ANNALES CORSES
    FRANCITUDE/CORSITUDE     

  
Les Corses ne se sentent pas très proches des Celtes ou des Gaulois. 
La Corse a connu les invasions des Vandales, celles des Ostrogoths et des Lombards,  ce qui les rapprocherait quand même un peu des Francs, célèbre tribu germanique.
La longue fréquentation des insulaires avec Rome, puis la Papauté, la Toscane, Pise et Gênes leur procure une certaine proximité avec l'Italie. 
La conquête française ayant - voici à peine deux siècles et demi - fait des Corses une composante de la nation française, nous avons aujourd'hui des Corses fiers d'être français et d'autres fiers de ne pas l'être. 
Mais il est vrai que pour les Corses la problématique de l'identité nationale se pose avec plus de complexité que pour les Auvergnats, comme dirait ingénument un certain Hortefeux.

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ANNALES CORSES


LAICITE SELECTIVE EN CORSE













Vous observerez que toute la compagnie municipale processionnera par deux fois, avec arrêt pour temps de prière, à travers les venelles de l'impériale cité.

On s'étonnera  de la conception élastique de la laïcité qui prévaut en l'île bénie de Corsica, d'autant que la dite Municipalité est théoriquement socialiste, agrémentée d'un petit apport communiste.


Pour ma part, moi qui ne suis que catholique sociologique, je trouve quelques circonstances atténuantes aux édiles qui défilent en pieuse procession: ils sont contraints de le faire par pure nécessité électorale.

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ANNALES CORSES




                  QUAND LA CORSE EST VUE ....... D'UN MAUVAIS OEIL


Strabon:
 

“ L’île de Cyrnos est connue des Romains sous le nom de Corsica. La vie y est partout misérable, la terre n’est que rocs. La plus grande partie du pays est totalement impénétrable. Aussi les bandits qui occupent les montagnes  et vivent de rapines sont-ils  plus sauvages que les bêtes fauves. Parfois les généraux romains y font des incursions et, après les avoir vaincus, ramènent de très nombreux esclaves, et Rome voit alors avec stupéfaction à quel point ils tiennent du fauve et de la bête d’élevage. En effet, ils se laissent mourir par dégoût de la vie, ou excèdent à tel point leurs propriétaires par leur apathie et leur insensibilité qu’ils lui font regretter son achat, si peu qu’il ait dépensé»

 


 

Ovide :
 

Si je considère ce lieu, c’est un lieu déplaisant, il se peut qu’il n’y en ait pas de plus triste sur terre. Si je considère les hommes, ils sont à peine dignes de ce nom et sont d’une sauvagerie plus cruelle que les loups. Ils ne craignent pas les lois mais la justice cède à la force et le droit vaincu se couche devant le glaive guerrier.
 

Sénèque:
 

" Se venger est la première loi des corses, la seconde, vivre de rapines, la troisième, mentir, la quatrième, nier les dieux. "
 

Monsieur de Marbeuf :
 

" Pour parvenir à éteindre tout à fait une race aussi exécrable, le premier moyen étant de leur ôter la facilité des retraites que leur offre les maquis, nous avons pris la résolution de les faire brûler dans toute l'étendue de l'île.
 

Victor Hugo:
 

" Chaque État a son esclave; chaque royaume traîne son boulet. La Turquie a la Grèce, la Russie la Pologne, l'Angleterre l'Irlande et la France a la Corse. A côté de chaque peuple maître, un peuple d'esclaves. Édifice mal bâti : moitié marbre, moitié plâtras."
 

Jules Vallès :
 

" La vérité qu'il faut dire, c'est que la Corse n'a jamais été et ne sera jamais française. Voilà cent ans que la France traîne à son pied ce boulet….Le Corse est naturellement mouchard et assassin..."
 

Alphonse Daudet.
 

" Toutes les mêmes, ces grandes familles corses : crasse et vanité ; ça mange dans de la vaisselle plate à leurs armes des châtaignes dont les porcs ne voudraient pas... "
 

Mussolini.
 

Vogliamo la gabbia senza gli ucelli  (Je veux la cage sans les oiseaux).
 

Eddy Mitchel:


" Depuis que Sardou s'est entiché de son île de crétins, je ne le vois plus..








