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  <title>SIWEL | Agence kabyle d'information</title>
  <description><![CDATA[Siwel : Agence kabyle d'information]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-10T04:00:19+01:00</dc:date>
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   <title>CONTRIBUTION/ Albert Camus un libertaire révolutionnaire</title>
   <pubDate>Sat, 19 Oct 2013 13:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Culture]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   PARIS (SIWEL) — Dans une contribution à Siwel, M. Jacques Simon évoque l'écrivain Albert Camus. Il revient aussi sur la célébration du centenaire de la naissance de l'écrivain.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/siwel/photo/art/default/5969829-8899867.jpg?v=1382187139" alt="CONTRIBUTION/ Albert Camus un libertaire révolutionnaire" title="CONTRIBUTION/ Albert Camus un libertaire révolutionnaire" />
     </div>
     <div>
      <b>Par Jacques Simon</b>       <br />
              <br />
       Le Centenaire de la naissance d’Albert Camus est célébré avec éclat en France. La prestigieuse bibliothèque de la Pléiade a publié en quatre volumes les oeuvres complètes de Camus avec une bibliographie de plus de 200 titres. Les Éditions Laffont ont édité dans la collection Bouquins (2009) un Dictionnaire Albert Camus. Le Monde, Le Point et la revue Philosophie ont consacré cinq « Hors Série » à l’auteur et trois livres importants sur sa vie et son itinéraire sont parus dans les éditions de poche :       <br />
              <br />
       ● Olivier Todd. « Albert Camus, une vie ». Gallilmard/Folio, 2010 (1185 p) ;       <br />
       ● Herbert R. Lottman. « Camus », Le Seuil/ Le Point, 1978, (687 p) :       <br />
       ● Michel Onfray. « L’ordre Libertaire. La vie philosophique d’Albert Camus », Flammarion, 2012, (596 p).       <br />
       Dernier évènement marquant : fort : la grande exposition de Camus, ouverte à Aix-en Provence, la ville où sont conservées ses archives. Pour avoir bien connu les membres de l’entourage de Camus, l’occasion m’est offerte pour en parler.       <br />
       Natif d’Oranie en 1933, lycéen à Mascara, j’étais sympathisant depuis 1948, du PPA/MTLD. Et supporter du Gallia, l’équipe de football acquise à l’organisation nationaliste et à son chef Messali Hadj. Dans le cercle culturel de Mascara, rattaché à celui d’Oran, ville espagnole qui avait vécu avec intensité la guerre d’Espagne, Camus était un auteur familier.       <br />
              <br />
       <b>Les premiers engagements : déjà proches de Messali Hadj</b>       <br />
              <br />
       En 1934, Camus avait adhéré au parti communiste (PCA) et milité pour inciter les Arabes à se révolter pour changer leur condition misérable. L’année suivante, Camus fut exclu du parti pour avoir refusé d’appliquer les directives du PCF de surseoir aux revendications des nationalistes algériens1. Il se tourne alors vers le théâtre et fréquente les libertaires, les réfractaires et les objecteurs de conscience. Il collabore à la pièce « Révoltes dans les Asturies », signe et diffuse un manifeste algérien en faveur du projet réformiste Blum-Viollette.       <br />
              <br />
       Le 2 août 1936, après le discours de Messali Hadj au stade d’Alger, où il se démarquait du Congrès Musulman, favorable au projet Viollette. Selon plusieurs témoignages de militants nationalistes algériens, Camus aurait rencontré Messali et manifesté une grande sympathie pour l’Étoile Nord Africaine, combattue par le PCA, puis dissoute par le gouvernement Blum, le 27 janvier 1937. Camus protesta en publiant dans Le Monde Libertaire (n° 31, décembre 1937) un Appel de solidarité avec les partisans de Messali Hadj. Embauché par Pascal Pia comme journaliste à Alger Républicain, le « journal des travailleurs », il publie une série de onze articles « Misère en Kabylie ». Le rédacteur du journal qui signe Antar, note dans un article du 11 juin 1939, que :  « Les milieux arabes et kabyles suivent avec un intérêt passionné le développement de l’enquête de notre camarade Albert Camus sur la misère en Kabylie. Déjà la simple annonce de cette enquête avait provoqué de l’émoi dans certains cercles toujours portés à voir une atteinte à leur prestige dans chaque manifestation de la vérité2 ». En 1939, Camus dénonce dans Alger Républicain, le procès des vingt-trois membres de la direction du PPA à qui on reproche, écrit-il : « Principalement des tracts saisis chez les inculpés, protestant contre l’arrestation de leur chef Messali, contre le traitement inhumain qui lui fut infligé (boulets aux pieds, cheveux et sourcils rasés, etc.).       <br />
              <br />
       <b>Le colonialisme, voilà l’ennemi !</b>       <br />
              <br />
