Textes sur les Violences

Rapport du docteur Roland Coutanceau publié le lundi 29 mai 2006.


Obligation de soins pour les hommes violents.

La victime, la femme comme l’auteur des coups, mari ou compagnon, tous doivent être suivis pour s’évader de la spirale de la violence conjugale.

Un groupe de travail a mené une réflexion “sur la prise en charge des hommes violents”. Le rapport “Auteurs de violence au sein du couple : prise en charge et prévention” remis le 21 mars par le docteur Roland Coutanceau à Catherine Vautrin, la Ministre déléguée à la Cohésion Sociale et à la Parité, souligne qu’"un petit nombre de sites ont mis en place un suivi des hommes acteurs de violences, alors qu’il y a un véritable intérêt à développer cette prise en charge, car elle peut très nettement réduire les cas de récidives".

Les profils d’auteurs de violences

En ce qui concerne les auteurs de violence, cette étude distingue 3 profils : "l’immature qui reconnaît la violence, l’égocentrique qui la banalise et le paranoïaque ou le pervers qui souvent la nie".

En parallèle poursuit cette étude, il est nécessaire de mener des actions sur 3 fronts : le judiciaire avec notamment la garde-à-vue de l’auteur des faits, l’obligation de suivi et sa participation à des groupes thérapeutiques. Pour le docteur Roland Coutanceau, "la violence est un phénomène à considérer sur divers plans : psychologique, éducatif et sociétal". Il précise "choisir de la traiter comme de la prévenir implique une prise en compte de cette complexité".

Éduquer dès l’école

Cette analyse "s’est intéressée aux messages. Ceux qui pourraient être délivrés dans la société pour prévenir l’aggravation de ces violences et inciter à rompre le silence qui règne trop souvent en ce domaine". Les messages destinés aux victimes doivent les inciter à refuser la violence et à ne pas attendre que la situation devienne trop difficile pour parler. Pour leurs auteurs, on procède en "deux temps : la violence est intolérable et si cela vous arrive, nous pouvons vous aider". Il s’agit de convaincre la victime de ne pas culpabiliser sur son état. Ce n’est pas elle la coupable. Il est donc important qu’elle s’adresse aux organismes et associations qui peuvent l’aider.

Mais pour freiner ce fait de société, selon le docteur Roland Coutanceau, "la lutte contre les faits de violences doit débuter à l’école par un enseignement effectif à l’égalité entre les filles et les garçons ainsi qu’au respect entre les sexes. En outre, l’ensemble de la société doit être sensibilisée afin de briser le silence autour du sujet, toujours tabou, des violences conjugales". ?Peut-être faudrait-il introduire, dans les programmes scolaires, des cours chargés de sensibiliser les jeunes filles et jeunes garçons à une meilleure compréhension entre eux, et pour lutter contre cette violence que certains trouvent... naturelle ?

Jean-Fabrice Nativel

Agressées au-delà du foyer

Une enquête nationale sur les violences envers les femmes en France métropolitaine (ENVEFF) réalisée en 2000 auprès de 6.970 femmes âgées de 20 à 59 ans “a permis de mesurer l’ampleur des violences, souvent mésestimée”. En effet, “prés d’1 femme a été victime de violences conjugales (verbales, psychologiques, physiques, sexuelles) au cours des 12 derniers mois. Plus d’1 femme sur 10 a subi une agression sexuelle au cours de sa vie. Prés de 2 femmes sur 10 dénoncent les pressions psychologiques sur leur lieu de travail. 1 femme sur 5 est victime de violences dans l’espace public (insultes, vue d’exhibitionniste, importunée sexuellement ou suivie dans ses déplacements)".



Annie Rapp 12/06/2006