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ANNALES CORSES
Un ouvrage sur le combat nationalitaire du PSU corse





C’est en 1966 que le PSU lance comme mot d’ordre politique « Décoloniser la province ». C’est en 1966 que la Fédération PSU corse dénonce les « liens coloniaux » de l’île avec la métropole. Le PSU corse est né en même temps que le PSU national en 1960 et il a disparu la même année que son homologue continental en 1990. 
Cet ouvrage est l’histoire de cette fédération dans les différentes étapes de son existence, avec des moments d’intensité et des moments de dépression, des temps d’espérance et des temps de doute. 
Le PSU corse a traité de tous les problèmes que l’île a rencontrés au cours des trente années de la période : le statut de l’île, le développement, la colonisation, la «décorsisation» des emplois, l’exode des jeunes, la spéculation et la pression immobilière sur le littoral, l’agriculture et la viticulture (autour des questions de la chaptalisation), les transports, le tourisme, les clans et les appareils politiques traditionnels, la culture et la langue, la violence en politique, etc. Ce sont quelques dizaines de militants acharnés qui ont persévéré dans une voie étroite consistant à mettre en tension autonomie et autogestion, nationalisme et socialisme, sans concession démagogique ou électoraliste refusant à la fois un nationalisme apolitique et une lutte de classes sans racine nationale. 
On retrouvera ici l’histoire des responsables que furent Toussaint Marchioni, Georges Viale, Marc Cianfarani, Antoine Murati, René Baude, Jean-Pierre Olivesi, et ceux issus du PSU qui reconstituèrent la CFDT en Corse, Sanvitus Predali, Jean Maïboroda, Pierre Cervetti, Walter Boccaccini. Et tous les autres. L’ouvrage est bâti à partir d’entretiens et de documents personnels, d’archives nationales, ajacciennes et du PSU.

Jean-Claude Gillet est un non-corse, professeur honoraire des universités, qui a mené son enquête sur place en 2011 et 2012. Il fut un des responsables nationaux du PSU et créateur de la fédération catalane de ce parti à Perpignan. Il a déjà écrit de nombreux articles sur le PSU et dirigé plusieurs ouvrages sur cette organisation.
 





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ANNALES CORSES
 

Jérôme Ferrari reçoit le prix Goncourt 2012

Par , publié le 























Jérôme Ferrari recoit le prix Goncourt 2012 pour Le Sermon sur la chute de Rome (Actes sud). 


u zinu :

Je m'efface volontiers devant les commentateurs du forum de l'EXPRESS, qui,  à leur manière, rendent hommage à Jérôme Ferrari, au "Sermon sur la chute de Rome"  ...... et à la Corse.

lecturepourtous - 07/11/2012
 
Je comprends l'étonnement et les réserves des critiques de Lire et de votre tribune dont Delphine Peras et Christine Ferniot. Ils ont été déboussolés par ce livre où l'auteur se dévoile un écrivain ambitieux et profond. La littérature ambiante est "ngian-ngian" un texte qui tranche étonne, déstabilise, alors c'est plus facile de le rejeter. Voici ce que j'en écrivais il y a plusieurs mois : C'est un livre à signaler. Ne pas trop s'en tenir au titre, ce n'est pas l'histoire du Sac de Rome par Alaric en 410 après J.C., mais l'histoire d'un bar en Corse, et de la fugacité du temps... L'auteur relie la vie d'un bar en Corse (qui se terminera mal) aux thèmes du discours de Saint Augustin à Hippone où il était évêque, dans lequel il expliquait à ses ouailles que la Chute de Rome était inscrite dans le destin de l'univers voulu par Dieu. "Ce que l'homme fait, l'homme le détruit." "Le monde est comme un homme, il naît, vit et il meurt." "Car Dieu n'a fait pour toi qu'un monde périssable". Ce discours a été prononcé par Saint Augustin en 410, car il était reproché aux chrétiens de Rome et de l'Empire romain d'avoir affaibli l'Empire, en refusant de porter les armes, et, surtout d'avoir chassé du Panthéon les statues des dieux tutélaires de Rome qui protégeaient la Cité, dont la célèbre statue en or de la Victoire... Il faut rappeler que pendant sa longue histoire : 800 ans, Rome n'avait jamais été prise par les barbares... -Sauf au tout début de son histoire par les Gaulois- Un livre profond sur la vie, la succession des générations, l'imprévisibilité des hommes dans le mal et parfois le bien. Le style intéressant, parfois beau, tranche avec la banalité de l'écriture des romans actuels.
 
