"La vérité est pareille à l'eau, qui prend la forme du vase qui la contient" - Ibn Khaldoun.
LES TROIS CARRIÈRES DE CHARLES ANDRE POZZO DI BORGO, LE CORSE DU TSAR
Avertissement :  

L'auteur de ce texte (Jean Maïboroda) n'est pas historien, et ne saurait avoir la prétention de l'être. Son seul désir est de contribuer, dans la mesure de ses moyens, à faire sortir de l'ombre un contemporain de Napoléon, Charles André Pozzo Di Borgo, auquel l'origine et la carrière confèrent, du point de vue du cercle Corse-Russie, une "valeur" emblématique. 
 
LES TROIS CARRIERES DE CHARLES ANDRE POZZO DI BORGO
 
 
  JUIF ERRANT DE L'ANTI-BONAPARTISME ET FOSSOYEUR DE NAPOLEON 

 
 
Les hagiographies consacrées au génie de Napoléon se comptent par milliers. Mais il est un autre personnage de son époque largement moins honoré par  les historiens, et quasi inconnu  des Français. 
Il s'agit de Carlo Andrea Pozzo Di Borgo, qui fut l'ami de jeunesse du petit Buonaparte avant de devenir son rival dans le contexte "étriqué" de leur île natale, puis son ennemi implacable dans le vaste champ de l'Europe d'alors. 
Charles André Pozzo Di Borgo fut surnommé, pour avoir été pourchassé à travers l'Europe par les séides et les sbires de Napoléon lancés à ses trousses "le Juif errant de l'anti-bonapartisme". 
Afin d'assouvir sa "vendetta" à l'encontre de son compatriote corse devenu empereur des Français, Pozzo Di Borgo se mit au service de la Russie avant de revenir en France à la chute de Napoléon, une chute dont il fut l'un des artisans les plus acharnés. 
Charles André Pozzo Di Borgo, fait "comte héréditaire de toutes les Russies" par oukaze du  Tsar Nicolas 1er, pour services rendus à la Russie en qualité de diplomate et d'ambassadeur, termina sa carrière comme comte, pair, et ambassadeur de France en Angleterre sous la restauration. 
Quelques ouvrages seulement peuvent être répertoriés concernant ce personnage de légende qui poursuivit son compatriote d'une "haine de Corse" , haine au demeurant largement partagée.
Le dernier ouvrage en  date, dû à la plume de l'éminent historien VERGE FRANCESCHI donne à  Charles André Pozzo Di Borgo sa juste place dans le contexte corse, dans le contexte français et dans le contexte européen de son époque.
 

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Mais avant de nous intéresser à celui qui fut un diplomate prestigieux au service d'une Europe coalisée contre Napoléon, il n'est pas inutile ou inopportun de "revisiter" Napoléon à la lumière des écrits qui le dépeignent de manière moins complaisante ou laudative que ne le font ceux qui chantent sa geste. 
En la matière, deux historiens iconoclastes ont fortement relativisé ses mérites et ses exploits. 
  
Je citerai en premier lieu Roger Caratini, (1924 - 2009), natif de Corse comme l'empereur. 
Roger Caratini, par ailleurs rédacteur des 23 volumes de l'encyclopédie Bordas, a consacré à Napoléon en 2002 un ouvrage incisif (et controversé), intitulé "Napoléon, une imposture" dans lequel il n'a pas hésité à le comparer à Hitler, ce qui a fait quelque bruit dans le Landerneau local et lui a valu l'indignation, voire une sorte d'excommunication de la part des historiens faisant autorité dans le docte cénacle de ses confrères "établis". 
L'éditeur (Archipel – 2002) présente ainsi l'ouvrage incriminé: 
" La première dictature militaire des temps modernes, la liberté bafouée par une police secrète d'État, la censure de la presse, le rétablissement de l'esclavage aux Antilles, les "décrets infâmes " contre les juifs, la mort de près de deux millions de soldats français, le mensonge du Code civil. [….] Roger Caratini démonte, pièce par pièce, la plus monumentale construction "mythologique" de l'Histoire de France". 
  