       Venu en France, il condamne dans ses articles de Combat, la politique coloniale de la France. Dans une petite brochure, Claude Prot résume ainsi sa position.  « Camus jeta des cris d’alarme lors de la révolte malgache de 1947 et lorsque éclata la bombe d’Hiroshima. Camus jugea très sévèrement la politique algérienne de la France et dénonça vigoureusement les atrocités des représailles de l’armée française qui suivirent les émeutes nationalistes de la région de Sétif-Guelma-Kerrata en mai 1945. Nombre d’Algériens avaient combattu dans les rangs de l’armée française. Dès lors, le nationalisme algérien avait trouvé un second souffle. La misère du temps avait poussé à la révolte, mais l’armée française ne pouvait pas essuyer un revers en Algérie, d’où ce carnage qui fit 50 000 victimes ». Camus écrivit dans Combat : « L’Algérie existe en dehors de la France ». Il prit connaissance du « Manifeste « de 1943 qui avait permis, l’année suivante, la constitution des « AML » (Amis du Manifeste et de la Liberté » avec comme dirigeants célèbres Messali Hadj et Ferhat Abbas. Désormais Camus pensa qu’avec une autonomie de l’Algérie gérée par des responsables politiques algériens, le droit à l’entité algérienne devait être pris en compte. « J’ai lu, écrivait-il dans un journal du matin que 80 % des Arabes désirent devenir des citoyens français. Je résumerai au contraire l’état de la politique algérienne en disant qu’ils le désiraient effectivement, mais ils ne le désirent plus4 ». En 1953, au lycée Bugeaud d’Alger, mes camarades de philo et de lettres connaissaient l’itinéraire de Camus et ses livres : « La Peste », « L’Étranger » et « L’homme révolté ». Nous étions tous indignés de lire dans les Temps Modernes, l’article venimeux de Francis Jeanson : « Albert Camus ou l’homme révolté ».       <br />
              <br />
       Nous avons salué son intervention au meeting contre la répression des émeutes ouvrières de Berlin Est et plus encore, sa dénonciation dans Le Monde du 19-20 juillet, la répression des manifestants algériens pendant le défilé du 14 juillet 19535.       <br />
              <br />
       <b>Dans la guerre d’Algérie</b>       <br />
              <br />
       En 1955, étudiant en lettres et en droit à Paris, militant de l’UNEF et du Parti communiste internationaliste (PCI), l’avocat Yves Dechézelles que j’accompagnais souvent au Tribunal de Paris avait critiqué le scandaleux livre de Jeanson « L’Algérie, hors-la-loi » où il faisait la promotion du FLN déjà engagé dans une guerre contre le MNA. Je lisais avec intérêt les articles de Camus dans l’Express et j’ai assisté au théâtre des Mathurins à sa pièce « Requiem pour une nonne ». L’année suivante, instituteur suppléant, militant du SNI (tendance École Émancipée) et trotskyste, j’ai adhéré à la Fédération de France de l’Union Syndicale des Travailleurs Algériens (USTA). Devenu membre de la direction et chargé de son journal La Voix du Travailleur Algérien, j’ai souvent rencontré les dirigeants du SNI (Denis Forestier) et de la FEN (Georges Lauré), ceux de La Commune (Paul Ruf, Robert Cheramy, Edgar Morin) qui défendaient la Table ronde, la solution démocratique au problème algérien proposée par Messali Hadj.  J’ai souvenir de rencontres avec André Breton, proche de Messali Hadj et, à plusieurs reprises, des collaborateurs de La Révolution Prolétarienne, revue syndicaliste révolutionnaire dont le credo était « l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes ». Camus estimait beaucoup l’orientation syndicaliste et libertaire de la revue où, dès 1948 il écrira une dizaine d’articles dans la R.P et où les rédacteurs le considéraient comme un « copain ».       <br />
              <br />
       J’ai souvent échangé sur le problème algérien avec certains d’entre eux, lecteurs attentifs de La Voix du Travailleur Algérien, comme Alfred Rosmer, Roger Hagnauer, Maurice Chambelland et Pierre Monatte. Et avec d’autres comme Daniel Guérin, ami de Messali depuis le Front Populaire, Marceau Pivert et Marcel Martinet. Pour moi, le contact avec Camus passait par l’intermédiaire de Yves Dechézelles son camarade de classe à Alger. Par lui, je savais que Camus partageait la position de la FEN sur la Table Ronde, qu’il manifestait une certaine admiration pour Messali6. Il se félicitait de la création de l’USTA dont il lisait le journal et les tracts, il avait à plusieurs reprises rencontré Ahmed Bekhat, le secrétaire général de l’USTA.       <br />
              <br />
       J’étais aussi informé des activités d’Albert Camus par l’anarcho-syndicaliste Alexandre Hébert, secrétaire général de l’UD/FO de la Loire Atlantique, qui venait souvent au local de l’USTA.       <br />
       Mes camarades syndicalistes algériens appréciaient Albert Camus pour sa condamnation :       <br />
       ● Du vote des pouvoirs spéciaux par le Parlement le 12 mars 1956 ;       <br />
       ● De la répression par les chars russes des révoltes en Pologne et à Budapest :       <br />
       ● L’intervention franco anglo-israélienne à Suez ;       <br />
              <br />
       Même approbation en 1957 pour :       <br />
       ● Sa démarcation de toute la gauche qui soutenait inconditionnellement le FLN ;       <br />
       ● Son accord avec la Fédération de l’Éducation Nationale (FEN), d’accord avec Messali pour une solution démocratique au problème algérien avec La Table Ronde       <br />
       ● Son Message de solidarité au 1er Congrès de l’USTA, de juin 1957.       <br />