perelalune - 07/11/2012
 
Belle plume Corse ! "Actes Sud" est vraiment une bonne Maison. Concilier la qualité artistique et le commercial à ce point prouve l'intelligence de son équipe dirigeante. Il me semble que Jérôme Ferrari aurait mérité (aussi) le Prix de l'Académie française. Soulignons que cette plume est corse. La Corse littéraire à l'honneur, cela devrait être souligné par les journalistes. On oublie trop souvent l'âme corse. Digne, sensible, virile et fière, mais parfois rebelle (ce qui peut être considéré comme une preuve de caractère)... En tout cas, j'ai passé sur cette île d'amour des vacances de rêves, avec des gens du Pays. Adorables. Le sanglier ou le cochon (quasiment sauvage) étaient à saliver. Certain fromage, grouillant de vers, arrosé d'un bon petit alcool du Pays (dont j'ai oublié le nom) est passé comme une lettre à la poste. J'avais parlé à des indépendantistes qui avaient pas mal d'arguments. Mais je n'ai pas épilogué. Je pense qu'un jour, les uns parleront aux autres et tout s'arrangera. Vive la belle Corse dans l'harmonie et l'amitié universelle !


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Le « Sermon sur la chute de Rome » récompensé par le Goncourt

MARIANNE - Mercredi 7 Novembre 2012 

A l'issue d'une délibération très serrée c'est finalement Jérôme Ferrari qui a reçu aujourd'hui le prix Goncourt pour son «Sermon sur la chute de Rome». Il signe une fable philosophique au cœur d’un village corse, loin de tout folklore régionaliste.

MARIANNE Fr.  ne m'en voudra pas de reproduire intégralement l'article qui suit, signé  OLIVIER MAISON :


Le dernier roman de Jérôme Ferrari, "Où j'ai laissé mon âme" , était le récit de l'avilissement du monde. Son Sermon sur la chute de Rome est celui de l'ensevelissement des mondes. Une suite presque logique, théologique, romanesque et tout aussi fascinante. Le titre est inspiré d'un écrit de Saint Augustin, qui, devant l'effondrement de Rome rappelait aux Fidèles que même la Ville Éternelle retournerait à la poussière. Le sermon de l'évêque d'Hippone ici résonne jusqu'aux montagnes corses où ses prémonitions vont encore une fois se réaliser. Car Rome n'est pas dans Rome mais partout où naît l'« hybris », cette démesure qui laisse croire aux hommes que leurs œuvres survivront.
 
Le centre de ce monde condamné est un modeste café corse dont les clients sont le chœur du village. Deux enfants du pays qui ont fui l'île pour suivre des études à Paris viennent relancer l’établissement et fournissent la preuve éclatante que les réflexions du café du commerce sont parfois plus utiles que les bavardages philosophiques de la Sorbonne. Grâce à quelques serveuses judicieusement recrutées, dont l’une accueille les clients d'une caresse discrète mais efficace sur les testicules, hommage à la « simplicité de l’âme masculine », le meilleur des mondes possibles existe enfin sur la place du village, sorte d'abbaye de Thélème des bistrotiers influencée par le « fameux » adage augustinien: « Fais ce que tu veux mais paie ta tournée ».

L'âme corse semble avoir été recueillie là, dans cet endroit où il fait bon vivre et chanter. Et ce qui devait être l'aventure commerciale d'un été sera poursuivi l'hiver suivant, mais les hommes avec leurs bassesses et leur détresse reprendront bientôt leurs droits. Ce monde, comme celui des colonies, comme celui du rêve d'une vie en autarcie à l'abri des fracas de la modernité, va en effet sombrer stupidement, violemment, banalement. C'est avec une ironie flaubertienne et beaucoup d'empathie que Ferrari suit ces messieurs Homais limonadiers que leur réussite aveugle jusqu'à ne plus voir ni la fin de leurs proches ni leur déclin venir.
 
