II faut choisir : ça dure ou ça brûle ; le drame, c'est que ça ne puisse pas à la fois durer et brûler. A. Camus

FLASH-INFO pour ne pas perdre le PHIL

Lundi 26 Février 2007

Lors du dernier salon du livre en 2006, une équipe jeune et dynamique présentait leur nouveau magazine : "Philosophie Magazine". On ne pouvait pas trouver plus descriptif comme nom de magazine… Mais pourquoi se priver d'appeler un chat un chat, lorsque le marché de la philosophie est aussi déserté dans le monde de la presse ?


Philo mag, Socrate le retour
Après le succès d'un "Magazine littéraire" ou de "Psychologies Magazine" (un des premiers mensuels féminins), n'était-il pas judicieux d'aller se glisser vers le créneau des amateurs de Platon&co ? Les faits l'ont prouvé ! Puisque aujourd'hui, le magazine vient de passer à une formule mensuelle !


Philosophie Magazine réussit là où avait malheureusement échoué le magazine "Socrate & co", qui était pourtant parti d'un concept intéressant : l'actualité vue par les philosophes. Philosophie Magazine, plus classique, a trouvé son électorat, avec une maquette trendy, des photos qui interpellent, et du texte très philosophiquement soutenu. Les rédacteurs de cette revue sont pour la plupart des professionnels de la philosophie : professeurs, docteurs, écrivains… Un véritable effort est mené sur le choix des sujets. Tous les sujets polémiques de notre société y sont abordés : génétique, islam, écologie, politique...

Un article que j'ai trouvé particulièrement original dans le numéro 5 est celui de "Socrate au pays de la pub". Des publicitaires d'EURO RSCG et Publicis se sont prêtés au jeu pour dénicher les accointances entre la publicité et la philosophie.

Quels points communs entre la publicité et la philosophie ? Les CONCEPTS ! Seulement, les publicitaires ne manient pas les concepts de la même façon que les philosophes. Au contraire de la philosophie, qui invente les concepts et se maintient dans une approche purement rationnelle, éloignée de l'emprise des désirs, la publicité capte les concepts et les met au service du désir. "La pub, c'est l'ironisation de nos désirs" (Paul-Henri Moinet) "elle glisse du terrain du savoir vers celui de nos désirs".

Ne nous y trompons pas : la publicité est l'enfant de la rhétorique ! Comme le souligne Gabriel Gaultier, directeur de l'agence LEG, "la publicité n'est finalement que le dernier avatar commercial de la rhétorique". "Le publicitaire serait donc cet être hybride, mi-socrate mi-Gorgias". Rappelons-nous : le sophisme est "l'ingénieur du consensus"…


Aussi, (si l'on cherche bien...), il existe un côté kantien dans la publicité. "Le branding dans ses incarnations les plus avancées, relève de la transcendance" (Naomi Klein, auteur de No logo). Le luxe en est un exemple criant : ce n'est pas un objet que les "fashion victim" achètent, mais la métaphysique qui émane de la marque.

Marx a d'ailleurs une façon bien à lui d'exprimer ce décalage entre la fonction du produit acheté et sa marque, qui est sa valeur virtuelle. La valeur d'échange d'un produit peut être parfois bien supérieure à sa valeur d'usage. La publicité crée ce "porte-valeur", qui permet d'accroître la valeur d'échange d'une marchandise.

Conclusion : La publicité est donc la métaphysique de l'économie, une construction mentale du désir, qui échappe à l'emprise des chiffres et de [l'utilitaire…]article:

Article cité : "Socrate au pays de la PUB", page 23, Philosophie Magazine n°5.

Marjorie Rafécas
Rédigé par Marjorie Rafécas le Lundi 26 Février 2007 à 21:45 | Commentaires (2)

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Descartes n'était pas Vierge, un livre décalé sur les philosophes décrits par leur signe astrologique, pour mieux se connaître en philosophant. Pour en savoir plus, cliquer sur l'image ci-dessous.







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