              <br />
       Yves Dechézelles m’a rapporté que Camus avait lu avec beaucoup d’intérêt les résolutions sur « l’unité du mouvement syndical algérien », « L’Adresse à nos compatriotes non musulmans », « la condamnation des pouvoirs spéciaux », « La libération de la femme algérienne » et « l’Adresse à Messali Hadj ».       <br />
       En novembre 1957, les rédacteurs de la R.P rendront un vibrant hommage à leur « camarade » à l’occasion du Prix Nobel.       <br />
       Retour de Stockholm, Camus accorda une interview aux travailleurs du livre qui sera publiée dans la R.P en janvier 1968. Il dénonça aussi vigoureusement le massacre de la direction de l’USTA par le FLN en octobre 19577. Dans Le Monde Libertaire (n°31, décembre 1957), il lança un Appel de solidarité avec les partisans de Messali Hadj.       <br />
              <br />
       En septembre 1959, il soutint le discours de De Gaulle sur l’autodétermination. Il se félicita de la libération de Messali, qui approuve, à la différence du FLN, le droit pour le peuple algérien de choisir son destin.       <br />
       Le 11 juin 1959, Messali lança un Message aux démocrates français pour aider les Algériens à mettre fin aux règlements de compte. Cet Appel repris par Jean Cassou, écrivain et conservateur en chef du Musée national d’Art moderne à Paris. Cet Appel était ainsi formulé :       <br />
       « Les Français soussignés par l’appel du leader algérien Messali Hadj en vue de la cessation des luttes fratricides entre Algériens et des attentats terroristes se joignent à cet appel et protestent contre les procédés qui éloignent chaque jour la conclusion de la guerre d’Algérie, l’apaisement des esprits et l’établissement des conditions meilleures et durables de vie et de progrès pour l’Algérie ».       <br />
              <br />
       Cet appel sera signé par une centaine de personnalités dont : Albert Camus, Jean Rous, Yves Dechézelles, Pierre Monatte, Michel Gallimard.8       <br />
       Fin 1958, Albert Camus avait pris connaissance du « plan Lauriol » qui proposait un cadre fédératif pour l’Algérie afin que soient retenues les identités arabe et européenne. Avec réticences, Camus soutint ce plan qu’il commenta en reprenant les propositions faites par Messali :       <br />
       « M. Lauriol a raison, en tout cas de déclarer qu’il ne s’agit de rien de moins que de la naissance d’une structure fédérale française qui réalisera le véritable Commonwealth français. De semblables institutions doivent par nature, s’inscrire dans un système où viendraient s’harmoniser les pays du Maghreb comme ceux de l’Afrique Noire9 ».       <br />
       Une fois encore, Albert Camus est resté fidèle au combat mené par Messali qui n’aboutit pas. Devant la folie suicidaire des partisans de l’Algérie française d’une part et l’intransigeance d’un FLN devenue totalitaire, Albert Camus ne croyant plus à une solution démocratique en Algérie décida de se taire.       <br />
              <br />
       Le 4 janvier 1960, il périt dans un accident de voiture en compagne de Michel Gallimard.       <br />
              <br />
       <b>Notes</b>       <br />
       1. « Camus comprenait parfaitement la nature du nationalisme musulman. Il ne devait jamais oublier Messali Hadj et, lorsqu’il fut en position de le faire, il usa de son influence à de nombreuses reprises pour venir en aide aux messalistes inquiétés ou inculpés (souvent par l’intermédiaire de son camarade de classe Yves Dechézelles, qui devint l’avocat de Messali.) Lottman ; « Albert Camus », p.173       <br />
       2. Boualem Khalfa. « La grande aventure d’Alger Républicain », Messidor, p.25.       <br />
       3. idem, p.27.       <br />
       4.Clude Prot. « Albert Camus et l’Algérie » Cahiers laïques (Cercle parisien de la ligue française de l’enseignement). Novembre-Décembre 1987, p165.       <br />
       5.Lottman a publié « La lettre au directeur du Monde », p.536.       <br />
       6. « Il est intéressant de constater que le fondateur et président du premier Cercle Zimmermann créé en dehors de Paris était une ancienne connaissance de Camus, un ami du temps où celui-ci vivait encore en Algérie : Messali Hadj (1898-1974). Camus et Messali Hadj militèrent, en effet ensemble au sein du PCF-PCA, dans les       <br />
       4       <br />
       années 1935-1937. : Camus fut, d’ailleurs expulsé du PCA pour être resté solidaire de Messali. Le socialiste algérien Hadj, exilé pour des raisons politiques, vivait à Niort, dans les années 1950, en liberté surveillée. Il avait non seulement entretenu des contacts avec des mouvements libertaires, mais il était lui-même engagé dans le mouvement syndicaliste. Les syndicalistes du Cerle Zimmerman voyaient toujours en Messali un « camarade ». Celui-ci avait envoyé un hommage émouvant à l’assemblée plénière du Cercle Zimmerman parisien, tenue en 1954. Il y promettait de poursuivre son engagement en faveur des travailleurs français « malgré les énormes difficultés qui surgissent parfois et malgré l’incompréhension du peuple français » pour le mouvement indépendantiste algérien. Messali Hadj chercha en permanence à maintenir le contact avec les libertaires et les syndicalistes révolutionnaires français afin de nouer une alliance avec les travailleurs immigrés algériens – au nombre de 500 000, à l’époque, dont 150 000 vivaient dans la capitale et aux alentours de Paris, et dont la plupart appartenaient à son organisation, le Mouvement national algérien (MNA). » Lou Marin. « Albert Camus. Écrits libertaires,(1948-1960) », Ed. Egrégores, 2013, p.68-69.       <br />