Dans cette fable philosophique, loin des récits folkloriques habituels sur la Corse, le narrateur prend à son compte les dialogues et les pensées de trois générations de personnages, qu'il pétrit dans une langue superbe pour que lève cette distance nécessaire qui rend les hommes si bouleversants et si pathétiques à la fois. Qu'ils aient connu le monde des empires glorieux ou seulement le petit monde de ce village corse, le silence finit par les engloutir à jamais, mais l'écriture de Jérôme Ferrari dont chaque phrase prend le temps de fouiller chaque pli de l'âme pour analyser les causes de leur échec, parvient à faire du récit de leur chute une élévation.

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ANNALES CORSES
RUSSES ET UKRAINIENS EN TERRE CORSE
L'ODYSSEE DU "RION"
 



 
 
La Corse compte un certain nombre d'habitants d'origine russe et ukrainienne. Ce sont les enfants et petits enfants d'émigrants qui, fuyant le régime bolchevique, se fixèrent en terre corse.


En effet, le 15 mai 1921, un transport de troupes ayant à son bord 3.800 personnes a mouillé en rade d'Ajaccio. Il y est demeuré jusqu'à la fin juin 1921. La plupart des passagers étaient des soldats de l'armée du général WRANGEL. Mais il y avait également à bord des civils : familles d'officiers, commerçants, fonctionnaires, propriétaires terriens, et paysans ukrainiens ayant choisi le parti des blancs.
 
Le navire venait de Turquie, où avait échoué la majeure partie de l'armée WRANGEL, vaincue par les Rouges et repoussée vers les rives de la mer noire en novembre 1920.
Rappelons que la révolution ne s'est pas imposée immédiatement en Russie, et qu'elle ne se limite pas aux "journées d'octobre" qui ont vu Lénine, par un putsch audacieux, s'emparer du pouvoir à Petrograd (devenue Leningrad sous l'URSS).
De 1917 à 1921, plusieurs armées dites "blanches" (par opposition à l'armée rouge), ont mené avec l'appui de corps expéditionnaires américain, anglais, français et tchèque une "contre-révolution" qui a pris les allures d'une véritable guerre civile.
Ces armées, composées de tsaristes mais également de républicains fidèles au gouvernement provisoire, ou de Russes effrayés par les excès des révolutionnaires, ont notamment combattu en Sibérie (amiral Koltchak) en Ukraine (Général Denikine), sur le Don (Cosaques de Kaledine) et en Crimée (Général Wrangel). Le pouvoir des soviets ne s'est durablement installé qu'avec la disparition des dernières forces blanches en Mongolie et au Turkestan, en 1921.
De 1917 à 1921 la guerre civile a causé d'innombrables pertes humaines, dues aux exactions respectives des troupes blanches et rouges, et aux méthodes des bolcheviques, adeptes de la dictature du prolétariat et de la "terreur de masse".
L'armée Wrangel, dernière armée "organisée" des tsaristes, a réussi sous la protection des marines française et anglaise, à embarquer dans l'ordre à Sébastopol et à quitter la Russie.
Près de 120 navires, essentiellement russes, mais également une dizaine de navires français et quelques bateaux italiens et grecs, ont amené en Turquie, environ 110.000 soldats, dont nombre de cosaques du Kouban, et 30.000 civils, Ukrainiens pour la plupart.
La marine anglaise, pour sa part, s'est contentée de rapatrier ses ressortissants. Seul un capitaine anglais, désobéissant aux ordres, a accepté des réfugiés, ce qui, pour l'anecdote, lui a valu une promesse de cour martiale de la part de l'amiral commandant la flotte britannique, promesse néanmoins doublée par des félicitations pour sa générosité.
 
Le "RION", transport de troupes mixte, parti de Gallipoli, en Turquie, alors occupée par les troupes alliées après leur victoire sur l'Allemagne durant la guerre 14-18, a fait escale à Messine puis a terminé sa course à Ajaccio, victime d'une grave avarie de moteur.
Sa destination finale devait être le Brésil, où comptaient s'installer les migrants. Seuls 600 d'entre eux seraient finalement parvenus à destination (Etat de Sao Paulo) en empruntant un autre navire. Les autres (près de 3.000) sont restés momentanément en terre corse.
 
