II faut choisir : ça dure ou ça brûle ; le drame, c'est que ça ne puisse pas à la fois durer et brûler. Albert Camus

FLASH-INFO pour ne pas perdre le PHIL

Mercredi 5 Juin 2013

Provoquer une relation "amoureuse" dans le but d'écrire un livre en profitant de la notoriété de l'homme piégé, j'ai trouvé au début la méthode de Marcela Iacub malhonnête et pleine de trahison... Je me suis dit, arrêtons avec le voyeurisme et la facilité. Puis après, en prenant du recul, j'ai essayé de me mettre à sa place et je me suis dit que pour une femme, elle n'avait quand même pas manqué de courage, même si son l'intention reste fort critiquable. Puis, je voulais me rendre compte par moi-même de son style littéraire, tant remis en cause par la presse ! Eh bien, c'est quand même mieux que du Christine Angot.


Pourquoi j'ai finalement lu "Belle et bête" de Marcela Iacub...
Autre critère qui m'a convaincu : le livre est très court. Je me suis dit que pour un livre qui allait peut-être participer à l'histoire de la politique française, cela ne représentait pas un énorme investissement.

Au début du livre, on découvre un DSK plus imaginatif que l'auteur de 50 shades of grey, presque érotiquement poétique, "Je lèche tes souvenirs" (pour lécher les oreilles). Puis, dès les 20 premières pages lues, les choses se gâtent, DSK devient une métaphore porcine, un schizophrène déchiré entre le cochon et l'homme politique égoïste et salaud. Marcela Iacub arrive à nous dégoûter du personnage de DSK. Elle le dépeint comme un être excessivement grossier "Grâce à toi espèce de truie, espèce de rien, je me mange, je me jouis, je sens mon goût"... Il va même jusqu'à être cannibale ! La scène où il lui mange un bout de l'oreille est totalement abjecte. (d'ailleurs avez-vous observé les oreilles de Marcela Iacub récemment ?)

Il faut saluer le côté "kamikaze de la vérité" de l'auteur, même si elle n'est pas Voltaire. Elle a vraiment cherché à comprendre le cochon et a même trouvé des circonstances atténuantes à DSK, comme celle d'avoir voulu se venger inconsciemment de sa femme...

Même si ce livre n'est pas un "grand" livre, j'y vois au moins trois vertus :
- il met en valeur le cochon, ce pauvre animal qui est tant méprisé dans notre société (les éleveurs de cochon vont être contents). Et après tout dans la ferme des animaux de George Orwell, n'est-ce pas les cochons qui prennent le pouvoir ?
- le mythe de l'homme politique brillant prend un sacré coup de canif. Cela ne va certes pas nous réconcilier avec la politique... Est-on arrivé à la limite du système démocratique de la Vème République ? La justice devrait-elle être un vrai pouvoir en France, et non pas seulement une autorité ? Un homme politique doit-il avoir une éthique, des mœurs convenables, pour pouvoir gouverner ? Autant de questions qui méritent d'être posées... Dans ce livre, il ne faut pas y voir qu'une dénonciation des comportements de DSK, mais aussi d'une classe politique qui se croit tout permis.
- exprime d'une manière violente comment la sexualité peut mal tourner et dévier vers des mœurs étranges comme le cannibalisme...

Et dernier effet : vous aurez envie de goûter le mascara par curiosité !

Belle et bête, Marcela Iacub, un livre à lire ou pas :-)

Rédigé par Marjorie Rafécas le Mercredi 5 Juin 2013 à 23:51 | Commentaires (0)

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Marjorie Rafécas
Marjorie Rafécas
Passionnée de philosophie et des sciences humaines, je publie régulièrement des articles sur mon blog Philing Good, l'anti-burnout des idées (http://www.wmaker.net/philobalade), ainsi que sur La Cause Littéraire (https://www.lacauselitteraire.fr). Je suis également l'auteur de La revanche du cerveau droit co-écrit avec Ferial Furon (Editions du Dauphin, 2022), ainsi que d'un ouvrage très décalé Descartes n'était pas Vierge (2011), qui décrit les philosophes par leur signe astrologique.




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