       7. Albert Camus. Réflexions sur le terrorisme », Niel Philipe, 2002, p.177-178.       <br />
       8. Texte dans La Révolution Prolétarienne., septembre 1959.       <br />
       9. Claude Prot, op.cité, p187.       <br />
              <br />
       <b>Jacques Simon       <br />
       16/10/13</b>       <br />
              <br />
       Deux articles suivront :       <br />
       - Jean Daniel et Albert Camus       <br />
       - « Camus brûlant » de Jean-Baptiste Péretié et Benjamin Stora       <br />
       www.simon-hist.com       <br />
       u[       <br />
              <br />
       SIWEL 19 1350 OCT 13 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Contribution/ Le Sahel : La décolonisation a commencé. Par Jacques Simon</title>
   <pubDate>Mon, 11 Mar 2013 16:48:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[International]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   PARIS (SIWEL) — L’opération Serval lancée dans l’urgence, avec des capacités limitées et le soutien mesuré, diplomatique plutôt que financier et militaire, de l’Europe, des États-Unis et de l’ONU, avait plusieurs objectifs : stopper l’offensive menaçante des djihadistes sur Bamako, replâtrer ensuite l’État malien en pleine décomposition depuis le putsch du 22 mars 2012 pour légitimer l’intervention française et engager l’armée malienne reconstituée partiellement pour réunifier le Mali, avec l’aide de la France. La reconquête foudroyante menée jusqu’à Kidal et l’ambiance de libération régnant à Bamako, Gao et Tombouctou ont fait planer François Hollande qui, le 2 février, a reconnu avoir vécu « le jour le plus important de sa vie politique ». Puis dans ce climat festif, il a déclaré : « La France restera le temps qu’il faudra ».     <div>
      <b>Par : Jacques Simon</b>        <br />
       L’opération devait encore se poursuivre pour détruire les groupes islamistes regroupés dans l’immensité du Nord, surtout dans l’Adrar des Ifoghas, un massif granitique de 250 000 kilomètres carrés, berceau de la civilisation touarègue. Opération difficile à réaliser sans l’aide effective des pays africains dont les unités tchadiennes et nigériennes étaient les seules forces combattantes de la Mission internationale du soutien au Mali (Misma), soit 5 700 soldats.       <br />
              <br />
       <b>Le crépuscule de la Françafrique</b>       <br />
       Plusieurs facteurs ont changé le cours de l’opération : l’incapacité du président malien par intérim Dioncouda à former un pouvoir stable à Bamako, le discrédit des unités maliennes incapables de sécuriser Gao et de respecter la population « blanche » (Touaregs, Arabes) et l’âpreté des combats dans le Nord contre les djihadistes de l’Aqmi, du Mujao et d’Ansar Edine. Pour atteindre ses objectifs, François Hollande a accepté la collaboration militaire du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), bien installé à Kidal, où il garantissait la sécurité des Touaregs, après avoir chassé les djihadistes et les narcotrafiquants. Paris reconnaissait de facto son autonomie très large sans lui demander l’abandon de son programme indépendantiste. Les unités maliennes qui s’étaient livrées à des exactions contre les Touaregs1 ne furent pas engagées dans la guerre du Nord et remplacées à Gao par le colonel touareg Ag Gamou, défenseur de l’État fantôme malien, en attendant de s’imposer pour diriger demain l’Azawad réunifié et souverain. Paris désavoua encore l’Express de Bamako qui avait publié une longue liste de membres du MNLA à abattre. Avec la reconnaissance du MNLA comme une organisation opposée aux islamistes, l’unité du Mali n’a plus cours, et par voie de conséquence la légitimité des États artificiels issus de la balkanisation de l’AOF et AEF pendant la décolonisation des années 1960. Elle interroge aussi désormais sur la légitimité de l’occupation de territoires sahariens par le Maroc et l’Algérie. Dans ce contexte, les forces africaines (Tchad, Niger, Azawad) ne recherchent pas l’unité du Mali car elles mènent, en combattant les djihadistes, une guerre de libération des peuples du Sahel qui s’élargira inévitablement à tout le Sahara. Ce qui se déroule sous nos yeux, c’est que l’opération Serval menée sans aucune aide des États d’ex-AOF et AEF, marque une étape, sans doute décisive, dans la liquidation de la Françafrique puis de la décolonisation de « l’Afrique blanche » (E. F. Gautier).       <br />
              <br />
       <b>Aujourd’hui le Sahel, demain tout le Sahara</b>       <br />