En 1924 on ne dénombrait plus dans l'île que deux à trois cents émigrés (chiffres variant selon les sources), les autres ayant choisi de gagner le continent français, où le marché de l'emploi se révélait moins étroit que celui de l'île, qui conserva quelques dizaines de migrants devenus "garçons de ferme" dans les villages de l'intérieur, quelques fonctionnaires contraints d'exercer des métiers n'ayant qu'un lointain rapport avec leur activité initiale, et certains techniciens (industriels, ingénieurs, commerçants) qui, à quelques exceptions près, ne retrouvèrent pas leur qualification d'origine.
 
Nombre d'émigrés demeurés célibataires disparurent dans un certain anonymat au fil des ans. D'autres épousèrent des insulaires et fondèrent famille.
Ils ont vraisemblablement incité d'autres émigrés russes et ukrainiens de leur connaissance dispersés en Europe à venir en Corse,  île dont ils vantaient certainement le charme et l'hospîtalité, car on note des arrivées individuelles jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale.
C'est ainsi que Constantin Maiboroda, père de l'auteur de cet article, ayant fui l'Ukraine en 1921 à l'âge de 17 ans du fait de ses sympathies anarchistes  makhnovistes, est arrivé en Corse en 1929 après avoir terminé des études techniques (électricité) en Tchécoslovaquie. Il y a épousé peu après une insulaire originaire du village d'UCCIANI, Catherine Mariaccia.
 
Nous retrouvons donc actuellement en Corse des Amolsky, Aparine, Baranovsky, Bikodoroff, Borodine, Gourinovitch, Ivanov, Kotchef, Maïboroda, Mironenko, Voropaief, Pimenof, Popov, Seleznef, Serdukof, Tarrassenko, Teletsine, etc.
Notre île ayant la faculté historique pourrait-on dire, de "phagocyter" ceux qui débarquent sur ses rivages, la génération suivante s'est pratiquement fondue dans le peuple corse et seuls les patronymes révèlent désormais l'origine de ces insulaires "insolites".
 
Ajoutons pour compléter que le prince Youssoupov, connu pour avoir participé à l'élimination de Raspoutine, s'était installé en Corse, à CALVI, en 1924, où il avait fait l'acquisition d'une demeure, et que notre île compte aujourd'hui parmi ses habitants permanents ou temporaires des descendants du général WRANGEL.
Site de l'assocciation Corse-Russie :  http://www.kalinka-machja.com/


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INVITATION AU VOYAGE ...... EN CORSE
 

 
Invitation au voyage ..... en CORSE
 

Publié par « Cui cui fit l'oiseau »  (en LIEN sur «  U zinu » ) et livré « tel quel », en précisant toutefois que le texte émane d’un compatriote corse que les uns trouveront lucide et d'autres excessif. 
Derrière le rideau de l'humour noir, le lecteur attentif découvrira cependant la tendresse de l'auteur pour son île.
 




Lundi 9 juin 2014

 

Chapître 1 : les animaux errants. Un guide spécial pour vous dissuader de passer vos vacances en Corse.

 
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Amie touriste, compagnon randonneur, envahisseurs continentaux...
 
Vous avez donc décidé de passer vos vacances sur notre belle île malgré  les tarifs prohibitifs des transports maritimes et le coût de la vie qui augmente systématiquement de 30 % lors de votre arrivée sur notre terre inhospitalière.
 
Fort bien.
 
Sachez que vous n'êtes pas les bienvenus, car non seulement nous détestons les cohortes de vacanciers mal élevés, mais de plus, nous jugeons que la transhumance est essentiellement réservée aux troupeaux de bêtes à cornes.  
 
Aussi est-il de mon devoir de vous prévenir des nombreux dangers qui vous vous guetteront à chaque détour de chemin.
 
 
1) Les animaux errants ou en divagation. 
 
  •   Les ânes
Tandis que vous roulez tranquillement  dans votre véhicule sur les routes tourmentées et dangereuses de l'arrière pays montagneux, un paisible attroupement d'ânes corses attire votre attention, et surtout celle de vos charmants bambins.
Imprudemment, vous vous arrêtez, et c'est la joie au cœur que vous voyez nos charmants équidés galoper vers vous pour quémander une caresse, voire une gourmandise. 
 

Or malgré de trompeuses apparences vous n'imaginez pas combien l'âne corse est fourbe - comme tous les insulaires qui habitent cette île diabolique -
 
Cependant en plus d'être rusée, cette brave bête est aussi butée qu'un apôtre du libéralisme, avec toutefois, à sa décharge, un côté infiniment plus humain.
 
