Mohand Akli Aoudj démissionne du RCD : « l’administration de ma Wilaya n’est pas une administration coloniale »

17/09/2011 18:04

Tizi-Ouzou (SIWEL) — Mohand Akli Aoudj, membre du Conseil National du RCD, élu à l'Assemblée populaire de la Wilaya de Tizi Ouzou et président de l’Observatoire pour le développement Economique et Social (ODES) de la Wilaya de Tizi Ouzou, a annoncé samedi sa démission du RCD.


Mohand Akli Aoudj (Photo : DR)
Elu à l'APW et Président de l'Observatoire pour le Développement Economique et Social (ODES) de la Wilaya de Tizi Ouzou, M. Mohand Akli Aoudj a transmis à SIWEL la déclaration annonçant sa démission du RCD, parti dont il était l'un des fondateurs en 1989 et dans laquelle il précise les raisons de sa « démission  ».

"Le RCD qui était notre seul espoir pour la construction d’une Algérie démocratique et républicaine est transformé en « propriété privée ».", a-t-il déclaré dans sa déclaration à la presse.

"Avoir assisté à une fraude électorale dans mon parti lors des sénatoriales passées restera à jamais un traumatisme dans mon parcours de militant", a déclaré samedi M. Aoudj qui se dit accusé « de compromission et d'indiscipline »

Dans sa déclaration, le démissionnaire a joint la décision de suspension, signée par le secrétaire national à l'organique du RCD, M. Rabah Boucetta, signifiant à M. Mohand Akli Aoudj qu'il est suspendu de toute activité militante en attendant de s'expliquer devant la "Commission nationale des conflits".

« Je viens de faire l’objet d’une suspension de toute activité militante suite à la décision prise par le secrétaire national à l’organique du RCD (1) en violation de l’article 66 du règlement intérieur qui stipule que seul le Président du Bureau Régional peut suspendre, à titre conservatoire, un militant en attendant sa traduction devant la commission des conflits. »

« J’ai décidé de rendre publique ma démission et d’apporter un éclairage aux militants du RCD, aux citoyens qui m’ont élus et à l’opinion publique sur les véritables raisons du lynchage dont j’ai fait l’objet. »

« J’ai en effet été instruit verbalement pour ne plus jamais interpeller en session de l’APW l’administration Wilayale au sujet de l’annulation de l’attribution de terrain de 25 ha (ex terrain d’aviation de Fréha) dont a bénéficié un industriel depuis 1991 pour la réalisation d’une usine de verre qui n’a jamais été réalisée. Ce terrain inexploité depuis 20 ans aurait pu servir pour l’implantation d’un nouveau pôle universitaire ou d’un grand complexe sportif. »

« Il m’a été reproché le fait d’avoir récemment proposé l’aménagement d’une zone industrielle de grande envergure sur un terrain domanial d’une superficie de plus de 350 ha situé dans la commune de Souamaa sous prétexte que la commune choisie n’est pas d’obédience RCD. Or, j’avais déjà proposé et reçu l’aval des instances de l’APW, en ma qualité de président de l’Observatoire pour le développement économique et social (ODES), la mise en place de trois nouvelles zones industrielles à travers la Wilaya, il s’agit des zones industrielles à Draa El Mizan-Tizi Ghenif (105 ha), Fréha-Timizart (120 ha) et Bouzeguene–Azaghar (90 ha). »

« J’ai été interpellé verbalement pour ne plus m’impliquer activement dans les actions menées par l’administration dans la commune de Tizi Ouzou au motif que cette commune est gérée par nos ennemies historiques avec lesquels nous avons rompu notre alliance à l’APW. »

« On me reproche d’être le maître d’œuvre du plan de décongestion et de modernisation de la ville de Tizi Ouzou qui consiste à :
- La mise en place du nouveau schéma de transport permettant la délocalisation des gares et stations urbaines de fortune vers la périphérie de la ville.
- La concrétisation de l’aménagement des nouveaux pôles urbains à Oued Falli et du pôle d’excellence.
- La lutte contre la prolifération du commerce informel et l’occupation illicite des trottoirs au niveau du chef lieu de la wilaya, qui a terni l’image de la ville.
- Organisation des journées de volontariat « opération ville propre » à travers la Wilaya avec la participation des collectivités locales, institutions, entreprises, associations de quartiers et citoyens. »

Etait aussi jointe à la déclaration une lettre adressée au président du RCD par la section d’Illoula Oumalou, attestant que M. Aoudj « constitue pour les militants un exemple d'abnégation, de constance et de dévouement au Rassemblement et au développement local ».

Au sein du RCD, il avait occupé le poste de président du Bureau Régional de Tizi Ouzou et était président de la Commission Aménagement du Territoire, du développement local et du Tourisme de l'APW de Tizi Ouzou.

Né en 1964, Mohand Akli Aoud est architecte urbaniste au sein d'un bureau d'étude à Azazga.

wbw
SIWEL 171900 SEP 11



A lire aussi :