o niveau 3 : la percée : cette opération ignore les voies existantes et en trace de nouvelles en passant derrière les bâtiments en place, c'est-à-dire dans des zones généralement pas ou peu construites. Le percement a évidemment comme premier mérite de réaliser exactement la voie souhaitée en s'affranchissant du tracé chargé d'histoire des voies anciennes. Le percement concerne principalement des terrains à usage agricole ou en friche, dont la valeur est moindre que celle des terrains longeant les voies existantes. Une expropriation est faite pour installer la nouvelle voie et toutes ses infrastructures "modernes": égouts, adduction d'eau, lampadaires, fontaines, arbres…
De part et d'autre de cette nouvelle voie, une large bande de terrains eux aussi libérés par l'expropriation est morcelée en lots vendus à des promoteurs. Ceux-ci choisissent des architectes, qui, sous le contrôle des architectes-voyers de la Ville, édifient les immeubles. Souvent, pour mieux imposer son "style", la Ville se réservent les immeubles situés aux carrefours et donne ainsi le "tempo" à toute la rue.
C'est le percement de la rue Rambuteau, sous Louis-Philippe, qui inaugure la pratique du percement avec une utilisation massive de l'expropriation, rendue possible par la loi du 3 mai 1841. Cette rue, avec sa largeur de 13 mètres, était jugée à l'époque comme "large"; les percées haussmanniennes vont atteindre les 30 mètres de large…