       Depuis 1963, le Maroc et l’Algérie se disputent les territoires sahariens abandonnés par le Portugal l’Espagne et la France, sans consultation des populations colonisées et de leur droit à choisir leur destin : l’État indépendant, l’intégration dans le Maroc ou l’Algérie ou à la construction de l’État fédéral du Sahel.       <br />
              <br />
       <b>1. Le Sahara marocain</b>       <br />
       Au XIe siècle, les chefs de la confédération berbère des Almoravides franchissent le Haut-Atlas, s’emparent des villes du Maroc (Sijilmassa, Fès) et fondent un empire transcontinental, à cheval sur le détroit de Gibraltar, des fleuves Niger et Sénégal au sud, jusqu’au Tage au Nord. Le « Grand Maroc », où ils fondent leur capitale à Marrakech (1070) englobe une partie de l’Algérie, le Sahara occidental et la Mauritanie actuelle jusqu’aux confins de l’Afrique noire. Après la perte de l’Espagne, les Almohades, les Mérinides, les Saadiens et les Alaouites maintiennent avec le Sud, des liens économiques, politiques et religieux. C’est ainsi que la confrérie des Qadrya puis celle des Tijaniya, installée à Fès, se développe au Sahara et au Soudan. Au XVe siècle, les Portugais occupent les Canaries et fondent des comptoirs sur la côte Atlantique et les Espagnols s’installent à Ifni et au Sahara occidental (Rio de Oro), mais jusqu’en 1880, Moulay Hassan rappelle sa suzeraineté sur la ville de Tombouctou. Protectorat de la France, le Maroc acquiert son indépendance en 1956 et l’Istiqlal réclame aussitôt le retour au « Grand Maroc » du Sahara espagnol, de la Mauritanie et du sud-ouest de l’Algérie. Cette revendication prend forme lorsqu’en novembre 1975, Hassan II lance la Marche Verte et occupe le Sahara espagnol, mais pas la Mauritanie devenue un État indépendant. Il existe une importante documentation2 qui atteste des liens historiques du Maroc avec le Sahara de l’Ouest, mais il reste que l’intégration du Sahara espagnol au Maroc sans consultation de ses habitants est un fait colonial.       <br />
              <br />
       <b>2. Le Sahara algérien</b>       <br />
       La Régence d’Alger n’a jamais administré le Sahara.3 La pénétration saharienne par la France, si longtemps interrompue, marche à pas de géant dans les premières années du XXe siècle. La période de 1900 à 1912 a été à cet égard décisive. C’est à ce moment que l’empire français d’Afrique s’est véritablement constitué, que ses divers tronçons se sont soudés que la question saharienne et le problème marocain ont été réglés. La mise en valeur du Sahara s’effectue depuis les années 1950 mais c’est pendant la guerre d’Algérie que Paris fonde en janvier 1957 l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS), un organisme essentiellement conçu pour aménager le désert dans les domaines les plus divers. Elle sera coiffée en juin 1957, par le ministère du Sahara, chargé d’administrer les départements de la Saoura et des Oasis, englobant tout le Sahel. Le Sahara connaîtra, de 1958 à 1962, un développement considérable dans plusieurs secteurs : le pétrole et le gaz, les transports et la commercialisation des produits, l’hydraulique agricole, l’électrification des oasis, la création d’un réseau routier complétant l’aménagement des pistes, l’équipement et l’habitat urbain, une quinzaine d’aérodromes et un important réseau de télécommunication.  En 1962, le GPRA qui acquiert tout le Sahara devient l’héritier du colonisateur français à un triple titre : le maintien du cadre territorial, de l’aménagement et des structures établies par le Ministère français du Sahara. Les populations n’ayant jamais été consultées, il s’agit là d’un fait colonial qui conforte de surcroît les régimes corrompus des États artificiels du Sahel.  Alger poursuit cette même politique coloniale en soutenant le Polisario qui veut installer la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) qu’il a proclamée dans l’ex Rio de Oro, territoire découpé par l’Espagne dans le Sahel. Quel que soit ses discours, proclamations et démarches à l’ONU et dans les instances internationales, le Polisario n’est pas un mouvement indépendantiste,5 il inscrit son combat en respectant l’ordre colonial établi par l’Espagne.       <br />
       <b>       <br />
       La France dégage du Mali</b>       <br />
       L’offensive lancée dans le Nord-Est du massif des Ifoghas, par 800 Tchadiens et 1200 Français a durement frappé les djihadistes de l’Aqmi, du Mujao et d’Ansar Dine, sans empêcher leur repli dans le Nord et assurer la sécurité d’un territoire trois fois grand comme la France avec 2 000 ou 4 000 hommes, même avec le soutien des drones américains et de l’aviation française. Après deux mois d’opérations militaires qui ont permis de récupérer « près de 70 % du territoire malien », le ministre de la Défense, Le Drian , rendant visite aux troupes françaises a déclaré le 10 mars : « Il faudra aller jusqu’à 100 %, mais il faut aussi penser au futur ». À Bamako où « la carence du pouvoir est très gênante », le ministre s’active pour reconstruire avec l’aide de l’Europe, une armée malienne et transformer la Misma en opération de paix des Nations Unies. Le dégagement de l’armée française du Mali, à partir du mois d’avril, va s’effectuer sans