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En dehors de Caratini, un autre iconoclaste a fortement "écorné" la légende de l'empereur. Il s'agit d'Henri Guillemin, historien plus difficile à contester, encore qu'il ait été accusé d'esprit partisan du fait de ses engagements politiques, engagements d'ailleurs parfaitement assumés.
Henri Guillemin (1903-1992), briseur de statues vénérées (notamment celles de Jeanne d'Arc et de Napoléon), ou thuriféraire excessif (notamment de la Révolution française et de la Commune de Paris), fut un "vulgarisateur" honni par les historiens élitistes,  un talentueux narrateur, un conférencier aussi brillant que démystificateur, et un auteur prolifique. ***
Il eut le mérite, dans le tsunami hagiographique consacré à l'empereur, de nous décrire un personnage moins reluisant et "merveilleux" (au sens littéral du terme) que celui décrit et chanté dans les  panégyriques et les dithyrambes consacrés à Napoléon. 
Ses diatribes féroces à l'encontre de ce dernier  lui ont valu d'être "gratifié" d'une commisération dédaigneuse de la part de ses confrères installés dans l'académisme de l'historiographie nationale, d'être frappé d'ostracisme par les "bien pensants" de l'histoire officielle, et de soulever l'indignation (souvent doublée de furieuse colère) des "Bonapartistes" insulaires, toujours inconditionnels en leur béate glorification de l'Empereur. 
  
Lire Caratini et écouter les diatribes de Guillemin constituent donc une sorte d'antidote à la "napoléomania" qui a inondé et inonde toujours la France, et à fortiori la Corse. 
Ceci étant, l'objet premier de notre propos n'est pas de mettre en évidence le fait que l'aventure napoléonienne peut se décrire à la manière de Syméon Metaphraste, mais de contribuer modestement à sortir de l'ombre un personnage volontiers oublié : Charles André Pozzo Di Borgo. 
  
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Napoléon et Carlu Andria Pozzo Di Borgo symbolisent respectivement, de manière spécifique, le lien entre la France, la Corse et la Russie. 
Il est inutile de rappeler la façon dont le petit Corse devenu Empereur des Français s’est inscrit dans l’histoire de ces relations: la  tragique campagne de Russie est dans toutes les mémoires. 
Par contre, Charles André Pozzo Di Borgo (1764 -1842) est curieusement mal connu en Corse, et moins encore connu en Russie, sauf dans des cercles d'initiés. 
En Corse, le "bonapartisme" ambiant l’a, jusqu'à nos jours, présenté comme un traître; en France, une telle vision n'est pas inexistante, tandis qu’en Russie, le serviteur des Tsars, quasi oublié, s’efface largement devant un Napoléon presque mythifié.  
Or, Charles André Pozzo Di Borgo a, pour ainsi dire, vécu trois carrières différentes mais relativement imbriquées : 
• une carrière corse, 
• une carrière européenne, pour ne pas dire internationale, sous le règne de deux Tsars. 
• une carrière française au service de la monarchie restaurée. 
  
  
LA CARRIERE CORSE 
  
  
Carlu Andria POZZO DI BORGO, né à ALATA en 1764, mort à Paris en 1842, était de quatre ans plus âgé que Napoleon Bonaparte, dont il a été  le voisin domiciliaire, si ce n'est l'ami, avant de devenir son ennemi acharné. 
Napoléon était de lointaine origine italienne. Pozzo Di Borgo était, lui, de souche corse plus avérée. 
Leur extraction nobiliaire relativement modeste et leur qualité de Corses leur valurent d'ailleurs d'être traités avec une certaine condescendance, voire avec un certain mépris par la "grande" noblesse française.
 