Séduits par la tendresse de ces peluches vivantes, vous sortez un vieux morceau de pain rassis et lui tendez avec méfiance. Le filou s'en saisit délicatement et vous regarde de ses grands yeux émerveillés et concupiscents.
 
C'est ce moment fatal que vos enfants choisissent pour réclamer un vieux croûton ou un biscuit afin de repaître ces gourmands quadrupèdes.
 
Le drame est proche. Retenez votre respiration...
 
Lorsque les goinfres ont sectionné de leurs énormes dents affûtées comme des rasoirs les 5 doigts des deux mains de vos bambins, il est déjà trop tard ! 
 

Malheureusement, l'âne corse n'a jamais de propriétaires; tous les agriculteurs vous l'affirmeront mordicus. Donc, il est inutile de chercher un responsable pour établir un constat d'assurance destiné à couvrir le prix des prothèses de doigts en matériaux composites...
 
Cependant, vous devrez rouler à toute allure sur un minimum de 90 kilomètres de routes tortueuses pour trouver un hôpital sommaire. De toute manière, les dents et les gencives de ces braves bêtes sont si sales et infectées que vous vous en tireriez à bon compte si par un miraculeux concours de circonstances, vos enfants échappaient à la gangrène.
 
  • Les cochons.
Gardez toujours a l'esprit que le cochon corse est hypocrite, comme tout ce qui vit sur cette maudite ile. Sournois comme un membre du bureau politique de l'UMP, avec toutefois, à sa décharge, un côté infiniment plus humain. 

De plus n'oubliez pas que le porc est omnivore, c'est à dire qu'il ne dédaigne pas un petit en-cas de viande humaine prise sur le pouce ! 
 

Et la viande AOC de continental, surtout prélevée sur une jeune bipède bien en chair, représente pour lui un mets de choix. 


Certains Corses vous avoueront même qu'il s'agit d'un des secrets, avec la châtaigne, d'une charcuterie exceptionnelle ! 

Amis vacanciers, si au detour d'un chemin, vous voyez débouler 4 à 5 furies au groin gourmand et conquérant, je vous conseille de prendre vos jambes à votre cou ou de vite grimper sur l'arbre le plus proche...  

Votre survie en dépend... 
Une fois, alors que je me baladais avec mon fusil - on n'est jamais trop prudent - dans une châtaigneraie, mon chien, un grand et méchant terrier, tomba nez à nez avec 5 porcs de 90 kgs. Il ne s'en sortit qu'en sautant un mur de 2,5 mètres de haut, me laissant seul devant les fauves écumants, la bave aux lèvres.
 

Pour échapper à une mort atroce, je dus tirer deux coups de feu en l'air pour les effrayer, me gardant deux balles : une pour en abattre un, et l'autre pour moi, afin d'éviter un carnage épouvantable sur ma pauvre enveloppe charnelle. 

Ceci dit, autant l'âne insulaire n'a jamais de propriétaire, autant le cochon corse que vous abattrez en possède bien un, qui vous poursuivra, avec ses descendants, de leur vindicte pendant au moins 6 générations ! On appelle généralement cette rancune, la vendetta.   

Il faut examiner avec soin les gigantesques chicots noirâtres des cochons pour comprendre qu'une maladie nosocomiale avec germes pathogènes, attrapée dans un hôpital parisien serait une plaisanterie à côté d'une morsure de tels monstres... 

Les pires représentants des suidés étant issus du mariage illégitime entre une truie et un sanglier : la progéniture héritant de l'intelligence de la mère et de la sauvagerie du père ! Un peu comme Marine Le Pen, quoi... 

Certains cochons corses élevés en liberté m'apparaissant comme les animaux les plus féroces que j'ai jamais rencontrés. Surtout les truies avec leurs petits... 

 
  • Les vaches et taureaux.
On ne compte plus, sur les pittoresques routes corses, les sempiternels bovidés en train de ruminer sur les bas-côtés. 

Les vaches et taureaux corses ne sont pas bien gros, mais ils sont très véloces et particulièrement nerveux. Ces bovins sont destinés à se transformer en ragoûts, leur viande bien trop dure étant impropre pour un usage de grillades. 
 

