnent une piste pour changer volontairement une habitude quand nous le souhaitons. Voir l'article ci-dessous.

Par exemple, pour se faciliter l'arrêt de l'habitude alcoolique, on peut :

- changer pour une autre boisson alcoolisée,
- l'acheter dans un autre lieu que d'habitude,
- le boire dans un autre contexte,
- avec d'autres personnes,
- etc.


Changer une habitude
Les activités rituelles, par exemple regarder la télévision tout en grignotant n'importe quoi, font partie de celles dont on décide un beau jour qu'il faut les arrêter. Puis, la routine aidant, l'habitude finit souvent par réapparaître.
Tubol Evgeniya / Shutterstock.com


Le poids des mauvaises habitudes

Nous pensons viser des objectifs bien définis, par exemple perdre quelques kilos avant l'été. Mais, petit à petit, l'intention initiale faiblit, et les habitudes reprennent le pouvoir.
Christian Wolf

Cerveau&Psycho N°57 - mai - juin 2013
Source. Cliquer ici :
Pour les non-abonnés, vous pouvez télécharger l'article complet sur le site du journal.

L'essentiel :
- Nous pensons souvent que nos comportements sont motivés par des objectifs que nous nous sommes fixés.
- Selon les psychologues, c'est vrai seulement pour des activités nouvelles ; car, plus on répète une activité, plus l'objectif initial s'estompe, et plus le contexte devient important.
- Certaines régions des ganglions de la base, notamment le striatum, jouent un rôle essentiel dans la formation des habitudes.


Éviter le stimulus qui déclenche l'habitude

Se fixer des objectifs quand on veut rompre avec des vieilles habitudes ne semble pas une bonne façon de procéder. Une méta-analyse datant de 2006 et conduite par Thomas Webb, de l'Université de Manchester, et Paschal Sheeran, de l'Université de Sheffield en Grande-Bretagne, l'a confirmé. Les psychologues ont évalué environ 50 études dans lesquelles les chercheurs avaient essayé de modifier des objectifs ou comportements de volontaires.
Les résultats ont montré que les chercheurs ont seulement réussi à moduler les intentions des volontaires, tandis que leurs comportements restaient inchangés – du moins lorsqu'ils avaient été précédemment répétés régulièrement et dans un contexte stable. Ainsi, bien que les sujets aient été conscients de la nécessité de se nourrir de façon plus saine, la procédure n'avait eu presque aucune influence sur leurs habitudes alimentaires. En revanche, quand les participants ont été convaincus des avantages d'une vaccination contre la grippe (un comportement qui n'est pas automatisé), ils ont changé leur comportement et se sont fait vacciner.

Celui que veut se débarrasser de vieilles habitudes doit donc surtout modifier le contexte, recommande W. Wood. Quelqu'un qui veut renoncer à manger un sandwich le midi devrait, par exemple, modifier son trajet habituel qui le fait passer devant le traiteur où il l'achète. Ainsi, pour se défaire d'une vieille habitude, il faut éliminer le stimulus qui la déclenche, mais encore faut-il savoir l'identifier !

Annie Rapp 30/05/2013