Les deux hommes ont, dans leur jeunesse, été séduits par le charisme et les idées de Pascal PAOLI, éphémère dirigeant d'une nation corse indépendante, libérée du joug génois en 1755 mais tombée sous la domination française en 1769. 
Tandis que le "paolisme" de Bonaparte a cessé dès 1792/93, celui de Pozzo a perduré au moins jusqu'en 1796. 
La vie politique de Charles André Pozzo di Borgo a été largement induite par la haine qu'il vouait à Bonaparte devenu Napoléon. 
Leur rupture, officialisée en 1792, s'explique notamment : 
• par la différence de leur formation (le premier ayant fait ses études successivement au couvent de Vico, au collège d'Ajaccio puis à l'université de Pise, et le second ayant été dès l'âge de neuf ans élève d'une école militaire française). 
• par des raisons provenant de leur ambition personnelle, "qui les portait simultanément à s'affirmer dans le petit cadre (si étroit) de la Corse" (Yvon Toussaint - "L'autre Corse")  
On peut dire à ce propos que Bonaparte avait opté plus rapidement pour une carrière française et que Pozzo est resté plus longtemps fidèle aux idéaux paolistes. 
• par leurs choix respectifs concernant la révolution française et le sort de la monarchie, Bonaparte ayant choisi le camp des jacobins et Pozzo celui des monarchistes modérés (il fut notamment l'ami de Mirabeau). 
- Carlo Andrea Pozzo di Borgo est à l'âge de 25 ans, secrétaire en charge de la rédaction des cahiers de doléance au titre de la noblesse insulaire (États généraux de 1789). 
- Il est député extraordinaire à la constituante française avec l'aval de Pascal Paoli (Consulta d'Orezza- 1790). 
- De nouveau député (à l'assemblée législative française) avec la bénédiction de Paoli (1791) mais dès lors en opposition idéologique avec Bonaparte, qui choisit pour sa part le camp des jacobins. 
- Grâce à Paoli, il devient en 1792 "Procureur général syndic" de la Corse (équivalent de nos jours de Président de conseil général et de Préfet). 
- Toujours avec Paoli, il est un acteur très engagé dans la rupture de "tous les liens avec la France". Lors de la consulta du 10 juin 1794 il compte parmi les instigateurs d'une libre association avec l'Angleterre et il est corédacteur de l'acte constitutionnel voté le 19 du même mois, instituant un royaume anglo-corse. 
Durant l'éphémère royaume anglo - corse (1794-1796),  Pozzo se voit confier la présidence du Conseil d’État, devenant ainsi le premier personnage politique de l’île. 
Carlo Andrea Pozzo di Borgo a connu avec Pascal Paoli des relations complexes, allant de l'attitude féale du début à des comportements moins empreints de fidélité lors de l'épisode anglo-corse. On le soupçonne d'avoir quelque peu trahi son mentor vieillissant, ce dont il s'est toujours défendu. On peut effectivement penser que Le Vice-roi Elliot favorisait Pozzo au détriment de Paoli, qui lui inspirait moins confiance du fait de son passé "indépendantiste". 
Quoi qu'il en soit, lors de l'évacuation de l'île par les Anglais (25 octobre 1796), tous deux, à la faveur du retour de la France, étaient proscrits et pourchassés. Tandis que Paoli rejoignait l'Angleterre, Pozzo fuyait à travers l'Europe à la recherche d'un asile sûr. 
  
LA CARRIERE RUSSE ET EUROPEENNE 
  
La France ayant rétabli sa présence en Corse, Pozzo di Borgo, exclu de toute amnistie, était contraint d'émigrer. Après avoir séjourné à Vienne et Rome, poursuivi par la vindicte napoléonienne, il aboutit à Saint Petersbourg en 1804, où, remarqué par le Tsar Alexandre 1er, il se voit confier une série de missions diplomatiques délicates. 
Après un court intermède anglais (1812-1814) il est de nouveau au service d'Alexandre 1er, servant même dans son armée (colonel peu après Austerlitz, il a grade de général  lorsqu'il assiste à la bataille de Waterloo) tout en poursuivant des activités de diplomate chargé de missions secrètes ou officielles. Il participe au Congrès de Vienne (octobre 1814 - juin 1815) qui redessine la carte de l'Europe postnapoléonienne et où il s'active à durcir les clauses défavorables à Napoléon. 
Il est nommé ambassadeur de Russie en France en 1814 et le restera jusqu'en 1834. 
Il est fait "comte héréditaire de toutes les Russies" par oukase du Tsar Nicolas 1er (1827) 
  
