M-FRANCE *****

15/04/2008


Peindre, porte, poudre, étonner, enchanter, immobile, instable, nectar, noctambule, doute, danser, routine, ravie, écarlate, envol.
Jokers
Partout, rose, dans.



Déjà 18 heures, il me semble que je viens seulement de pénétrer dans le hall du Grand Palais. J’aurai donc passé tout mon après-midi devant ces tableaux des peintres impressionnistes ? Aucun doute, si j’en crois ce qu’annonce le gardien du musée. Je suis quand même étonnée de ne pas avoir vu filer le temps, mais maintenant que mes pas me portent vers la sortie, je ressens dans les jambes les effets d’une immobilité prolongée. Malgré ce désagrément, mon enchantement ne faiblit pas, mes yeux gardent l’empreinte de ces fabuleuses peintures qui me rappellent que moi, hélas, je ne sais même pas tenir un pinceau. Peindre avec des mots, serait plus à ma portée. Mais la journée s’achève, je dois rentrer, la famille m’attend, la routine des soirées aussi : repas, télé, dodo.
Je pousse la porte, une clameur m’accueille « maman, qu’est-ce qu’on mange ? », en dansant d’un pied sur l’autre, ma fille me conte sa grande faim, son père est là aussi, impatient de passer à table, et moi qui n’ai qu’un sachet de soupe en poudre à leur proposer ! En virant à l’écarlate, honteuse de ma négligence, j’avoue à mon mari que j’ai oublié de faire les courses. Il ne semble pas ravi de ma confession et me reproche mon comportement instable « avec toi » dit-il « on ne peut être sûr de rien. Un jour tu nous prépares un menu de roi, le lendemain il faut se contenter d’un verre d’eau et d’un morceau de pain, il serait peut-être temps que tu te responsabilises. Tes sorties… » Je coupe net l’envol de ses récriminations, je n’ai pas envie de les entendre, mon esprit est encore occupé par les œuvres de Monet, Van Gogh et tant d’autres.
Il faut pourtant revenir à la réalité et à ce fichu dîner. Peut-être reste-t-il trois œufs dans le réfrigérateur pour faire une omelette ? En attendant, si je préparais ce super cocktail de mon invention, « un vrai nectar »dit mon mari quand il est de bonne humeur, ça le dériderait je pense. J’avais raison, le sourire est de retour, aucune crainte pour ce soir, personne ne jouera les noctambules.


Marie France pour le 14 avril 2008





Pascale Madame Martin-Debève
Rédigé par Pascale Madame Martin-Debève le 15/04/2008 à 23:16