At Yahia Moussa / Lever du drapeau kabyle au village historique d’Ilewnisen

31/07/2015 10:20

ILEWNISEN (SIWEL) — Depuis la levée historique des couleurs nationales kabyles à l’occasion de la grandiose marche du 20 avril 2015, il ne subsiste plus aucun doute sur l’aboutissement de la lutte de longue haleine du peuple kabyle vers l’autodétermination de la Kabylie.

Les levées de drapeau kabyle ne cessent de se succéder allant de village en village et suscitant toujours le même engouement, la même émotion et le même indescriptible sentiment de fierté qui s’empare de chacun des citoyens kabyles qui a l’occasion de participer à ces moments historiques.

Hier c’était au tour du village historique d’Ilewnisen de l’Aârch d'Iɛellalen, dans commune d’Aït-Yahia-Moussa (Draâ El Mizan) que les couleurs kabyles ont été levées.


Levée du drapeau kabyle à Ilewnisen (PH/Tamurt.info)
La cérémonie qui s’est déroulée dans l’après-midi d’hier a été initié par Ahmed Amrioui, cadre du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) qui recevait pour l’occasion le président du MAK, Bouaziz Aït-Chebib accompagné d’une délégation de son staff, composée de Kamel Chetti, Mouloud Hamrani et Slimane Kadi. Conformément à la coutume ancestrale d’hospitalité, les citoyens d’Ilewnisen ont réservé un accueil chaleureusement à leurs invités.

Mobilisant hommes, femmes, jeunes et enfants de ce village historique, ce cadre du MAK a parfaitement réussi la préparation de cette très significative levée des couleurs nationales kabyles dans ce village hautement symbolique de l’Aârch d’Iɛellalen; celui-ci ayant eu à son actif de hauts faits d’armes dans les maquis d’At-Yahia-Moussa durant la guerre contre la colonisation française. Et, encore une fois, au moment où la Kabylie se trouve à la croisée des chemins, en route vers un moment décisif de son histoire, ce village qui a la patrie kabyle dans le sang n’a pas manqué d’être au rendez-vous de l’histoire.

L’émotion de la perspective de la levée du drapeau kabyle dans ce village se lisait sur tous les visages. Hommes femmes, enfants, tous étaient visiblement imprégnés du sentiment de participer à la mise en route de la Kabylie vers sa réelle libération. Ahmed Amrioui, initiateur de l’évènement, a été le premier à prendre la parole, signifiant dans son discours la valeur symbolique et la portée politique du lever du drapeau kabyle dans cette région de Kabylie. Les femmes, très nombreuses à cette cérémonie n’ont cessé d’entrecouper son discours par des youyous.

Ensuite, ce fut le président du MAK, Bouaziz Ait-Chebib qui prit la parole pour signifier à l’assistance que « le rêve kabyle de liberté ne relève nullement de l’utopie ». Il développera dans son discours l’investissement de la Kabylie dans sa quête de liberté ajoutant que «la victoire du peuple kabyle est une certitude». Puis, le président du MAK, évoquera la valeur ancestrale de l’Anaya (protection) pour rappeler « le soutien indéfectible du MAK envers le peuple Mozabite » qui vit des moments très difficiles.

Rappelant l’agression coloniale dont a été victime le peuple kabyle en 2001, le Président du MAK dira que « le peuple kabyle connaît parfaitement le sentiment d’injustice et de désarroi que ressent la victime d’une agression injuste : « nous même avons été victimes du même type d’agression. Le peuple kabyle ne peut être insensible à la douleur d’un autre peuple qui vit des moments tragiques ».

Bouaziz Ait-Chebib a également développé l’idée selon laquelle « un peuple ne mérite ni respect ni protection, ni soutien de la part des autres peuples en cas d’agression si lui-même demeure insensible à l’injustice et à la souffrance des autres ».

Comme à l’accoutumée, en parfait orateur, le président du MAK a su gagner l’assistance à son discours et lui aussi, à l'instar de l’enfant du village, Ahmed Amrioui, son discours fut également entrecoupé à plusieurs reprises par les youyous des femmes.

Ensuite, pour symboliser l’engagement des générations montantes de la Kabylie, la levée du drapeau a été confiée à deux enfants, un garçon, Yugurten, et une fille, Sihem. La relève kabyle a alors procédé dans les règles de l’art à la levée du lever du drapeau kabyle pendant que résonnait l’hymne national kabyle annonçant Ass n tlelli

Puis ce fut Limin, le fameux serment kabyle au drapeau et à la nation kabyle qui suscite toujours la même émotion. La mission a également été confiée à la nouvelle génération et c’est une fillette du nom prémonitoire de Lehna qui a fait une lecture parfaitement maitrisée de Limin malgré son jeune âge et c’est non sans émotion qu’elle a été suivie en chœur par l’assistance, ravie de voir que la relève kabyle est garantie. La fin de Limin a été clôturée par un flot de youyous

st/cdb/zp
SIWEL 311020 JUIL 15



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