Si vous croisez un de ces troupeaux, je vous conseille de toujours garder un œil vigilant. Pour la plupart, ces animaux qui couchent dehors, en hiver comme en été, sont très méfiants et peu sociables. 
 
Autant l'âne est fourbe, le cochon sournois, le bovin est quant à lui imprévisible... Malgré son poids raisonnable, ses cornes en guidons de moto sont redoutables. Son agilité est proverbiale et son agressivité n'est pas un mythe ! 

On ne compte plus les accidents dus à des charges de taureaux fous ! Surtout chez les touristes continentaux ! 
 
  • Les autres bêtes
En Corse, aucune espèce venimeuse n'est endogène? hormis le petit scorpion dont la piqure est douloureuse mais pas mortelle.
 
En général, il choisit la nuit pour se réfugier dans vos chaussures. Il suffira alors  de supporter 3 jours de fièvre pour oublier ce mauvais moment.
 
Je ne vous parlerai pas des chiens galeux et errants, des boucs et béliers qui ne supportent pas la présence humaine pendant le rut, des dangereuses ruades des mulets. 
 
Voilà, mes chers amis touristes potentiels, la description réaliste (je certifie que toutes mes anecdotes précédentes sont exactes) d'une Corse dangereuse? bien loin des images d'Épinal que les syndicats d'initiative veulent vous vendre.
 
En tant que Corse, j'espère vous avoir convaincu d'annuler le séjour que vous aviez prévu !
 
Sinon, mon prochain chapitre 2, consacré aux insulaires et aux incendies achèvera probablement de vous convaincre.
 
Vacanciers bien aimés, des dizaines de sites merveilleux vous attendent sur le continent. 

Les Corses vous souhaitent de bonnes vacances ! 
 

mercredi 11 juin 2014

 
 

Chapître 2 : les insulaires et la situation politique. Un guide spécial pour vous dissuader de passer vos vacances en Corse.

 
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Amie touriste, vacancier randonneur, chers envahisseurs continentaux.
 
Vous et votre petite famille, avez donc survécu aux menus tracas exposés lors du 1er chapitre. De surcroît, vous avez échappé aux ravageurs feux de forêts qui, à cause du vent,  se propagent par la cime des pins à la vitesse d'un cheval au galop. Ces incendies dégagent une fumée toxique qui vous asphyxie en quelques minutes.
 
Je vous en félicite, mais il va cependant vous falloir franchir l'étape suivante, autrement plus complexe et délicate : composer avec les habitants de cette île délicieuse - parce que Dieu, dans son infinie sagesse a souhaité équilibrer cette île enchanteresse par des habitants aussi pénibles que la nature est enjôleuse -
 
 
 2) Les insulaires.
 
Chers amis, lorsque vous observez les panneaux de signalisation routière, vous vous apercevez qu'ils sont constellés de gros trous... Interloqués, vous vous demandez naïvement quel insecte aurait le dard assez puissant pour percer le métal ? Et bien, vous n'y êtes pas ! La tradition corse veut que lors d'une partie de chasse aux sangliers, alors que vous revenez bredouille, vous tiriez sur ces panneaux pour bien vérifier que vous n'avez pas perdu votre "vista" au tir !
 

 
Mais il ne s'agit là que d'un détail.
 
Le premier conseil que je donnerais à un continental en goguette, est avant tout la prudence.  
L'idéal serait de se crever les yeux pour ne rien voir de compromettant pour un autochtone et de se couper la langue pour ne rien dire aux autorités ni à quiconque alentour, pas même à vous.  
Il s'agirait bien entendu, d'un sacrifice bien trop lourd pour un vacancier moyen; aussi, la loi du silence devient-elle un gage de survie pour tout un chacun dans ce fieffé pays, que vous fussiez insulaire ou touriste.
 
Les Corses sont en général des gens charmants, mais la passion et les accès de colère emportent fréquemment leur placidité. Il est donc préférable d'éviter toute discussion sur la politique, sur leur famille, sur leur charcuterie, sur la politique régionale, sur la cause des incendies et sur les attentats...
 
En cas de début de dispute, esquivez l'escalade verbale et prétextez un rendez-vous urgent pour vous éloigner. En cas de différend routier, dû à une queue de poisson ou à un léger accrochage, restez surtout calme et détendu. 