que les objectifs affichés aient trouvé une solution. En effet, malgré ses revers, Aqmi garde sa force de nuisance dans le Mali et le Sahel et la guerre a coupé durablement le Sud du Nord où la force politique et militaire qui émerge, après l’éradication des djihadistes, reste le MNLA installé à Kidal. À l’annonce du départ des troupes françaises, Bamako a consenti à négocier avec le MNLA; à condition que les militaires de la force touareg soient désarmés avant toute discussion. Cette demande a été rejetée et Paris, qui marche sur des oeufs sur la question touarègue et les prochaines élections et ne veut pas insulter l’avenir en soutenant Bamako. « Nous ne sommes ni ami ni ennemi du MNLA » a déclaré Le Drian. Position ambiguë, mais qui admet en creux que le MNLA qui a soutenu l’armée française dans le Nord, est « une rébellion armée touareg laïque et démocratique », l’interlocuteur valable pour diriger demain l’État indépendant de l’Azawad. La décolonisation du Sahel qui a commencé se poursuivra inévitablement avec celle de tout le Sahara. Pour le MNLA qui dirige la guerre de libération des Touaregs du Sahel et demain de tout le Sahara, le soutien des Amazighs, des démocrates et tous les anticolonialistes, est indispensable.       <br />
              <br />
       <b>Jacques Simon, Historien       <br />
       Mars 2013</b>       <br />
       <b>Notes</b>       <br />
       1. « Le MNLA dénonce les exactions maliennes et les appels au meurtre à Menaka ». Le Matin, DZ, 9/02/ 2013.       <br />
       2. Rezette (R). « Le Sahara occidental et les frontières marocaines », Nouvelles éditions latines, 1975 ; Cornevin (R et M). « Histoire de l’Afrique, des origines à la Deuxième Guerre mondiale », Payot, 1964. 3. Mouloud Gaïd . « L’Algérie sous les Turcs », Mimouni, 1991 ; Kaddache (M). « L’Algérie durant la période ottomane », OPU, 2003.       <br />
       4. Treyer (C). « Sahara, 1956-1962 ». Les Belles Lettres, 1966.       <br />
       5. Hodges (T). « Sahara occidental. Origines et enjeux d’une guerre du désert », L’Harmattan, 1987.       <br />
              <br />
              <br />
       SIWEL 11 1648 MARS 13 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Contribution/  Mali, la solution: Le  MNLA et  l’Azawad, par Jacques Simon</title>
   <pubDate>Sun, 03 Mar 2013 15:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[International]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   PARIS (SIWEL) — Le Sahara, le plus grand désert du monde s’étend sur plus de 9 millions de km2, entre l’Atlantique et la mer Rouge et comprend une dizaine de pays. Désert vivant, le Sahara est trop souvent envisagé dans sa seule expression géographique sans considération pour les civilisations d’autrefois(1), les mythes qu’il porte et son importance géostratégique depuis des siècles.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.wmaker.net/siwel/photo/art/default/5283329-7883968.jpg?v=1362320977" alt="Contribution/  Mali, la solution: Le  MNLA et  l’Azawad, par Jacques Simon" title="Contribution/  Mali, la solution: Le  MNLA et  l’Azawad, par Jacques Simon" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.simon-hist.com/">Par : Jacques Simon</a>       <br />
              <br />
       <b>La France et le Sahara</b>        <br />
              <br />
       La conquête du Sahara, longue et difficile, s’achève avec la prise de Tombouctou en 1894, mais jusqu’en 1935, cette domination reste fragilisée par des révoltes sporadiques. Pacifié et rattaché à l’Afrique du Nord et à l’Afrique noire, le Sahara a fait l’objet de remarquables études scientifiques (2) et d’un découpage administratif rattachant les territoires conquis, certains à l’Algérie, les autres à l’Afrique noire occidentale (AOF). Dès 1905, la rivalité avec l’Allemagne explique l’importance de l’Afrique pour la France (ressources minérales et agricoles, soldats, main-d’œuvre).        <br />
              <br />
       <b>L’Empire français déstabilisé </b>       <br />
              <br />
       Après la défaite de juin 1940, Vichy garde l’Empire jusqu’en 1952, quand les Alliés font la conquête de l’Afrique du Nord qui devient une province française, mais sous tutelle américaine. En 1943, l’Empire se rallie au général de Gaulle, président du GPRF, installé à Alger, la capitale de la France libre. L’engagement efficace des troupes nord-africaines dans la guerre a renforcé le poids politique du GPRF. Pour garder à la France sa Grandeur que lui procure l’Empire, de Gaulle va écraser les mouvements nationalistes au Levant, à Madagascar, en Indochine, au Maroc et en Algérie (Sétif), sans rétablir le statu quo antérieur.        <br />
              <br />
       <b>La fin de l’Empire colonial français</b>       <br />
              <br />
       Le remodelage de l’Empire commence avec la Conférence de Brazzaville (1944). La France maintient son autorité sur son Empire, mais accorde une large autonomie administrative aux différents États de l’AOF et AEF, l’Algérie restant toujours une province française.        <br />
