- le 22 juin 1853, Napoléon III nomme Georges Eugène HAUSSMANN préfet de la Seine,
- sa mission est de réaliser le Paris dont l'empereur rêve, en particulier depuis son séjour à Londres (1846-1848).
Cette mission comprend trois actions principales
• aérer : cette mission concerne les espaces verts : arbres le long des rues, places arborées, squares, aménagement des Bois de Boulogne et de Vincennes… Mais aussi, la construction de tout un système d'approvisionnement en eau et d'un réseau d'égouts, dont Paris manque cruellement
• unifier : des voies doivent être créées pour relier les différents quartiers de la ville et créer, ainsi, une ensemble urbain. La liaison entre les gares, placées par l'initiative privée de façon anarchique, est une priorité. La liaison ferroviaire entre les régions françaises passe par Paris et donc par ses voies de circulation. Les nouvelles avenues permettent d'atteindre également certains quartiers qui, isolés, demeurent une menace insurrectionnelle pour le pouvoir impérial. On en a fait le reproche à Napoléon III, mais on ne peut prétendre que cela soit la motivation principale de ces travaux
• embellir : les bâtiments historiques, Notre-Dame, l'Hôtel de Ville… doivent être dégagés des immeubles qui les étouffent. Ils sont ainsi valorisés et, souvent, restaurés. De plus, les nouvelles avenues permettent d'offrir à Paris une unité et des perspectives qui font encore beaucoup aujourd'hui pour son image
- le "challenge" confié à HAUSSMANN est de transformer Paris, sans en arrêter l'activité et de réaliser ainsi, sans doute, la plus grande transformation urbaine de l'histoire sans qu'un incendie en soit la cause, comme cela avait été le cas de Rome, Lisbonne (1755) et Londres (1666)
- souhaitée depuis des années (Voltaire en 1749: "on pourrait en moins de dix ans faire de Paris la merveille du monde" ou encore par Napoléon 1er), la restructuration de Paris est réalisée par Napoléon III et Haussmann, avec un succès dont s'enthousiasme Théophile Gauthier, dès 1855, dans sa préface de "Paris démoli", tout en rappelant ce qu'était Paris avant le second empire : "De profondes tranchées, dont plusieurs sont déjà de magnifiques rues, sillonnent la ville en tout sens (…) La physionomie de Paris est en beaucoup d'endroits changée de fond en comble (…) car ce n'est pas seulement le palais du souverain qui s'embellit, la ville aussi s'aère, se nettoie, s'assainit et fait sa toilette de civilisation : plus de quartiers lépreux, plus de ruelles miasmatiques, plus de masures humides où la misère s'accouple à l'épidémie, et trop souvent au vice. Plus de tanières immondes, réceptacles du rachitisme et des scrofules. Les murailles pourries, salpêtrées et noires sont marquées du signe purificateur et s'effondrent pour laisser surgir de leurs décombres des habitations dignes de l'homme, dans lesquelles la santé descend avec l'air, et la pensée sereine avec la lumière du soleil".
Et Jules SIMON, farouche opposant au Second Empire, écrira vers 1880 : "Haussmann avait entrepris de faire de Paris une ville magnifique et il a complètement réussi. On criait qu'il donnerait la peste, il laissait crier et nous donnait, au contraire, par ses intelligentes percées, l'air, la santé et la vie…"