Paris et ses immeubles Haussmann
Paris et ses immeubles Haussmann

- les immeubles haussmanniens construits à Paris entre 1850 et 1920 -


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La volonté et les systèmes



La volonté d'améliorer la voirie parisienne

l'amélioration de la voirie parisienne a toujours été une préoccupation du pouvoir politique. Au 19ème siècle, NAPOLEON 1er fait aménager une large rue le long des jardins des Tuileries : c'est la rue de Rivoli. Pour la seule période des préfectures CHABROL et RAMBUTEAU, soit de 1812 à 1848, près de deux cents rues sont créées ou aménagées dans Paris

• mais tout cela est insuffisant, car la croissance de Paris rend les besoins immenses. Et, avant NAPOLEON III et HAUSSMANN, le pouvoir ne dispose ni de l'autorité, ni de l'audace, ni des moyens financiers pour aller plus loin et plus vite

l'empereur et son préfet arrivent avec une ferme volonté et se dotent des moyens qui permettent de réaliser ces transformations indispensables. Ils vont, pour cela, s'appuyer sur "la loi d'expropriation pour cause d'intérêt public du 3 mai 1841", dite "la loi Rambuteau". Cette loi sera particulièrement efficace dans l'application des systèmes de l'élargissement et de la percée


Les systèmes utilisés

les systèmes utilisables pour l'amélioration de la voirie parisienne étaient schématiquement au nombre de trois :

o niveau 1 : l'alignement : il s'agit "simplement" d'exiger que toute reconstruction se fasse en retrait de la voirie qui existe et sur la limite fixée par le nouvel alignement, généralement fixés par des immeubles déjà construits en retrait.
Malgré de fortes incitations, l'intervention des pouvoirs publics pour exproprier et reconstruire "alignés" les angles de rue, la servitude d'alignement ne fonctionne pas dans des délais raisonnables, car il dépend de la bonne volonté et des moyens des particuliers

Exemple d'élargissement non abouti
Exemple d'élargissement non abouti
o niveau 2 : l'élargissement : cette opération concerne des voies existantes dont l'élargissement est souhaité. Elle consiste à parvenir à un élargissement de la voie en reculant les façades existantes sur un côté ou sur les deux côtés. Cette opération se fait soit avec la collaboration des riverains (les immeubles sont reculés quand ils sont reconstruits), soit par la voie de l'expropriation pour cause d'intérêt public. Dans le premier cas et comme pour l'alignement, le délai est évidemment extrêmement long, dans le second, il peut être onéreux, car on exproprie des propriétés par définition bâties.
Dès avant l'arrivée d'Haussmann, cette technique de l'élargissement avait été pratiquement abandonnée et de nombreuses rues parisiennes présentent encore aujourd'hui l'aspect irrégulier de voies à l'élargissement interrompu


Bd de Sébastopol et de Strasbourg (à gauche: la rue Saint-Denis) Source : La Documentation Française
Bd de Sébastopol et de Strasbourg (à gauche: la rue Saint-Denis) Source : La Documentation Française
o niveau 3 : la percée : cette opération ignore les voies existantes et en trace de nouvelles en passant derrière les bâtiments en place, c'est-à-dire dans des zones généralement pas ou peu construites. Le percement a évidemment comme premier mérite de réaliser exactement la voie souhaitée en s'affranchissant du tracé chargé d'histoire des voies anciennes. Le percement concerne principalement des terrains à usage agricole ou en friche, dont la valeur est moindre que celle des terrains longeant les voies existantes. Une expropriation est faite pour installer la nouvelle voie et toutes ses infrastructures "modernes": égouts, adduction d'eau, lampadaires, fontaines, arbres…
De part et d'autre de cette nouvelle voie, une large bande de terrains eux aussi libérés par l'expropriation est morcelée en lots vendus à des promoteurs. Ceux-ci choisissent des architectes, qui, sous le contrôle des architectes-voyers de la Ville, édifient les immeubles. Souvent, pour mieux imposer son "style", la Ville se réservent les immeubles situés aux carrefours et donne ainsi le "tempo" à toute la rue.

C'est le percement de la rue Rambuteau, sous Louis-Philippe, qui inaugure la pratique du percement avec une utilisation massive de l'expropriation, rendue possible par la loi du 3 mai 1841. Cette rue, avec sa largeur de 13 mètres, était jugée à l'époque comme "large"; les percées haussmanniennes vont atteindre les 30 mètres de large…

opcc / haussmann