       La Constitution de 1946 crée l’Union Française avec une Assemblée éphémère et un Haut-Conseil fantôme. Les guerres coloniales et les crises de la IVe République accélèrent la décomposition de l’Empire. Après la perte de l’Indochine, du Maroc et de la Tunisie, le Parlement adopte en juin 1956 la Loi-Cadre qui faisait évoluer les territoires d’outre-mer (TOM) vers le &quot;self-government&quot;, avec la création d’assemblées territoriales élues au collège unique, de pouvoirs délibérants et d’un exécutif local embryonnaire.        <br />
       Revenu au pouvoir en 1958, de Gaulle remplace l’Union Française par la Communauté. Elle offrait la possibilité pour les États africains d’évoluer vers l’indépendance. Madagascar et les quatre États de l’AEF (Congo, Gabon, République Centre Africaine, Tchad) et de l’AOF (Côte-d’Ivoire, Dahomey, Haute Volta, Niger) quittèrent la Communauté qui fut dissoute en 1960. Ces États, issus du découpage administratif colonial, formeront des États artificiels regroupant des populations différentes. C’est ainsi que les Touaregs furent, comme les Kurdes en Orient, répartis en cinq États. Fait aggravant, les dictateurs qui ces États, participent au pillage de l’Afrique par la France.        <br />
              <br />
       <b>L’indépendance de l’Algérie</b>        <br />
              <br />
       Dès 1958, de Gaulle prépare l’indépendance de l’Algérie, mais il veut garder le Sahara dont la mise en valeur s’effectue depuis 1950, avec la formation de deux zones d’organisation industrielle (ZOIA) aux confins algéro-marocains et algéro-tunisens ;         <br />
       le Bureau de Recherche du Pétrole (BRP) et le Commissariat à l’énergie atomique ;        <br />
       l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) chargée de préparer et réaliser des programmes de développement dans les domaines les plus divers : énergie, minier, hydraulique, agricole et industriel ;        <br />
       le Ministère du Sahara (1959), administrant avec les départements de la Saoura et des Oasis, l’espace de l’OCRS3.        <br />
       L’importance économique et stratégique du Sahara pour la France explique l’âpreté des négociations menant aux accords d’Évian en 1962 qui confirment, dans l’Algérie devenue indépendante, le rôle des compagnies pétrolières françaises (jusqu’à la nationalisation de 1971), la poursuite d’expériences nucléaires (jusqu’en février 1966) et celle d’une activité spatiale (jusqu’en 1868).        <br />
              <br />
       <b>Le Sahel sous haute tension </b>       <br />
              <br />
       La délimitation des frontières du Sahara entre pays sur la base de l’héritage colonial a été une source de nombreux conflits ( entre le Maroc et l’Algérie en 1963, la Libye et le Tchad en 1981), de guerres tribales et d’insurrections touaregs. La décomposition accélérée de tous les États africains a transformé le Sahel en une zone grise incontrôlable, du fait de nombreux facteurs        <br />
       une militarisation croissante ;        <br />
       une pression démographique accentuant les conflits existants (tensions ethniques, traditions tribales, liens familiaux) et les enjeux stratégiques contemporains sur les matières premières.        <br />
       -- des luttes internes de pouvoir        <br />
       -- un trafic de migrants, d’armes, de cigarettes et de drogues créant une criminalisation économique réseaux mafieux de la drogue) qui a basculé vers une criminalisation politique, avec l’installation des groupes djihadistes : l’Aqmi, Ansar Eddine et Mudjao.        <br />
              <br />
       La chute de Khadafi a créé un tsunami dans tout le Sahel, en provoquant l’éclatement de la Libye en trois ensembles différenciés        <br />
       la formation d’un véritable État berbère libyen à Tripoli,(4)        <br />
       un État dominé par les Frères Musulmans à Benghazi        <br />
       une entité autonome des Toubous au Fezzan.        <br />
              <br />
       Le détricotage de la Libye est important, car il consacre une coupure qui sera durable dans le monde arabe, entre le Maghreb et le Machrek ce qui ramène à celle qui existait entre l’Empire romain d’Occident et celui d’Orient.        <br />
       Il a ensuite permis à de milliers de Touaregs surarmés de l’armée libyenne de s’organiser dans le MNLA, d’infliger une défaite à l’armée malienne du Nord, d’occuper les villes (Kidal, Gao, Tombouctou) et de proclamer l’indépendance de l’Azawad. Il s’agit d’un fait majeur qui remet en question les frontières héritées de la colonisation, redessine la carte du Sahel en déstabilisant ses États ? Y compris l’Algérie, dont le Sahara qui n’a jamais été rattaché à la Régence d’Alger, est un cadeau du colonisateur. Il alimente enfin l’inquiétude des firmes internationales, pour leurs investissements, comme la française d’Areva ou la chinoise CNPC.        <br />
              <br />
       <b>La guerre du Mali</b>        <br />
              <br />
       Une large coalition des groupes djihadistes, soutenue par le Qatar a expulsé le MNLA des grandes villes sans toutefois le détruire, car ses militants se sont installés dans le massif montagneux de l’Adrar des Ifoghas, en Libye, au Niger, au Tchad et en Mauritanie.        <br />