LA CARRIERE FRANCAISE 
  
A la faveur de la défaite napoléonienne et de l'entrée des Alliés à Paris (1814), il devient membre du gouvernement provisoire. Il participe au retour de Louis XVIII exilé à Londres et le soutient activement lors de la première restauration. Durant les "cent jours" il suit Louis XVIII en Belgique et reprend sa place auprès de ce dernier lors de la seconde restauration en 1815 (chute définitive et exil de l'Empereur). Il est fait comte en 1816 et Pair de France en 1818. Sous le règne de Charles X  (1824-1830) il perd un peu de son influence, qu'il retrouve avec Louis Philippe. Pozzo est nommé en 1835 ambassadeur de France en Angleterre. Mais il abandonne ce poste en 1839 pour des raisons de santé et rentre définitivement en France où il meurt le 15 février 1842, à l'âge de 78 ans. 

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***   Cf. Radio Télévision Suisse archives      https://www.rts.ch/archives/dossiers/henri-guillemin/3477989-napoleon.html 




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SORTIE DU FILM "Pozzo di Borgo - Le Corse qui a façonné l'Europe".

 

 
 
POZZO DI BORGO "A L'OMBRE DES EMPEREURS"
Le Corse qui a façonné l'Europe


Réalisation : Tania Rakhmanova 
Production : Vision Internationale Corsica 
André Waksman 
Coproduction : France 3 Corse/Via Stella 


P.S : 

Pour la filmographie d'André WAKSMAN, cf : https://waksmana.com/portfolio/filmographie/ 

S'agissant de Tania Rakhmanova : 
 Tania Rakhmanova est l’auteure de nombreux documentaires télévisés, dont La Prise du pouvoir par Vladimir Poutine (2005, prix du meilleur documentaire au Festival international du film d’histoire de Pessac, nominé aux EMMY International). Elle a aussi réalisé The alternative Rock and Roll Years (2003, Discovery international), Les Aventures du Grand Blond dans le Grand Nord (1990, avec Pierre Richard), Roms, le premier peuple européen (2011, France 3)...  (https://www.filmsdocumentaires.com/auteurs/1226-tania-rakhmanova?order=views) 

Rappelons que Tania Rakhmanova est la réalisatrice du  film "LETTRE D'UN RUSSE DE CORSE" , qui  retrace l'arrivée et l'installation en Corse des migrants du RION. 


P.S : quelques privilégiés, parmi lesquels compte l'auteur de l'article, ont pu visionner le film consacré à Charles André Pozzo Di Borgo, film documentaire jugé absolument remarquable. 
Il retrace de manière à la fois exhaustive et impartiale la carrière de  Charles André  POZZO dI BORGO et mêle adroitement des séquences corses et des séquences russes. 
Le concours de l'éminent historien  Vergé-Franceschi, par ailleurs brillant conférencier,  et de deux historiens russes, ne manque pas d'apporter à ce "film-documentaire" une note de rigueur scientifique qui s'ajoute aux témoignages directs des descendants du Comte Pozzo Di Borgo.
 