Parce qu'ici, en plus d'être très nerveux, presque tout le monde est armé comme un destroyer américain.
 
Mis à part ces petits désagréments, les Corses sont en général hospitaliers s'ils vous apprécient. Ils vous feront découvrir des moments intenses d'amitié et de partage, ainsi que de merveilleux vins et  de délicieuses charcuteries locales, notamment dégustées au son de ces chants polyphoniques de bergers qui vous crispent tant.
À moins, cher ami continental que vous soyez tombés sans le savoir - car ils ne vous le dirons jamais -  sur des autonomistes ou des indépendantistes.
 
 
3) Les forces politiques 
 
Même pour un Corse sous pseudonyme, il est particulièrement délicat de parler politique sans prêter le flanc à des rétorsions particulièrement vicieuses ou des reflux désagréables. En tout cas, les mouvements indépendantistes sont largement minoritaires, cachés sous des structures clandestines concurrentes, très actifs et animés par de vieux cadres autonomistes épaulés de nombreux jeunes.

La grande majorité des Corses est viscéralement à droite,  reconnaissant en Sarkozy dont les fils sont à moitié corses, une sorte de chef de clan. Rappelons hélas, que la gauche est assez peu représentée dans cette île ou le patriarcat règne en maître.
 
Chaque famille, je puis en témoigner, est un mélange détonnant (si je puis me permettre) entre des membres dont les opinions sont aux antipodes les unes des autres. Il faut assister à certains repas de familles corses pour observer mi-interloqué, mi-inquiet, combien la conception politique insulaire peut-être dévastatrice, voire à la limite de la violence du combat de rue.
 
Cependant, en dépit de leurs dissensions ces familles resteront toujours profondément unies face à la force publique ! C'est une des constante des peuples méditerranéens, rebelles à toute autorité et difficilement gouvernables.
 
 
4) Force publique et répression.
 

Dans ce pays à l'identité affirmée, une certaine résistance au pouvoir central de la république ainsi que des aspirations à l'autonomie ont entraîné - comme chacun sait, divers mouvements de contestation violente (attentats) ou carrément meurtriers (règlements de comptes).
 
Aussi dans ce pays agité, j'ai pu constater de visu ou apprendre par des amis les méthodes employées pour poursuivre et attraper quelques fugitifs soupçonnés ou surveiller tout simplement certaines activités.  
Lignes téléphoniques espionnées, caméras autonomes posées sur des branches de sapins, micros canons, balises GPS de localisation, surveillance en plein maquis, envoi de touristes bidons pour repérer les lieux, surveillance incessante de chaque habitant de l'endroit suspect.  
 
IFF signifie i francesi fora : les Français dehors.



Jusqu'à la visite brutale à pied pour éviter le bruit d'une trentaine de gendarmes armés jusqu'aux dents, cagoulés et procédant à la fouille des maisons et bergeries d'un hameau dérisoire à la recherche d'un  ancien habitant soupçonné d'attentat.
 
Chacun, jeune ou vieux,  engagé ou non dans ce pays surprenant à compris qu'il faut se méfier des conversations téléphoniques, fussent-elles émises en langue corse. 
La méfiance devient alors une habitude qui reste fichée dans votre comportement et dont vous ne parviendrez jamais à vous défaire.
 





Parfois quand je lis sur internet, les rodomontades de certains e-révolutionnaires, je ne puis m'empêcher d'esquisser un sourire moqueur sur leurs capacités à résister à une machine subtilement répressive de maintien de l'ordre établi mais redoutablement efficace malgré l'omerta qui règne ici. 
Système terrifiant qui possède encore des failles sur lesquelles il est inutile de s'appesantir.
 
Chère touriste, ami randonneur, continental bien-aimé.
 
Pour votre bien, j'espère vous avoir définitivement dissuadé de passer vos vacances dans cette île paradisiaque qui aurait pu incarner l'éden sur terre si Dieu ou le Diable ou le hasard, n'y avait installé par mégarde un peuple de rebelles insoumis et caractériels.
On tente bien de se soigner mais  la convalescence risque d'être longue...
 
En attendant, mes compatriotes et moi-même, vous souhaitons de bonnes vacances à la Grande Motte, à Nice ou à Saint-Tropez !




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