Lettre du président de l'Université de Corse au ministre de l'Éducation nationale au sujet du CAPES et de l'agrégation en langue et culture corses, 1986




Le 5 juin 1986, le président de l'Université de Corse, le professeur Jacques Brighelli, écrivait au nouveau ministre de l'Éducation nationale, René Monory, pour lui demander "de créer un CAPES et une agrégation de langues et cultures régionales et notamment de langues et culture corses". Alors que se déroulait le tout premier CAPES de breton, cette demande paraissait logique. Néanmoins, elle s'inscrivait dans un contexte politique très tendu, avec un nouveau Gouvernement décidé à mener une épreuve de force avec les nationalistes corses.
Lui-même professeur de langue et littératures françaises, le président Brighelli mettait logiquement en exergue l'absence de compétition et la complémentarité entre la langue nationale et les langues régionales. On constate qu'il ne s'arrêtait pas à la seule question des concours du secondaire, et soutenait la création d'options "langue régionale" pour les concours du primaire et les recrutements de fonctionnaires en général.
Suite aux élections de 1988 et au retour d'un Gouvernement de gauche, c'est le successeur de René Monory, Lionel Jospin, qui annonça dès octobre 1988 la création d'un CAPES de corse, dont la forme bivalente devra être abandonnée suite à une mobilisation et un boycott des étudiants. L'agrégation attendra bien plus tard, puisque la première session n'eut lieu qu'en 2018.
 

Lettre Brighelli - Capes De Corse.pdf  (3.07 Mo)




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