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Charles André POZZO DI BORGO 
par l'historien Vergé Franceschi

 
 
Nous devons à la plume de l’historien Vergé - Franceschi un remarquable ouvrage consacré à Charles André POZZO DI BORGO. 
Cet ouvrage a fait l’objet d’un article élogieux dans la presse locale (CORSE MATIN en date du  6 octobre 2016)
 

CORSE MATIN intitule l’article (signé Véronique Emmanuelli)  : « Charles André Pozzo Di Borgo sur le devant de la scène » en l’explicitant par ce sous-titre : La postérité a souvent négligé l’ambassadeur originaire d’Alata, à la périphérie d’Ajaccio. L’injustice biographique est désormais réparée grâce à un ouvrage passionnant  de Michel Vergé Franceschi, professeur des universités.  


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L'ouvrage est présenté ainsi par l’éditeur (Payot) :
 
 
Pozzo di Borgo, l'ennemi juré de Napoléon

Michel VERGE-FRANCESCHI et Anna MORETTI 
Préface de : Jean TULARD 
Genre : Histoire (Bio Payot) 
Collection : Biographie Payot 
Grand format  | 414 pages.  | Paru en : Octobre 2016  |                

Première biographie française consacrée à celui que l'on surnomma « l'autre Corse », Carlo Andrea Pozzo di Borgo (1764-1842), éternel expatrié, général dans l'armée russe, diplomate dans les cours de Saint-Pétersbourg et de Londres, qui voua toute sa vie une haine féroce à son compagnon d'adolescence à Ajaccio : Napoléon. 
Avec une préface du grand spécialiste en France de Napoléon, Jean Tulard.  


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L'ouvrage présenté par amazon : 
https://www.amazon.fr/Pozzo-Borgo-Lennemi-jur%C3%A9-Napol%C3%A9on/dp/222891651X 


Cousin pauvre mais noble de Napoléon Bonaparte, étudiant logé à Ajaccio par "Madame Mère", Carlo Andrea Pozzo di Borgo (1764-1842) entretient avec lui une belle amitié d'enfance, avant de lui vouer une haine tenace, une "haine de Corse" comme la qualifie Talleyrand, qui tourne à l'obsession. Disciple de Paoli, resté fidèle à une Corse anglaise, le brillant avocat est contraint de s'exiler à la Révolution. Il sillonne alors l'Europe entière à la recherche d'alliés avec pour seule idée en tête : faire obstacle à "l'usurpateur". A Saint-Pétersbourg, ce diplomate hors pair et mondain accompli trouve l'oreille attentive du tsar Alexandre Ier qu'il convainc en 1814 d'entrer dans Paris, provoquant l'abdication de Napoléon. Présent au Congrès de Vienne, il y joue un rôle actif, observe une dernière fois à Waterloo son ennemi juré depuis sa lorgnette, part chercher Louis XVIII à Londres et, en bon catholique et légaliste convaincu, rétablit les Bourbons. Il meurt à Paris en son magnifique hôtel de la rue de l'Université après avoir été, pendant presque trois décennies, ambassadeur de Russie à Paris, puis à Londres auprès de la reine Victoria (1835-1839). Sur la base d'archives inédites, en Corse, à Londres et à Saint-Petersbourg, Michel Vergé-Franceschi est parti sur les traces de ce personnage infiniment romanesque, dont Karl Marx dit qu'il fut "le plus grand diplomate russe de tous les temps".
 


 
 
 

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Mais, voici dans l'ordre de parution, la courte liste des ouvrages consacrés à Charles André Pozzo Di Borgo:

 
 "Pozzo Di Borgo. Diplomate de l'Europe française",
par Pierre Ordioni 


Ouvrage paru en 1935, qui, ironie du sort, renvoie à la fois Napoléon et Pozzo di Borgo à leurs sentiments anti-français de jeunesse.
Citons l'auteur : "Les deux grands champions de la Révolution [Bonaparte] et de la contre-Révolution [Pozzo di Borgo] échappèrent à la nationalité française (…)        Bonaparte et Pozzo di Borgo ne s'expliquent que comme étrangers."
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"L'AUTRE CORSE"
par Yvon Toussaint

Yvon Toussaint, journaliste et écrivain belge, a écrit une biographie romancée du comte Charles André Pozzo di Borgo. Cet ouvrage, intitulé "L'autre Corse" (éditions Fayard - 2004) par référence à son rival Napoléon, a le mérite de faire revivre "le destin stupéfiant et injustement méconnu" du comte Charles André Pozzo Di Borgo. La présentation de l'ouvrage d'Yvon TOUSSAINT faite par l'éditeur est la suivante :
" Une haine de Corse ", dit Talleyrand pour définir la " passion unique " qui anime le comte Charles-André Pozzo di Borgo à l'égard de Napoléon.
 