       Pour défendre les intérêts de la France en Afrique, François Hollande a fait le voyage d’Alger. Prudent avec l’histoire (la vérité, pas la repentance), il a préféré ouvrir « un nouvel âge » dans la relation franco-algérienne. La visite avait un large caractère économique, mais Hollande a surtout cherché à impliquer Bouteflika dans une lutte contre les islamistes et le maintien du Mali unifié (3)        <br />
              <br />
       Visite largement économique, mais aussi recherche d’un accord sur le Mali, Paris n’excluant pas de négocier avec les mouvements touaregs. Alger refusa et ce fut un échec. (Libération, 21/12). Devant l’effondrement de l’État malien et la marche des islamistes sur Bamako, Hollande a dû lancer, sans soutien de l’Europe et des États-Unis, l’opération Serval.        <br />
              <br />
       En dix jours, toutes les villes ont été reprises, mais l’illusion fut grande de croire que la pacification du pays, car les islamistes se sont retirés des villes, mais pour mener comme à Gao, des opérations de commandos qui imposent à l’armée française d’intervenir, vu l’inconsistance de l’armée malienne. Par ailleurs, l’attaque des installations pétrolières d’Aïn Amenas a fait monter la tension d’un cran en ouvrant une crise au sommet de l’État algérien, car les hydrocarbures représentent plus de 90 % de ses exportations.        <br />
       En consacrant une double page à « La question touareg, enjeu central de la guerre au Mali », le Monde du 17/18 février a indiqué que l’unité du Mali semblait une mission impossible. Hollande espère vite se retirer en comptant sur l’intervention accrue de l’Algérie au Sahel pour défendre son pétrole, des forces armées africaines et celles de l’ONU, mais il sait que rien ne sera réglé et qu’il doit tirer un trait définitif sur la politique coloniale de la France en Afrique.        <br />
              <br />
       <b>Et maintenant ? </b>       <br />
              <br />
       Le MNLA qui a précisé ses positions(5) a proposé de coopérer avec la France et l’ONU pour chasser les islamistes du Sahel. Leur demande de former une Azawad très largement autonome a été rejetée par Bamako, pour le moment, car la France ne peut vaincre les islamistes et reconstruire l’État malien unifié.        <br />
              <br />
       Elle devrait aussi demander à Alger de négocier avec le MLNA, car elle n’a pas les moyens de défendre son réseau pétrolier et garantir les investissements des firmes internationales au Sahara. Certes, l’autonomie de l’Azawad sera suivie par la demande de tous les Touaregs à se constituer en nation souveraine, ce qui mettra fin à l’édifice édifié par la colonisation et par conséquent, l’abandon de la politique arabe de la France en Afrique et une révision des relations entre la France et l’Algérie, clé de voûte de son ex-Empire africain, entré maintenant dans l’oeil du cyclone de la vague amazigh qui s’étend dans l’Afrique du Nord et le Sahel.       <br />
               <br />
       Le 16 février 2013 diverses organisations Amazighs de France ont organisé à Paris une manifestation de soutien et de solidarité avec l’Azawad. L’Appel précisait que :<b> « le drame actuel des populations de l’Azawad et des Touaregs en particulier découle directement du découpage territorial arbitraire de cette ancienne colonie française. La responsabilité de la France est donc doublement engagée dans la création d’un État artificiel sans le respect pour les peuples et dans l’opération Serval si celle-ci outrepasse le strict objectif de débarrasser l’Azawad des islamo terroristes et autres bandes de narcotrafiquants. »</b>        <br />
       Lé Président Hollande devrait entendre la voix de la sagesse.        <br />
              <br />
       <b>J S (Historien)</b>        <br />
       22 février 2013        <br />
              <br />
       <b>Notes</b>        <br />
       (1) La civilisation d’environ 4000-3000 ans AV. J.C, où l’art préhistorique témoigne de la vie avant le désert (Peintures du Tassali-n’Adjer) ; la présence romaine, du IIè A.V.J.C au Vè siècle puis l’islamisation à partir du VIIè siècle.        <br />
       (2). Gauthier (E.F). La conquête du Sahara, A. Colin 1910 ; Capot-Rey (H). Le Sahara français, PUF, 1963 Lhotte (H). Les Touaregs du Hoggar, Payot, 1955 ; Furon (R). Le Sahara (Géologie, ressources minérales), Payot, 1964.        <br />
       (3). Cornet (P). Sahara,terre de demain, Paris, 1956 ; Strasser (D). Réalités et promesses sahariennes, Paris, 1956 et surtout Treyer (C). Sahara 1956-1962, Les Belles Lettres, 1966.        <br />
       (4). « Tripoli sous la loi des « katibas », Valeurs Actuelles, 12 janv.2012 ; Areski Metref « Yennayer à Tripoli », Le Matin DZ, 13 fév. 2013.        <br />
       (5). « Déclaration d’indépendance de l’Azawad », Gao – 6 avril 2012.       <br />
              <br />
              <br />
       SIWEL 03 1524 MARS 13
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     <br style="clear:both;"/>
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