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"Napoléon et Pozzo di Borgo, 1764-1821"  
de J.MP. McErlean


L'ouvrage de J.MP. McErlean, professeur d’histoire et chercheur à l’Université de Toronto (Canada)  est préfacé par le Prince Charles Napoléon, et il a été traduit de l’anglais par Reynier, comte Pozzo di Borgo - 
https://ahrf.revues.org/10790
de Malcolm Crook - ‎2009  - p. 240-242

Longtemps professeur d’histoire à l’Université de Toronto, John McErlean a publié ce volume en anglais il y a une dizaine d’années, chez un petit éditeur du pays de Galles dont les livres se vendent très cher (Napoleon and Pozzo di Borgo in Corsica and After, 1764-1821. Not Quite a Vendetta, Lampeter, Edwin Mellen Press, 1996). C’est sans doute grâce à l’aide des afficionados contemporains de Bonaparte que cet ouvrage paraît désormais en français, quelque peu abrégé et dans un format plus accessible. N’est-il pas doté d’un préface du prince Charles Napoléon et traduit par les soins du comte Pozzo di Borgo, qui prouve que des liens entre ces deux familles corses existent encore et semblent plus amicaux que sous la Révolution et l’Empire, quand Napoléon et Pozzo sont devenus des adversaires redoutables ? Comme le sous-titre de la version anglaise l’indique bien, le célèbre ressentiment qui a divisé ces deux jeunes hommes, amis devenus ennemis, n’était pas vraiment de l’ordre de la vendetta, et offre un sujet irrésistible qui a déjà attiré d’autres écrivains.
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"Une haine de Corse : histoire véridique de Napoléon Bonaparte et de Charles-André Pozzo di Borgo".
Marie Ferranti - Gallimard - 2012   

 
http://www.decitre.fr/livres/Une-haine-de-Corse.aspx/9782070136056  :
 
La " haine " du titre désigne celle que voua toute sa vie durant Charles-André Pozzo di Borgo à Napoléon Bonaparte.
Marie Ferranti retrace l'histoire de cette relation entre deux êtres brillants, ambitieux et fougueux, qui se connurent dès l'enfance. Alors que Bonaparte embrasse la carrière militaire, Pozzo di Borgo devient avocat, il participe à la révolution et sera député des Corses, mais il assistera à l'ascension de Bonaparte avec méfiance, avant de s'opposer à lui au point de se mettre au service du Tsar de Russie, dont il sera un puissant conseiller - rôle dont Napoléon reconnaîtra l'importance décisive après sa chute.
A partir de ce parallélisme de destins, Marie Ferranti a composé un livre qui est plus une évocation de Pozzo qu'un récit historique, puisqu'elle se sert autant de la littérature (Chateaubriand, Stendhal, Hugo, Tolstoï, Balzac) que des Mémoires du temps (Las Casas, Talleyrand, Marbot) ou des historiens actuels. Afin de mieux cerner Pozzo di Borgo, Marie Ferranti choisit non pas la linéarité historique mais des va-et-vient, des boucles entre le passé et le présent, et elle n'hésite pas à s'impliquer dans l'affaire, en tant que Corse, notamment par le biais d'une conversation avec sa mère.
Consacré à deux très fortes personnalités, l'une trop connue donc mal connue, l'autre méconnue, ce livre d'une grande vivacité se lit avec un intérêt et un plaisir constants.
 
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CORSICA